jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2000807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CONTIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 février 2020 et le 18 mars 2021, Mme D B, représentée par Me Duverneuil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2019 par laquelle le directeur adjoint du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie, tant au titre de l'accident de service que de la maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi le 6 juin 2019 et de la maladie qui s'en est suivie, et de régulariser sa situation statutaire et administrative en conséquence ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège la somme de 2 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-sa requête, qui contient l'exposé de moyens de légalité externe et interne, est recevable ;
-la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
-elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été informée de la date de la réunion de la commission de réforme ni de ses droits à présenter des observations et à consulter son dossier ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que l'état dépressif dont elle souffre est en lien avec un accident de service survenu le 6 juin 2019 ainsi qu'avec ses conditions de travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2021, le centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège, représenté par Me Contis, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
-la requête est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
-les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 janvier 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n°2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Rives, rapporteur public,
- et les observations de Me Alloumé, représentant Mme B, et de Me Marion, représentant le centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, adjointe administrative hospitalière, exerce les fonctions de secrétaire médicale au centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège (CHIVA) depuis le 26 mai 2008. Le 6 juin 2019, alors qu'elle était en service, elle a appris son insuccès au concours interne d'assistant médico-administratif, ce qui l'a fortement affectée. Le jour même, elle a été admise au service des urgences de l'hôpital pour état anxio-dépressif et placée en arrêt de travail par son médecin traitant. Mme B, qui se trouve depuis cette date en congé de maladie ordinaire devenu congé de longue maladie puis congé de longue durée, a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident. Après consultation de la commission de réforme réunie le 4 septembre 2019, le directeur adjoint du CHIVA a, par une décision du 13 décembre 2019, refusé de reconnaître l'imputabilité au service des congés de maladie de Mme B, que ce soit au titre de l'accident de service ou de la maladie professionnelle. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Contrairement à ce fait valoir le CHIVA, la requête de Mme B comporte l'exposé de moyens de droit à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision du 13 décembre 2019 et satisfait donc aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, seules dispositions applicables en l'absence de publication, à la date de la décision contestée, du décret d'application de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, prévu par le VI de cette ordonnance : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, () le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
4. En application des dispositions précitées, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient au juge d'apprécier si les conditions de travail du fonctionnaire peuvent, même en l'absence de volonté délibérée de nuire à l'agent, être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est demandée.
5. S'il n'est pas établi que le secrétariat de l'hôpital de semaine du CHIVA au sein duquel Mme B était affectée jusqu'à son placement en congé de maladie se trouvait, de façon structurelle, en sous-effectif ayant conduit à une surcharge de travail de l'intéressée, il ressort en revanche d'un premier signalement de la médecine du travail datant d'avril 2017 ainsi que d'une étude de poste réalisée le 14 mars 2018, que les trois secrétaires du service se partagent un bureau exigu d'une dizaine de mètres carrés, où sont rangés les dossiers médicaux, générant des allées et venues des personnels de santé. Une telle configuration, qui rend les déplacements difficiles et contraint notamment à suivre simultanément plusieurs échanges téléphoniques ou présentiels dans un espace réduit, est un facteur de stress et de fatigue accrue, que le CHIVA ne justifie pas avoir pris en compte de façon satisfaisante. Il ressort par ailleurs des avis médicaux dont se prévaut Mme B que cette dernière, qui ne présentait pas d'antécédents médicaux ni de prédisposition particulière, a développé à compter du 6 juin 2019 un syndrome anxio-dépressif sévère ayant conduit à son placement en congé de longue durée. L'ensemble des professionnels de santé consultés, de même que la commission de réforme réunie le 4 septembre 2019, ont estimé qu'il existait un lien entre la pathologie de Mme B et ses conditions de travail. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que l'échec au concours interne d'assistant médico-administratif a pu contribuer en partie à l'état dépressif de Mme B, il ne suffit pas à l'expliquer, le CHIVA ne faisant quant à lui état d'aucun fait personnel ni circonstance particulière susceptible de détacher la maladie du service. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le CHIVA, qui ne peut utilement faire état de l'absence de demande présentée par Mme B alors qu'il a expressément refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, a commis, en prenant une telle décision, une erreur d'appréciation et méconnu les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. Elle est donc fondée à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation de la décision du 13 décembre 2019 implique nécessairement, compte tenu du motif qui la fonde, que le CHIVA reconnaisse l'imputabilité au service de la maladie de Mme B, et procède à la reconstitution de sa carrière en conséquence, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHIVA la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHIVA demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 décembre 2019 du directeur du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au CHIVA de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme B, et de procéder à la reconstitution de sa carrière en conséquence, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : le CHIVA versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête ainsi que les conclusions du CHIVA présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Chalbos, conseillère,
Mme Jorda, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
D. KATZLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026