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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2003875

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2003875

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2003875
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le numéro 2003875, par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 août 2020, les 27 avril et 21 mai 2021, la société par actions simplifiées (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2020 par lequel le maire de Saurat s'est opposé à sa déclaration préalable déposée pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur une parcelle cadastrée section E n°3507 située au lieudit " Campot " ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saurat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit, la charte du parc naturel régional n'étant pas un document opposable aux autorisations d'urbanisme ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne porte pas atteinte à son milieu environnant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne peut être exigé que le dossier de demande comprenne des éléments non exigés par la liste limitative de pièces prévue par le code de l'urbanisme ;

- le projet respecte les exigences des articles N 1 et N 2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il s'agit d'une installation technique nécessaire au fonctionnement d'intérêt collectif ; ainsi, l'article 6 des dispositions générales du règlement de ce document d'urbanisme ne trouvait pas à s'appliquer, alors qu'il est de toute manière illégal dès lors qu'il ajoute une formalité non prévue par le code de l'urbanisme ;

- le projet est accessible et la circonstance que l'accès par des camions de plus de douze tonnes serait soumis à autorisation est sans rapport avec la décision en litige.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 février et 7 mai 2021, la commune de Saurat, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- un autre motif est de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet empiète sur le domaine public et qu'en ayant attesté avoir qualité pour exécuter les travaux alors que la réalisation d'un fossé sur une parcelle appartenant à la commune n'a donné lieu à aucun accord en ce sens, la société Free mobile a réalisé une manœuvre frauduleuse.

Par ordonnance du 10 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mai suivant.

II. Sous le numéro 2006570, par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 décembre 2020 et le 20 juillet 2021, la société par actions simplifiées (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2020 par lequel le maire de Saurat s'est opposé à sa déclaration préalable déposée pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur une parcelle cadastrée section E n°3507 située au lieudit " Campot " ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saurat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision méconnaît l'autorité de chose décidée s'attachant à l'ordonnance de référé du 21 septembre 2020 ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne porte pas atteinte à son milieu environnant ;

- le projet ne fait pas partie des occupations et utilisations du sol interdites par l'article N 1 ou soumises à des conditions particulières par l'article N 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- les substitutions de motifs sollicitées par les intervenants sont irrecevables ;

- les substitutions de motifs sollicitées par la commune de Saurat ne sont pas fondées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, la commune de Saurat, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet méconnaît les articles R. 423-1 et R. 431-5 du code de l'urbanisme et l'article N 6 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme V T et M. A T, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme J S et M. F S, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme C N et M. D E, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme K I, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme U Q et M. R Q, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, l'association les écarts de Saurat, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par une intervention, enregistrée le 27 janvier 2021, l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet prévoit des affouillements et exhaussements du sol en méconnaissance de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, qu'il n'est pas conforme à l'article N 3 de ce même règlement et qu'il méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la pétitionnaire n'a pas indiqué, dans son dossier de demande, si le projet fera l'objet d'un raccordement à un réseau de distribution d'électricité déjà existant ou si une extension d'un tel réseau sera nécessaire.

Par ordonnance du 21 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 septembre suivant.

III. Sous le numéro 2105032, par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 août 2021 et les 1er et 28 avril 2022, la société par actions simplifiées (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 par lequel le maire de Saurat s'est opposé à sa déclaration préalable déposée pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur une parcelle cadastrée section E n°3507 située au lieudit " Campot " ;

2°) d'enjoindre au maire de Saurat de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saurat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision méconnaît l'autorité de chose décidée s'attachant à l'ordonnance de référé du 1er février 2021 ;

- elle a attesté de sa qualité pour déposer une déclaration préalable et cet élément n'avait pas à être vérifié par le maire ; la commune n'établit pas que le projet empiète sur son domaine public et les travaux de busage constituent une opération distincte de la construction de la station relais ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit dès lors que son projet constitue un équipement public exceptionnel susceptible d'être financièrement pris en charge par le déclarant et non par la commune ; le projet requiert un simple branchement et non des travaux d'extension du réseau ;

- les substitutions de motifs sollicitées par la commune de Saurat ne sont pas fondées et celles sollicitées par les intervenants ne sont pas recevables.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 novembre 2021, les 3 janvier et 25 mars 2022, la commune de Saurat, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

- d'autres motifs sont de nature à fonder légalement la décision contestée dans la mesure où le projet méconnaît les articles L. 122-5 et R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, Mme V T et M. A T, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, Mme C N et M. D E, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, Mme K I, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, Mme W M, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, M. P G, représenté par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, Mme U Q et M. R Q, représentés par Me Pinot, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, M. B H, représenté par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, l'association les écarts de Saurat, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Par une intervention et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 2 avril 2022, l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat, représentée par Me Pinot, demande au tribunal de rejeter la requête de la société Free mobile et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;

- si les moyens invoqués étaient considérés comme fondés, il ne pourrait être fait droit à la mesure d'injonction sollicitée dès lors que le projet méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

Un mémoire, présenté pour Mme V T, M. A T, Mme W M, Mme K I, M. B H, M. P G, Mme U Q, M. R Q, Mme C N, M. D E, l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat et l'association les écarts de Saurat, a été enregistré le 23 mai 2022 et n'a pas été communiqué.

Par ordonnance du 6 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai suivant.

Vu :

- les ordonnances du juge des référés du tribunal nos 2004271, 2100224 et 2106248 des 21 septembre 2020, 1er février 2021 et 23 novembre 2021 ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. L,

- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,

- les observations de Me Köth, substituant Me Courrech, représentant la commune de Saurat dans les trois instances susvisées et celles de Mme K I et de l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat dans les instances nos 2006570 et 2105032.

Considérant ce qui suit :

1. La société Free mobile a déposé, le 28 mai 2020, un dossier de demande de déclaration préalable pour l'implantation d'un relais de téléphonie mobile sur une parcelle cadastrée section E n°3507 au lieudit " Campot " à Saurat (Ariège). Le maire de cette commune s'est opposé à cette demande par un arrêté du 10 juin 2020. Par une ordonnance n°2004271 du 21 septembre 2020, le juge des référés du tribunal a suspendu cette décision et enjoint au maire de réexaminer la demande de la société Free mobile. En exécution de cette ordonnance, le maire de Saurat a édicté un arrêté portant opposition à déclaration préalable le 20 octobre 2020. Cette décision a été suspendue par le juge des référés du tribunal par une ordonnance n°2100224 du 1er février 2021. En exécution de l'injonction prononcée par le juge des référés, le maire de Saurat a réexaminé la demande de la société et a de nouveau édicté un arrêté portant opposition à déclaration préalable le 26 février 2021. La société Free mobile a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté le 26 juin 2021. Par les trois instances susvisées, elle sollicite l'annulation de ces décisions portant opposition à sa demande de déclaration préalable.

Sur la jonction :

2. Les requêtes ci-dessus visées concernent un même projet d'antenne relais et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2003875 :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ".

4. Pour fonder la décision en litige, le maire de Saurat a considéré que la société pétitionnaire n'avait pas justifié de l'insuffisance de couverture réseau du secteur d'implantation du projet et de l'absence de mutualisation avec un pylône existant. Toutefois, en considérant de la sorte que le dossier de déclaration préalable de la société Free Mobile n'était pas complet, alors qu'aucune demande de pièces complémentaires n'a été adressée à la pétitionnaire lors de l'instruction de sa déclaration et que les pièces exigées ne figurent pas au nombre de celles prévues par les articles R. 431-35 et R. 431-36 du code de l'urbanisme, qui énoncent de manière exhaustive les informations et pièces devant être jointes à l'appui d'un dossier de déclaration préalable, le maire de Saurat a entaché sa décision d'une erreur de droit.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans toutes les zones, l'édification des ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement : / des réseaux divers (eau potable, assainissement, gaz, électricité, télécommunications, ouvrages pour la sécurité publique, etc) () peut être autorisé même si les installations ne respectent pas le corps de règle de la zone concernée. / Toutes justifications techniques doivent être produites pour démontrer les motifs du choix du lieu d'implantation. / Dans toutes les zones, pourront également être autorisées les constructions ou installations provisoires nécessaires aux prospections du sous-sol au titre de la réglementation minière. ". Aux termes de l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Occupations et utilisations du sol interdites / - L'ouverture ou l'installation de carrières ou de gravières () / - Les dépôts de véhicules ainsi que les dépôts de ferrailles ou de matériaux, de combustibles, solides ou liquides, ou de déchets () / - Les activités industrielles, artisanales, de bureaux / - Les constructions et lotissements à usage d'habitation / - Les constructions à usage de loisirs () / - Le stationnement isolé de caravanes, les terrains de camping-caravaning, ainsi que les parcs résidentiels de loisirs. / - Les constructions liées à l'activité agricole ".

6. Il ressort des pièces du dossier que d'une part, l'implantation d'une antenne relais de téléphonie mobile ne fait pas partie des occupations et utilisations du sol interdites en zone N par l'article N 1 du règlement du plan local d'urbanisme, ni de celles soumises à conditions particulières aux termes de l'article N 2 du même règlement. En conséquence, le motif tiré de ce que le classement en zone N de la parcelle d'implantation du projet en litige s'opposait à sa réalisation est entaché d'une erreur de droit. D'autre part, dès lors que le projet respecte le corps des règles de la zone N, l'article 6 des dispositions générales du plan local d'urbanisme ne trouvait pas à s'appliquer. Au demeurant, comme la société requérante le soutient, ces dispositions ne sauraient légalement imposer des formalités autres que celles prévues par le code de l'urbanisme dès lors que les documents locaux d'urbanisme ne peuvent comporter que des conditions de fond relatives à l'octroi d'une autorisation d'urbanisme. Par suite, ce motif est également entaché d'une erreur de droit.

7. En troisième lieu, en application de l'article L. 333-1 du code de l'environnement les documents d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations et les mesures de la charte d'un parc naturel régional. Toutefois, aucune disposition ne prévoit que les dispositions d'une telle charte soient directement opposables à une demande d'autorisation d'urbanisme. Par suite, la société Free mobile est fondée à soutenir que la décision en litige, qui repose également sur la méconnaissance par la société pétitionnaire des exigences de l'article 7.1.5 de la charte du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, est entachée d'une erreur de droit.

8. En quatrième lieu, pour fonder la décision d'opposition en litige le maire de Saurat a relevé que les accès à la parcelle d'implantation du projet étaient soumis à autorisation pour les véhicules de plus de douze tonnes et que l'état dégradé de la partie finale de la voirie rendait le projet difficilement accessible. Toutefois, cet élément est relatif uniquement à l'exécution de l'autorisation d'urbanisme et des travaux et non à sa conformité avec les règles d'urbanisme lui étant opposables. Par ailleurs, la société Free mobile soutient que la parcelle section E n°3507 est aisément accessible et la commune n'apporte au soutien de sa décision qu'un procès-verbal de constat d'huissier qui n'établit pas, notamment par les documents photographiques qu'il contient, le mauvais état allégué de la voie. Par suite, ce motif doit également être censuré.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'antenne relais se situe en zone naturelle au sein d'un espace entièrement boisé. La commune de Saurat fait valoir en défense que le projet porte atteinte à l'intérêt des lieux environnants du fait de la présence en surplomb du rocher de Carlong, site touristique et lieu de passage de randonneurs. Toutefois, la parcelle d'implantation de l'antenne relais est située à environ 450 mètres du rocher de Carlong ainsi que cela ressort du procès-verbal de constat d'huissier produit par la commune. Le projet se situe, selon une assertion non contredite de la requérante, à un niveau altimétrique inférieur d'environ 270 mètres par rapport à ce rocher. Il consiste, par ailleurs, en un pylône avec une structure treillis métallique qui, malgré sa hauteur de 36 mètres, est de nature à limiter sa perception visuelle notamment dans l'environnement lointain au regard de l'effet de transparence réalisé. Ainsi, et au regard notamment des pièces relatives à l'insertion paysagère du projet figurant dans le dossier de demande, le maire de Saurat a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

11. En sixième lieu, le maire de Saurat a considéré qu'en l'absence d'information quant aux caractéristiques techniques du projet notamment au regard de la puissance de l'antenne et au respect de la réglementation applicable, il existait un risque d'impact sur la santé humaine des habitants situés à proximité du projet. Toutefois, d'une part, la commune ne produit aucun élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque pouvant résulter, pour le public, de son exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de téléphonie mobile. D'autre part, elle ne pouvait légalement exiger la production d'éléments autres que ceux prévus limitativement par les dispositions de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Au demeurant de telles pièces étaient fournies à l'appui du dossier de demande préalable. Par suite, ce motif doit également être censuré.

12. En septième et dernier lieu, la commune soutient que la décision d'opposition contestée est légalement justifiée par un motif tiré de ce que la société Free mobile n'avait pas qualité pour implanter un busage sur un terrain communal en l'absence d'un accord de sa part. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le busage serait réalisé en dehors de la parcelle d'implantation du projet, alors que la commune n'apporte aucun élément précis établissant l'empiètement allégué sur sa propriété. Par suite, ce motif n'est pas de nature à légalement justifier la décision attaquée.

13. Il résulte de tout ce qui précède, l'ensemble des motifs de la décision contestée étant censurés et la substitution de motif invoquée infondée, que la société Free mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2020 du maire de Saurat.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2006570 :

En ce qui concerne les interventions :

14. Les consorts T, S, Q, Mmes N et I et M. E se prévalent de leur qualité de propriétaires d'habitations à relative proximité de la parcelle d'implantation du projet et de la vue directe qu'ils auront sur celui-ci. Ainsi, ces intervenants, ainsi que l'association les écarts de Saurat et l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat eu égard à leur objet statutaire respectif, disposent d'un intérêt suffisant au maintien de la décision attaquée. Leurs interventions sont, par suite, recevables et doivent être admises.

En ce qui concerne les moyens soulevés :

15. En premier lieu, si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires. Il en résulte notamment que lorsque le juge des référés a prononcé la suspension d'une décision administrative et qu'il n'a pas été mis fin à cette suspension, soit par l'aboutissement d'une voie de recours, soit dans les conditions prévues à l'article L. 521-4 du code de justice administrative, soit par l'intervention d'une décision au fond, l'administration ne saurait légalement reprendre une même décision sans qu'il ait été remédié au vice que le juge des référés avait pris en considération pour prononcer la suspension. Lorsque le juge des référés a suspendu une décision de refus, il incombe à l'administration, sur injonction du juge des référés ou lorsqu'elle est saisie par le demandeur en ce sens, de procéder au réexamen de la demande ayant donné lieu à ce refus. Lorsque le juge des référés a retenu comme propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de ce refus un moyen dirigé contre les motifs de cette décision, l'autorité administrative ne saurait, eu égard à la force obligatoire de l'ordonnance de suspension, et sauf circonstances nouvelles, rejeter de nouveau la demande en se fondant sur les motifs en cause.

16. Il ressort des pièces du dossier que le juge des référés du présent tribunal a notamment considéré dans son ordonnance n°2004271 du 21 septembre 2020, que le moyen tiré de ce que le maire de la commune de Saurat a commis une erreur d'appréciation en estimant que le projet d'implantation portait atteinte à son milieu environnant était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Après avoir, en exécution de l'injonction prononcée par le juge des référés dans cette ordonnance, repris l'instruction de la demande de déclaration préalable déposée par la société Free mobile, le maire de Saurat s'est à nouveau opposé à celle-ci au motif que le projet était de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants sur le fondement de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Par suite, alors que l'ordonnance du 21 septembre 2020 demeurait exécutoire et en l'absence de toute circonstance nouvelle, en se fondant sur un tel motif, le maire de Saurat a méconnu la force obligatoire qui s'attachait à l'ordonnance du juge des référés du 21 septembre 2020.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 10 du présent jugement, la décision en litige est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

18. En troisième et dernier lieu, pour fonder la décision en litige, le maire de Saurat a considéré que le projet d'antenne relais, situé en zone naturelle, ne figurait pas parmi les occupations et utilisations du sol autorisées par l'article N 2 du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, le projet litigieux n'est pas au nombre des occupations et utilisations du sol interdites en zone N par l'article N 1 du règlement de ce plan local d'urbanisme, ni, contrairement au motif de refus opposé, de celles soumises à conditions particulières aux termes de l'article N 2 de ce même règlement. En conséquence, ce motif est également entaché d'une erreur de droit.

En ce qui concerne les substitutions de motifs sollicitées :

19. En premier lieu, une substitution de motifs ne peut être demandée au juge de l'excès de pouvoir que par l'administration auteur de la décision attaquée. Par suite, les demandes de substitutions de motifs présentées par les intervenants doivent être rejetées comme irrecevables.

20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 12 du présent jugement, la substitution de motifs sollicitée par la commune de Saurat et tirée de l'absence de qualité de la société Free mobile pour déposer la demande d'autorisation d'urbanisme en litige doit être rejetée.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article N 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques / Voirie départementale : les constructions doivent être implantées à 15 mètres minimum de l'axe de la voie. / Autre voirie : les constructions doivent être implantées à 8 mètres minimum de l'axe de la voie. () / Ces dispositions ne s'appliquent pas pour l'implantation des ouvrages techniques nécessaires au bon fonctionnement des ouvrages publics. ".

22. A supposer que l'antenne relais en litige ne soit pas implantée à au moins huit mètres de l'axe de la voie communale, ce qui ne ressort pas clairement des pièces du dossier, et qu'elle ne constituerait pas un ouvrage technique nécessaire au bon fonctionnement des ouvrages publics au sens du règlement de l'article N 6 de ce document d'urbanisme, il résulte de l'article 6 des dispositions générales de ce même règlement, ainsi que le soutient la société requérante, que dans toutes les zones l'édification d'ouvrages techniques nécessaires au fonction des réseaux de télécommunications, ce qui est le cas du projet en l'espèce, peut être autorisée " même si les installations ne respectent pas le corps de règle de la zone concernée ". A cet égard, est sans incidence la circonstance que l'article 6 des dispositions générales impose la production de justifications techniques permettant de justifier le choix du lieu d'implantation de l'équipement public dès lors que de telles dispositions ne peuvent légalement imposer des formalités autres que celles prévues par le code de l'urbanisme, les documents locaux d'urbanisme ne pouvant comporter que des conditions de fond relatives à l'octroi d'une autorisation d'urbanisme. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que ce motif aurait pu légalement justifier la décision attaquée.

23. Il résulte de tout ce qui précède, l'ensemble des motifs de la décision contestée étant censurés et les substitutions de motif invoquées infondées, que la société Free mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Saurat en date du 20 octobre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2105032 :

En ce qui concerne les interventions :

24. Les consorts T et Q, de Mmes N, I et M, de MM. E, G et H se prévalent de leur qualité de propriétaires d'habitations à relative proximité de la parcelle d'implantation du projet et de la vue directe qu'ils auront sur celui-ci. Ainsi, ces intervenants, ainsi que l'association les écarts de Saurat et l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat eu égard à leur objet statutaire respectif, disposent d'un intérêt suffisant au maintien de la décision attaquée. Leurs interventions sont, par suite, recevables et doivent être admises.

En ce qui concerne les moyens soulevés :

25. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 12 du présent jugement, le motif tiré de l'absence de qualité de Free mobile pour déposer la demande d'autorisation d'urbanisme en raison de l'empiètement du projet sur le domaine public communal doit être écarté.

26. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, G tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. () ". Aux termes de l'article L. 332-15 du même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire () exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne () l'alimentation en () électricité (). / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / () L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures ".

27. Il résulte des dispositions citées au point précédent que relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au quatrième alinéa de l'article L. 332-15 susvisé, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics, notamment les ouvrages d'extension et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.

28. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraint, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics, sans prise en G des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité, et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement. L'autorité compétente doit s'opposer à une déclaration préalable lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et que, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

29. D'autre part, aux termes de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : / () 2° Le versement des contributions aux dépenses d'équipements publics mentionnées au c du 2° de l'article L. 332-6-1 () ". Le c) du 2° de l'article L. 332-6-1 renvoie à la participation spécifique pour la réalisation d'équipements publics exceptionnels prévue à l'article L. 332-8. Selon le premier alinéa de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 : " Une participation spécifique peut être exigée des bénéficiaires des autorisations de construire qui ont pour objet la réalisation de toute installation à caractère industriel, notamment relative aux communications électroniques, agricole, commercial ou artisanal qui, par sa nature, sa situation ou son importance, nécessite la réalisation d'équipements publics exceptionnels. ". Aux termes de l'article L. 342-6 du code de l'énergie : " La part des coûts de branchement et d'extension des réseaux non couverts par les tarifs d'utilisation des réseaux publics peut faire l'objet de la contribution due par le redevable défini à l'article L. 342-7 ou par les redevables définis à l'article L. 342-11 ". Enfin, selon l'article L. 342-11 de ce code : " La contribution prévue à l'article L. 342-6 pour le raccordement des consommateurs au réseau de distribution est versée, dans des conditions, notamment de délais, fixées par les cahiers des charges des concessions ou les règlements de service des régies ou, à défaut, par décret en Conseil d'Etat, par les redevables mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4° et 5° suivants : () 2° Lorsque l'extension est rendue nécessaire par une opération donnant lieu à la participation spécifique pour la réalisation d'équipements publics exceptionnels mentionnée à l'article L. 332-6-1 du code de l'urbanisme, la contribution est versée par le bénéficiaire de l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol () ".

30. Il ressort de l'avis émis le 17 février 2021 par le syndicat départemental d'énergies de l'Ariège rendu dans le cadre de l'instruction de la demande de déclaration préalable litigieuse que la parcelle d'implantation du projet n'est pas desservie en électricité. Ainsi, un équipement public de desserte en énergie électrique doit être réalisé pour la réalisation de l'opération. Cet équipement doit être regardé, ainsi que l'a d'ailleurs considéré le syndicat départemental d'énergies de l'Ariège dans son avis précité, comme ayant le caractère d'un équipement public exceptionnel au sens de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme, d'une part, dès lors qu'une antenne relais constitue une installation à caractère industriel relative aux communications électroniques, et d'autre part, eu égard à sa nature, qui répond à une mission de service public confiée à la société Free mobile, et à sa situation éloignée des zones desservies en électricité. En conséquence, en application des dispositions combinées de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme et de l'article L. 342-11 du code de l'énergie, le financement de l'extension du réseau électrique induite par le projet incombe à la société pétitionnaire. Par suite, le maire de Saurat ne pouvait légalement fonder sa décision d'opposition à déclaration préalable sur la circonstance qu'il n'était pas en mesure, en application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ces travaux d'extension devaient être exécutés.

31. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen invoqué dans la requête n'est pas susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté contesté.

En ce qui concerne les substitutions de motifs sollicitées :

32. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 10 du présent jugement, la demande de substitution de motifs présentée par la commune et tirée de l'atteinte portée par le projet à son milieu environnant en méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.

33. En second lieu, la commune de Saurat est une commune de montagne au sens de la loi susvisée du 9 janvier 1985. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ". Aux termes de l'article L. 122-3 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 : " Les installations et ouvrages nécessaires () à l'établissement de réseaux de communications électroniques ouverts au public () ne sont pas soumis aux dispositions de la présente section si leur localisation dans ces espaces correspond à une nécessité technique impérative ou, dans le cas des communications électroniques, est nécessaire pour améliorer la couverture du territoire. ".

34. La société Free mobile établit, ce qui ressort au demeurant également de l'extrait cartographique produit par les intervenants, qu'aucune antenne relais n'est implantée sur le territoire de Saurat et que l'antenne relais la plus proche, à savoir celle située au Roc du Traucadou, est située à six kilomètres du lieu d'implantation du projet. La commune de Saurat n'apporte aucun élément indiquant que le projet ne serait pas nécessaire pour améliorer la couverture du territoire. Les intervenants se réfèrent uniquement à un procès-verbal de constat d'huissier mentionnant que le réseau mobile est capté depuis leurs domiciles respectifs, ce qui, toutefois, ne saurait suffire à démontrer l'absence de nécessité d'améliorer la couverture du territoire. Ainsi, l'implantation d'une antenne relais au lieu-dit " Campot " apparaît, au regard des pièces du dossier, justifiée par la nécessité d'améliorer la couverture du territoire et entre dans le champ de la dérogation prévue par l'article L. 122-3 du code de l'urbanisme. La commune de Saurat n'est dès lors pas fondée à soutenir que l'arrêté contesté aurait été légalement justifié par le motif tiré de la méconnaissance du principe de continuité posé à l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.

35. Il résulte de tout ce qui précède, l'ensemble des motifs de la décision contestée étant censurés et les substitutions de motif invoquées en défense infondées, que la société Free mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Saurat en date du 1er février 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

36. Une décision intervenue pour l'exécution de l'ordonnance par laquelle le juge des référés d'un tribunal administratif a suspendu l'exécution d'un acte administratif revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé.

37. Il résulte de l'instruction que le maire de Saurat a délivré le 22 décembre 2021 à la société Free mobile, en exécution de l'ordonnance de référé n° 2106248 du 23 novembre 2021, une décision de non opposition à déclaration préalable pour les travaux relatifs à l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section E n°3507 située au lieudit " Campot ". Il s'ensuit que le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution, cette décision du 22 décembre 2021 devenant, par l'effet du jugement, définitive, quand bien même celle-ci mentionnerait son caractère provisoire. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreintes présentées par la société Free Mobile doivent être rejetées comme dépourvues d'objet.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'ensemble des instances :

38. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Free mobile, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Saurat et que les intervenants, qui en tout état de cause ne sont pas parties à l'instance, demandent au titre des frais exposés par eux. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Saurat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Free mobile et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les interventions des consorts T, S, Q, de Mmes N et I, de M. E, de l'association les écarts de Saurat et de l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat dans l'instance n°2006570 sont admises.

Article 2 : Les interventions des consorts T et Q, de Mmes N, I et M, de MM. E, G et H, de l'association les écarts de Saurat et de l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat dans l'instance n°2105032 sont admises.

Article 3 : Les arrêtés du maire de Saurat des 10 juin 2020, 20 octobre 2020 et 26 février 2021 sont annulés.

Article 4 : La commune de Saurat versera la somme de 1 500 euros à la société Free mobile en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Saurat et des intervenants présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête n°2105032 est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiées Free Mobile, à la commune de Saurat, à M. A T, à Mme V T, à Mme U Q, à M. R Q, à Mme C N, à M. D E, à Mme K I, à Mme W M, à M. P G, à M. B H, à Mme J S, à M. F S, à l'association Les écarts de Saurat, et à l'association de développement et d'animation de la vallée du Saurat.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

M. Leymarie, conseiller,

Mme Rousseau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

Le rapporteur,

A. L

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

M. O

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2003875, 2006570, 210503

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