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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2005275

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2005275

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2005275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 octobre 2020, le 11 mai 2021, le 26 août 2021, le 29 octobre 2021 et le 8 novembre 2021 M. et Mme D, représentés par Me Magrini, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Drémil-Lafage a accordé à la SCI Route de Lanta un permis de construire une maison individuelle d'habitation avec piscine sur un terrain sis 11 avenue de Lanta à Drémil-Lafage, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Drémil-Lafage la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-16, f) du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les prescriptions du plan de prévention des risques naturels de mouvements différentiels liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, qui interdit la réalisation d'un sous-sol partiel ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la création d'un accès supplémentaire sur l'avenue de Lanta et l'augmentation du trafic en résultant va augmenter le caractère accidentogène de cette voie ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme en raison de la dangerosité de l'accès au terrain d'assiette du projet ;

- il méconnaît les règles posées par le plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat (PLUi-H) de Toulouse-Métropole en matière de traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis des constructions ;

- il méconnaît l'article UD3 du plan local d'urbanisme de Drémil-Lafage dès lors que la servitude de passage qui permet l'accès du projet à l'avenue de Lanta présente une largeur inférieure à quatre mètres et ne permet pas l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, et que la création d'un nouvel accès sur l'avenue de Lanta est interdite par ces dispositions ;

- il méconnaît l'article UD9 du plan local d'urbanisme de Drémil-Lafage, l'emprise au sol du projet étant supérieure à 30% de la superficie de l'unité foncière ;

- il méconnaît l'article UD10 du plan local d'urbanisme de Drémil-Lafage dès lors que la hauteur du projet est supérieure à 7 mètres ;

- il méconnaît l'article UD13 du plan local d'urbanisme de Drémil-Lafage en ce que le projet ne prévoit pas le remplacement des arbres supprimés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 avril 2021, le 28 juin 2021, le 27 août 2021, le 28 octobre 2021 et le 2 décembre 2021, la commune de Drémil-Lafage, représentée par Me Billa, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme D une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 avril 2021, 25 juin 2021, 28 septembre 2021, 29 septembre 2021 et 1er décembre 2021, la SCI Route de Lanta, représentée par Me Sire, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme D une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire distinct, enregistré le 25 juin 2021, la SCI Route de Lanta, représentée par Me Sire, demande au tribunal :

1°) de condamner les requérants à l'indemniser d'une somme de 11 233,74 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

2°) de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est abusive dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir et que les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- la suspension des travaux projetés lui a causé un préjudice financier évalué à 11 233,74 euros.

Par une ordonnance du 6 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 6 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Mony, rapporteur public.

- les observations de Me Pradal, substituant Me Magrini, avocat de M. et Mme D ;

- les observations de Me Billa, représentant la commune de Drémil-Lafage ;

- et les observations de Me Bonnel, pour la SCI Route de Lanta.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Route de Lanta a déposé le 17 janvier 2020 une demande de permis de construire une maison individuelle d'habitation avec piscine sur un terrain sis 11 avenue de Lanta à Drémil-Lafage (Haute-Garonne). Par un arrêté du 26 mai 2020, le maire de la commune de Drémil-Lafage lui a délivré l'autorisation sollicitée. M. et Mme D ont exercé un recours gracieux contre cette décision le 28 juillet 2020, qui a été rejeté le 26 août 2020. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 et de la décision portant rejet de leur recours gracieux.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Si la notice architecturale et le plan de masse n'indiquent pas la végétation et les éléments paysagers existants sur le terrain d'assiette du projet, ceux-ci apparaissent toutefois dans les autres pièces du dossier de demande de permis de construire et notamment les pièces PC06.1 et PC07, qui présentent l'état initial du terrain, et permettent d'apprécier la végétation existante. De plus, sont figurés sur le plan de masse plusieurs arbres de haute tige et la notice architecturale précise que tout arbre abattu ou détérioré pour les besoins de la construction sera remplacé. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisance du contenu de la notice architecturale et du plan de masse doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ".

6. Il ressort des pièces du dossier de demande du permis de construire qu'il comporte, comme l'exigent les dispositions précitées du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, une attestation de la société Géobilan en date du 26 novembre 2019 certifiant que l'étude géotechnique a été réalisée, conformément au plan de prévention des risques naturels de mouvements différentiels liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux approuvé le 30 août 2005 et que le projet a pris en compte cette étude au stade de la conception. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

7. En troisième lieu, l'article II-1-1 du plan de prévention des risques naturels de mouvements différentiels liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux approuvé le 30 août 2005, aux termes duquel : " est interdite l'exécution d'un sous-sol partiel ", ne s'applique qu'à défaut de réalisation de l'étude géotechnique visée par les dispositions du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. Or, il ressort des pièces du dossier que cette étude a bien été réalisée. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article II-1-1 du plan de prévention ci-dessus visé doit être écarté comme inopérant.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date. "

9. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 9 mars 2019, le maire de la commune de Drémil-Lafage ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 13 février 2019 par la EIRL Vercruysse afin de procéder à la division en vue de construire un terrain sis 11 avenue de Lanta, sur les parcelles cadastrées section AE n° 31 et n° 161. Il est constant que le permis de construire litigieux a été délivré sur l'un des lots issus de cette division, dans le délai de cinq ans suivant la date de la décision de non-opposition à déclaration préalable autorisant le lotissement. Par suite, la légalité du permis de construire doit être appréciée au regard du plan local d'urbanisme de la commune de Drémil-Lafage, document d'urbanisme en vigueur à la date du 9 mars 2019. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des règles posées par le plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat (PLUi-H) de Toulouse-Métropole en matière de traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis des constructions doit être écarté comme inopérant.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Drémil-Lafage : " 1 - Accès : / 1.1. Pour être constructible, tout terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fond voisin et institué par acte authentique ou par voie juridique. / 1.2. Les caractéristiques de ces accès doivent être adaptées aux usages qu'ils supportent et aux opérations qu'ils doivent desservir et notamment permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. La configuration des accès sera appréciée par rapport aux caractéristiques de la voie sur laquelle ceux-ci débouchent et par rapport à l'importance et à la destination du bâtiment à construire. / () 1.4. Pour les habitations, la largeur d'accès et/ou du passage aménagé doit être la suivante : - pour les constructions de 2 logements au plus (existants ou nouveaux) : 4 mètres minimum, / - au-delà de 2 logements, l'accès et/ou passage aménagé devront être traités comme une voie et aménagés conformément à l'alinéa 2 ci-dessous. / 1.5. Les accès sur la RD1 seront interdits. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet, depuis l'avenue de Lanta, s'effectue par une servitude de passage sur les parcelles cadastrées section AE n° 36 et 37, qui doit être regardée comme un " passage aménagé " au sens des dispositions précitées. Il ressort par ailleurs du plan de masse joint au dossier de permis de construire que cette servitude présente, conformément aux prescriptions du point 1.4 de l'article UD 3 précité, une largeur supérieure à 4 mètres et permettra, compte tenu de ses dimensions et caractéristiques, l'intervention des véhicules d'incendie et de secours. Enfin, contrairement à ce qu'affirment les requérants, il ressort des pièces du dossier que le projet n'emporte pas la création d'un nouvel accès sur la départementale D1, lequel existe déjà. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 3 doit être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Drémil-Lafage : " L'emprise au sol totale des constructions existantes ou projetées ne peut excéder 30 % de la superficie de l'unité foncière ".

13. D'une part, et contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, les mesures portées sur les plans joints au dossier de permis de construire permettaient au service instructeur de calculer l'emprise au sol du projet autorisé. D'autre part, les requérants n'apportent aucun élément susceptible d'établir que le projet présenterait une emprise au sol supérieure à 30 % de la superficie de l'unité foncière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 9 doit être écarté.

14. En septième lieu, aux termes de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Drémil-Lafage : " Définition : La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol naturel existant avant les travaux d'exhaussement ou d'affouillement du sol nécessaires pour la réalisation du projet au pied des constructions jusqu'au niveau supérieur de la panne sablière pour les toitures traditionnelles ou le cas échéant jusqu'au niveau supérieur de l'acrotère pour les toitures terrasses ou similaires. 1 - La hauteur des constructions, hors équipement public, ne peut pas dépasser 7 mètres () ".

15. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, qui permettent d'apprécier la hauteur de la construction envisagée, que celle-ci est de 6,43 mètres à l'égout du toit. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 10 doit être écarté.

16. En huitième lieu, aux termes de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Drémil-Lafage : " () Les espaces boisés, arbres isolés ou alignement d'arbres existants sont à conserver et à protéger. Tout arbre abattu et détérioré doit être remplacé () ".

17. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire que tout arbre abattu ou détérioré pour les besoins de la construction sera remplacé. Par suite, et en dépit de l'imprécision du plan de masse sur ce point, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 13 doit être écarté.

18. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

19. Les requérants soutiennent que la servitude de passage utilisée pour accéder au terrain d'assiette du projet débouche sur la route départementale D1, laquelle est empruntée par de nombreux véhicules et présenterait selon les requérants, compte tenu de sa configuration et de la présence d'un arrêt de bus en retrait de la voie, un caractère accidentogène. Toutefois, si l'accès sur cette départementale n'offre pas des conditions optimales de visibilité en raison notamment de la présence de l'arrêt de bus, la route comporte, en amont de cet accès, un ralentisseur de type " haricot " qui induit nécessairement une vitesse de circulation réduite sur ce tronçon. Dès lors, et compte tenu par ailleurs de la durée restreinte de stationnement des bus sur l'aire dédiée et de l'importance limitée du projet, qui consiste en la réalisation d'une maison individuelle, le maire de la commune de Drémil-Lafage n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en délivrant le permis de construire litigieux.

20. En dixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " () les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. ". Il s'ensuit que M. et Mme D ne peuvent utilement invoquer à l'encontre du permis de construire attaqué la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, la commune de Drémil-Lafage étant couverte par un plan local d'urbanisme.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. et Mme D ne sont pas à fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Drémil-Lafage a délivré à la SCI Route de Lanta un permis de construire.

Sur les conclusions présentées par la SCI Route de Lanta sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

22. L'article L. 600-7 du code de l'urbanisme dispose : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".

23. La SCI Route de Lanta sollicite la condamnation des requérants à lui verser la somme de 11 233,74 euros en réparation des préjudices financiers qui résulteraient de ce recours contentieux. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le recours pour excès de pouvoir introduit par M. et Mme D, voisins immédiats du projet, contre le permis de construire accordé le 26 mai 2020 à la SCI Route de Lanta ait été mis en œuvre dans des conditions traduisant de leur part un comportement abusif. A cet égard, ne saurait révéler un tel comportement la circonstance que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la SCI Route de Lanta sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la commune de Drémil-Lafage, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Drémil-Lafage et la SCI Route de Lanta sur le fondement de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Route de Lanta sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Drémil-Lafage et par la SCI Route de Lanta sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et B D, à la SCI Route de Lanta et à la commune de Drémil-Lafage.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

M. Leymarie, conseiller,

Mme Rousseau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.

La rapporteure,

M. C

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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