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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2000178

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2000178

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2000178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantDEHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 janvier 2020 et le 13 juillet 2020, M. B A, représenté par Me Dehan, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux du 13 novembre 2019 tendant à ce que les décisions de retrait de huit points prononcées à la suite des infractions relevées à son encontre le 19 juin 2016 soient retirées et à ce que les points correspondants lui soient restitués ;

2) de créditer son permis de conduire de ces huit points.

Il soutient que :

- dès lors qu'il a formé opposition à l'ordonnance pénale, le retrait de points relatif à l'infraction, objet même de cette instance pénale, doit être extrait du relevé d'information intégral, l'infraction n'étant plus définitive ;

- en tout état de cause, il n'appartient qu'au juge judiciaire de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée ;

- à défaut des mentions relatives aux délais d'opposition, l'opposition à une ordonnance pénale ne peut être regardée comme tardive.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2020, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme irrecevable pour tardiveté et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme infondée. Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par lettre du 15 mars 2022 il a été demandé aux parties, pour compléter l'instruction de l'affaire, de justifier de l'issue de l'opposition que M. A a formée le 4 octobre 2019 contre l'ordonnance pénale rendue par le tribunal de grande instance de Toulouse le 26 octobre 2016 s'agissant des infractions commises le 19 juin 2016.

Vu :

- le relevé d'information intégral de M. A ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, par recours gracieux du 13 novembre 2019 a entendu contester le retrait de huit points sur son permis de conduire consécutif à des infractions commises le 19 juin 2016. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et la restitution des points correspondants.

Sur les conclusions en annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".

3. D'autre part, l'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier, le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes les décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ". En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 225-1 du code de la route, sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique.

4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive. Le titulaire d'un permis de conduire n'établit pas, ainsi qu'il lui incombe de le faire, l'inexactitude d'une telle mention en se bornant à justifier qu'il a présenté un recours contre une condamnation à une date postérieure à celle à laquelle, selon le relevé intégral d'information relatif à son permis, elle a acquis un caractère définitif. Dans l'hypothèse où la juridiction pénale, statuant sur le recours ainsi introduit, le jugerait recevable et annulerait la condamnation postérieurement au rejet par le juge administratif du recours dirigé contre la décision de retrait de points ou celle constatant la perte de validité du permis, il appartiendrait à l'administration de retirer cette décision.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral concernant le requérant, édité le 17 mars 2020, que les infractions au code de la route relevées le 19 juin 2016 ont donné lieu à une ordonnance pénale du 26 octobre 2016 rendue par le tribunal de grande instance de Toulouse, devenue définitive le 10 décembre 2016. Le 4 octobre 2019, le requérant a formé opposition à cette ordonnance auprès du tribunal de grande instance de Toulouse. L'intéressé qui n'a pas donné suite à la mesure d'instruction qui lui a été adressée le 15 mars 2022 afin de connaître l'issue donnée à cette opposition, ne justifie toutefois pas que la condamnation prononcée le 26 octobre 2016 a été annulée ce qui remettrait ainsi en cause le caractère définitif de l'ordonnance pénale. Par suite, la réalité des infractions commises le 19 juin 2016 doit être regardée comme établie au sens des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route.

6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

8. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'exécution de celui-ci n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

La présidente,

Isabelle Carthé MazèresLa greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

Le greffier en chef,

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