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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-1905268

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-1905268

lundi 2 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-1905268
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKASSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 septembre et 26 octobre 2019, M. C B, représenté par Me Akpo, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2019-37 du 15 juillet 2019 de la directrice générale de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) en tant que cet arrêté l'a admis, conformément à sa demande du 1er octobre 2017, à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 2 avril 2018, ensemble les décisions implicites, révélées selon lui par ledit arrêté, lui refusant le bénéfice de la majoration pour tierce personne et de l'allocation pour invalidité temporaire ;

2°) d'enjoindre à FranceAgriMer de prendre une décision de mise à la retraite pour invalidité imputable au service dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, et de réexaminer son droit au bénéfice de la majoration pour tierce personne et de l'allocation pour invalidité temporaire ;

3°) de mettre à la charge de FranceAgriMer la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision l'admettant à faire valoir ses droits à la retraite est insuffisamment motivée en fait ;

- elle est entachée d'une illégalité externe en tant qu'elle ne mentionne pas les voies et délais de recours ;

- elle a été prise sans qu'il ait été mis à même de prendre connaissance de son dossier individuel ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en tant qu'elle a été prise sur simple avis du comité médical départemental alors qu'il a sollicité le bénéfice de la majoration pour tierce personne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait substantielle en tant qu'elle ne retient pas l'imputabilité au service de son invalidité ;

- il est fondé, par voie de conséquence, à exciper de l'illégalité des décisions implicites lui refusant le bénéfice de la majoration pour tierce personne et de l'allocation pour invalidité temporaire.

Par une ordonnance du 8 juillet 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2020 à 12 h 00.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2020, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer), représenté par sa directrice générale, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, au motif que l'arrêté du 15 juillet 2019 et son courrier de notification ne décident pas de la mise à retraite pour invalidité du requérant mais se bornent à admettre la demande présentée en ce sens par l'intéressé et à l'informer de sa transmission au ministre chargé de l'agriculture, seul compétent pour radier des cadres et admettre à la retraite un fonctionnaire public de l'Etat ;

- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.

Un mémoire, enregistré le 15 septembre 2020 à 17 h 05, a été présenté pour M. B et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur ;

- les conclusions de M. Luc, rapporteur public ;

- et les observations de Me Akpo, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, fonctionnaire de l'Etat de catégorie B appartenant au corps des secrétaires administratifs et affecté au sein de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer), a été victime d'une chute sur son lieu de travail le 21 juin 2011, puis a été placé en congé de longue durée à compter du 2 avril 2013. Le 1er octobre 2017, il a demandé à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 2 avril 2018. A la suite d'un avis du comité médical départemental de la Haute-Garonne du 16 mai 2019, la directrice générale de FranceAgriMer, par un arrêté du 15 juillet 2019, l'a déclaré inapte de façon absolue et définitive à l'exercice de toutes fonctions à compter du 2 avril 2018, l'a admis, conformément à sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter de la même date et lui a alloué le versement, à titre dérogatoire, d'un demi-traitement assujetti aux prélèvements sociaux jusqu'à la date de la décision d'admission à la retraite. La lettre de notification de l'arrêté à M. B a informé l'intéressé de la transmission de son dossier au bureau des pensions du ministre chargé de l'agriculture. Par un arrêté du 30 août 2019, assorti de l'indication des voies et délais de recours, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à la suite de l'avis conforme du 27 août 2019 du ministre chargé du budget, l'a radié des cadres et admis à la retraite anticipée pour invalidité non imputable au service à compter du 2 avril 2018. Par la présente requête, enregistrée le 13 septembre 2019, M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté de la directrice générale de FranceAgriMer du 15 juillet 2019 en tant que cet arrêté l'a admis, conformément à sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 2 avril 2018, ensemble les décisions implicites, révélées selon lui par ledit arrêté, lui refusant le bénéfice de la majoration pour tierce personne et de l'allocation pour invalidité temporaire.

Sur les conclusions en annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 621-1 du code rural et de la pêche maritime : " L'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) est un établissement public administratif placé sous la tutelle de l'Etat. " Aux termes de l'article L. 621-11 du même code : " Les articles L. 313-5 et L. 313-6 sont applicables à l'établissement. " L'article L. 313-5 dudit code dispose que : " Sous réserve des dispositions transitoires prévues aux articles 5 et 6 de l'ordonnance n° 2009-325 du 25 mars 2009 relative à la création de l'Agence de services et de paiement et de l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer au bénéfice des agents transférés à l'établissement lors de sa création, celui-ci emploie des personnels fonctionnaires () ". L'article D. 621-1 du même code précise que : " L'établissement mentionné à l'article L. 621-1 est placé sous la tutelle du ministre chargé de l'agriculture. " L'article D. 621-27 dudit code prévoit que : " Le directeur général de l'établissement est nommé par décret sur proposition du ministre chargé de l'agriculture. / Le directeur général : () / 2° Recrute les personnels, nomme aux emplois, gère les agents de l'établissement ; il a autorité sur l'ensemble des personnels sous réserve de l'autorité du préfet de région pour les personnels affectés dans les services déconcentrés de l'Etat ; / 3° Détermine l'organisation interne de l'établissement, et en dirige le fonctionnement ; () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 24 de la loi n° 83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction alors en vigueur : " La cessation définitive de fonctions qui entraîne radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire résulte : / 1° De l'admission à la retraite ; () ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si le directeur général de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer), établissement public administratif de l'Etat placé sous la tutelle du ministre chargé de l'agriculture, nomme, gère et a autorité sur les personnels fonctionnaires affectés au sein de cet établissement public, il n'appartient qu'au ministre chargé de l'agriculture de radier des cadres et d'admettre à la retraite, y compris pour invalidité imputable ou non au service, un fonctionnaire de l'Etat affecté au serin dudit établissement.

5. Alors qu'il résulte de ce qui précède que la directrice générale de FranceAgriMer n'aurait pas été compétente pour admettre à la retraite M. B, il résulte des termes de son arrêté du 15 juillet 2019 que ladite directrice générale s'est bornée, en ce qui concerne l'admission à la retraite de l'intéressé, à l'admettre, conformément à sa demande du 1er octobre 2017, à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 2 avril 2018, sans que la décision d'admission à la retraite lui appartienne, la lettre de notification de l'arrêté informant au demeurant l'intéressé de la transmission de son dossier au bureau des pensions du ministre chargé de l'agriculture. Ainsi, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté de la directrice générale de FranceAgriMer du 15 juillet 2019 en tant que cet arrêté statuerait sur son admission à la retraite sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables. La fin de non-recevoir invoquée à ce titre par FranceAgriMer ne peut dès lors qu'être accueillie. Par voie de conséquence, les conclusions du requérant tendant à l'annulation des décisions implicites de refus du bénéfice de la majoration pour tierce personne et de l'allocation pour invalidité temporaire, révélées selon lui par ledit arrêté en tant que celui-ci statuerait sur son admission à la retraite, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation de M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Ainsi, les conclusions aux fins d'injonction du requérant ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de FranceAgriMer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la directrice générale de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer).

Copie en sera adressée au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président-rapporteur,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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