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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2002678

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2002678

vendredi 17 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2002678
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 17 juin 2020, le 12 février 2021 et le 28 septembre 2021, M. E D, M. F G, M. C A, M. H N, M. F L, M. F J, M. M I, Mme K O, l'association " les amis de Roquettes village à vivre " et l'association " les amis de Roquettes c'est vous " demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2018 du conseil municipal de Roquettes approuvant la troisième modification du plan local d'urbanisme de cette commune ;

2°) d'annuler l'arrêté du maire de Roquettes du 22 janvier 2020 accordant un permis de construire à la société Green City Immobilier en vue de la construction d'un immeuble d'habitation de dix-sept logements sur les situées , ainsi que la décision implicite par laquelle le maire de Roquettes a rejeté leur recours gracieux contre cet arrêté.

Ils soutiennent que :

- la modification du plan local d'urbanisme est illégale car elle repose sur une modification du plan local d'urbanisme illégale en raison de l'insuffisance de l'étude d'impact qui l'a précédée ;

- le plan local d'urbanisme résultant de la modification est également illégal en raison de l'insuffisance des informations portées dans la notice explicative dans le cadre de l'enquête publique et de l'absence de réunion publique d'information ;

- la procédure d'évolution du plan local d'urbanisme retenue, qui s'est traduite par une augmentation de 75 % du coefficient d'emprise au sol et la création de 130 logements, impliquait une révision, de telle sorte que la procédure de modification est irrégulière ;

- le plan local d'urbanisme ainsi modifié porte atteinte à l'économie générale et aux objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, qui impose de maîtriser la croissance démographique ;

- cette modification est également illégale dans la mesure où elle n'est pas compatible avec le schéma de cohérence territoriale, qui impose de limiter la densité du secteur ;

- la liste des emplacements réservés mis à la disposition du public dans le cadre de la modification étant incomplète et erronée, le plan local d'urbanisme qui en résulte est illégal ;

- le permis de construire accordé est illégal dès lors qu'il repose sur un plan local d'urbanisme lui-même illégal ;

- le terrain d'assiette étant couvert par un emplacement réservé, le permis de construire est illégal ;

- le projet crée des vues portant atteinte à l'intimité du voisinage ;

- le projet empiète sur la parcelle n° A 83, qui est une parcelle privée n'appartenant pas au pétitionnaire ;

- l'accès au projet mesurant moins de 5 mètres, il n'est pas conforme à l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme n'autorisant les toitures-terrasse que de manière limitée, le projet ne s'intègre pas avec l'environnement qui l'entoure et méconnaît l'article U11 ;

- étant donné le nombre de logements, le nombre de places de stationnement et le caractère inaccessible de certaines d'entre elles, le permis de construire n'est pas conforme aux dispositions de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne prévoit pas suffisamment d'espaces verts.

Par des mémoires en défense enregistrés le 22 janvier 2021 et le 5 novembre 2021, la société Green City Immobilier, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme car les associations requérantes ne produisent pas leurs statuts et n'indiquent pas la qualité de la personne qui les engage ;

- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme car les requérants individuels ne produisent pas de justificatif de l'occupation ou de la détention de leur bien ;

- les moyens d'exception d'illégalité soulevés à l'encontre de la modification du plan local d'urbanisme effectuée par la commune et tirés de l'insuffisance de l'étude d'impact et de l'absence de réunion publique tenue lors de cette procédure sont irrecevables en vertu des dispositions de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- en tout état de cause, ces moyens sont inopérants dès lors que les requérants ne démontrent pas que le permis de construire accordé serait contraire à un document d'urbanisme antérieur qui se trouverait remis en vigueur ;

- les autres moyens soulevés sont infondés.

Par un mémoire enregistré le 28 juillet 2020, l'association " les amis de Roquettes village à vivre " demande au tribunal de lui donner acte de son désistement.

Par un mémoire enregistré le 19 octobre 2020, l'association " les amis de Roquettes c'est vous " demande au tribunal de lui donner acte de son désistement.

Deux mémoires présentés le 22 novembre 2021 et le 25 janvier 2023 par M. D, M. E D, M. F G, M. C A, M. H N, M. F L, M. F J, M. M I et Mme K O n'ont pas été communiqués.

Par ordonnance du 23 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 25 novembre 2021.

Par une lettre datée du 26 novembre 2020, le tribunal a informé M. E D qu'en sa qualité de premier dénommé sur la requête, il était désigné représentant unique des signataires de la requête n° 2002678 et, à ce titre, serait seul destinataire de la notification du jugement en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- et les observations de Me Courrech, représentant la société Green City Immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 19 décembre 2018, le conseil municipal de Roquettes (Haute-Garonne) a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme de la commune. Par un arrêté du 22 janvier 2020, le maire de Roquettes a attribué à la société Green City Immobilier un permis de construire en vue de l'édification d'un immeuble collectif de dix-sept logements situé , sur les du cadastre de la commune. Le 12 mars 2020, M. D, M. G et M. A ont présenté un recours gracieux contre ce permis de construire, qui a été rejeté implicitement par le maire de Roquettes.

Sur les désistements :

2. Par deux mémoires enregistrés respectivement le 28 juillet 2020 et le 19 octobre 2020, l'association " les amis de roquettes village à vivre " et l'association " les amis de roquettes c'est vous " ont déclaré se désister de leur requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il leur en soit donné acté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la délibération du 19 décembre 2018 approuvant la modification n° 3 du plan local d'urbanisme de Roquettes :

S'agissant de la légalité externe :

3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 153-1 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; () ".

4. Les requérants soutiennent que la modification du plan local d'urbanisme adoptée par la délibération du 19 décembre 2018 emporte en réalité une modification du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme révisé en 2013, et notamment de son axe 1 intitulé " poursuivre un développement urbain maîtrisé ", lequel prévoit que la commune attend une croissance démographique de l'ordre de 1 000 habitants supplémentaires pour les dix à quinze années suivant son élaboration, soit un total de 4 600 habitants, avec un objectif de 5 000 habitants à l'échéance du schéma de cohérence territoriale, soit en 2030, impliquant la construction de 550 logements d'ici 2025. Toutefois, si la modification adoptée le 19 décembre 2018 introduit une augmentation du coefficient d'emprise au sol de 0,20 à 0,35 en zone UB et dans une partie des zones AU et de 0,20 à 0,25 en zone UBa, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice explicative assortissant le projet de modification, ainsi que du rapport de l'enquête publique, que la modification procède à l'allègement des contraintes de constructibilité, et notamment d'emprise au sol, en vue de permettre l'édification de 388 logements en plus des 162 construits entre 2013 et 2018, soit un total de 550 logements édifiés ou à édifier sur la période 2013-2025, ce qui aboutirait à une croissance démographique d'environ 850 habitants entre 2018 et 2025, portant la population de 4 163 habitants en 2019 à environ 5 000 habitants en 2025. Il s'ensuit que, si la troisième modification du plan local d'urbanisme adoptée par la délibération du 19 décembre 2018 serait susceptible de permettre une croissance démographique légèrement plus rapide que celle envisagée par le projet d'aménagement et de développement durables, les modifications ainsi apportées au document d'urbanisme demeurent cohérentes avec les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables et ne les remettent pas en cause. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que la délibération du 19 décembre 2018 est entachée de vice de procédure faute d'avoir été précédée d'une procédure de révision du plan local d'urbanisme.

5. En deuxième lieu, si les requérants font valoir qu'aucune réunion publique d'information et de concertation n'a été tenue avant l'adoption de la modification n° 3, ils ne font état d'aucune disposition législative ou réglementaire qui aurait imposé l'organisation d'une telle réunion. Ils ne sont donc pas fondés à soutenir que la délibération du 19 décembre 2018 serait intervenue à la suite d'une procédure irrégulière sur ce point.

6. En troisième lieu, si les requérants soutiennent, d'une part, que les informations portées dans la notice explicative mise à la disposition du public dans le cadre de l'enquête publique étaient insuffisantes et contradictoires et, d'autre part, que la liste des emplacements réservés était incomplète, ils n'assortissent ces moyens d'aucune précision de fait ou de droit susceptibles d'établir que ces imprécisions et contradictions auraient porté atteinte à l'information du public et à sa possibilité d'expression au cours de l'enquête publique sur les éléments essentiels de la modification du plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de l'irrégularité des conditions de déroulement de l'enquête publique doit donc être écarté.

7. En quatrième lieu, bien que les requérants fassent valoir que l'étude d'impact ayant précédé l'adoption de la délibération approuvant la troisième modification du plan local d'urbanisme était insuffisante en ce qui concerne, d'une part, les transports en commun desservant la commune et, plus largement, les modes de déplacement et, d'autre part, l'impact de l'urbanisation sur les finances de la commune, ils n'assortissent ces moyens d'aucune précision de fait ou de droit de nature à permettre au tribunal d'évaluer dans quelle mesure ces éventuelles insuffisances auraient pu nuire à l'information complète de la population ou exercé une influence sur le contenu de la troisième modification du plan local d'urbanisme et donc à entraîner l'illégalité de la délibération du 19 décembre 2018. Ce moyen doit donc être écarté.

S'agissant de la légalité interne :

8. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; /2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 151-8 de ce code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".

9. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les modifications apportées au plan local d'urbanisme de Roquettes, telles qu'elles ressortent de la délibération du 19 décembre 2018, seraient incohérentes avec le projet d'aménagement et de développement durables. Ce moyen doit donc être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; / () 4° Les programmes locaux de l'habitat prévus à l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation () ".

11. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.

12. Il ressort des pièces du dossier que la recommandation n° 71 du document d'orientation et d'objectif du schéma de cohérence territoriale de la grande agglomération toulousaine préconise, dans les zones dites de " développement mesuré ", une densité de 10 à 15 logements à l'hectare. Si les requérants soutiennent que l'assouplissement, par la délibération attaquée, des règles de constructibilité du secteur de , qui appartient à une telle zone au sens du schéma de cohérence territoriale, l'amènera, au terme de son urbanisation, à une densité de l'ordre de 35 à 40 logements à l'hectare, cette seule circonstance, d'ailleurs tempérée par la circonstance que la commune entend par ce moyen accélérer l'urbanisation de ce secteur pour rattraper son retard en matière de logement sociaux conformément à la préconisation n° 60 du document d'orientation et d'objectif du schéma de cohérence territoriale, n'est pas de nature, eu égard à la superficie limitée du secteur de , qui est de 4 hectares environ, à contrarier les objectifs de densité que préconise ce document à l'échelle du territoire couvert par ce schéma, qui est de l'ordre de 1 200 km². Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le plan local d'urbanisme, tel qu'il a été modifié par la délibération du 19 décembre 2018, serait incompatible avec le schéma de cohérence territoriale.

13. D'autre part, eu égard à la portée et aux objectifs du programme local de l'habitat tels qu'ils sont décrits au II de l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation, la seule circonstance que le plan local d'urbanisme de Roquettes, tel qu'il résulte de la modification adoptée par la délibération attaquée, pourrait aboutir à la construction d'un nombre de logements supérieur à celui prévu par le programme local de l'habitat arrêté par la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo n'est pas de nature à rendre le plan local d'urbanisme incompatible avec ce programme et par suite à le rendre illégal.

14. En troisième lieu, à supposer que la commune ait, comme le soutiennent les requérants, sous-estimé l'incidence de la modification du plan local d'urbanisme sur les conditions de transport dans la commune et sur les finances de la collectivité, ce moyen, qui est en tout état de cause étranger aux règles s'imposant à l'autorité de planification urbaine en ce qui concerne les finances locales, n'est pas de nature à établir, faute de précision apportée sur ce point par les requérants, que la commune aurait commis une erreur quant aux modifications apportées au règlement et au zonage du plan local d'urbanisme tel qu'il résulte de la modification n° 3.

15. En quatrième et dernier lieu, les requérants n'indiquent pas en quoi les contradictions relatives au nombre et à la localisation des emplacements réservés, à les supposer établies, porteraient atteinte au plan local d'urbanisme tel qu'il résulte de la modification n° 3. Ce moyen doit donc être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. D, M. G, M. A, M. N, M. L, M. J, M. I et Mme O ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 19 décembre 2018 par laquelle le conseil municipal de Roquettes a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme de la commune. Leurs conclusions à fin d'annulation contre cette délibération doivent donc être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 22 janvier 2020 accordant un permis de construire à la société Green City Immobilier :

17. Si, en premier lieu, les requérants soutiennent que ce permis de construire serait illégal en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme de Roquettes dans sa version résultant de la troisième modification, adoptée le 19 décembre 2018, il résulte de ce qui vient d'être dit que le plan local d'urbanisme n'est pas entaché des illégalités invoquées par les requérants. Le moyen d'exception d'illégalité soulevé sur ce point doit dès lors être écarté.

18. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe " accès " de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de Roquettes : " Accès : Les accès doivent être adaptés à l'opération projetée et aménagés de façon à ne pas créer de difficultés ou dangers pour la circulation générale. Ils doivent répondre aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie, de la protection civile, et du ramassage des ordures ménagères. () ". Aux termes des dispositions du paragraphe " voirie " de ce même article : " Les constructions doivent être desservies par des voies publiques ou privées dont les caractéristiques correspondent : / - d'une part à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier ; / o Dans le cas de la desserte de 4 à 7 logements, la voie devra disposer d'une largeur minimum de 4 mètres de chaussée. / o Dans le cas de la desserte de 8 logements et plus, la voie devra disposer d'une largeur minimum de 5 mètres de chaussée et disposer d'un trottoir sur toute sa longueur ".

19. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la condition de largeur de chaussée de 5 mètres imposée aux constructeurs édifiant plus de huit logements a trait non aux accès à la construction mais aux voies publiques et privées les desservant. Par suite, la circonstance que le chemin d'accès à la parcelle d'assiette du projet mesurerait moins de 5 mètres, ce qui n'est du reste pas établi, est sans incidence sur la légalité du permis de construire accordé. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et notamment des plans produits au dossier, que la , qui dessert le projet, est large de plus de 5 mètres sur toute sa longueur, et de 9 à 10 mètres au droit de la construction envisagée. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme.

20. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article U11 du plan local d'urbanisme de Roquettes : " Pour toutes les zones et secteurs : / - Les constructions doivent présenter un aspect extérieur compatible avec le caractère des lieux avoisinants, en harmonie avec leur environnement architectural et paysager. / - Les antennes paraboliques devront être placées de manière à ne pas être visibles de la rue. / - Les revêtements de façade doivent être d'une conception et d'une teinte en harmonie avec celles du bâti traditionnel. Est interdit l'emploi brut en parement extérieur de matériaux destinés à être recouverts d'un enduit. / - Cas particulier des devantures et des enseignes : les devantures et les enseignes doivent prendre en compte l'architecture du bâti dans lequel elles s'insèrent, notamment pour ce qui concerne le volume, les ouvertures, la modénature, les matériaux utilisés, la couleur. En particulier, la devanture ne devra pas dépasser la hauteur du rez-de-chaussée. / - Les annexes sont soumises aux mêmes règles que le bâti principal. / En plus, pour les zones UB, UBa, UBc et UBr uniquement : / - A l'exception des constructions à usage d'équipement public, des vérandas et des annexes d'une surface de plancher inférieure ou égale à 20 m², les toitures doivent être : / - Avec des matériaux de type tuiles de surface courbe de couleur terre cuite et leur pente comprise entre 30 et 35 cm par mètre ; / - Soit de type terrasse ".

21. D'une part, il résulte de ces dispositions que les toitures-terrasse, telles que celles envisagées pour le projet, sont autorisées dans la zone UB où il doit être implanté, de telle sorte que les requérants ne sauraient soutenir qu'elles portent atteinte par principe à l'intégration des constructions dans l'environnement, sauf à exciper de l'illégalité de cette disposition du règlement du plan local d'urbanisme. D'autre part, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le quartier où doit être construit l'immeuble objet du permis de construire, qui regroupe des constructions de forme, de taille et de style variés, présenterait un caractère particulier auquel l'insertion d'une telle construction porterait atteinte. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme.

22. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article U12 du plan local d'urbanisme de Roquettes : " Cas général / Cet article est applicable : / - à tout projet de construction, à l'exception des extensions de moins de 50 m2 de surface de plancher et de la reconstruction de la surface de plancher des bâtiments déclarés menaçant ruine, conformément aux articles L511.1 et suivants du code de la Construction et de l'habitation ; /- aux changements d'affectation des constructions pour le surplus de stationnement requis. / Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques, sur des emplacements prévus à cet effet. / Sur chaque unité foncière, il doit être aménagé des aires suffisantes pour assurer le stationnement et l'évolution des véhicules de livraison et de service pour toutes les fonctions autres que l'habitation. / Les besoins des constructions et installations doivent être déterminés en fonction du type de constructions et de leur fréquentation et notamment pour les constructions les plus courantes, par référence aux normes habituelles ci-après : / - Constructions à destination d'habitation : / - 2 places de stationnement pour toute construction inférieure à 100 m² de surface de plancher ; / - 1 place de stationnement additionnelle par tranche de 70 m² de surface de plancher supplémentaire / - Pour les opérations comportant 5 logements ou plus, une place de stationnement supplémentaire destinée aux visiteurs sera exigée par tranche de 5 logements. / - Pour les constructions à usage d'habitat collectif, il sera exigé 1.50 m² par logement réservé au stationnement des deux roues. Un local à vélo à l'intérieur de chaque bâtiment est également exigé. () ".

23. Il résulte de ces dispositions, qui doivent être interprétées comme limitant aux seules constructions individuelles la possibilité de ne réaliser qu'une place par tranche de 70 m² de surface de plancher après prise en compte de la première tranche de 100 m², que le pétitionnaire devait adjoindre à la construction, deux places de stationnement par logement libre soit vingt-deux places de stationnement, et une place destinée aux visiteurs par tranche de cinq logements libres, soit quatre places. A ce total de vingt-six places devait être ajoutée une place par logement social, conformément aux dispositions de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme, soit un total de six places de stationnement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet, conformément à ces exigences, comprend trente-deux emplacements de stationnement. Par ailleurs, si certaines de ces places sont groupées deux à deux en enfilade, une telle disposition n'est pas par elle-même de nature à méconnaître le règlement du plan local d'urbanisme, qui ne l'interdit pas, dès lors que le pétitionnaire soutient sans être contredit que chacune d'elles est affectée au même logement que celle qui en commande l'accès et que toutes sont effectivement utilisables. Enfin, les requérants n'établissent pas que l'emplacement n° 20, dont il ressort des pièces du dossier qu'il est normalement accessible, ne serait pas utilisable. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme doit donc être écarté.

24. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que le projet comporterait une superficie insuffisante en espaces verts, qui n'est pas assorti de précisions suffisantes au regard notamment des dispositions de l'article U13 du règlement qui prévoit les obligations des constructeurs en la matière, doit être écarté comme dépourvu de précisions suffisantes pour que le tribunal soit mis à même de l'examiner.

25. En sixième lieu, si les requérants soutiennent que le projet reposerait sur une parcelle grevée d'un emplacement réservé, cela ne ressort pas des pièces du dossier. Ce moyen doit par suite être écarté comme manquant en fait.

26. En septième lieu, les moyens tirés de ce que le projet de la société Green City créerait des vues sur les habitations environnantes dans des conditions contraires aux exigences posées par le code civil et empièterait sur la parcelle , qui n'appartiendrait pas au pétitionnaire, n'ont trait qu'au respect de règles de droit privé que le permis de construire n'a pas vocation à sanctionner. Ils doivent donc être écartés comme inopérants.

27. Il résulte de tout ce qui précède que M. D, M. G, M. A, M. N, M. L, M. J, M. I et Mme O ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 22 février 2020 par lequel le maire de Roquettes a accordé le permis de construire attaqué à la société Green City. Leurs conclusions à fin d'annulation contre cet arrêté doivent donc être rejetées.

28. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête de M. D, M. G, M. A, M. N, M. L, M. J, M. I et Mme O ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais relatifs au litige :

29. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Green City Immobilier sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des associations " Les amis de Roquettes village à vivre " et " Les amis de Roquettes c'est vous ".

Article 2 : La requête de M. D et autres est rejetée.

Article 3 : Les conclusions de la société Green City Immobilier tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à la commune de Roquettes et à la société Green City Immobilier.

Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Bernos, premier conseiller,

M. Quessette, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.

L'assesseur le plus ancien,

M. BERNOS

Le président, rapporteur,

P. GRIMAUD La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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