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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2004585

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2004585

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2004585
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET GENTILHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2004585 le 15 septembre 2020, M. C B, Mme G K, Mme F H, M. E J, M. D I, représentés par Me Faugère, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision de non-opposition à déclaration préalable délivrée par le maire de la commune de Le Vigan à la société Orange pour l'installation d'une antenne de radiotéléphonie sur un terrain situé à la Gache, parcelle n° F0875 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Le Vigan une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- le projet aurait dû faire l'objet d'une procédure de permis de construire ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 48 du code des postes et des communications électroniques ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure tiré du non-respect de l'obligation d'information au public en application de l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques ;

- le dossier de déclaration était entaché d'une erreur matérielle relative à l'emprise au sol du projet, qui aurait dû conduire le maire à s'y opposer ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que, si le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ne prévoit pas de hauteur maximale dans la zone d'implantation du projet, la hauteur de 24 mètres du projet est démesurée et déraisonnable ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de l'atteinte au paysage naturel au regard de la charte de recommandations environnementales conclue entre l'Etat et les opérateurs de radiotéléphonie ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la commune de Le Vigan n'est pas située en zone blanche et que le projet ne présente pas d'utilité en raison de la présence de plusieurs antennes proches ;

- la décision a été prise en méconnaissance du principe de précaution.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2020, la commune de Le Vigan, représentée par Me Cobourg-Gozé, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour les requérants, qui n'ont pas la qualité de voisin immédiat, n'ont aucune visibilité sur le projet et n'établissent pas de perte de valeur financière de leur bien, de justifier d'un intérêt à agir ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, la société Orange représentée par Me Gentilhomme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour les requérants, qui n'ont pas la qualité de voisin immédiat, de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens tirés de la méconnaissance du code des postes et des communications sont inopérants ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de la charte de recommandations environnementales conclue entre l'Etat et les opérateurs de radiotéléphonie est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 février 2023.

Par lettre datée du 25 septembre 2020, Me Faugère a indiqué qu'en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, M. C B a été désigné comme étant le représentant unique des signataires de la requête n° 2004585.

Par un courrier du 1er août 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que le projet, situé aux abords d'un monument historique, ne relevait pas des exceptions visées à l'article R. 421-11 du code de l'urbanisme et aurait dû être soumis à permis de construire.

Une réponse à ce moyen d'ordre public présentée pour la société Orange a été enregistrée le 1er août 2023 et a été communiquée.

Une réponse à ce moyen d'ordre public présentée pour la commune de Le Vigan a été enregistrée le 2 août 2023 et a été communiquée.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2105277, le 9 septembre 2021 et le 4 mars 2022, M. C B et Mme F H, représentés par Me Faugère, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Le Vigan a accordé un permis de construire à la société Orange pour l'installation d'une antenne de radiotéléphonie sur un terrain situé à la Gache, parcelle cadastrée n° F0875 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Le Vigan une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 48 du code des postes et des communications électroniques ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure tiré du non-respect de l'obligation d'information au public en application de l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques ;

- le dossier de demande était entaché d'une erreur matérielle relative à l'emprise au sol du projet qui aurait dû conduire le maire à s'y opposer ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que, si le PLU ne prévoit pas de hauteur maximum, ce qui est illégal, la hauteur de 24 mètres du projet est démesurée et déraisonnable ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de l'atteinte au paysage naturel au regard de la charte de recommandations environnementales entre l'Etat et les opérateurs de radiotéléphonie ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la commune de Le Vigan n'est pas située en zone blanche et que le projet ne présente pas d'utilité en raison de la présence de plusieurs antennes proches ;

- elle méconnaît le principe d'urbanisation en continuité prévue par l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;

- la décision a été prise en méconnaissance du principe de précaution.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, la commune de Le Vigan, représentée par Me Cobourg-Gozé, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour les requérants, qui n'ont pas la qualité de voisin immédiat, n'ont aucune visibilité sur le projet et n'établissent pas de perte de valeur financière de leur bien, de justifier d'un intérêt à agir ;

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas notifié leur requête au pétitionnaire tel qu'identifié sur le permis de construire ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2022 et le 28 avril 2023, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour les requérants, qui n'ont pas la qualité de voisin immédiat, de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens tirés de la méconnaissance du code des postes et des communications sont inopérants ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de la charte de recommandations environnementales conclue entre l'Etat et les opérateurs de radiotéléphonie est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 28 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2023.

Un mémoire présenté par les requérants et enregistré le 15 mai 2023 au greffe du tribunal n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- et les observations de Me Faugère, représentant les requérants, de Me Cobourg-Gozé, représentant la commune de Le Vigan et de Me Gentilhomme, représentant la société Orange.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 15 juillet 2020, le maire de la commune de Le Vigan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société SA Orange le 12 mai 2020 en vue de l'installation d'une antenne de radiotéléphonie comprenant notamment un pylône treillis d'une hauteur de 24 mètres et des éléments techniques posés sur une dalle béton, sur la parcelle cadastrée n° F0875. Le maire de la commune de Le Vigan a ensuite accordé un permis de construire à la société SA Orange pour le même projet, sur la même parcelle, par arrêté du 9 juillet 2021.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2004585 et n° 2105277 concernent deux arrêtés pris par la même autorité, portant sur un même projet, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de non-opposition du 15 juillet 2020 :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées par la commune de Le Vigan et la société Orange :

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. Si la commune et la société font valoir que les requérants ne disposent d'aucun intérêt à agir, une demande collective tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'une autorisation d'urbanisme est recevable dès lors qu'au moins un des signataires de cette demande a intérêt à l'annulation de la décision attaquée. Or, en l'espèce, M. B, propriétaire des parcelles cadastrées n°s 171, 172 et 173, sur lesquelles est installée sa maison d'habitation, située à 200 mètres du terrain d'assiette du projet, justifie par les pièces qu'il produit avoir une vue directe sur le projet, que les arbres de hautes cimes ne permettent pas de cacher eu égard à la configuration des lieux, alors que l'environnement était, avant l'intervention de la construction, dénué de toute construction ou installation similaire et constitué de champs et d'habitats épars. Eu égard à la nuisance visuelle induite par le projet qu'il fait ainsi valoir, il justifie en l'espèce, alors même qu'il n'est pas voisin immédiat du projet d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme. Par suite, la requête collective est recevable.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / () b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ". Aux termes de l'article R. 421-9 de ce code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : / () j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m2 et inférieures ou égales à 20 m2 ". L'article R. 421-11 du même code prévoit que " I- Dans le périmètre des sites patrimoniaux remarquables, dans les abords des monuments historiques, () les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable : / () a) Les constructions nouvelles répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; / - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; () ".

7. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que le terrain d'assiette du projet est situé dans les abords de l'église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption, monument classé par arrêté du 18 octobre 1983. A cet égard, si les défendeurs soutiennent que les deux constructions ne seraient pas en situation de covisibilité, ils n'établissent pas que l'antenne-relais en projet ne serait pas visible à l'œil nu de l'église en cause ou en même temps que celle-ci depuis un lieu normalement accessible au public, y compris d'un lieu situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le maire et l'architecte des bâtiments de France ont, lors de l'octroi du permis de construire, objet de la requête n° 2105277, estimé que les deux bâtiments étaient en situation de covisibilité. Dès lors, le projet ne pouvait en tout état de cause bénéficier de la dispense de présentation d'une demande de permis de construire prévue par le j) de l'article R. 425-9 du code de l'urbanisme, invoquée par les défendeurs. Il est également constant que la hauteur de l'antenne est de 24 mètres, de telle sorte que le projet ne rentrait pas davantage dans le champ des dispositions précitées de l'article R. 421-11 du code de l'urbanisme permettant, par exception, de soumettre une construction nouvelle à déclaration préalable. Il s'ensuit qu'il aurait dû faire l'objet d'une demande de permis de construire et que le maire de Le Vigan a méconnu le champ d'application de ces dispositions et de celles de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme en statuant, comme il l'a fait, sur la déclaration préalable déposée par la société Orange

8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision contestée.

9. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Le Vigan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Orange en vue de la construction d'une antenne de radiotéléphonie.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2021 accordant le permis de construire :

10. En premier lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet comporte, outre l'antenne, une dalle en béton supportant du matériel technique dont l'emprise au sol est de 5 m² environ. Si les requérants soutiennent que le dossier comporte une erreur qui aurait dû conduire le maire à refuser le permis s'agissant de l'emprise au sol du projet, ils ne précisent pas quelle règle de droit aurait ainsi été méconnue, alors au surplus qu'ils ne démontrent aucune erreur matérielle relative à l'emprise au sol, qui ne saurait comprendre la clôture grillagée, contrairement à ce qu'ils soutiennent. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le dossier de demande était entaché d'inexactitude ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, si un permis de construire ne peut être délivré que pour un projet qui respecte la réglementation d'urbanisme en vigueur, il ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'un permis de construire ne saurait utilement se borner à soutenir qu'il a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, il résulte de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme que la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'un permis de construire a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal -sous réserve, en ce qui concerne les vices de forme ou de procédure, des dispositions de l'article L. 600-1 du même code -, à la condition que le requérant fasse en outre valoir que ce permis méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

12. En l'espèce, si les requérants soutiennent que l'autorisation délivrée serait illégale en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme applicable du fait de l'absence de règle de hauteur dans le règlement de la zone d'implantation du projet, ils n'allèguent ni n'établissent que le permis de construire attaqué serait illégal au regard des dispositions du document d'urbanisme antérieur. Ainsi, dans les termes dans lesquels il est présenté, ce moyen est inopérant. En outre et en tout état de cause, aucune disposition législative ou règlementaire n'impose à une commune de réglementer la hauteur des constructions dans son plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le permis qui autorise l'installation d'une antenne mesurant 24 mètres serait illégal en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme en tant qu'il ne règlemente pas la hauteur des constructions ne peut qu'être écarté.

13. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet est situé dans la zone agricole du plan local d'urbanisme de la commune, dans un environnement dénué de toute installation métallique similaire et constitué de champs et d'habitats épars. Par ailleurs, l'arrêté accordant le permis est assorti de prescriptions de l'architecte des bâtiments de France en raison de la situation du terrain d'assiette dans le périmètre d'un bâtiment historique et il n'est pas soutenu que ces prescriptions seraient insusceptibles d'assurer l'insertion de la construction dans le paysage naturel. Il ressort enfin des pièces du dossier que l'antenne est entourée d'arbres de haute tige. Dans ces conditions, bien que la topographie des lieux implique que la partie la plus haute de l'antenne sera visible dans le paysage, l'atteinte portée à celui-ci, même en tenant compte de la hauteur du projet, n'est pas telle que le maire de Le Vigan ne pouvait en autoriser l'implantation sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation. Les requérants, qui ne peuvent utilement invoquer sur ce point la méconnaissance de la charte de recommandations environnementales conclue entre l'Etat et les opérateurs de radiotéléphonie, ne sont donc pas fondés à soutenir que le maire de la commune aurait fait une inexacte application de l'article L. 111-27 du code de l'urbanisme ou de l'article A 11 du plan local d'urbanisme de la commune.

14. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que la commune de Le Vigan n'est pas située en zone blanche au titre de la couverture par des services radiotéléphoniques, et que le projet ne présente pas d'utilité en raison de la présence de plusieurs antennes proches qui auraient pu être mutualisées, la mutualisation n'est qu'une possibilité offerte par le code des postes et des communications électroniques qui ne saurait être opposable aux demandes d'autorisation d'urbanisme, lesquelles ne peuvent être fondées que sur les règles d'urbanisme applicables. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'utilité du projet ne peut utilement être soulevé à l'encontre de l'arrêté accordant le permis de construire.

15. En cinquième lieu, s'il appartient à l'autorité administrative compétente de prendre en compte le principe de précaution, énoncé par l'article 5 de la Charte de l'environnement et auquel se réfère l'article L. 110-1 du code de l'environnement, lorsqu'elle se prononce sur l'octroi d'une autorisation délivrée en application de la législation sur l'urbanisme, les dispositions de l'article 5 de la Charte ne permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés sur l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, de risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus d'autorisation.

16. En l'espèce il ne ressort des pièces versées au dossier aucun élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque pouvant résulter, pour le public, de son exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de téléphonie mobile et notamment par celle objet du permis de construire attaqué. En accordant ce permis de construire à la société Orange, le maire de la commune n'a donc pas méconnu les dispositions précitées.

17. En sixième lieu, en application du principe d'indépendance des législations, les requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance des dispositions des articles L. 48 et L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques.

18. En septième et dernier lieu, le moyen tiré de ce que la construction méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme relatives au principe d'urbanisation en continuité est inopérant dès lors que ces dispositions ne trouvent à s'appliquer qu'en l'absence de document d'urbanisme applicable, dont est dotée, en l'espèce, la commune de Le Vigan.

19. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense, que M. B et Mme H ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire délivré le 9 juillet 2021 à la société Orange par le maire de Le Vigan. La requête n° 2105277 doit donc être rejetée.

Sur les frais liés aux litiges :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2004585.

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par la commune, partie perdante, dans la même instance. Il en va de même pour les requérants dans le cadre de l'instance n° 2105277.

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme quelconque à la charge de M. B et de Mme H en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais engagés par la commune de Le Vigan et la société Orange dans l'instance n° 2105277.

23. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Le Vigan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Orange le 12 mai 2020 est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties présentées dans les requêtes n°2004585 et n° 2105277 est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, en sa qualité de représentant unique dans l'instance n° 2004585 au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à Mme F H, à la commune de Le Vigan et à la société Orange.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Lequeux, conseillère,

Mme Lucas, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

A. LEQUEUX

Le président,

P. GRIMAUDLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

2, 2105277

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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