jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2003954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BERRADIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2020, Mme B D épouse A, représentée par Me Berradia demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 février 2020 par laquelle la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer une carte de résident de dix ans ou de procéder à un nouvel examen de sa situation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 200 euros en application des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne prend pas en compte la durée de séjour de la requérante et sa promesse d'embauche ;
- la préfète a commis une erreur de droit dès lors qu'elle a fondé sa demande sur l'article 7 de l'accord franco-algérien et non sur l'article 7 bis du même accord.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2020, la préfète du Tarn conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme D épouse A n'est fondé.
Mme D épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse A, née le 4 septembre 1972, ressortissante algérienne, est entrée en France en 2005 munie d'un visa court séjour. Elle a épousé, le 11 octobre 2010, M. A, compatriote, titulaire d'un certificat de résidence de dix ans. Elle bénéficie depuis 2013 de titres de séjour en qualité de " visiteur " régulièrement renouvelés. Elle a sollicité, le 11 décembre 2017, la délivrance d'une carte de résident de dix ans. Par une décision du 17 janvier 2018, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer la carte sollicitée. Le tribunal administratif de Toulouse a confirmé cette décision par un jugement du 13 février 2019. Le 7 janvier 2020, lors de la demande de renouvellement de son titre de séjour, Mme D épouse A a sollicité à nouveau la délivrance d'une carte de résident de dix ans. Par une décision du 17 février 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer la carte sollicitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement, notamment l'insuffisance des moyens d'existence de Mme D épouse A. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco algérien du 27 septembre 1968, modifié : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord. a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " () ". Et aux termes de l'article 7 bis de ce même accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. () ".
4. Si les articles L. 314-8 et R. 314-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas opposables à Mme D épouse A et si le préfet ne doit pas se fonder uniquement sur le salaire minimum de croissance mais apprécier de manière globale les moyens d'existence, il ressort des pièces du dossier que Mme D épouse A, a travaillé seulement une semaine au cours de l'année 2017 et ne dispose que de 113 euros mensuels au titre de l'aide familiale versée par la maison départementale des personnes handicapées. Par ailleurs, si son époux dispose pour seules ressources de l'allocation pour adulte handicapé, la circonstance que l'intéressée s'occupe de son époux handicapé n'est pas de nature à la dispenser de remplir la condition de ressources prévues par l'article 7 bis de l'accord franco algérien précité. A cet égard, si la requérante se prévaut d'une promesse d'embauche, laquelle ne porte que sur un contrat à durée déterminée et à temps partiel en qualité d'employé libre-service polyvalente, cela n'est pas de nature à garantir le caractère stable et pérenne des moyens d'existence de la requérante au sens et pour l'application de l'article 7 bis de l'accord précité. Dans ces conditions et en l'absence de tout autre élément à l'appui de sa demande, la préfète du Tarn n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en considérant que Mme D épouse A ne disposait pas de moyens d'existence de nature à lui ouvrir droit à la délivrance du certificat de dix ans sollicité.
5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par l'intéressée le 6 décembre 2019, que Mme D épouse A a sollicité une carte de résident d'une durée de dix ans et non un simple changement de statut de " visiteur " vers " salarié " au titre de l'article 7 de l'accord précité. Dans ces conditions, la préfète du Tarn, qui ne s'est pas méprise sur la demande qui lui était soumise, n'a pas davantage commis d'erreur de fait ou de droit sur ce point en étudiant sa demande sur le fondement des dispositions de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme D épouse A tendant à l'annulation de la décision du 17 février 2020 de la préfète du Tarn doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle présente à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse A et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. C
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
S. HECHT
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026