mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2004256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | POUGAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 août 2020, 18 novembre et 29 juillet 2021, Mme A H et M. E F, représentés Me Pougault, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 juin 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) leur a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de leur octroyer l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII les entiers dépens ainsi que le paiement d'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser cette somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée de vices de procédure dès lors qu'elle méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue à l'article de L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et n'a pas été précédée d'un entretien d'évaluation de sa vulnérabilité en violation de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'OFII a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de leur situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation et des conséquences qu'elle emporte sur leur situation personnelle.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 juillet et 5 août 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juillet 2021.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. Mme A H, de nationalité géorgienne, a déposé une demande d'asile enregistrée par le préfet de la Haute-Garonne, en procédure accélérée, le 4 mai 2018. Elle a été rejointe par son mari M. E F, de nationalité géorgienne, dont la demande d'asile a été enregistrée le 4 juillet 2018. Ils ont bénéficié, à ce titre, des conditions matérielles d'accueil. Leur enfant, B I F, est né le 26 juin 2018 à Toulouse. Par deux décisions en date du 28 juin 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leurs demandes d'asile, la légalité de ces décisions a été confirmée par deux ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile du 6 novembre 2019. Le 25 juin 2020, Mme H et M. F ont sollicité le réexamen de leurs demandes d'asile auprès des services de la préfecture de la Haute-Garonne et ont été placés en procédure accélérée. Par une décision du même jour, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une ordonnance en date du 11 septembre 2020, n° 2004434, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté leur demande de suspension de cette décision. Par la présente requête, Mme H et M. F demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 4 décembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. F le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au titre de la présente procédure juridictionnelle. Par suite, les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par une décision du 15 juin 2018 régulièrement publiée, le directeur général de l'OFII a donné délégation à M. G C, directeur territorial à Toulouse, à l'effet de signer notamment tout acte relevant du champ de compétence de la direction territoriale de Toulouse et en particulier les missions dévolues par la décision du directeur général de l'OFII du 31 décembre 2013. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne que les requérants ont sollicité le réexamen de leur demande d'asile et qu'en application des dispositions du 2° de l'article L. 744-8 et de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le bénéfice des conditions matérielles leur est refusé. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, ne peut donc qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil / () ". Selon l'article R. 774-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. "
6. Si ces dispositions imposent un entretien personnel lors de la présentation de la première demande d'asile permettant d'évaluer la vulnérabilité d'un demandeur d'asile, l'administration n'est, en revanche, pas tenue de réitérer cet entretien lorsqu'elle examine une demande de rétablissement de conditions matérielles d'accueil auxquelles il a été mis fin. En l'espèce, Mme H et M. F ne soutiennent pas qu'ils auraient été privés d'un entretien et d'un examen de leur vulnérabilité lorsqu'ils sont entrés en France pour la première fois afin d'y demander l'asile et d'y bénéficier des conditions matérielles d'accueil, alors qu'il ressort, au contraire, des pièces produites en défense que cet entretien a bien eu lieu le 4 mai 2018. Au demeurant, il apparaît à la lecture de la décision litigieuse que l'OFII a, de nouveau, apprécié la situation particulière de Mme H et de M. F à la date de la demande de rétablissement, au regard notamment de leur vulnérabilité. Ils n'ont, par ailleurs, pas sollicité à cette occasion une demande d'avis médical ni fait état de problèmes de santé. Le moyen tiré du vice de procédure en ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc, en tout état de cause, être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
8. Si le droit d'être entendu exige que l'intéressé ne soit pas privé de la possibilité de faire valoir spontanément des observations pertinentes qui pourraient influer sur le contenu de la décision prise à son égard, il n'impose pas, en lui-même, qu'une procédure contradictoire soit conduite préalablement à l'édiction d'une décision de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil. En l'espèce, alors qu'il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la capture d'écran du fichier DN@ produite par l'OFII en défense, qu'un entretien personnel de vulnérabilité a été conduit avec Mme H et M. F lors de l'enregistrement de leur demandes d'asile, les requérants n'établissent pas avoir été privés de la possibilité de faire valoir des éléments pertinents sur leur situation avant que ne soit prise la décision du 25 juin 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des principes généraux du droit de l'Union, doit en tout état de cause être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () / 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. / () La décision de retrait des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. " Aux termes de l'article L. 723-2 du même code: " III. - L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que : / () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "
10. Si les requérants soutiennent que l'OFII aurait dû les mettre en mesure de présenter des observations sur la décision en litige avant son édiction, il résulte des dispositions citées au point précédent que cette obligation n'est prévue qu'en cas de retrait et n'est pas obligatoire lorsque la décision fait suite à une demande de l'intéressé. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. En sixième lieu, il ne ressort ni de la décision en litige ni d'aucune pièce du dossier que l'OFII ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation de Mme H et M. F. De même, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII aurait méconnu l'étendue de sa compétence au seul motif qu'il a pris en compte le fait que les requérants ont sollicité le réexamen de leur demande d'asile dès lors que la décision est prise " après examen de [leur] situation " et au regard notamment de la composition de la famille.
12. En septième et dernier lieu, la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale vise à harmoniser les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en leur garantissant un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne. Aux termes, toutefois, de l'article 20 de cette directive : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs () ".
13. D'une part, contrairement à ce que font valoir les requérants, il résulte des dispositions précitées de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 que les Etats membres peuvent prévoir dans leur législation des cas qui permettent, sous certaines conditions et en considération de la situation de vulnérabilité de l'intéressé, de refuser aux demandeurs d'asile l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Alors que les dispositions précitées du 2° de l'article L. 744-8 et de l'article D. 744-37 prévoient que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être refusé si le demandeur n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prescrit, cette hypothèse correspond à celle prévue par le paragraphe 2 de l'article 20 de la directive 2013/33/UE. Par suite, Mme H et M. F ne sont pas fondés à soutenir que les articles L. 744-8 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile seraient contraires aux objectifs de cette directive.
14. D'autre part, il est constant que les requérants ont sollicité le réexamen de leur demande d'asile et que par deux décisions en date du 28 juin 2019, devenue définitives, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile initiales. En se bornant à soutenir qu'ils sont accompagnés d'un enfant en bas âge et que Mme H présente d'importants problèmes de santé, sans aucun élément de preuve à l'appui, alors que les requérants n'ont sollicité un avis médical que postérieurement à la décision attaquée, Mme H et M. F ne sauraient être regardés comme faisant état d'un état de vulnérabilité de nature à leur ouvrir droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Dès lors, le directeur territorial de l'OFII pouvait refuser de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sans entacher sa décision d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation et des conséquences de sa décision sur cette situation.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme H et M. F doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'ils présentent à fin d'injonction, celles tendant au paiement des entiers dépens, au demeurant inexistants, et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme H et M. F tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme H et M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A H, à M. E F et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. D
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
S. HECHT
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026