jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2004603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAGORCE & ASSOCIES - L&MC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 septembre 2020 et le 15 février 2021, Mme B A, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 août 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Montauban a refusé de lui attribuer un taux d'incapacité permanente partielle de 13% et a refusé de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Montauban de retenir un taux d'incapacité permanente partielle de 13%, de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et de lui adresser, en retour, la décision finale de la caisse des dépôts et consignations ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne le refus du centre hospitalier de retenir un taux de 13% :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'avis de la commission de réforme qui a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 13% ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que le centre hospitalier de Montauban refuse de lui octroyer un taux d'incapacité permanente partielle de 13% ;
- elle est fondée à demander à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Montauban de prendre acte de son refus du taux d'incapacité permanente partielle de 10% et à ce que lui soit octroyé un taux d'incapacité permanente partielle de 13% dans un délai de 15 jours à compter du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
En ce qui concerne le refus de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations :
- la persistance du refus du centre hospitalier de constituer et transmettre son dossier de demande d'allocation temporaire d'invalidité constitue un vice de procédure au titre de sa demande d'allocation ;
- le médecin expert ayant conclu à un taux d'incapacité permanente partielle supérieur ou égal à 10%, le centre hospitalier était tenu de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations ;
- il ne peut pas lui être reproché de ne pas avoir transmis les pièces utiles, dès lors qu'elle n'a jamais reçu de demande de pièce ou de dossier à compléter ;
- la décision attaquée est illégale, dès lors que le centre hospitalier de Montauban refuse d'effectuer les diligences qui lui incombent en matière de demande d'allocation temporaire d'invalidité ;
- elle est fondée à demander à ce qu'une décision d'attribution lui soit notifiée et que son dossier soit constitué et transmis à la caisse des dépôts et consignations dans un délai de 15 jours à compter du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 12 février et 4 juin 2021, le centre hospitalier de Montauban, représenté par Me Lagorce-Billiaud, conclut à l'irrecevabilité de la requête et au rejet de toutes les demandes de la requérante.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la décision attaquée du 6 août 2020 n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours ;
- en tout état de cause, il ne lui appartient de statuer sur la demande d'allocation temporaire d'invalidité qu'après avis de la caisse des dépôts et consignations ;
- la requérante ne nie pas avoir reçu le courrier lui demandant les pièces complémentaires mais indique ne pas le comprendre ;
- les éléments complémentaires ont finalement été donnés pendant la période COVID ; ce qui a induit un retard de traitement ;
- le dossier de la requérante a été transmis à la caisse des dépôts et consignations le 21 avril 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2022 par une ordonnance du 1er juillet précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n°2005-442 du 2 mai 2005 relatif à l'attribution temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda,
- les conclusions de M. Alain Daguerre de Hureaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Panfili, représentant Mme A, ainsi que celles de Me Lagorce-Billiaud, représentant le centre hospitalier de Montauban.
Considérant ce qui suit :
1. Victime d'un accident de service en date du 26 février 2013 reconnu comme tel par son employeur, le centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne), Mme B A a demandé à ce qu'une expertise soit réalisée afin d'évaluer son taux d'incapacité permanente partielle. Le 4 juillet 2019, le rapport du médecin expert a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 10%. Par courrier du 30 avril 2019, Mme A a sollicité le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité. Dans son procès-verbal du 25 septembre 2019, la commission de réforme a émis un avis favorable à l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité à un taux de 13%, en retenant une gêne fonctionnelle. Par courrier du 27 janvier 2020, le centre hospitalier de Montauban a demandé à Mme A d'accepter ou de refuser le taux d'incapacité permanente partielle que le centre hospitalier envisage de fixer à 10%. Par courrier du 24 mars 2020, Mme A a demandé à ce que la caisse des dépôts et consignations soit saisie de son dossier pour statuer sur sa demande d'allocation temporaire d'invalidité. En l'absence de réponse du centre hospitalier de Montauban, elle a formé un recours gracieux par courrier du 25 juin 2020. Par courrier du 6 août 2020, le centre hospitalier de Montauban a maintenu son avis sur un taux d'incapacité permanente partielle à 10%, l'a informé que son dossier, faute d'être complet, n'a pu être transmis à la caisse des dépôts et consignation. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 août 2020 en tant qu'elle refuse de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations et de retenir un taux d'incapacité permanente partielle de 13%. Elle demande également au tribunal d'enjoindre au centre hospitalier de Montauban de transmettre son dossier de demande d'allocation temporaire d'invalidité à la caisse des dépôts et consignations et de retenir un taux d'incapacité de 13%.
Sur la décision attaquée en tant qu'elle refuse la transmission du dossier à la caisse des dépôts et consignations :
2. Il ressort des pièces du dossier qu'une demande d'allocation temporaire d'invalidité concernant la situation de Mme A a été transmise à la caisse des dépôts et consignation le 17 février 2021 accompagnée notamment des certificats médicaux, de la déclaration d'accident de travail, des courriers de Mme A, de l'avis du médecin-expert et de celui de la commission de réforme et comprenant également le refus de Mme A d'un taux d'incapacité permanente partielle proposé à hauteur de 10%. Il ressort également des pièces du dossier que cette demande a été enregistrée le 11 mars 2021 par le service de l'allocation temporaire d'invalidité des agents des collectivités locales de la caisse des dépôts et consignations puis complétée par le centre hospitalier le 21 avril 2021, qui a fourni l'attestation de reprise effective et physique des fonctions suite à l'arrêt de travail du 7 octobre 2019. Dans ces conditions, et en l'absence de réplique de Mme A après que le centre hospitalier de Montauban ait versé les pièces relatives à ces éléments à l'instance, la décision portant refus de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations doit être regardée comme retirée. Dès lors, les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 6 août 2020 en tant qu'elle refuse de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations sont devenues sans objet ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Montauban de transmettre un dossier à la caisse des dépôts et consignations. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur la décision attaquée en tant qu'elle refuse de retenir un taux d'incapacité à hauteur de 13% :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 2 mai 2005 susvisé " L'allocation temporaire d'invalidité est accordée, dans les conditions fixées par le présent décret, aux fonctionnaires mentionnés à l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée et à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et qui sont affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ". Et l'alinéa 2 de l'article 6 du même décret prévoit que " Le pouvoir de décision appartient, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse des dépôts et consignations, à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination ". Il ressort des pièces du dossier que quand bien même la requérante souhaite se prévaloir, à la fois, du rapport du médecin expert du 4 juillet 2019 retenant un taux d'incapacité permanente partielle de 10% et de l'avis de la commission de réforme du 25 septembre 2019 favorable à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité à un taux d'incapacité permanente partielle de 13%, il est constant que la caisse des dépôts et consignation n'a pas été consultée à la date de la décision attaquée et que le centre hospitalier, qui détient le pouvoir de décision, n'a pris aucune décision relative à sa demande d'allocation temporaire d'invalidité. Dès lors, à ce stade de la procédure et comme le fait valoir le centre hospitalier de Montauban, la requérante ne pouvant se prévaloir de l'existence d'aucune décision fixant le taux d'incapacité permanente partielle, n'est pas fondée à demander l'annulation d'une décision préparatoire. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 6 août 2020 en tant que le centre hospitalier de Montauban a refusé de retenir un taux d'incapacité permanente partielle de 13% sont irrecevables ainsi que par voie de conséquence ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de retenir un taux à hauteur de 13%.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre du centre hospitalier de Montauban, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de la décision du 6 août 2020 en tant qu'elle refuse de transmettre son dossier à la caisse des dépôts et consignations ainsi que par voie de conséquence sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier d'effectuer cette transmission.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Montauban.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
La rapporteure,
V. JORDALe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026