vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | COUSSY BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce, enregistrées le 23 octobre 2020 et le 10 juin 2021, les associations Livernon-Autrement et la délégation départementale du Lot de la maison paysanne, représentées par Me Coussy, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2020 par lequel le préfet du Lot a actualisé les prescriptions relatives à l'autorisation d'exploiter l'unité de méthanisation accordée à la société Bioquercy à Gramat et à son plan d'épandage associé ;
2°) de mettre à la charge de l'État et de la société Bioquercy la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté complémentaire apporte des modifications substantielles au projet et aurait dû être soumis à évaluation environnementale en raison de l'ajout d'une cuve de stockage de gaz naturel liquéfié et d'un récupérateur de chaleur ;
- la commune de Montfaucon n'a pas été consultée alors que le plan d'épandage comprend des parcelles sur son territoire ;
- le plan d'épandage n'indique pas clairement les communes concernées et ne comprend pas de document cartographique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2021, la société par actions simpliées (SAS) Bioquercy conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge des associations requérantes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les requérantes sont dépourvues d'intérêt pour agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé, en particulier le présent arrêté n'a pas pour objet d'autoriser la mise en place d'une cuve de stockage de gaz naturel liquéfié et d'un récupérateur de chaleur, ces installations ayant été autorisées par l'arrêté du 23 août 2019.
Des pièces du préfet du Lot ont été enregistrées le 3 mars 2022 et ont été communiquées.
Des pièces de la société Bioquercy ont été enregistrées le 3 mars 2022 et n'ont pas été communiquées.
Par ordonnance du 8 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 12 août 2010 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées de méthanisation relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2781 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- les observations de Me Grenet, représentant la société BioQuercy.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 février 2016, la société BioQuercy a déposé un dossier de demande d'autorisation pour un projet d'unité de méthanisation à Gramat (Lot). Par un arrêté du 9 novembre 2016, le préfet du Lot a délivré l'autorisation d'exploiter cette unité de méthanisation avec un plan d'épandage associé. Le 2 octobre 2019, la société exploitante a demandé la modification de son plan d'épandage. Elle a également déposé, le 8 janvier 2020, un dossier de porter-à-connaissance. Le 6 février 2020, le préfet du Lot a actualisé, pour la quatrième fois, les prescriptions relatives à l'autorisation d'exploiter cette unité de méthanisation. Le 30 avril 2020, des associations, dont Livernon-autrement et la délégation départementale du Lot de la Maison Paysanne ont formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, ces deux associations demandent l'annulation de l'arrêté du 6 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 181-14 du code de l'environnement : " Toute modification substantielle des activités, installations, ouvrages ou travaux qui relèvent de l'autorisation environnementale est soumise à la délivrance d'une nouvelle autorisation, qu'elle intervienne avant la réalisation du projet ou lors de sa mise en œuvre ou de son exploitation. / En dehors des modifications substantielles, toute modification notable intervenant dans les mêmes circonstances est portée à la connaissance de l'autorité administrative compétente pour délivrer l'autorisation environnementale dans les conditions définies par le décret prévu à l'article L. 181-32. / L'autorité administrative compétente peut imposer toute prescription complémentaire nécessaire au respect des dispositions des articles L. 181-3 et L. 181-4 à l'occasion de ces modifications, mais aussi à tout moment s'il apparaît que le respect de ces dispositions n'est pas assuré par l'exécution des prescriptions préalablement édictées. ". Aux termes de l'article R. 181-46 du même code, dans sa rédaction applicable : " I. - Est regardée comme substantielle, au sens de l'article L. 181-14, la modification apportée à des activités, installations, ouvrages et travaux soumis à autorisation environnementale qui : / 1° En constitue une extension devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l'article R. 122-2 ; / 2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l'environnement ; / 3° Ou est de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3. / La délivrance d'une nouvelle autorisation environnementale est soumise aux mêmes formalités que l'autorisation initiale. / II. - Toute autre modification notable apportée aux activités, installations, ouvrages et travaux autorisés, à leurs modalités d'exploitation ou de mise en œuvre ainsi qu'aux autres équipements, installations et activités mentionnés au dernier alinéa de l'article L. 181-1 inclus dans l'autorisation doit être portée à la connaissance du préfet, avant sa réalisation, par le bénéficiaire de l'autorisation avec tous les éléments d'appréciation. / S'il y a lieu, le préfet, après avoir procédé à celles des consultations prévues par les articles R. 181-18 et R. 181-22 à R. 181-32 que la nature et l'ampleur de la modification rendent nécessaires, fixe des prescriptions complémentaires ou adapte l'autorisation environnementale dans les formes prévues à l'article R. 181-45. ".
3. En premier lieu, les associations requérantes soutiennent que l'ajout d'une cuve de stockage de gaz naturel liquéfié et d'un récupérateur de chaleur constitue une modification substantielle de l'installation autorisée et qu'ainsi une évaluation environnementale aurait dû être menée. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces installations n'ont pas été autorisées par l'arrêté en litige mais par l'arrêté du 23 août 2019. Par suite, le moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté contesté.
4. En deuxième lieu, si les associations requérantes soutiennent que la commune de Montfaucon aurait dû être consultée en raison de l'ajout d'un stockage de digestat dans une exploitation agricole présente sur son territoire, il ne ressort d'aucun texte, en particulier pas de l'article R. 181-46 précité, que le préfet, au regard des modifications non substantielles prévues par l'arrêté complémentaire en litige, se devait d'opérer une telle consultation. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, si les associations requérantes soutiennent que le plan d'épandage serait erroné en ce qu'il ne fait pas référence à l'ensemble des communes au sein desquelles des parcelles sont engagées dans ce plan, contrairement à qu'elles soutiennent aucune parcelle n'est comprise sur la commune de Montfaucon et la mention de la commune de Cœur de causse, commune nouvelle créée le 1er janvier 2016 par arrêté préfectoral du 30 octobre 2016, n'est entachée d'aucune erreur matérielle.
6. En quatrième lieu et dernier lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté serait illégal en l'absence de document cartographique dans le plan d'épandage. Si, contrairement à ce que soutient la société pétitionnaire, le plan d'épandage doit bien comprendre un document cartographique localisant les surfaces où l'épandage est possible en application de l'annexe 1 de l'arrêté ministériel du 12 août 2010 susvisé, un tel document cartographique est produit en annexe 2 de leur demande de modification du plan d'épandage adressé au préfet du Lot et n'avait pas à figurer dans l'arrêté complémentaire préfectoral qui ne comprend qu'un tableau référençant les surfaces engagées dans le plan. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué présentées par les associations requérantes doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des défenderesses, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par les associations requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de chacune des associations requérantes une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Bioquercy et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des associations Livernon-Autrement et la délégation départementale du Lot de la maison paysanne est rejetée.
Article 2 : L'association Livernon-Autrement versera la somme de 1 000 (mille) euros à la société Bioquercy en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. L'association la délégation départementale du Lot de la maison paysanne versera la somme de 1 000 (mille) euros à la société Bioquercy en application des mêmes dispositions.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Livernon-Autrement, à l'association la délégation départementale du Lot de la maison paysanne, à la société par actions simplifiées Bioquercy et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Lot.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bentolila, président,
Mme Matteaccioli, conseillère,
M. Leymarie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
A. A
Le président,
P. BENTOLILALa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026