jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2000346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DALBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 janvier 2020 et le 30 juin 2020, M. C B, représenté par Me Dalbin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 décembre 2019 par laquelle le président de la métropole Toulouse métropole a retiré l'arrêté du 15 septembre 2017 par lequel une disponibilité d'office lui avait été accordée du 6 décembre 2015 au 5 septembre 2017 ;
2°) d'enjoindre au président de la métropole Toulouse métropole de procéder à la reconstitution de sa carrière dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Toulouse métropole une somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cet arrêté a été édicté sans consultation préalable du comité médical sur son aptitude ou sans qu'il soit informé de la tenue de la séance de ce comité, et il se trouve dès lors entaché de vice de procédure au regard des dispositions de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 ;
- le retrait de l'arrêté du 15 septembre 2017 étant intervenu au-delà d'un délai de quatre mois à compter de son édiction, cette décision créatrice de droits ne pouvait plus être retirée ;
- dès lors que le jugement du tribunal en date du 17 octobre 2019 a décidé l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2017, l'intervention de la décision attaquée, qui a le même objet, est entachée d'erreur de droit ;
- dès lors qu'il a été reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions mais que le comité médical ne s'est pas prononcé sur son aptitude à exercer d'autres fonctions, il ne pouvait être placé en position de disponibilité d'office sans avoir été invité à présenter une demande de reclassement en vertu des articles 57, 72 et 81 de la loi du 26 janvier 1984 et 37 du décret du 30 juillet 1987 et 2 du 30 septembre 1985 ;
- de ce fait, l'administration a méconnu la chose jugée par le tribunal dans son jugement du 17 octobre 2019 ;
- pour les mêmes motifs, la métropole Toulouse métropole ayant ainsi pris une mesure de réintégration fictive qui n'est pas suivie d'une affectation effective sur un emploi administratif dans lequel il pouvait être reclassé, cette décision est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2020, la métropole Toulouse métropole conclut au rejet de la requête de M. B.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté attaqué par M. B ne sont pas fondés ;
- la demande d'injonction présentée par M. B est sans objet dès lors que, par un arrêté du 16 décembre 2019, l'intéressé a été réintégré juridiquement et sa carrière reconstituée.
Par ordonnance du 1er juillet 2020, la clôture de l'instruction a été fixée du 1er août 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique de 2ème classe à la communauté urbaine du Grand Toulouse ensuite employé par la métropole Toulouse métropole, a été victime d'un accident de service le 27 mars 2012, dont les conséquences médicales ont été reconnues imputables au service jusqu'à la date du 5 septembre 2013, date à laquelle M. B a été placé en congé de maladie ordinaire. A compter du 6 septembre 2014, M. B, ayant épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire, a été placé en position de disponibilité d'office par la métropole Toulouse métropole, position qui a été prolongée en dernier lieu du 6 décembre 2015 au 5 septembre 2017 par arrêté du 15 septembre 2017. Par un jugement n°s 1704581, 1704654 du 17 octobre 2019, le tribunal a annulé cet arrêté et enjoint à la métropole Toulouse Métropole de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par l'arrêté du 12 décembre 2019 dont le requérant demande l'annulation, le président de la métropole Toulouse métropole a mis fin rétroactivement à la position de disponibilité d'office de M. B pour la période du 6 décembre 2015 au 5 septembre 2017 et réintégré juridiquement l'intéressé dans les services de la métropole, sans service fait.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : / () c) La réintégration à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / d) La réintégration après douze mois consécutifs de congé de maladie ; / e) L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après congé de maladie ou disponibilité d'office ; / f) La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; / g) Le reclassement dans un autre emploi à la suite d'une modification de l'état physique du fonctionnaire ; / h) Ainsi que dans tous les autres cas prévus par des textes réglementaires. / () Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / -des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. () ".
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de placer M. B en disponibilité d'office, mais de le replacer en position d'activité en " retirant la prolongation de disponibilité " qui avait été décidée d'office de 2015 à 2017. Dès lors, et en tout état de cause la consultation du comité médical, réservée au cas où l'agent est placé en position de disponibilité, n'était pas obligatoire. Le moyen tiré du vice de procédure ainsi soulevé par M. B doit donc être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, si M. B soutient que le retrait, par la décision attaquée, de l'arrêté du 15 septembre 2017 le plaçant en disponibilité d'office est illégal dans la mesure où il est intervenu au-delà d'un délai de quatre mois à compter de l'édiction de cet arrêté, le président de la métropole Toulouse métropole s'est borné, en édictant l'arrêté attaqué, à tirer les conséquences juridiques de l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2017 par le tribunal, d'ailleurs prononcée à la demande du requérant. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait intervenu en violation des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En troisième lieu, si M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle a le même objet que le jugement du tribunal en date du 17 octobre 2019, la seule circonstance que l'article 1er de l'arrêté attaqué serait superfétatoire ne l'entache pas d'une telle erreur de droit. Ce moyen doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 1er du décret du 30 septembre 1985 : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire. / L'autorité territoriale procède à cette affectation après avis du service de médecine professionnelle et de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé. Cette affectation est prononcée sur proposition du centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion lorsque la collectivité ou l'établissement y est affilié ". Aux termes des dispositions de l'article 2 de ce décret : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. / () L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article ".
7. Si M. B soutient que, dès lors qu'il a été reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions mais que le comité médical ne s'est pas prononcé sur son aptitude à exercer d'autres fonctions, il ne pouvait être placé en position de disponibilité d'office sans avoir été invité à présenter une demande de reclassement en vertu des articles 57, 72 et 81 de la loi du 26 janvier 1984 et 37 du décret du 30 juillet 1987 et 2 du 30 septembre 1985, il résulte de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement que l'arrêté attaqué ne place pas le requérant en position de disponibilité. Ce moyen doit donc être écarté comme inopérant.
8. Si M. B soutient que l'administration a méconnu la chose jugée par le tribunal dans son jugement du 17 octobre 2019 en ne l'invitant pas à présenter une demande de reclassement, la métropole Toulouse métropole n'avait pas à formuler une telle invitation avant d'édicter l'arrêté attaqué, qui se borne à le réintégrer juridiquement dans les services de la métropole à titre rétroactif en vue de régulariser sa situation pour la période du 6 décembre 2015 au 5 septembre 2017. L'arrêté attaqué n'a donc pas méconnu la chose jugée par le jugement du 17 octobre 2019, dont l'article 2 enjoignait seulement à la métropole Toulouse métropole de procéder au réexamen de la situation de M. B sous réserve de son état de santé actuel dans le délai de deux mois, ce qui ne pouvait en tout état de cause impliquer que l'agent soit invité à demander un reclassement pour cette période puisque celle-ci étant révolue, il ne pouvait occuper un emploi pour cette période. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un détournement de pouvoir.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du président de la métropole Toulouse métropole du 12 décembre 2019. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction doivent donc être rejetées.
Sur les frais relatifs au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de la métropole Toulouse métropole qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la métropole Toulouse métropole.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
M. Quessette, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
L'assesseur le plus ancien,
M. BERNOS
Le président, rapporteur,
P. GRIMAUD La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026