mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril 2020 et le 9 septembre 2021, Mme C D, Mme F B et M. et Mme E, représentés par Me Izembard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 23 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Rouffiac-Tolosan a décidé d'approuver la première modification de son plan local d'urbanisme, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rouffiac-Tolosan la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le mémoire en défense de la commune est irrecevable, faute d'avoir été signé et faute de production de la délibération autorisant le maire de la commune de Rouffiac-Tolosan à ester en justice ;
- la délibération du 23 octobre 2019 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il était impossible d'approuver une seconde fois la première modification du plan local d'urbanisme ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la délibération du 11 juillet 2018 portant justification de l'ouverture à l'urbanisation de trois zones 2AU de la commune était dépourvue de caractère exécutoire, faute d'avoir été affichée et transmise à la préfecture de la Haute-Garonne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le projet de modification n'a pas été notifié à l'autorité organisatrice des transports de l'agglomération toulousaine, en méconnaissance de l'article L. 153-40 du code de l'urbanisme, ce qui a eu une influence sur le sens de la décision attaquée ;
- le rapport de présentation est incomplet, en méconnaissance de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme ;
- l'évaluation environnementale est incomplète, en méconnaissance de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de modification du plan local d'urbanisme qui a été notifié aux personnes publiques associées était incomplet, faute de contenir l'évaluation environnementale, ce qui a été susceptible d'avoir une incidence sur la teneur des observations émises par celles-ci ;
- l'avis du commissaire enquêteur est insuffisamment motivé, en méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme dès lors que des modifications ont été apportées au projet de modification du plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sans procéder de celle-ci ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 153-31 et L. 153-36 du code de l'urbanisme dès lors que les conditions de mise en œuvre d'une procédure de modification n'étaient pas réunies et qu'une procédure de révision s'imposait ;
- la modification du plan local d'urbanisme de la commune de Rouffiac-Tolosan est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale de la grande agglomération toulousaine, notamment au regard des prescriptions P58 à P60 et de la recommandation R71 du document d'orientation et d'objectifs de ce schéma ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle entraîne une consommation excessive d'espaces naturels et agricoles ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tenant au reclassement de trois parcelles classées en zone UB en zone UA, sans aucune justification urbanistique et sans répondre à la définition de cette zone ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir pour ces mêmes motifs ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tenant à la modification des articles UA 12 et AU 12 du règlement, relatifs au nombre de places de stationnement, sans justification urbanistique ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tenant à la modification de l'article UA 10 du règlement, relatif à la hauteur des constructions, dès lors que cette modification n'est pas justifiée et qu'elle a été faite après l'enquête publique ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir pour ces mêmes motifs.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 6 mai 2021, le 1er octobre 2021 et le 29 septembre 2023, la commune de Rouffiac-Tolosan conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de chacun des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par courrier du 1er décembre 2023, le tribunal a, en application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, informé les parties qu'en application des dispositions précitées, il est susceptible de juger que si le moyen tiré du vice de procédure tenant au non-respect de l'obligation de notification du projet de modification à l'autorité organisatrice des transports, en méconnaissance de l'article L. 153-40 du code de l'urbanisme, est fondé, il se rapporte à un vice pouvant être régularisé.
Des observations ont été enregistrées pour la commune de Rouffiac-Tolosan le 7 décembre 2023.
Par un jugement n°2001886 du 10 janvier 2024, le tribunal a sursis à statuer sur la légalité de la délibération du 23 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Rouffiac-Tolosan a approuvé la première modification de son plan local d'urbanisme et de la décision implicite de rejet du recours gracieux des requérants, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification de ce jugement pour permettre à la commune de Rouffiac-Tolosan de régulariser le vice tiré de ce que le projet de modification en litige n'a pas été notifié à Tisseo Collectivités, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-40 du code de l'urbanisme.
Des pièces ont été enregistrées pour la commune de Rouffiac-Tolosan le 8 avril 2024.
Par une ordonnance du 9 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 avril 2024.
Par lettre datée du 27 novembre 2023, Me Izembard a indiqué qu'en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, Mme F B a été désignée comme étant la représentante unique des signataires de la requête n° 2001886.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 mai 2019, le conseil municipal de Rouffiac-Tolosan (Haute-Garonne) a approuvé la première modification du plan local d'urbanisme (PLU) de cette commune. Cette délibération a été retirée par une délibération du 23 octobre 2019. Par une seconde délibération du 23 octobre 2019, le conseil municipal de la commune de Rouffiac-Tolosan a de nouveau approuvé cette modification du plan local d'urbanisme. Mme D, Mme B et M. et Mme E ont exercé un recours gracieux contre cette délibération, lequel a été implicitement rejeté par le maire de la commune de Rouffiac-Tolosan. Par un jugement n° 2001886 du 10 janvier 2024, le tribunal a sursis à statuer sur la légalité de cette délibération pour permettre de régulariser le vice relevé au point 9 de ce jugement jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois et a réservé tous autres droits et moyens des parties jusqu'en fin d'instance. Par une délibération du 3 avril 2024, le conseil municipal de Rouffiac-Tolosan a, à la suite de l'avis rendu par Tisseo Collectivités sur le projet de modification de son plan local d'urbanisme le 5 décembre 2023, confirmé l'adoption de ce projet telle que prononcée par la délibération du 23 octobre 2019 en litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre () un plan local d'urbanisme () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : () ; / 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour () les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Rouffiac-Tolosan a notifié le projet de modification de son plan local d'urbanisme à Tisseo Collectivités le 5 décembre 2023 et que celui-ci a, par un courrier du même jour, émis un avis sur ce projet. En outre, par une délibération du 3 avril 2024, le conseil municipal de Rouffiac-Tolosan a, après avoir visé cet avis de Tisseo Collectivités, confirmé l'approbation de la première modification du plan local d'urbanisme de cette commune par la délibération du 23 octobre 2019.
4. Le vice constaté par le tribunal dans son jugement avant-dire droit du 10 janvier 2024 a ainsi été régularisé et les requérants ne sont donc pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 23 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Rouffiac-Tolosan a approuvé la première modification de son plan local d'urbanisme et de la décision rejetant leur recours gracieux. Par suite, leur requête doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D, Mme B et M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Rouffiac-Tolosan sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B et à la commune de Rouffiac-Tolosan.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026