mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 1 |
| Avocat requérant | ATHON - PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2020 et 17 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Athon-Perez, demande au tribunal :
1°) d'ordonner avant dire droit une expertise sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative ;
2°) d'annuler le titre de pension B 20 011128 en date du 13 janvier 2020 en tant qu'il refuse de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et ne prévoit pas l'octroi d'une rente viagère d'invalidité ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'action et des comptes publics de lui octroyer une rente viagère d'invalidité en complément de sa pension de retraite dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2020, le ministre de l'action et des comptes publics conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est prématurée dès lors que la procédure de reconnaissance de l'imputabilité au service est encore en cours.
La requête et les mémoires ont été communiqués à la société anonyme Orange, qui n'a produit aucune observation.
Par une ordonnance du 26 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement ;
- le décret n° 2009-1052 du 26 août 2009 portant création du service des retraites de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, fonctionnaire public de l'Etat au grade de chef technicien en télécommunications affecté au sein de la société anonyme Orange, a été reconnu inapte à ses fonctions sans aucun aménagement possible par un avis du comité médical en date du 11 avril 2019. L'intéressé a demandé, par lettre du 18 mai 2019, sa mise à la retraite pour invalidité imputable au service. La commission de réforme a examiné sa demande le 7 novembre 2019 et a évalué son taux d'infirmité à hauteur de 30 %. Par décision du 31 décembre 2019, M. B a été radié des cadres et admis à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 1er mars 2020. L'intéressé, titulaire d'un titre de pension concédé par arrêté du 13 janvier 2020 avec une prise d'effet au 1er mars 2020, a sollicité le réexamen de sa demande d'imputabilité au service. La commission de révision a émis un avis défavorable à sa demande le 16 décembre 2021. Au visa de cet avis, le directeur des ressources humaines de la société Orange a confirmé, par décision du 16 décembre 2021, le refus de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de M. B, au motif que sa pathologie n'est pas exclusivement en lien avec son activité professionnelle. Par sa requête, enregistrée le 2 mars 2020, M. B demande au tribunal d'annuler le titre de pension en tant qu'il refuse de reconnaître l'imputabilité au service de son invalidité et de lui octroyer une rente viagère d'invalidité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, le contentieux des pensions civiles et militaires est un contentieux de pleine juridiction. Dans l'hypothèse où, comme en l'espèce, l'administration décide, en cours d'instance, de reprendre la procédure consultative ayant précédé la concession d'une pension, elle n'est pas tenue de reprendre un nouvel arrêté de concession lorsqu'à l'issue de cette seconde consultation, la détermination des droits à pension de l'agent reste inchangée. Les moyens relatifs aux vices susceptibles d'entacher le titre de pension ne peuvent alors justifier l'annulation de l'arrêté de concession initial que dans le cas où le requérant, qui doit avoir été mis à même, par le juge, de contester utilement la seconde consultation, a également démontré l'illégalité du titre de pension maintenu à l'issue de cette nouvelle consultation. Il appartient ensuite au juge saisi de se prononcer lui-même sur les droits de l'intéressé, sauf à renvoyer à l'administration compétente, et sous son autorité, le règlement de tel aspect du litige dans des conditions précises qu'il lui appartient de fixer.
3. D'autre part, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Il résulte de l'instruction que M. B souffre d'une dépression mélancoliforme pour laquelle le taux d'invalidité a été évalué à 30 %. Il résulte en outre de l'instruction, et notamment de l'avis du comité médical en date du 11 avril 2019, que cette pathologie est de nature à entraîner, à elle seule, la mise à la retraite de l'intéressé pour inaptitude totale et définitive à toute activité professionnelle. Toutefois, si la société Orange a dans un premier temps refusé d'instruire la demande d'imputabilité au service de sa pension et rejeté ainsi implicitement la demande d'imputabilité présentée par M. B, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'avis de la commission de réforme du 15 décembre 2021, la société a confirmé expressément son refus de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, au motif que sa pathologie n'est pas exclusivement en lien avec l'exercice de son activité professionnelle. Or, la société Orange ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur l'absence de lien exclusif entre la pathologie de l'intéressé et son activité professionnelle, sans rechercher l'existence d'un lien direct. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'en maintenant le titre de pension en date du 13 janvier 2020 à la suite de cette nouvelle consultation, le ministre chargé des comptes publics a commis une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que M. B est fondé à demander l'annulation du titre de pension en date du 13 janvier 2020 en tant qu'il refuse de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
7. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder au réexamen des droits à pension du requérant, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de pension B 20 011128 en date du 13 janvier 2020 est annulé en tant qu'il estime non imputable au service l'invalidité de M. B.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder au réexamen des droits à pension de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la société anonyme Orange.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le magistrat désigné,
J-C. D
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026