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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2001485

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2001485

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2001485
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mars 2020 et des mémoires enregistrés le 8 février 2021 et le 2 septembre 2021, M. et Mme B E et M. et Mme D C, représentés par Me Moly, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 2019/108 du 23 décembre 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal des Monts d'Alban et du Villefranchois de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois ;

2°) de mettre à la charge de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir contre le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) litigieux dès lors qu'il induit une nouvelle zone constructible sur le territoire de la commune d'Alban du voisinage de laquelle ils sont propriétaires ;

- le rapport de présentation du PLUi est incomplet en l'absence de justification des secteurs proposés à l'artificialisation ;

- l'évaluation et les diagnostics du PLUi sont insuffisants en ce qu'ils ne permettent pas d'analyser les caractéristiques environnementales des zones à artificialiser ;

- la délibération attaquée est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de l'arrêté du 19 décembre 2018 abrogeant l'arrêté du 1er août 1997 portant déclaration d'utilité publique pour les captages du Vallon de la Fontaine sur la commune d'Alban, dès lors que, si la protection de la source avait été maintenue, la zone du Vallon de la Fontaine ne pourrait devenir une zone urbaine et aucune orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n'aurait pu y être envisagée ;

- le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban retenu par le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) dans l'ancien périmètre de protection méconnaît le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du schéma de cohérence territoriale (SCoT) de la communauté d'agglomération de l'albigeois en ce qui concerne la préservation de la ressource en eau ;

- le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban opéré par le PLUi dans l'ancien périmètre de protection méconnaît le PADD du PLUi en ce qui concerne l'objectif d'économie de consommation de l'espace et la lutte contre l'étalement urbain ;

- le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban opéré par le PLUi dans l'ancien périmètre de protection méconnaît le SCoT s'agissant de l'objectif de protection des points de captage d'eau potable ;

- le PLUi opère une consommation de l'espace non justifiée ;

- le zonage AU du Vallon de la Fontaine porte une atteinte excessive au caractère des lieux et à la qualité des paysages et du milieu naturel ;

- la zone du Vallon de la Fontaine est inapte à la construction ;

- le besoin d'ouverture à l'urbanisation de ce secteur n'est pas démontré ;

- le PLUi porte atteinte à la ressource en eau de la commune d'Alban ;

- le PLUi est illégal, par voie d'exception, en raison de la procédure d'abandon du captage en eau du Vallon de la Fontaine par la commune d'Alban, qui a ainsi porté atteinte à l'intérêt général et désavantagé les habitants de la commune dans la mesure où le bilan coût-avantage leur est défavorable du fait du recours à un captage extérieur, la commune ayant sur ce point commis un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense enregistrés le 1er octobre 2020 et le 4 juin 2021, la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois, représentée par Me Izembard, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme E et M. et Mme C la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête de M. et Mme E est irrecevable dans la mesure où la taxe foncière attestant de leur résidence est antérieure à la date d'introduction de la requête ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Un mémoire en défense a été enregistré le 14 septembre 2021 et n'a pas été communiqué.

Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, M. et Mme B E demandent au tribunal de leur donner acte de leur désistement.

Par ordonnance du 14 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- les observations de Me Moly, représentant M. et Mme C, et F, représentant la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération n° 2019/108 en date du 23 décembre 2019, le conseil de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal des Monts d'Alban et du Villefranchois. M. et Mme E et M. et Mme C, propriétaires de biens immobiliers sur le territoire de la commune d'Alban, membre de la communauté de communes, demandent l'annulation de cette délibération.

Sur le désistement :

2. Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, M. et Mme E ont déclaré se désister de leur requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il leur en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation :

3. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements notamment sportifs, et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ".

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal intitulé " 1/2. Justification et explication des choix du PLUi ", que le bilan global des surfaces en hectares et les choix relatifs aux zones à urbaniser permettent de connaître les secteurs proposés à l'artificialisation et la justification de leur urbanisation. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du rapport de présentation du PLUi en l'absence de justification des secteurs proposés à l'artificialisation manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le rapport de présentation du PLUi de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois, dont les zones urbanisées représentent 1,27 % du territoire, justifie la consommation de l'espace de 50 hectares, toutes vocations confondues, par la nécessité de création et de réhabilitation de cinq cents logements d'ici 2030, l'attractivité de son territoire et son dynamisme démographique, en s'appuyant sur la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers des dix années précédentes, évaluée à 82,5 hectares, ainsi que sur les perspectives démographiques retenues par le schéma de cohérence territoriale, qui prévoit une augmentation de la population sur le territoire de la communauté de communes de 0,88 % par an entre 2013 et 2023, soit 551 habitants supplémentaires sur une durée de dix ans.

6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation environnementale :

7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal intitulé " 1/3 évaluation environnementale ", que le PLUi analyse les incidences environnementales des zones à artificialiser, ainsi que les mesures destinées à éviter, réduire et compenser les incidences sur l'environnement. Par suite, ce moyen, manquant en fait, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le vice invoqué quant à la procédure retenue :

8. Si les requérants soutiennent que le recours à la procédure de modification du plan local d'urbanisme n'était pas possible au regard des incidences du document d'urbanisme sur l'environnement, ce moyen est en tout état de cause inopérant dès lors que l'établissement public a eu recours à la procédure d'élaboration du PLUi.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de différents documents d'urbanisme et de planification :

S'agissant du schéma de cohérence territoriale :

9. Selon les dispositions de l'article L. 131-4, dans sa rédaction applicable au litige : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ".

10. Il ressort de ces dispositions que, à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme et les cartes communales sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme et des cartes communales, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des SCoT, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme ou d'une carte communale avec un SCoT, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.

11. En premier lieu, M. et Mme C soutiennent que le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban retenu par le PLUi dans l'ancien périmètre de protection méconnaît le PADD du SCoT de la communauté d'agglomération de l'Albigeois concernant la préservation de la ressource en eau. Il ressort des pièces du dossier que le PADD du SCoT indique que " si la protection et la sécurisation de captages stratégiques est un levier d'action essentiel, garantir la pérennité et la qualité de l'approvisionnement suppose également une harmonisation de l'ensemble des politiques publiques qui dépassent le périmètre du SCoT ". Le SCoT précise également que la zone de répartition des eaux, qui caractérise une insuffisance chronique de la ressource en eau au regard des besoins identifiés, couvre la partie ouest du territoire du grand Albigeois et non le territoire de la commune d'Alban. Le PLUi de la communauté de communes a intégré les périmètres de captage et annexé les arrêtés de déclaration d'utilité publique, précisant notamment dans les dispositions de son règlement que, dans les secteurs relatifs aux périmètres de protection des captages d'eaux potables, les occupations et utilisations du sol sont soumises aux prescriptions de la déclaration d'utilité publique et qu'en l'absence de déclaration d'utilité publique, toute opération pourra être refusée ou soumise à des prescriptions relatives à la salubrité ou la sécurité publique en présence de périmètres de protection validés. Le PLUi a également pris en compte les capacités des réseaux d'eau potable dans la définition des choix de développement urbain, ainsi que l'abandon du captage du Vallon de la Fontaine pour l'alimentation en eau potable de la commune d'Alban dès que la production et la distribution d'eau potable par un réseau public sera effective. Par suite, le classement en zone à urbaniser dans le secteur du Vallon de la Fontaine par le PLUi de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois, eu égard en outre à sa superficie très limitée, ne remet pas en cause la réalisation des orientations du PADD du SCoT de la communauté d'agglomération de l'Albigeois à l'échelle du territoire couvert par ce document d'urbanisme. Le moyen ainsi soulevé par les requérants ne peut donc qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, si le SCoT de la communauté d'agglomération de l'Albigeois fixe comme objectif, en reprenant des dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), la préservation de la ressource en eau, il ne comporte pas de précisions concernant les points de captage que le PLUi devrait respecter. Il ressort des pièces du dossier que l'OAP du secteur de la Fontaine prévoit le raccordement au réseau public d'assainissement, concourant ainsi à la préservation de la ressource en eau. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban opéré par le PLUi dans l'ancien périmètre de protection méconnaît le SCoT s'agissant de la protection des points de captage d'eau potable.

13. En troisième lieu, au soutien de leur contestation de l'ouverture à l'urbanisation de ce secteur, les requérants font valoir que le territoire de la commune d'Alban présente un taux de 20 % de résidences secondaires, qu'il comporte 69 logements vacants, qu'il est peu attractif et qu'il dispose au contraire d'un potentiel agricole, dans le secteur de la Fontaine. Ils soulignent également l'absence de dispositif d'assainissement, qui s'opposerait, selon eux, à la constructibilité du secteur. Il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, que le Scot de la communauté d'agglomération du Grand Albigeois prévoit la construction de 530 logements pour le territoire de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois, tandis que le PLUi envisage la construction de 436 logements sur le territoire des orientations d'aménagement et de programmation de la communauté de communes, et, d'autre part, que le document de planification de la communauté d'agglomération identifie la commune d'Alban comme " polarité de bassin ", ainsi qu'il ressort des termes du projet d'aménagement et de développement durables du PLUi, en raison d'une évolution de la population de la commune de 10,6 % entre 1999 et 2016 selon le rapport de présentation du PLUi. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les choix d'urbanisation ainsi opérés par le PLUi seraient incompatibles avec les orientations du schéma de cohérence territoriale, Par suite, ce moyen doit être écarté.

S'agissant du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux :

14. Aucune obligation de conformité ou de compatibilité envers le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux arrêté en application de l'article L. 212-1 du code de l'environnement ne s'imposant au plan local d'urbanisme, le moyen tiré de ce que le PLUi de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois méconnaîtrait les objectifs posés par ce schéma directeur est en tout état de cause inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 19 décembre 2018 :

15. Les requérants soutiennent que la délibération attaquée est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de l'arrêté du préfet du Tarn du 19 décembre 2018 abrogeant l'arrêté du 1er août 1997 portant déclaration d'utilité publique pour les captages du Vallon de la Fontaine sur la commune d'Alban, dès lors que, si la protection du captage de la source avait été maintenue, la zone du vallon de la Fontaine ne pourrait devenir une zone urbaine et aucune orientation d'aménagement et de programmation n'aurait pu y être envisagée. Toutefois, d'une part, la légalité de l'arrêté du 19 décembre 2018 a été confirmée par un jugement du tribunal n° 2102174 du 13 juillet 2023, devenu définitif, et d'autre part, il ressort des pièces du dossier que la délibération du 23 décembre 2019 de la communauté de communes approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal des Monts d'Alban et du Villefranchois ne constitue pas une mesure d'application de l'arrêté préfectoral précité du 19 décembre 2018. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté abrogeant la déclaration d'utilité publique du 1er août 1997 ne peut être utilement invoqué à l'encontre de la délibération attaquée, alors même que l'arrêté préfectoral d'abrogation, dont il ressort des pièces du dossier qu'il est annexé au PLUi de la communauté de communes, aurait eu pour objet de rendre possible l'urbanisation de la zone et l'orientation d'aménagement et de programmation du Vallon de la Fontaine.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incohérence entre le projet d'aménagement et de développement durables et le règlement du PLUi :

16. Aux termes des dispositions de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur à la date d'approbation du plan local d'urbanisme intercommunal : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Selon les dispositions de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".

17. Il résulte des termes des dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme qu'elles ne se bornent pas à prévoir un simple rapport de compatibilité entre le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal et le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal, mais imposent que ces deux documents constitutifs du plan local d'urbanisme soient cohérents entre eux.

18. Les requérants allèguent que le zonage AU dans le secteur de la Fontaine de la commune d'Alban retenu par le PLUi dans l'ancien périmètre de protection serait incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables du PLUi contesté en ce qui concerne l'objectif d'économie de consommation de l'espace et la lutte contre l'étalement urbain. Ces orientations ont pour objectif de limiter la consommation de l'espace en favorisant une urbanisation en continuité des parties agglomérées existantes, en évitant le développement linéaire et le mitage des espaces agricoles. A cet égard, toutefois, il ressort des termes du plan local d'urbanisme que le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de la Fontaine est limité à environ 3,3 ha sur les 50 ha que le projet d'aménagement et de développement durables envisage de réserver à la construction en vue de la création de 530 logements et que l'urbanisation du secteur A s'inscrit dans une continuité urbaine au nord tandis que l'urbanisation du secteur B prolonge une zone urbaine au sud. L'OAP prévoit par ailleurs la construction de 28 à 43 logements, soit 13 à 19 logements par hectare. Dans ces conditions d'urbanisation maîtrisée du secteur de la Fontaine, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le règlement du PLUi souffrirait d'une incohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables de ce document d'urbanisme. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le zonage du secteur de la Fontaine :

19. En premier lieu, et ainsi qu'il a été dit au point 15 ci-dessus, la circonstance que le préfet du Tarn a abrogé l'arrêté préfectoral du 1er août 1997 déclarant d'utilité publique la dérivation pour l'alimentation en eau potable, les périmètres de protection et l'instauration des servitudes afférentes à ceux-ci, des eaux des puits et forage du Vallon de la Fontaine au profit de la commune d'Alban est en tout état de cause sans aucune incidence sur la légalité du document d'urbanisme contesté.

20. En deuxième lieu, de même, les moyens tirés de ce que les modalités d'approvisionnement de la commune d'Alban découlant de l'abrogation de la déclaration d'utilité publique de la dérivation pour l'alimentation en eau potable porteraient atteinte à l'intérêt général ou désavantageraient les habitants de la commune dans la mesure où le bilan coût-avantage leur est défavorable du fait du recours à un captage extérieur, sont en tout état de cause inopérants à l'encontre d'un document d'urbanisme et doivent être écartés pour ce motif.

21. En troisième lieu, il appartient aux auteurs d'un plan d'occupation des sols de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

22. Les requérants soutiennent que le zonage AU arrêté par le PLUi pour le secteur du Vallon de la Fontaine est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne répondrait à aucun besoin d'urbanisation, qu'il porterait une atteinte excessive au caractère des lieux et à la qualité des paysages et du milieu naturel et qu'il serait inapte à la construction en raison de l'existence de la source de captage de l'eau potable desservant la commune d'Alban et de l'absence de réseau d'assainissement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le secteur, situé en bordure du centre bourg d'Alban, est desservi par divers réseaux et peut être, sans erreur manifeste d'appréciation, regardé comme apte à recevoir des constructions, notamment dans le cadre d'une OAP. Par ailleurs, et ainsi qu'il a été dit aux points 13 et 18 ci-dessus, l'ouverture future à l'urbanisation ainsi réalisée, au demeurant particulièrement limitée, répond aux perspectives démographiques retenues par le schéma de cohérence territoriale et le projet d'aménagement et de développement durables du PLUi. Enfin, il ressort des pièces du dossier et des termes de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de la Fontaine que l'urbanisation prévoit de conserver en espaces végétalisés les espaces libres de construction, la création d'une haie bocagère en limite de la zone agricole, l'insertion des constructions dans l'environnement bâtimentaire du centre bourg, l'aménagement paysager de l'ouvrage hydraulique et des continuités écologiques. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de ce que ce classement résulterait d'un détournement de pouvoir, celui-ci ne ressortant nullement des pièces du dossier.

23. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération n° 2019/108 du 23 décembre 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal des Monts d'Alban et du Villefranchois de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois.

Sur les frais liés au litige :

24. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, la somme que M. et Mme C demandent sur leur fondement. Au vu des circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme C la somme demandée par la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. et Mme E.

Article 2 : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D C, à M. et Mme B E et à la communauté de communes des Monts d'Alban et du Villefranchois.

Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2001485

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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