mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2020, la SCI Adama, représentée par Me Durand-Raucher, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 19-9/1 du 30 septembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Beaumont-sur-Lèze a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune et la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'elle a formulé à l'encontre de cette délibération ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Beaumont-sur-Lèze une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rapport de présentation est insuffisant au regard des dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ;
- le rapport de présentation et les pièces constitutives du plan local d'urbanisme sont contradictoires ;
- le classement en zone agricole des parcelles AM 584, 586 et 587 qui lui appartiennent est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2020, la commune de Beaumont-sur-Lèze, représentée par Me Dunyach, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Durand-Raucher représentant la SCI Adama.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 30 septembre 2019, le conseil municipal de la commune de Beaumont-sur-Lèze a approuvé le plan local d'urbanisme de celle-ci. Par un recours gracieux du 28 novembre 2019, la SCI Adama, qui est propriétaire de plusieurs parcelles cadastrales sur le territoire de cette commune, a demandé au maire d'abroger ce plan local d'urbanisme. Cette demande a été rejetée implicitement par le maire de Beaumont-sur-Lèze.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements notamment sportifs, et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ".
3. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme de Beaumont-sur-Lèze explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation créées par la commune et les dispositions du règlement, sur la base d'un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière d'activités économiques, notamment agricoles, et des besoins consécutifs en termes de consommation de surface, d'aménagement de l'espace, de protection de l'environnement, d'habitat et de services. Ce rapport de présentation analyse par ailleurs la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années et les capacités de densification demeurant disponibles en fonction des formes urbaines constatées sur le territoire de la commune et indique les choix de la commune en termes de densification de ces espaces et de limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables. Par suite, le moyen tiré de ce que ce document ne serait pas conforme aux exigences de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, qui est du reste dépourvu de toute précision, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si la société requérante soutient que le rapport de présentation et les pièces constitutives du plan local d'urbanisme sont contradictoires, ce moyen est dépourvu de toute précision quant à la teneur de ses contradictions et doit par suite être écarté.
5. En troisième lieu, la société requérante conteste le classement en zone agricole des parcelles cadastrées sous les n°s AM 584, 586 et 587, qui lui appartiennent. Il ressort des pièces du dossier que, de ces parcelles, dont la commune soutient sans être contestée qu'elles ont été renumérotées sous les n°s 660, 663, 664 et 665, seules les n°s 660 et 665 sont classées en zone agricole. S'il est vrai que ces deux dernières parcelles sont au contact direct de la zone urbaine Ub, la première ne supporte aucune construction et la seconde n'est pourvue que d'un petit bâtiment qui n'apparaît pas être à usage d'habitation. L'une et l'autre se trouvent par ailleurs situées, par rapport à la mince bande de constructions linéaires longeant la route départementale n° 43 à l'approche du centre bourg de Beaumont-sur-Lèze, dans un second rideau d'urbanisation, qui est discontinu et dont les parcelles non construites communiquent directement avec une vaste zone agricole et naturelle constituant le piémont de l'éminence constituant le lieu-dit Montmaurel. Par ailleurs, il résulte des termes du projet d'aménagement et de développement durables que la commune de Beaumont-sur-Lèze a entendu, sauf dans des secteurs de densification identifiés, limiter les zones urbaines à l'urbanisation existante, en vue de limiter la consommation marginale des espaces naturels et forestiers, ce qu'il lui était loisible de faire dès lors que les auteurs d'un plan local d'urbanisme ne sont pas tenus par l'usage ou le classement antérieur des sols. Par suite, et alors même que ces terrains ne feraient pas l'objet d'une exploitation agricole et ne présenteraient pas de valeur agronomique particulière, la société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que la commune de Beaumont-sur-Lèze a commis une erreur manifeste d'appréciation en classant ces parcelles en zone agricole. Ce moyen ne peut donc être qu'écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Adama n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération n° 19-9/1 du 30 septembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Beaumont-sur-Lèze a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune et de la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'elle a formulé à l'encontre de cette délibération.
Sur les frais relatifs au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la SCI Adama sur leur fondement à l'encontre de la commune de Beaumont-sur-Lèze, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Beaumont-sur-Lèze sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Adama est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Beaumont-sur-Lèze tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Adama et à la commune de Beaumont-sur-Lèze.
Délibéré après l'audience du 16 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024
L'assesseur le plus ancien,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026