LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2000304

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2000304

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2000304
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAJHAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 janvier 2020 et le 29 septembre 2020, M. B E, représenté par Me Ortholan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2019 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a mis en demeure de faire cesser l'utilisation d'un appartement impropre à l'habitation situé 9 rue des Trois Piliers à Toulouse et l'a obligé d'assurer le relogement des occupants, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, de prononcer la perte du droit au relogement de Mme A D ainsi que la résiliation de son bail et ordonner son expulsion du logement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'incompétence ;

- est entaché d'erreurs de fait quant à la superficie de l'appartement et à certains désordres retenus ;

-est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'impropriété à l'habitation d'un logement au sens de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique ne résulte pas nécessairement du non-respect des normes du règlement sanitaire départemental ; le logement est décent au regard de l'article 4 du décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 dès lors qu'il présente un volume habitable supérieur à 20 m3 ;

-est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que les désordres existants sont imputables aux mauvaises habitudes et comportements de la locataire ou n'ont pas pu être réparés du fait de l'obstruction de cette dernière à l'accès des artisans ; les travaux ne nécessitant pas l'accès à l'intérieur du logement ont été réalisés ; la remise aux normes de l'installation électrique incombait à la locataire ; le manque d'éclairement ne peut lui être reproché pour la première fois au stade de la présente instance ; il s'est acquitté de son obligation de relogement en faisant une offre à sa locataire qui l'a déclinée ; l'attitude de sa locataire traduit des manœuvres visant à instrumentaliser la justice pour échapper au paiement de ses loyers impayés et être relogée dans un appartement plus grand que celui qu'elle occupe.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2020, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 27 mars 2020, le 25 juin 2020 et le 15 octobre 2020, Mme F A D, représentée par Me Majhad, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à M. E de lui proposer un logement correspondant à ses besoins dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner M. E à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral ainsi que la somme de 4 200 euros au titre du remboursement de la moitié des loyers payés ;

4°) de mettre à la charge de M. E la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à titre subsidiaire, à lui verser cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-elle et sa famille se trouvent depuis leur installation dans l'appartement dans une situation de précarité et de dépendance que le bailleur n'ignorait pas et dont il a profité, leur proposant un logement indécent, exigeant que le bail soit conclu au seul nom de Mme A D et que le loyer soit réglé en espèces ;

-ce n'est qu'à compter de l'intervention de l'arrêté litigieux que le bailleur a contacté des artisans, il n'a cependant signé aucun devis ;

-elle a droit à l'indemnisation de la moitié du montant des loyers versés depuis son installation, le bailleur ayant manqué à son obligation d'assurer la jouissance paisible du logement ; elle a également droit à la réparation de son préjudice moral lié à ses conditions d'habitation et à la mauvaise foi caractérisée de son bailleur.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de M. E tendant à ce que soit prononcées la perte du droit au relogement de sa locataire, la résiliation de son bail ainsi que son expulsion du logement, de même que les conclusions de Mme A D tendant à ce qu'il soit enjoint à M. E de lui proposer un nouveau logement et à la condamnation de ce dernier au versement d'une somme globale de 9 200 euros en réparation de ses préjudices.

Mme A D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 septembre 2020.

Par ordonnance du 15 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 décembre 2021.

Des mémoires et des pièces complémentaires présentés pour M. E ont été enregistrés le 24 décembre 2021, le 13 septembre 2022 et le 20 janvier 2022 et n'ont pas été communiqués.

Des observations en réponse au moyen relevé d'office, présentées pour M. E et par le préfet de la Haute-Garonne, ont été enregistrées le 13 septembre 2022 et le 22 septembre 2022 et n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chalbos, rapporteure,

- les conclusions de M. Farges, rapporteur public,

- et les observations de Me Louvet, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E est propriétaire d'un immeuble sis 9 rue des Trois Piliers à Toulouse, composé de plusieurs appartements parmi lesquels l'un est occupé en location depuis le 15 octobre 2017 par Mme F A D. A la suite d'une saisine du service d'hygiène et de santé de la ville de Toulouse par la locataire, laquelle a donné lieu à une visite de l'inspecteur de salubrité, le préfet de la Haute-Garonne a pris un arrêté du 1er août 2019 à l'encontre de M. E et de Mme C, également propriétaire, les mettant en demeure de faire cesser l'utilisation à fin d'habitation du local du fait de son caractère par nature impropre à celle-ci, d'exécuter tous travaux nécessaires pour empêcher l'utilisation du local à fin d'habitation ou toute entrée dans les lieux, et d'assurer le relogement des occupants actuels du logement. M. E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme A D :

2. Mme A D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 septembre 2020. Par suite, les conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions des parties ne relevant pas de la compétence de la juridiction administrative :

3. Le juge administratif n'est pas compétent pour connaître du litige né des rapports de droit privé entre un bailleur et son locataire. Par suite, les conclusions de M. E tendant à ce que soit prononcées la perte du droit au relogement de sa locataire, la résiliation de son bail ainsi que son expulsion du logement, de même que les conclusions de Mme A D tendant à ce qu'il soit enjoint à M. E de lui proposer un nouveau logement et à condamner ce dernier au versement d'une somme globale de 9 200 euros en réparation de ses préjudices, sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Les caves, sous-sols, combles, pièces dépourvues d'ouverture sur l'extérieur et autres locaux par nature impropres à l'habitation ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux. Le représentant de l'Etat dans le département met en demeure la personne qui a mis les locaux à disposition de faire cesser cette situation dans un délai qu'il fixe. Il peut prescrire, le cas échéant, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès ou l'usage des locaux aux fins d'habitation, au fur et à mesure de leur évacuation. () ". Le recours en annulation contre une telle mise en demeure du préfet est un recours de pleine juridiction. Il appartient donc au juge saisi d'un tel recours de se prononcer sur le caractère impropre à l'habitation des locaux en cause en tenant compte de la situation existant à la date à laquelle il statue.

5. En outre, tout local situé dans l'espace compris sous la charpente d'un immeuble relève des combles au sens de ces dispositions, à moins qu'il ne possède une hauteur suffisante et soit convenablement aménagé pour l'habitation. L'administration peut tenir compte notamment des prescriptions du règlement sanitaire départemental, sans pour autant considérer que toute méconnaissance d'un tel règlement, qui n'a pas pour objet de définir les modalités d'application des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, justifie la qualification de local impropre par nature à l'habitation.

6. Le local litigieux correspond à un studio sous les toits d'une superficie d'environ 15 m2, composé d'un dégagement, d'une pièce à vivre avec coin cuisine d'un peu plus de 10 m2 et d'un cabinet de toilette d'environ 3 m2 comprenant une douche, un WC et un lavabo. Si l'arrêté litigieux relève, sur la base du rapport de visite de l'inspecteur de salubrité, une hauteur sous plafond de 2,20 m sur une partie de seulement 5 m2 dans la pièce principale, l'attestation de surface habitable établie par le cabinet de diagnostic MCP retient quant à elle une hauteur sous plafond inférieure à 2,20 m sur moins de 2 m2 de l'appartement, et il ressort par ailleurs des photographies versées par Mme A D que la station debout est possible dans l'ensemble du logement. Par ailleurs, l'éclairement et la ventilation de la pièce principale du logement sont assurés par deux fenêtres de toit ouvrantes et trois fenêtres basses. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que la ventilation de la salle de bain est insuffisamment assurée par la VMC, que l'installation électrique doit être mise aux normes et que les murs sont dégradés par les infiltrations, de tels désordres peuvent être corrigés par des travaux de rénovation, M. E justifiant d'ailleurs avoir procédé à la réparation de la toiture. Les éléments précités ne sont donc pas susceptibles de révéler le caractère impropre par nature à l'habitation du local. Eu égard aux caractéristiques du logement, et quand bien même celui-ci méconnaîtrait certaines prescriptions du règlement sanitaire départemental, c'est à tort que le préfet de la Haute-Garonne a considéré qu'il revêtait la nature de combles impropres par nature à l'habitation au sens des dispositions précitées de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. E est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué pour erreur d'appréciation, ensemble le rejet de son recours gracieux.

Sur les frais relatifs au litige :

7. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés M. E et non compris dans les dépens. Ce dernier n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par Mme A D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme A D.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. E et celles présentées par Mme A D, mentionnées au point 3 du présent jugement, sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 3 : L'arrêté préfectoral du 1er août 2019 est annulé.

Article 4 : L'Etat versera à M. E la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par Mme A D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de la Haute-Garonne et à Mme F A D.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Chalbos, conseillère,

Mme Jorda, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

La rapporteure,

C. CHALBOS

Le président,

D. KATZ La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions