mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2002088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOMSTAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 juin et 27 octobre 2020, le syndicat SPASDIS-CFTC 46, représenté par son président M. C B, demande au tribunal :
1°) d'annuler la note de service du 5 mars 2020 par laquelle le directeur du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Lot a mis en place l'effectif requis minimum requis en cas de grève au centre de secours principal (CSP) de Cahors, au centre de traitement d'alerte (CTA) et au centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (CODIS) ;
2°) d'annuler la décision du 14 mai 2020 par laquelle le président du conseil d'administration du SDIS du Lot a rejeté implicitement sa demande à fin d'annulation de la note de service du 5 mars 2020.
Il soutient que :
- il a bien intérêt à agir ;
- l'encadrement du droit de grève par une simple note de service, sans débat au sein du comité technique, est contraire à l'article 10 de la loi n° 83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires, dite loi Le Pors :
- la note attaquée porte atteinte aux prérogatives statutaires des sapeurs-pompiers professionnels ;
- la note attaquée entraîne une différence de traitement entre les personnels techniques et spécialisés selon leur affectation ;
- le tableau des effectifs minimums présenté dans la note en litige en cas de période de grève est insuffisant et contrevient, par conséquent, aux dispositions des articles R. 1424-39 et R. 1424-52 du code général des collectivités territoriales ;
- le SDIS du Lot a méconnu le droit de grève, et notamment l'article L. 1424-42 du code général des collectivités territoriales, en imposant la tenue d'un service normal aux agents grévistes maintenus en service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2020, le SDIS du Lot, représenté par Me Bomstain, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mis à la charge du syndicat requérant la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la note attaquée est une mesure d'ordre intérieur, en tant que telle insusceptible de recours ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Un mémoire du syndicat SPASDIS-CFTC 46, enregistré le 26 février 2021, n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 8 avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée le même jour.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre une décision confirmative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une note de service en date du 5 mars 2020, le directeur du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Lot a précisé l'effectif minimum prévu en cas de grève pour le CSP de Cahors, le CTA et le CODIS. Le 11 mars 2020, le syndicat SPASDIS-CFTC du Lot a formé un recours administratif contre cette note de service auprès du président du conseil d'administration du SDIS. Par la présente requête, le syndicat demande l'annulation de cette note ainsi que celle de l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours administratif
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, la note de service attaquée se borne à reproduire, sans autre modification que de forme, l'organisation de l'effectif minimum mise en place en situation de grève par la délibération n° 12 adoptée le 15 décembre 2014 par le conseil d'administration du SDIS du Lot et rendue exécutoire le 19 décembre 2014, qui est devenue définitive. Dans ces conditions, la note de service litigieuse doit être regardée comme purement confirmative de la délibération du 15 décembre 2014. Par suite, les conclusions de la présente requête tendant à ce que soit annulée cette note de service sont tardives et, par voie de conséquence irrecevables.
3. En second lieu, l'exercice du recours administratif n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours administratif doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours administratif dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours administratif, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours administratif, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif du syndicat requérant, qui n'a d'autre finalité que celle de prolonger le délai de recours contentieux ouvert contre la décision initiale contestée, en l'espèce une décision confirmative, doivent également être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat requérant la somme demandée par le SDIS du Lot sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat SPASDIS-CFTC 46 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du SDIS du Lot tendant à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant une somme de 1 200 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat SPASDIS-CFTC 46 et au service départemental d'incendie et de secours du Lot.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
N. ZABKA
Le président,
J-C. TRUILHÉ
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Lot en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026