mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | ROSSI-LEFEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 octobre 2020 et le 23 avril 2021, M. C A, représenté par la Scp Rossi-Lefevre, aux écritures de Me Rossi-Lefevre, demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI en date du 21 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié, outre une perte de six points de son permis de conduire consécutivement à l'infraction au code de la route commise le 11 octobre 2019 à 02h50 à Albi, l'ensemble des retraits de points successivement opérés à son encontre ainsi que la perte de la totalité des points affectés à son permis de conduire et corrélativement celle de la validité dudit permis de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite invalidé aux services préfectoraux de son département de résidence dans le délai de dix jours francs à compter de la réception de la décision 48 SI.
Il soutient que :
- une erreur manifeste a été commise quant à la date d'invalidation de son titre de conduite, celle-ci étant fixée dans la décision 48 SI au 12 août 2020 alors que la dernière décision à son encontre a été prononcée le 30 janvier 2020 par le tribunal de police d'Albi, devenue définitive le 10 février 2020, date à laquelle son permis aurait dû perdre sa validité, cet élément n'étant pas sans conséquence puisqu'à la suite de la suspension de permis de conduire dont il a fait l'objet, celui-ci lui a été restitué par la sous-préfecture de Castres le 10 juillet 2020, soit 5 mois plus tard, l'autorité préfectorale reconnaissant ainsi par conséquent que postérieurement à la soi-disant perte totale de points de son permis, celui-ci était en réalité toujours valide ;
- il n'est pas l'auteur des infractions commises le 9 mars 2017 et le 12 novembre 2017 dès lors qu'il avait cédé son véhicule à un tiers, M. B D, le 28 février 2017, la sous-préfecture de Castres en ayant été informée par l'envoi de la déclaration de cession du véhicule par ses propres soins, étant précisé qu'il revient au ministre de l'intérieur de démontrer qu'il aurait été effectivement informé de la perte de ces deux points pour ces infractions ;
- par suite, dès lors que la dernière infraction qu'il a commise est intervenue le 7 mars 2016 et qu'en définitive, le 30 janvier 2020, lors de sa condamnation par le tribunal de police d'Albi, il avait récupéré la totalité des douze points, le retrait de six points afférent à cette condamnation n'invalide pas son permis de conduire puisque celui-ci est toujours créditeur d'un solde de six points ;
- le ministre de l'intérieur n'a pas répondu à son recours gracieux du 29 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- le relevé d'information intégral de M. A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande l'annulation de la décision 48 SI en date du 21 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'invalidation du permis de conduire :
2. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions précitées de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur qui demeure recevable à exciper de l'illégalité de chacun de ces retraits. Dès lors, le requérant ne saurait utilement se prévaloir que son permis de conduire aurait dû perdre sa validité à la date à laquelle est devenue définitive selon lui, le 10 février 2020, la condamnation prononcée à son encontre le 30 janvier 2020 par le tribunal d'instance ou de police d'Albi consécutivement à l'infraction commise le 11 octobre 2019 à 02h50 à Albi ayant entraîné le retrait de six points de son permis de conduire.
3. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que le nombre de points du permis de conduire est réduit de plein droit lorsque la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement de l'amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou une condamnation pénale devenue définitive, et que le permis perd sa validité lorsque le nombre de points est nul. Aucune disposition n'impartit un délai au ministre de l'intérieur, pour notifier à l'intéressé, dès lors que l'infraction est établie, le retrait de points qu'elle entraîne et, le cas échéant, la perte de validité de son permis. Dans ces conditions, la circonstance, à la supposer exacte, que le requérant se soit vu restituer par le préfet du Tarn son permis de conduire le 17 juillet 2020 à la suite de la suspension de son permis de conduire alors que la décision 48SI du 21 août 2020 l'informe que le solde de points de son permis de conduire est nul à la date du 12 août 2020 est sans incidence sur la légalité de la décision invalidant son titre de conduite. Il en résulte que, dès lors qu'à la date de la décision 48 SI en litige, le solde de points sur son permis était nul, le ministre de l'intérieur était en situation de compétence liée. Le requérant ne saurait par suite utilement contester la légalité de cette décision d'invalidation de son permis de conduire.
En ce qui concerne l'imputabilité des infractions contestées des 9 mars 2017 et 12 novembre 2017 :
4. Si la contestation du retrait de points du permis de conduire, lorsqu'elle est effective, ressortit bien de la compétence du tribunal administratif, il n'appartient, en revanche, pas à cette juridiction de connaître de l'imputabilité des infractions, laquelle ne peut être contestée que devant l'autorité judiciaire. Par suite, le moyen invoqué par le requérant selon lequel il n'est pas responsable de la commission des infractions des 9 mars 2017 et 12 novembre 2017 ayant entraîné le retrait de deux fois un point de son permis de conduire, qui vise à contester l'imputabilité des faits, ne peut être utilement examiné par le juge administratif et est donc inopérant.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme Le greffier en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026