LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2004307

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2004307

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2004307
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBARBOT-LAFITTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 août et 2 octobre 2020, Mme B F A et M. E D, représentés par Me Barbot-Lafitte, demandent au tribunal :

1°) de suspendre la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement rejeté leur demande en date du 28 février 2020 tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal, de rétablir à leur profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation au regard des exigences de l'article 20 de la directive 2013/33/UE de l'Union Européenne relative à l'attribution du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'ils n'ont pas été mis en mesure de présenter des observations avant l'intervention de la décision implicite de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil contrairement à ce qu'impose l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de leur situation de vulnérabilité, en méconnaissance de l'article L. 744-6 du CESEDA ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 744-8 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 9 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juillet 2021.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 décembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F A et M. E D, ressortissants guinéens, ont déposé des demandes d'asile, enregistrées le 27 décembre 2017 par le préfet de de la Haute-Garonne en procédure dite " Dublin ", et ils ont accepté, le même jour, l'offre de prise en charge qui leur a été accordée par l'OFII au titre du dispositif national d'accueil. Ils ont fait l'objet, le 27 décembre 2017, d'un arrêté préfectoral de transfert vers l'Espagne, responsable de l'examen de leurs demandes d'asile en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013. Les intéressés ne s'étant pas présentés pour leur transfert, ils ont été déclarés en fuite. Par une décision du 23 octobre 2018, l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil dont ils bénéficiaient du fait de leur non-présentation aux autorités et de l'absence de réponse aux demandes d'information. Après l'expiration du délai de transfert, Mme A et M. D ont présenté, le 13 janvier 2020, une nouvelle demande d'asile. Par un courrier du 28 février 2020, les requérants ont sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par une décision implicite, le directeur général de l'OFII a refusé de faire droit à leur demande. Par une ordonnance en date du 28 septembre n° 2004511 le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande des intéressés tendant à la suspension de cette décision. Par la présente requête, Mme A et M. D demandent au tribunal d'annuler cette décision implicite de rejet par l'OFII de leur demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

2. La directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale vise à harmoniser les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en leur garantissant un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne. Toutefois, aux termes de l'article 20 de cette directive : " 1. Les Etats membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs () ".

3. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable (). / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". L'article L. 742-1 du même code prévoit que : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. L'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1 mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. " Selon l'article L. 744-1 du même code, les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive du 26 juin 2013, " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile () ". Enfin, l'article L. 744-9 de ce code prévoit que : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile () ".

4. Selon l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicable au litige dès lors que Mme A et M. D ont bénéficié des conditions matérielles d'accueil avant le 1er janvier 2019 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; 2° Retiré si le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières ou a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ou en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ; / 3° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. / () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

5. Il résulte de ces dispositions alors en vigueur que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement, au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

En ce qui concerne les moyens soulevés :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. "

7. Mme A et M. D n'établissent pas, ni du reste ne soutiennent, avoir sollicité les motifs de la décision rejetant implicitement leur demande du 28 février 2020, conformément à ce que prévoient les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait assorti d'une motivation insuffisante ne peut qu'être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil / () ". Selon l'article R. 774-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. "

9. Si ces dispositions imposent un entretien personnel lors de la présentation de la première demande d'asile permettant d'évaluer la vulnérabilité d'un demandeur d'asile, l'administration n'est en revanche pas tenue de réitérer cet entretien lorsqu'elle examine une demande de rétablissement de conditions matérielles d'accueil auxquelles il a été mis fin. En l'espèce, Mme A et M. D ne soutiennent pas qu'ils auraient été privés d'un entretien et d'un examen de leur vulnérabilité lorsqu'ils sont entrés en France pour la première fois afin d'y demander l'asile et y bénéficier des conditions matérielles d'accueil, en novembre 2017, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'ils ont bénéficié de cet entretien le 27 décembre 2017. Au surplus, il ressort de ces mêmes pièces et notamment des captures d'écran du fichier DN@ produites en défense que, d'une part, l'OFII a de nouveau apprécié la situation particulière de Mme A et M. D à l'occasion de leur nouvelle demande d'asile, au regard notamment de leur vulnérabilité et, d'autre part, qu'à cette occasion, les requérants n'ont pas sollicité d'avis médical MEDZO, ni fait état de problèmes de santé. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc, en tout état de cause, être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. " L'article D. 744-38 du même code dispose : " La décision de suspension, de retrait ou de refus de l'allocation est écrite, motivée et prise après que l'allocataire a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans le délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / Lorsque le bénéfice de l'allocation a été suspendu, l'allocataire peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. " Enfin, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "

11. D'une part, si les requérants soutiennent que le principe du contradictoire a été méconnu, il résulte des dispositions citées au point précédent que l'obligation qu'elles fixent de mettre l'intéressé en mesure de présenter des observations n'est prévue qu'en cas de retrait des conditions matérielles d'accueil et n'est pas obligatoire, en tout état de cause, lorsque la décision fait suite à une demande de l'intéressé.

12. D'autre part, les requérants ne contestent pas qu'étant placés en procédure dite " Dublin ", ils auraient dû exécuter leur transfert vers le pays responsable de leur demande d'asile. Or, dès lors que les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues et que leur nouvelle demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée le 13 janvier 2020, date à laquelle la France en est devenue responsable faute pour les intéressés d'avoir satisfaits à l'obligation qui leur était faite d'exécuter ce transfert, Mme A et M. D se sont nécessairement soustraits à leurs obligations envers les autorités chargées de l'asile, notamment celle d'exécuter leur transfert vers le pays responsable de l'examen de leur demande d'asile. Au demeurant, si les requérants se prévalent de la grossesse de Mme A et du " souvenir traumatique de leur séparation forcée en Espagne ", ces éléments ne peuvent être regardés comme suffisants, en toute hypothèse, aux fins de justifier ne pas s'être présentés aux autorités dans le cadre de la procédure de transfert. Dès lors, c'est à bon droit qu'ils ont été regardés comme n'ayant pas respecté leurs obligations de se présenter aux autorités pour permettre l'exécution de leur transfert. Si Mme A et M. D indiquent encore ne disposer d'aucune ressource sur le territoire français, font état, sans le démontrer, d'une maladie au cœur dont leur enfant mineur pourrait être atteint et produisent, en outre, des analyses de sang attestant de ce que M. D est porteur du virus de l'hépatite B, d'une part, il ressort des pièces du dossier, que les requérants n'ont pas sollicité d'avis médical auprès de l'OFII au moment de l'examen de leur situation de vulnérabilité et, d'autre part, en l'absence de pièces complémentaires versés au dossier, les requérants n'établissent pas davantage la réalité de la situation de vulnérabilité dont ils se prévalent. Enfin, les requérants ne démontrent pas qu'ils n'auraient pas pu bénéficier avec leur enfant des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne s'ils avaient respecté les obligations auxquelles ils avaient consenti au moment de leur acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté, de même que, pour les mêmes motifs, les moyens tirés de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation et des conséquences qu'elle emporte sur la situation des intéressés.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A et M. D à fin d'annulation de la décision attaquée, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A et M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F A, à M. E D et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.

Le président-rapporteur,

T. C

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

S. HECHT

La greffière,

S. SORABELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions