LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2000228

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2000228

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2000228
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET DENJEAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 janvier 2020, le 3 juin 2021 et le 22 juin 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société Dietsmann Technologies, représentée par Me Tolosana, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles l'inspecteur du travail et le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion ont refusé d'autoriser le licenciement de M. A ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable même si M. A a été licencié postérieurement aux décisions attaquées alors qu'il n'était plus salarié protégé ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- les décisions contestées sont entachées d'un vice de procédure dès lors que la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que M. A a refusé les postes qui lui ont été proposés à son retour d'expatriation ; qu'il ne peut prétendre au statut d'ingénieur faute de détenir les diplômes adéquats ; qu'il a méconnu la clause d'exclusivité contractuelle à laquelle il était tenue ; que la demande d'autorisation de licenciement n'est pas en lien avec le mandat.

Par deux mémoires, enregistrés le 12 mai 2021 et le 26 mai 2023, M. A, représenté par Me Denjean, conclut au non-lieu à statuer, et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de la société Dietsmann Technologies au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il a été licencié pour inaptitude physique avec impossibilité de reclassement le 19 janvier 2021, alors que son mandat syndical était arrivé à expiration.

Par un mémoire, enregistré le 19 mai 2021, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan, rapporteure,

- les conclusions de M. Daguerre de Hureaux, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté par la société Dietsmann Technologies par un contrat à durée indéterminée à compter du 16 août 2005 en qualité de " technicien inspection ". Lors des élections du personnel en 2010, M. A a été élu membre du comité d'entreprise suppléant, puis, lors d'élections qui se sont déroulées en 2014, il a été élu délégué du personnel. M. A a débuté au sein de l'établissement de Salies du Salat, puis a été muté en 2008 à Toulouse. A compter du 1er janvier 2015, il a effectué des rotations entre la France et l'Angola auprès de la société ATIS NEBEST, sous-traitante de la société Total, en qualité " d'inspecteur méthode des installations ". Au mois de novembre 2017, il a sollicité une modification de ses conditions d'expatriation afin que son épouse puisse le rejoindre en Angola. M. A est rentré en France le 29 janvier 2018 en exerçant son droit de retrait et a été en arrêt de travail à compter du 6 février 2018, prolongé jusqu'au 1er avril 2018. Par courrier du 23 mars 2018, la société Dietsmann Technologies l'a informé qu'elle envisageait de prendre une sanction disciplinaire à son encontre et l'a convoqué à un entretien préalable le 11 avril 2018. Par courrier du 25 avril 2018, la société Dietsmann Technologies a saisi l'inspecteur du travail d'une première demande d'autorisation de licenciement de M. A au motif qu'il avait mis fin à sa mission en Angola sans information préalable de son employeur, le 30 janvier 2018. Par une première décision du 20 juin 2018, l'inspecteur du travail a refusé d'autoriser le licenciement de M. A. Le ministre, par décision du 8 mars 2019, a confirmé ce refus. Par courrier du 13 mai 2019, la société Dietsmann Technologies a saisi à nouveau l'inspecteur du travail d'une demande d'autorisation de licenciement de M. A. L'inspecteur du travail a implicitement rejeté cette demande le 16 juillet 2019. Par une décision implicite du 2 décembre 2019, le ministre a confirmé ce refus. La société Dietsmann Technologies demande au tribunal d'annuler ces décisions implicites.

Sur l'exception de non-lieu :

2. Si le refus d'autoriser le licenciement d'un salarié protégé se borne, vis-à-vis de l'employeur, à rejeter la demande qu'il a adressée à l'administration et n'est, par suite, pas créateur de droits à son égard, il revêt en revanche le caractère d'une décision créatrice de droits au profit du salarié intéressé, y compris, dans certains cas, après l'expiration de sa période de protection. Ainsi, le litige par lequel l'employeur demande au juge administratif l'annulation de ce refus pour excès de pouvoir ne saurait être privé d'objet en raison de ce que ce refus aurait cessé, en cours d'instance, de faire obstacle au licenciement, soit parce que l'administration l'aurait abrogé pour l'avenir en accordant l'autorisation sollicitée, soit en raison de la fin de la période de protection du salarié. Un tel litige n'est en effet susceptible de perdre son objet que si, en cours d'instance, le refus d'autorisation a été rétroactivement retiré par l'autorité compétente et que ce retrait a acquis un caractère définitif.

3. La circonstance que M. A a été licencié en cours d'instance, alors qu'il ne bénéficiait plus d'une protection particulière, n'a pas pour effet de rendre sans objet la requête de la société Dietsmann Technologies, qui porte sur la légalité d'un refus d'autorisation administrative de licenciement d'un salarié protégé.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " () A la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, une décision implicite se trouve entachée d'illégalité. Toutefois, il appartenait à la société requérante, conformément aux dispositions précitées, de demander, dans les délais qui lui étaient impartis, les motifs des décisions de refus implicites nées du silence gardé par l'inspecteur du travail puis par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, ce qu'elle n'établit ni même n'allègue avoir fait. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées sont insuffisamment motivées doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 2421-11 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat. () ". Il résulte de ces dispositions que l'inspecteur du travail saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé doit, quel que soit le motif de la demande, procéder à une enquête contradictoire. Si aucune règle ni aucun principe ne fait obligation au ministre, saisi d'un recours hiérarchique, de procéder lui-même à une enquête contradictoire, il en va toutefois autrement si l'inspecteur du travail n'a pas lui-même respecté les obligations de l'enquête contradictoire.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a été convoquée dans le cadre de l'instruction du recours hiérarchique qu'elle a introduit à l'encontre de la décision implicite de l'inspecteur du travail, par les services de la DIRECCTE Occitanie le 30 septembre 2019 à 10h et que M. A à quant à lui été convoqué le même jour à 14h. En outre, il ressort de ces mêmes pièces, que les éléments complémentaires produits au cours de cette enquête par M. A ont été transmis par mail à la société Dietsmann Technologies et qu'elle a bénéficié d'un délai de sept jours pour y répondre. Ainsi, la circonstance que l'inspecteur du travail n'ait pas procédé à une enquête contradictoire est sans incidence. Par suite, et alors que parties en cause ont effectivement pu bénéficier des garanties attachées à la procédure contradictoire, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

8. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 1221-1 du code du travail : " Le contrat de travail est soumis aux règles du droit commun. Il peut être établi selon les formes que les parties contractantes décident d'adopter ". Le principe général du droit dont s'inspirent ces dispositions implique que toute modification des termes d'un contrat de travail recueille l'accord à la fois de l'employeur et du salarié. D'autre part, dans le cas où le licenciement d'un salarié protégé est motivé par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre du travail, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables à son contrat de travail et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Un agissement du salarié intervenu en dehors de l'exécution de son contrat de travail ne peut motiver un licenciement pour faute, sauf s'il traduit la méconnaissance par l'intéressé d'une obligation découlant de ce contrat. Toutefois, si l'employeur fonde sa demande d'autorisation de licenciement, non sur un tel motif disciplinaire, mais sur la circonstance que le comportement du salarié est par lui-même de nature à rendre impossible son maintien dans l'entreprise, il lui appartient d'établir que les répercussions effectives du comportement du salarié sur le fonctionnement de l'entreprise sont, eu égard à la nature de ses fonctions et à l'ensemble des règles applicables à son contrat de travail, de nature à justifier son licenciement.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A, détenteur d'un bac " STI génie mécanique ", a été recruté le 16 août 2005 en qualité de " technicien inspection " au siège de la société Dietsmann technologies situé à Salies du Salat, puis affecté à Toulouse puis en Lybie pour y exercer les fonctions de " technicien supérieur confirmé ", et enfin en Angola en qualité " d'inspecteur méthode des installations ". Si la société Dietsmann technologies fait valoir que, suite à son retour en France, M. A ne pouvait prétendre à un poste d'ingénieur, il ressort des pièces du dossier qu'il a été déclaré apte aux fonctions d'ingénieur inspection en 2013, 2016 et 2019, qu'il a été convoqué le 23 septembre 2014 à un entretien au sein de l'entreprise Total pour pourvoir un poste de " topside inspection engineer TEPA " basé en Angola et que ses fiches de pointage mentionnent qu'il occupe un poste d'ingénieur. Il apparaît en outre qu'un poste d'ingénieur inspecteur confirmé est susceptible d'être occupé par une personne promue par voie interne, indépendamment de la possession d'un diplôme spécifique. A cet égard, la cour d'appel de Toulouse a, dans un arrêt du 14 octobre 2022, reconnu que " M. A exerçait au moins depuis le début de sa mission en Angola des fonctions d'ingénieur inspecteur confirmé et pouvait à cet égard prétendre au statut de cadre, position II, indice 108 de la convention des cadres de la métallurgie ". Dans ces conditions, la société Diestmann technologies n'est pas fondée à soutenir que le refus persistant par M. A d'accepter les postes qui lui ont été proposés seraient constitutif d'une faute justifiant son licenciement. Par ailleurs, si la société requérante fait valoir que M. A aurait méconnu une clause d'exclusivité, la seule modification de son profil sur un réseau social en ligne ne permet pas d'établir la matérialité de ce manquement. Par suite, la société Dietsmann technologies n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'inspecteur du travail et le ministre du travail ont refusé de lui accorder l'autorisation de licenciement de M. A pour motif disciplinaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Dietsmann technologies au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la société requérante le versement à M. A d'une somme de 500 euros au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Dietsmann technologies est rejetée.

Article 2 : La société Dietsmann technologies versera à M. A une somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Dietsmann technologies, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, et à M. A.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La rapporteure,

C. PEAN

Le président,

D. KATZ

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

N°2000228

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions