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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2005362

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2005362

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2005362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMAGRINI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 octobre 2020 et le 21 mai 2021, M. E C, représenté par Me Campagne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2020 par lequel le maire d'Escalquens a délivré à M. D A un permis de construire un bâtiment de quarante et un logements pour une surface de plancher de 2 521 m² sur un terrain sis ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire d'Escalquens a délivré à M. D A un permis de construire modificatif portant sur le local de stockage des ordures ménagères de ce bâtiment, la mise en cohérence du rejet des eaux pluviales et l'ajout d'arbousiers ;

3°) de condamner la commune d'Escalquens aux entiers dépens de l'instance et de mettre à sa charge une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- il justifie, en qualité de voisin immédiat, d'un intérêt à agir pour former un recours, au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, contre l'arrêté autorisant le permis de construire initial et l'arrêté autorisant le permis de construire modificatif, car le projet litigieux est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de ses biens, et par suite à engendrer une forte dépréciation de leur valeur au motif que sa maison d'habitation et des maisons mitoyennes dont il est propriétaire sont situées sur une parcelle cadastrée n° 7 qui est en face du terrain d'assiette du projet ; eu égard à sa hauteur et à son implantation sur un terrain qui a un fort dénivelé, le projet de construction donnant sur les appartements qu'il loue, entraînera une gêne visuelle et créera également un risque important d'inondation de sa parcelle située en contrebas ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial est entaché d'un vice de procédure, car le délai entre le dépôt de la demande de permis de construire le 2 août 2019, dont le dossier était complet, et la délivrance de cette autorisation n'a pas été respecté ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial est entaché d'un vice de procédure, car des organismes ont émis un avis sur le projet aux mois de septembre et d'octobre 2019, ce qui a entraîné une modification du projet portant sur un changement d'implantation du bâtiment, sans qu'une demande de permis de construire modificatif n'ait été déposée ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial est irrégulier, car, si le bénéficiaire a procédé à l'affichage sur la parcelle d'assiette du projet requis par l'article A. 424-15 du code de l'urbanisme, il n'a pu, en raison du caractère illisible des mentions manuscrites figurant au bas de ce panneau et en l'absence de prise en compte des délais de recours modifiés par l'ordonnance n° 2020-539 du 7 mai 2020, être informé de son droit à former un recours contre cet arrêté qu'après discussion avec son conseil ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial est irrégulier, car il ne mentionne pas les informations exigées par l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme relatives à la durée de validité de l'autorisation de construire ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial est entaché d'un vice de procédure, car, d'une part, l'avis favorable avec réserves rendu par les services de la communauté d'agglomération du SICOVAL ne mentionne pas le nom du signataire, sa qualité ou son habilitation, et d'autre part, l'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) ne s'est prononcé que sur la sécurité du parking souterrain sans faire état du parking extérieur prévu par le projet ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicable, car le dossier de demande de permis de construire indique que la parcelle constituant le terrain d'assiette du projet se situe en zone AU6-c telle que prévue par la septième modification du plan local d'urbanisme et en zone N dans la partie basse de la parcelle, alors que l'arrêté vise le plan local d'urbanisme approuvé le 22 octobre 2015 dans sa version correspondant à sa troisième modification en date du 13 juillet 2017 ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial ainsi que celui autorisant le permis de construire modificatif méconnaissent le règlement du plan local d'urbanisme applicable, ainsi que les plans de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux et le plan de prévention des risques d'inondation, car ils ont été accordés en l'absence d'explication dans les dossiers de demande sur la gestion du ruissellement et le risque d'inondation, et notamment sans qu'il soit prévu de système de rétention, alors que le bas de la parcelle d'assiette du projet est situé en zone inondable, et que la construction litigieuse doit être implantée en amont sur un terrain qui a un fort dénivelé de 6,50 mètres ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial méconnaît le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme, car le projet litigieux n'est pas cohérent avec les orientations prévues sur le secteur concerné ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives au stationnement des véhicules, car le projet prévoit soixante-quatorze places de stationnement dont trente-six en extérieur, alors que ces dispositions exigent la création, pour les logements collectifs, de deux places de stationnement par logement, dont 50 % en sous-sol ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives au stationnement affecté aux cycles, car le projet prévoit seulement un emplacement de 15 m² pour les deux roues pour un projet de quarante et un logements d'une surface de plancher de 2 521 m², alors que ces dispositions exigent un emplacement d'1 m² par tranche de 120 m² de surface de plancher destinée à l'habitat dont au moins 1 m² par logement ;

- l'arrêté accordant le permis de construire initial va engendrer, outre des vues, un accroissement des nuisances sonores et lumineuses en lien avec la circulation des véhicules amenés à y stationner, diminuant sa qualité de vie et celle de ses locataires ; la présentation du projet qui propose une vue lointaine pour l'ensemble des appartements ne prend pas en compte les voisins directs et immédiats ;

- l'arrêté accordant le permis de construire modificatif méconnaît les prescriptions de l'article 77 du règlement sanitaire départemental, car les points d'eau et l'évacuation de l'eau permettant de nettoyer les bacs et le local de stockage des ordures ménagères ne sont pas prévus.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 janvier 2021, le 20 mai 2021, le 15 juin 2021, le 16 juillet 2021 et le 7 septembre 2021, M. D A, représenté par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

La requête et les mémoires présentés par le requérant ont été communiqués à la commune d'Escalquens qui, malgré une mise en demeure en date du 16 avril 2021, n'a pas produit de mémoire en défense.

Un mémoire présenté par M. C, représenté par Me Campagne, a été enregistré le 28 septembre 2021 et n'a pas été communiqué.

Par ordonnance du 29 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 29 septembre 2021 à 12 heures.

Par un courrier du 20 mai 2022 le tribunal a, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, informé les parties qu'il était susceptible de constater un vice entraînant l'illégalité de l'arrêté du 11 février 2020 par lequel le maire d'Escalquens a délivré un permis de construire à M. A en raison de ce que le projet ne prévoit pas deux places affectées au stationnement des véhicules par logement, soit quatre-vingt-deux places, en méconnaissance des dispositions de l'article 12 de la zone AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable et qu'il était susceptible de surseoir à statuer afin de permettre la régularisation de ce vice.

Des observations présentées pour M. A, représenté par Me Magrini, ont été enregistrées le 24 mai 2021 et communiquées aux parties.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec, rapporteur,

- les conclusions de Mme Namer, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pradal, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 2 août 2019, complétée le 22 octobre 2019 et le 13 novembre 2019, M. D A a sollicité l'octroi d'un permis de construire un bâtiment de quarante et un logements d'une surface de plancher créée de 2 521 m² sur un terrain cadastré à Escalquens (Haute-Garonne). Par un arrêté du 11 février 2020, le maire d'Escalquens a accordé ce permis. Par un courrier en date du 29 juin 2020, M. C, voisin du projet, a formé un recours gracieux auprès de la commune afin de solliciter le retrait de cette autorisation. Par un courrier du 21 août 2020, le maire d'Escalquens a rejeté ce recours gracieux. A la suite d'une demande déposée par M. A le 8 octobre 2020, modifiée le 16 décembre 2020 et complétée le 29 janvier 2021, le maire d'Escalquens a accordé, par un arrêté du 22 mars 2021, le permis de construire modificatif demandé portant sur le local de stockage des ordures ménagères, la mise en cohérence du rejet des eaux pluviales et l'ajout d'arbousiers. Enfin, suite à une demande déposée le 8 juin 2021 et modifiée le 29 juillet 2021 par M. A, la même autorité a délivré, par un arrêté du 26 août 2021, un second permis de construire modificatif portant sur les eaux pluviales, l'assainissement, l'eau potable et la défense incendie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Selon les dispositions de l'article R. 423-22 du même code : " () le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Selon l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Selon les dispositions de l'article R. 423-38 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Selon les dispositions de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire initial a été déposé en mairie le 2 août 2019. Contrairement à ce qui est soutenu par le requérant, il n'appartient pas au pétitionnaire d'apprécier le caractère complet du dossier de permis de construire, cette possibilité n'appartenant, en application des dispositions citées au point précédent, qu'à la seule autorité compétente pour l'accorder. En l'espèce, il n'est pas contesté que le pétitionnaire a reçu une demande de pièces complémentaires le 20 août 2019 de la part de la commune d'Escalquens et que celui-ci les lui a communiquées, selon les termes de l'arrêté contesté, le 22 octobre 2019 et le 13 novembre 2019. Dès lors, en application des dispositions précitées, le délai d'instruction de trois mois a recommencé à courir à cette dernière date. Par suite, l'arrêté du 11 février 2020 accordant le permis de construire ayant été délivré avant le terme de ce délai, le moyen invoqué par le requérant tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'un vice de procédure en l'absence de respect du délai d'instruction du permis de construire initial doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, il est constant, qu'après le dépôt du dossier de demande de permis de construire initial le 2 août 2019, et après que le service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Garonne, le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement Réseau 31 et la communauté d'agglomération du SICOVAL ont rendu respectivement des avis datés des 25 septembre 2019, 14 octobre 2019 et 22 octobre 2019, concernant ce dossier, le pétitionnaire a communiqué à la commune, le 13 novembre 2019, un plan de masse modifié prenant en compte ces avis. Il s'ensuit que le permis de construire initial accordé par l'arrêté du maire du 11 février 2020 a été instruit en prenant en compte l'ensemble de ces pièces, ce qui excluait qu'une demande de permis de construire modificatif soit déposée pour prendre en compte cette modification. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté autorisant le permis de construire initial serait entaché d'un vice de procédure, en l'absence de dépôt d'un permis de construire modificatif au regard des modifications précitées, doit être écarté comme étant inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article A. 424-15 du code de l'urbanisme : " L'affichage sur le terrain du permis de construire, d'aménager ou de démolir explicite ou tacite ou l'affichage de la déclaration préalable, prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis ou du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres ". Selon les dispositions de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ".

6. Contrairement à ce que soutient le requérant, le caractère illisible des mentions manuscrites figurant en l'espèce au bas du panneau d'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette du projet, dont le contenu est prévu par les dispositions précitées, ne peut affecter que la recevabilité du recours formé contre l'arrêté accordant le permis de construire et n'a pas d'incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen invoqué par M. C à cet égard et tiré de l'irrégularité de l'arrêté accordant le permis de construire initial ne peut être utilement soulevé.

7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'arrêté accorde le permis, il est complété par les informations suivantes : / Durée de validité du permis : / Conformément à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, le permis est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de sa notification au bénéficiaire. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. / En cas de recours contre le permis le délai de validité est suspendu jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle irrévocable. Il en va de même, en cas de recours contre une décision prévue par une législation connexe donnant lieu à une réalisation différée des travaux dans l'attente de son obtention ".

8. Il ressort des termes de l'arrêté contesté accordant le permis de construire initial qu'il mentionne les informations relatives à la durée de validité du permis de construire comme l'exigent les dispositions susvisées de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'arrêté accordant le permis de construire initial au regard de l'absence de cette mention doit être écarté comme manquant en fait.

9. En cinquième lieu, d'une part, selon les dispositions de l'article L. 422-4 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour statuer sur les demandes de permis ou sur les déclarations préalables recueille l'accord ou l'avis des autorités ou commissions compétentes, notamment dans les cas prévus au chapitre V du titre II du présent livre ". Selon les dispositions de l'article R. 423-50 de ce code : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ". Selon les dispositions de l'article R. 423-53 du même code : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".

10. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 4 octobre 2019, la communauté d'agglomération du SICOVAL a rendu des avis favorables au projet tant en sa qualité de gestionnaire de la voirie communale, en application des dispositions susvisées de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme, qu'en sa qualité de gestionnaire des réseaux d'eau et d'assainissement. Si M. C, en soutenant que ces avis ne mentionnent pas le nom de leur signataire, sa qualité ou son habilitation, ce qui est du reste inexact dès lors que ces avis indiquent le prénom, le nom et la qualité des deux vice-présidents qui les ont signés, doit être regardé comme invoquant la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration citées au point précédent, ces dernières ne s'appliquent qu'aux seules décisions et non aux avis. Il s'ensuit que la première branche du moyen soulevée par M. C au regard des avis consultatifs rendus dans le cadre de l'instruction du dossier de permis de construire initial doit être écartée comme étant inopérante.

12. Par ailleurs, contrairement à ce qui est également soutenu par M. C, il ressort des pièces du dossier que l'avis favorable sous réserve du respect des prescriptions indiquées, rendu le 20 septembre 2019 par le service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Garonne, s'il mentionne seulement " le parking souterrain ", a été rendu au regard du dossier de permis de construire déposé le 2 août 2019 comprenant également le parking extérieur de trente-six places, de sorte que celui-ci a nécessairement été pris en compte. Dès lors, la seconde branche du moyen, tirée de ce que cet avis n'aurait pas pris en compte le parking extérieur, ne peut qu'être écartée.

13. En sixième lieu, s'il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions indiquées sur le plan de masse contenu dans le dossier de permis de construire initial que l'architecte a indiqué se référer à la version du règlement du plan local d'urbanisme de la commune issue de sa septième modification, il est constant, comme cela ressort notamment de la notice descriptive contenue dans ce dossier de demande, que seul le règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Escalquens issu de de sa troisième modification, version applicable au projet, a été, conformément à ce qui est indiqué dans l'arrêté contesté, appliqué au projet. Il suit de là que la référence erronée contenue dans le plan de masse résulte d'une erreur de plume. Par conséquent, le moyen tiré de ce que l'arrêté accordant le permis de construire initial méconnaîtrait, à cet égard, les dispositions du plan local d'urbanisme applicable doit être écarté.

14. En septième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 4 de la zone AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable : " () Eaux pluviales : / Les aménagements sur tout terrain doivent être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales dans le réseau collectant ces eaux. En l'absence de dispositif de collecte des eaux pluviales, les constructions ne seront pas admises, sauf si le constructeur réalise à sa charge et avec l'accord des services administratifs compétents, les aménagements permettant le libre écoulement des eaux pluviales. / Dans le cadre des opérations d'ensemble, des systèmes de rétention individuelle ou collective des eaux pluviales devront être mis en place. () ".

15. D'autre part, selon les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception () ".

16. Enfin, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

17. Si la notice descriptive contenue dans le dossier de demande du permis de construire initial, précisée par le plan de raccordement des réseaux contenu dans le dossier de demande du premier permis de construire modificatif accordé en cours d'instance par l'arrêté du 22 mars 2021, indiquait que les eaux pluviales seraient rejetées dans le ruisseau , il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le dossier de demande du second permis de construire modificatif accordé en cours d'instance par un arrêté du 26 août 2021, prévoit la création d'un bassin de rétention de 88,20 m3 et le raccordement " par le concessionnaire " des eaux pluviales sur le réseau pluvial public existant sur la , et que d'autre part, un avis favorable concernant cette modification a été rendu le 13 juillet 2021 par le service des eaux pluviales urbaines de la communauté d'agglomération du Sicoval. Dans ces conditions, le second permis de construire modificatif ayant régularisé le vice tiré de la méconnaissance des dispositions susvisées de l'article 4 de la zone AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable, la branche du moyen invoquée sur ce point à l'appui des conclusions aux fins d'annulation des arrêtés accordant le permis de construire initial et le premier permis de construire modificatif doit être écartée comme inopérante.

18. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier de demande du permis de construire initial qu'il comporte, comme l'exigent les dispositions susvisées du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, une attestation de l'architecte en charge du projet en date du 2 août 2019 certifiant que l'étude géotechnique a été réalisée, conformément au plan de prévention des risques naturels prévisibles, mouvements et tassements différentiels du terrain, liés au phénomène de retrait/gonflement des sols argileux approuvé le 7 octobre 2013 et que le projet a pris en compte cette étude au stade de la conception. Au surplus, il ressort également du dossier de permis de construire initial qu'il prévoit, afin de soutenir le fort dénivelé du terrain, la création de deux murs d'enrochement en partie haute du terrain et d'un mur d'enrochement en partie sud, à proximité du parking extérieur. Par conséquent, la branche du moyen tirée de ce que l'arrêté accordant le permis de construire initial et l'arrêté accordant le premier permis de construire modificatif méconnaîtraient le plan précité doit être écartée comme manquant en fait.

19. Enfin, le requérant soutient que les arrêtés précités méconnaissent le plan de prévention des risques d'inondation en se prévalant de ce que la partie basse de la parcelle d'assiette du projet est en zone inondable. A cet égard, s'il ressort des pièces du dossier du premier permis de construire modificatif que la majeure partie du parking extérieur et la zone située en zone N sont en effet concernées par ce plan, il résulte cependant des prescriptions contenues dans l'arrêté accordant le permis de construire initial que le projet étant situé en partie en zone rouge de ce plan, les prescriptions du règlement de la zone qu'il prévoit ainsi que celles du règlement applicable à toutes les zones inondables devront être strictement respectées. Toutefois, et en tout état de cause, M. C n'assortit pas cette branche du moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Il s'ensuit qu'elle ne peut qu'être écartée.

20. En huitième lieu, il ressort des orientations du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme, et notamment des cartes qu'il contient, que ces orientations visent, sur le secteur concerné, à mettre en place une voie verte le long du ruisseau et à réglementer l'urbanisation des coteaux par la gestion de la pente, des ruissellements et par la valorisation paysagère. Si M. C soutient que le projet autorisé par l'arrêté accordant le permis de construire initial n'est pas cohérent avec ces orientations, il ressort de la notice descriptive du dossier de demande de ce permis que l'aménagement du terrain, tel qu'il est prévu, permet une valorisation paysagère compatible avec ces dernières. Au surplus, l'ajout par le premier permis de construire modificatif accordé par l'arrêté du 22 mars 2021 d'une haie d'arbousiers le long de la limite sud du parking aérien, séparant la partie construite du projet de la partie de la parcelle du pétitionnaire située en zone N et longeant le ruisseau , est particulièrement cohérente avec la mise en place d'une voie verte le long de ce dernier. Enfin, outre qu'il résulte de ce qui a été dit au point 17 que la gestion des ruissellements des eaux pluviales prévues par le projet est cohérente avec ces orientations, il ressort également des pièces du dossier, que le dossier de permis de construire initial a prévu trois murs d'enrochement pour assurer la tenue de la partie du terrain en pente, comme cela a été dit au point 18, ainsi que la construction en paliers de la clôture à l'ouest de la parcelle, côté rue. Par conséquent, le moyen invoqué par le requérant doit être écarté.

21. En neuvième lieu, aux termes des dispositions de l'article 12 de la zone AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable : " La réalisation de stationnements sur les espaces publics devra se faire en dehors des parcours des piétons, des cyclistes et des personnes à mobilité réduite. / Cet article concerne les constructions nouvelles, les extensions de constructions de plus de 50 m² et les changements d'affectation de volumes. Il est exigé, en dehors des voies publiques, au moins : / 2 places de stationnement par logement. Pour les logements collectifs (hormis ceux à caractère social), au moins 50 % des emplacements nécessaires seront réalisés en sous-sol ; () / Il sera affecté au stationnement des cycles des emplacements équipés sur la base de : / 1 m² par tranche de 120 m² de surface de plancher destiné à l'habitat. Les projets devront intégrer au moins 1 m² par logement () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L.151- 34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement ". Le 1° de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme vise les logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat tandis que le 1° bis de ce même article vise les logements locatifs intermédiaires mentionnés à l'article L. 302-16 du code de la construction et de l'habitation.

22. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme citées ci-dessus qu'en dépit des règles de stationnement fixées par l'article 12 de la zone AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Escalquens, il ne saurait être exigé plus d'une place de stationnement pour chacun des huit logements locatifs sociaux que comporte le projet. Il ressort des pièces du dossier que le projet, qui prévoit quarante et un logements, dont huit logements locatifs sociaux, compte soixante-quatorze places de stationnement, dont trente-huit en sous-sol. Il s'ensuit qu'en prévoyant deux places par logements, dont la moitié en sous-sol, à l'exception des logements locatifs sociaux pour lesquels il n'est exigé qu'une place par logement, le projet est conforme aux exigences résultant des dispositions combinées des articles précités. Dès lors, le moyen invoqué à cet égard ne peut qu'être écarté.

23. D'autre part, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire initial que le projet prévoit une surface de 41 m² d'emplacements équipés affectés au stationnement des cycles, ce qui, au regard de la surface de plancher de 2 521 m² destinée à l'habitat prévue par le projet, respecte les obligations de surface minimale d'1 m² par tranche de 120 m² de la surface destinée à l'habitat et d'1 m² par logement qui sont prévues par les dispositions citées au point 21. Par conséquent, le moyen invoqué sur ce point par le requérant doit être écarté.

24. En dixième lieu, aux termes des dispositions de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".

25. Si M. C soutient que le projet accordé par le permis de construire initial va créer des vues sur sa propriété et entraîner un accroissement des nuisances sonores et lumineuses liées à la circulation des véhicules amenés à stationner au sein de l'immeuble, diminuant sa qualité de vie et celle de ses locataires, et que ce projet ne prend pas en compte les intérêts des voisins immédiats, il résulte des dispositions susvisées de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme, et il est de principe, qu'un permis de construire est délivré au seul vu des règles d'urbanisme, dont il a pour objet de garantir le respect, et sous réserve des droits des tiers. Il s'ensuit que le moyen invoqué par M. C, qui n'est pas fondé sur la méconnaissance d'une règle d'urbanisme, doit être écarté comme inopérant.

26. En onzième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Aux termes de l'article 77 du règlement sanitaire départemental, intitulé " Emplacement des récipients à ordures ménagères " : " Dans les immeubles collectifs, les récipients mis à la disposition des occupants pour recevoir leurs ordures ménagères doivent être placés à l'intérieur de locaux spéciaux, clos, ventilés. Le sol et les parois de ces locaux doivent être constitués par des matériaux imperméables et imputrescibles ou revêtus de tels matériaux ou enduits ; toutes dispositions doivent être prises pour empêcher l'intrusion des rongeurs ou insectes. Les portes de ces locaux doivent fermer hermétiquement et automatiquement. Un poste de lavage et un système d'évacuation des eaux doivent être établis dans chacun de ces locaux pour faciliter l'entretien dans des conditions telles que ni odeurs ni émanations gênantes ne puissent pénétrer à l'intérieur des habitations. / Ces locaux ne doivent pas avoir de communications directes avec les locaux affectés à l'habitation, au travail ou au remisage des voitures d'enfants, à la restauration et à la vente ou au stockage de produits alimentaires () ".

27. Les dispositions des règlements sanitaires départementaux ne peuvent être utilement invoquées au soutien de la contestation de la légalité d'un permis de construire que lorsqu'elles concernent l'implantation des constructions, leur destination, leur nature, leur architecture, leurs dimensions, leur assainissement et l'aménagement de leurs abords au sens des dispositions précitées de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme. Les dispositions précitées de l'article 77 du règlement sanitaire départemental relatives aux postes de lavage et au système d'évacuation des eaux devant être prévus dans les locaux destinés à l'emplacement des récipients à ordures ménagères ne traitent que de l'aménagement technique fonctionnel de ces locaux, lequel n'est pas sanctionné par le permis de construire. Par suite, M. C, ne peut utilement soutenir que les points d'eau et que le système d'évacuation de l'eau permettant de nettoyer les bacs et le local ne seraient pas prévus dans ces locaux en méconnaissance de ces dispositions. Dès lors, ce moyen invoqué à l'appui des conclusions en annulation de l'arrêté du 22 mars 2021 accordant un premier permis de construire modificatif à M. A doit être écarté comme étant inopérant.

28. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 11 février 2020 et du 22 mars 2021 du maire d'Escalquens. Sa demande doit donc être rejetée.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

29. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de chaque partie les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :

30. M. C ne justifie avoir engagé aucune somme relevant des dépens. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, doivent, en tout état de cause, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à la commune d'Escalquens et à M. D A.

Délibéré après l'audience du 10 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Bernos, premier conseiller,

M. Le Fiblec, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

Le rapporteur,

B. LE FIBLEC

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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