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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2001879

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2001879

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2001879
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantHERRMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 et 10 avril 2020, le 18 novembre 2021 et le 19 janvier 2022, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2020 par lequel le maire de Cahors a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de fonctions de deux ans ;

2°) de condamner la commune de Cahors à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices résultant de cette décision.

Il soutient que :

- la décision attaquée est illégale par suite de l'illégalité de l'arrêté du 7 octobre 2019 le suspendant de ses fonctions ;

- l'action disciplinaire est tardive ;

- la procédure devant le conseil de discipline est irrégulière ;

- la décision attaquée constitue un faux ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- il n'a commis aucune faute et, en particulier, n'a manqué ni aux obligations qui lui incombent en vertu de son statut particulier, ni aux dispositions de l'arrêté du 25 avril 2012 ;

- la décision contestée lui a causé un préjudice matériel, des troubles dans ses conditions d'existence, a porté atteinte à sa réputation professionnelle et personnelle et lui a causé un préjudice de carrière.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 octobre et 29 décembre 2021, et le 9 février 2022, la commune de Cahors, représentée par Me Herrmann, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, en l'absence de régularisation dans le délai de recours contentieux ;

- à titre principal, les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de demande préalable adressée à l'administration et faute d'être chiffrées, et en tout état de cause, infondées ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 21 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 février suivant.

Un mémoire présenté par M. B a été enregistré le 2 mai 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;

- le décret n° 2011-605 du 30 mai 2011 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel, conseiller,

- et les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, éducateur territorial des activités physiques et sportives, exerce ses fonctions au sein des services de la commune de Cahors (Lot). En raison d'incidents survenus lors d'une randonnée en raquettes le 8 février 2018 avec des personnes retraitées et d'une sortie canoë le 6 août 2019 avec des adolescents, le maire de Cahors, après avoir recueilli l'avis du conseil de discipline, lui a infligé, par un arrêté du 31 janvier 2020, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une période de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de la tardiveté de l'action disciplinaire :

2. L'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 précitée dispose : " () / Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction () ".

3. En soutenant que " des fautes graves dans l'encadrement d'activités constituent les faits reprochés avec une rétroactivité plus que douteuse () " et que " lier deux affaires aussi espacées dans le temps révèle une volonté de nuire ", M. B doit être regardé comme contestant le délai mis par la commune de Cahors pour engager une procédure disciplinaire à son encontre. Toutefois, alors que les deux événements à l'origine des poursuites disciplinaires ont eu lieu les 8 février 2018 et 6 août 2019, et que le conseil de discipline a été saisi le 18 décembre 2019, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'action disciplinaire engagée à son encontre est tardive au regard des dispositions précitées. Le moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la procédure suivie devant le conseil de discipline :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline () ".

5. La circonstance que le conseil de discipline n'a été saisi que le 18 décembre 2019, soit un peu plus de deux mois après la décision du 7 octobre 2019, notifiée le 14 suivant, suspendant M. B de ses fonctions, est sans incidence sur la régularité de l'avis émis par le conseil de discipline sur la sanction disciplinaire.

6. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 6 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline, quinze jours au moins avant la date de la réunion, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ".

7. La circonstance, à la supposer avérée, que la convocation de M. B à comparaître devant le conseil de discipline n'a pas été signée par son président, ne l'a privé d'aucune garantie et n'a pas exercé d'influence sur le sens de la décision attaquée.

8. En troisième lieu, aux termes du second alinéa de l'article 6 du décret du 18 septembre 1989 précité : " [Le fonctionnaire poursuivi] peut présenter devant le conseil de discipline des observations écrites ou orales, citer des témoins et se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix ".

9. Si M. B soutient ne pas avoir été autorisé à présenter de documents au soutien de sa défense au cours de la séance du conseil de discipline, il ne l'établit pas, alors qu'il ressort de l'avis rendu par cette instance que l'intéressé a été entendu et qu'il a été invité à prendre la parole en dernier.

10. En quatrième lieu, l'article 9 du décret du 18 septembre 1989 précité dispose : " () Le rapport établi par l'autorité territoriale et les observations écrites éventuellement présentées par le fonctionnaire sont lus en séance () ".

11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait produit des observations écrites en prévision de sa comparution devant le conseil de discipline. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que ses observations écrites n'ont pas été lues au cours de cette instance.

12. En cinquième lieu, en application des dispositions combinées des articles 6 et 7 du décret du 18 septembre 1989 précité, l'autorité territoriale peut faire citer des témoins. Par suite, le requérant n'est pas fondé à contester l'audition devant le conseil de discipline en qualité de témoin de la chef du service " Développement social et solidarités " de la ville de Cahors, sa supérieure hiérarchique.

13. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 13 du décret du 18 septembre 1989 précité : " Le conseil de discipline doit se prononcer dans le délai de deux mois à compter du jour où il a été saisi par l'autorité territoriale () / Le délai est ramené à un mois lorsque le fonctionnaire poursuivi a fait l'objet d'une mesure de suspension. () ".

14. Le délai fixé par ces dispositions n'étant pas prescrit à peine de nullité, la circonstance que le conseil de discipline, saisi le 18 décembre 2019, n'a rendu son avis que le 21 janvier 2020 après expiration du délai d'un mois applicable en l'espèce, n'est pas de nature à vicier la procédure au terme de laquelle a été prise la décision contestée.

15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant le conseil de discipline ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les moyens, soulevés par la voie de l'exception, à l'encontre de la mesure de suspension :

16. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou si celui-ci en constitue la base légale.

17. La décision attaquée du 31 janvier 2020 excluant M. B de ses fonctions pour une période de deux ans n'a pas été prise en application de l'arrêté du 7 octobre 2019 le suspendant de ses fonctions à titre conservatoire, qui n'en constitue pas davantage la base légale. Par suite, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de la décision de suspension à l'encontre de la sanction qu'il conteste.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits :

18. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué mentionne l'heure de début de la randonnée en raquette du 8 février 2018 et non l'heure de départ de Cahors pour se rendre sur le site de l'excursion, situé dans le Cantal, est sans incidence sur la légalité de cet arrêté.

19. En deuxième lieu, M. B conteste le motif tiré de l'absence de préparation et de location de matériel à l'occasion de cette même randonnée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du compte-rendu d'entretien du 16 février 2018, que l'intéressé n'a pas vérifié la praticabilité du parcours et sa faisabilité le matin même de la randonnée alors pourtant que, selon le bulletin météorologique consulté par ses soins la veille, le temps était annoncé comme " très nuageux " pour cette zone montagneuse. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne lui est pas reproché l'absence de location de matériel pour cette sortie, mais un défaut de matériel adéquat. A cet égard, il ressort du compte-rendu précité qu'il n'a pas sollicité de la collectivité ou de son service le prêt d'un système de géolocalisation et qu'il s'est volontairement abstenu d'emporter son téléphone portable personnel qui offrait cette fonctionnalité. Par suite, en se bornant à produire des échanges de courriers électroniques avec un magasin de location d'équipements sportifs en vue de l'obtention d'un devis, il ne remet pas sérieusement en cause le grief retenu contre lui.

20. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, la décision en litige ne mentionne pas qu'il est titulaire d'un diplôme dans le domaine du canoë-kayak, mais qu'il était, au regard de ses diplômes et de son expérience, à même d'être désigné comme responsable de la sortie du 6 août 2019.

21. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée ne lui fait pas le reproche d'un défaut d'entretien du matériel ou de bonne tenue des équipements utilisés lors de la sortie canoë, mais se borne à citer sur ce point, sans se les approprier, les motifs figurant dans l'avis du conseil de discipline du 21 janvier 2020.

22. En cinquième et dernier lieu, il est fait grief à M. B d'avoir choisi, sans en référer à sa hiérarchie, du matériel non adapté au niveau des participants, à savoir des canoës à une place au lieu de canoës à deux places, plus stables, comme prévu initialement. S'il soutient, dans sa requête, que ce choix d'équipement a été validé par la direction lors de l'émission de l'ordre de mission, il ne l'établit pas. Par ailleurs, il ressort du compte-rendu d'entretien du 9 août 2019 que le requérant a reconnu avoir privilégié le kayak monoplace, qui suppose une plus grande maîtrise de l'embarcation, au canoë biplace, dans le but de développer l'autonomie des jeunes.

23. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de faute disciplinaire :

24. D'une part, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / () Troisième groupe : / () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans () ".

25. D'autre part, l'article 3 du décret du 30 mai 2011 portant statut particulier du cadre d'emplois des éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives dispose : " I. - Les membres du cadre d'emplois des éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives préparent, coordonnent et mettent en œuvre sur le plan administratif, social, technique, pédagogique et éducatif des activités physiques et sportives de la collectivité ou de l'établissement public. / Ils encadrent l'exercice d'activités sportives ou de plein air par des groupes d'enfants, d'adolescents et d'adultes. / Ils assurent la surveillance et la bonne tenue des équipements. / Ils veillent à la sécurité des participants et du public () ".

26. En premier lieu, M. B soutient qu'aucune faute ne peut lui être reprochée au titre de la bonne tenue des équipements. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point n° 21 du présent jugement, un tel motif n'est pas au nombre de ceux ayant fondé la décision attaquée et ne saurait donc être utilement contesté. Au demeurant, et contrairement à ses affirmations, les missions susceptibles d'être confiées à un éducateur territorial des activités physiques et sportives, rappelés à l'article 3 du décret du 30 mai 2011 précité, ne sont pas exclusives les unes des autres.

27. En deuxième lieu, s'agissant de la sortie en raquettes du 8 février 2018, M. B fait valoir que l'itinéraire balisé " grande randonnée " a été globalement suivi, qu'il ne présente pas un dénivelé plus important qu'une sortie habituelle à la journée, qu'aucun des participants n'a été hospitalisé et que les secouristes ne se sont pas opposés au retour de l'ensemble du groupe vers Cahors. Il ressort néanmoins des pièces du dossier, qu'après déjà deux heures et demie de marche le matin, l'une des participantes, âgée de 67 ans, a éprouvé des difficultés de progression après la pause du déjeuner, causées par une faiblesse physique. Malgré ces premiers signes d'alerte et alors que l'intéressée a refusé de s'alimenter et de s'hydrater pour recouvrer des forces, M. B a pris la décision de poursuivre la randonnée. La dégradation des conditions météorologiques et la perte des repères de balisage due à l'épaisseur de la couche de neige ont toutefois contraint le groupe à rebrousser chemin vers 17h45 mais sa progression vers le point d'arrivée a été ralentie par la fatigue de certains participants et la tombée de la nuit. Le peloton de gendarmerie de montagne du Murat, alerté par le requérant à 18h20, est arrivé sur les lieux à 19h44 pour leur porter secours, et a constaté, ainsi qu'il ressort du procès-verbal du 3 mai 2018, que deux des dix participants étaient " épuisés " et deux autres " fatigués ". En décidant de poursuivre la randonnée selon l'itinéraire prévu initialement, malgré la défaillance physique progressive de certains membres du groupe, et en n'appelant les secours que tardivement malgré la dégradation de la situation, M. B a porté atteinte à la sécurité du groupe dont il avait la responsabilité. Par suite, et à supposer même que le parcours retenu n'aurait pas présenté de difficulté majeure dans des conditions météorologiques optimales, l'existence d'une faute est caractérisée.

28. En troisième lieu, M. B fait valoir que son administration ne lui a pas fourni les moyens de communication nécessaires pour prévenir les secours en cas de besoin à l'occasion de la sortie canoë du 6 août 2019. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il avait emporté son téléphone portable personnel lors de cette activité. Par suite, l'absence de fourniture d'un téléphone mobile de service n'est pas de nature à atténuer la faute résultant du retard de plus de deux heures et demie avec lequel l'intéressé a alerté les secours et sa hiérarchie à la suite de la disparition d'une adolescente sur le parcours de canoë.

29. En quatrième et dernier lieu, les dispositions de l'annexe 3.1 de l'arrêté du 25 avril 2012 susvisé n'ont pas vocation à préciser la position exacte des encadrants lors d'activités en canoë-kayak avec des mineurs. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit, l'éducateur territorial des activités physiques et sportives est garant de la sécurité des participants en application des dispositions précitées de l'article 3 du décret du 30 mai 2011. Ainsi, la disparition pendant plusieurs heures d'une adolescente lors de la sortie canoë du 6 août 2019, malgré la présence de deux animateurs et d'un nombre restreint de participants, révèle un défaut de surveillance de nature à porter atteinte à la sécurité de cette participante, tout comme la décision du requérant de ne pas prévenir rapidement les secours.

30. Il résulte de ce qui précède que le moyen, tiré de l'absence de faute disciplinaire, doit être écarté.

En ce qui concerne la demande d'inscription de faux :

31. Aux termes de l'article R. 633-1 du code de justice administrative : " Dans le cas d'une demande en inscription de faux contre une pièce produite, la juridiction fixe le délai dans lequel la partie qui l'a produite sera tenue de déclarer si elle entend s'en servir. / Si la partie déclare qu'elle n'entend pas se servir de la pièce, ou ne fait pas de déclaration, la pièce est rejetée. Si la partie déclare qu'elle entend se servir de la pièce, la juridiction peut soit surseoir à statuer sur l'instance principale jusqu'après le jugement du faux rendu par le tribunal compétent, soit statuer au fond, si elle reconnaît que la décision ne dépend pas de la pièce arguée de faux ".

32. Sauf dans le cas où une loi prévoit expressément que les mentions d'un acte administratif font foi jusqu'à inscription de faux, le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires fait obstacle à ce que l'exactitude de ces mentions soit appréciée par un tribunal de l'ordre judiciaire. En l'absence d'une telle disposition législative, il appartient à la juridiction administrative saisie de l'instance principale de se prononcer elle-même sur l'argument de faux invoqué contre un acte administratif et d'en tirer les conséquences sur le litige dont elle est saisie.

33. La décision attaquée constitue un acte administratif dont aucune disposition législative expresse ne prévoit que les mentions font foi jusqu'à inscription de faux. Dès lors, il appartient au tribunal d'apprécier l'exactitude de ses mentions, sans mettre en œuvre la procédure prévue par les dispositions précitées.

34. Si M. B conteste l'authenticité de la signature apposée sur l'arrêté attaqué du 31 janvier 2020, il n'est toutefois nullement douteux, au vu des pièces figurant au dossier, qu'il s'agit bien de celle du maire de Cahors. Par ailleurs, et ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mentions figurant dans cet arrêté sont entachées d'une inexactitude matérielle. Par suite, et alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait déposé une plainte du chef de faux en écritures publiques, le moyen tiré du caractère falsifié de la décision en litige ne peut qu'être écarté.

35. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la ville de Cahors, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

36. La décision attaquée n'étant pas illégale, M. B n'est pas fondé à demander réparation des préjudices que celle-ci lui aurait occasionnés. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la ville de Cahors, les conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

37. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Cahors sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Cahors sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Cahors.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Lot en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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