lundi 2 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SARASQUETA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2005525, enregistrée le 2 novembre 2020, M. D C et Mme G E, représentés par Me Sarasqueta, demandent au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 21 septembre 2020 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) portant suspension des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal, de les rétablir dans leurs droits à allocation pour demandeur d'asile dans un délai de 24 heures à compter du jugement à intervenir ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de leurs situations dans un délai de sept jours ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de la même somme au titre du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de leur situation;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle s'est fondée sur le motif illégal tiré de ce qu'ils ont refusé une offre d'hébergement;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur leur situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. C et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2021.
Par une ordonnance du 9 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 7 janvier 2022 à 12 h 00.
II. Par une requête n° 2101784, enregistrée le 29 mars 2021, M. D C et Mme G E, représentés par Me Sarasqueta, demandent au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de condamner l'OFII à leur verser la somme de 8 884 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 30 décembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de la même somme au titre du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au directeur général de l'OFII qui, malgré une mise en demeure en date du 9 décembre 2021, n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction.
M. C et Mme E ont été admis bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2021.
Par une ordonnance du 8 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 avril 2022 à 12 h 00.
Le directeur général de l'OFII a produit un mémoire, enregistré le 14 décembre 2022 à 17 h 18, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Me Sarasqueta, représentant M. C et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C et Mme G E, nés respectivement les 1er avril 1996 et 14 août 1998 à Benin City (Nigeria), sont entrés sur le territoire français afin d'y solliciter l'asile. Leur demande a été enregistrée le 31 janvier 2019 et, le même jour, ils ont accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Le 28 juillet 2020, l'OFII leur a notifié une offre d'hébergement qu'ils ont refusée. Le 3 septembre 2020, l'OFII leur a indiqué son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour refus de proposition d'hébergement puis, le 21 septembre de la même année, l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une première ordonnance en date du 24 novembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a enjoint à l'OFII de rétablir les requérants dans leur droit quant aux conditions matérielles d'accueil dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance. Par une deuxième ordonnance du 20 janvier 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a enjoint à l'OFII de verser aux requérants la somme de 136 euros correspondant au restant dû des allocations pour les mois de novembre et de décembre 2020. Enfin, par une troisième ordonnance en date du 28 octobre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné l'OFII à verser la somme de 1 884 euros à M. C et Mme E à titre de provision, en réparation des préjudices subis du fait de la décision de l'OFII du 21 septembre 2021. Le 28 décembre 2020, M. C et Mme E ont demandé la réparation des préjudices subis par la suspension des conditions matérielles d'accueil. Leur demande est restée sans réponse. Par les présentes requêtes, qu'il y a lieu de joindre, ils demandent l'annulation de la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du 21 septembre 2020 et une indemnisation de 8 884 euros en réparation des préjudices subis.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991: " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle des 12 février 2021 et 29 juin 2021, M. C et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leurs demandes tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. En conséquence, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () ".
5. Par la décision n° 428530 et 428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat a estimé qu'en créant des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et en excluant, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction résultant de la loi du 10 septembre 2018, étaient incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et a prononcé, notamment, l'annulation, avec effet rétroactif, des dispositions du 12° de l'article 1er du décret du 28 décembre 2018, reprises à l'article D. 744-37-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Dans cette même décision, compte tenu des motifs d'incompatibilité des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 qui ne s'opposent pas à ce que l'autorité compétente puisse limiter ou supprimer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile qui quittent leur lieu d'hébergement ou la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou qui ne respectent pas les exigences des autorités chargées de l'asile, le Conseil d'Etat a précisé les conditions dans lesquelles les autorités compétentes pouvaient, dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 par le législateur, tirer des conséquences de tels comportements sur le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il a ainsi jugé, en particulier, qu'il restait possible, après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur avait quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
7. Pour décider, le 21 septembre 2020, de suspendre les conditions matérielles d'accueil de M. C et de Mme E, le directeur territorial de l'OFII à Toulouse s'est fondé sur la circonstance que les intéressés avaient refusé une proposition d'hébergement le 18 août 2020 et que l'évaluation de leur situation personnelle ne faisait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, il ressort des pièces du dossier, et il n'est au demeurant pas contesté en défense, que les conditions d'hébergement proposées par l'OFII, à savoir un logement constitué d'une chambre avec un seul lit, ne correspondaient pas à la situation de M. C et Mme E dès lors qu'à la date de la décision attaquée, ils avaient un enfant âgé de 14 mois et que la requérante était enceinte. Par suite, en suspendant les conditions matérielles d'accueil de M. C et Mme E, le directeur territorial de l'OFII a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2005525, que M. C et Mme E sont fondés à demander l'annulation de la décision du 21 septembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Toulouse a suspendu leurs conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation de la décision attaquée, le présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. C et Mme E dans leurs conditions matérielles d'accueil dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
S'agissant de la responsabilité de l'OFII :
10. L'illégalité d'une décision est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration à l'égard de son destinataire, pour autant qu'elle ait été à l'origine d'un préjudice direct et certain.
11. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 7 du présent jugement que la décision du 21 septembre par laquelle le directeur territorial de l'OFII à Toulouse a suspendu les conditions matérielles d'accueil de M. C et Mme E est illégale. Par suite, l'illégalité fautive entachant la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil est de nature à engager la responsabilité de l'OFII à l'égard des requérants.
12. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, si la faute ainsi commise par le directeur territorial de l'OFII est établie, la condamnation de l'OFII est cependant subordonnée à la démonstration d'un préjudice certain, présentant un lien direct de causalité avec l'illégalité fautive retenue.
S'agissant des préjudices indemnisables :
13. En premier lieu, pour justifier de leur préjudice matériel, estimé à 884 euros, M. C et Mme E soutiennent qu'ils ont été privés des conditions matérielles d'accueil sur l'ensemble du mois d'octobre 2020 pour un montant de 421,60 euros, sur l'ensemble du mois de novembre 2020 pour un montant de 408 euros et sur une partie du mois de décembre 2021 pour un montant de 111,52 euros dès lors que, le 5 janvier 2021, ils ont perçu la somme de 310,08 euros. En outre, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de la clôture d'instruction, l'OFII aurait régularisé rétrospectivement et intégralement les versements de l'allocation pour demandeur d'asile pour les mois de septembre à décembre 2020. Dans ces conditions, le préjudice matériel subi par les requérants est établi pour un montant de 884 euros et résulte de la décision de l'OFII du 21 septembre 2020 prononçant la suspension des conditions matérielles d'accueil.
14. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. C et Mme E ont été privés de toute ressource entre la fin du mois de septembre 2020 et le mois de décembre 2020 et se sont de ce fait trouvés placés dans une situation matérielle particulièrement difficile avec leur enfant, alors que Mme E était par ailleurs enceinte. Ce seul fait, qui n'est pas contesté par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, est de nature à caractériser un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence résultant de l'incertitude inhérente à leur situation et des difficultés liées à l'absence de toute ressource qui peut être estimé à 1 000 euros.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et à Mme E sont fondés à demander à l'OFII le versement d'une somme globale de 1 884 euros, déduction faite des sommes déjà versées par l'OFII.
Sur les intérêts moratoires :
16. Les intérêts moratoires dus en application des dispositions de l'article 1153 du code civil, repris à l'article 1231-6 du même code, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
17. Il résulte de l'instruction que M. C et Mme E ont présenté une réclamation préalable, reçue le 30 décembre 2020 par l'office, tendant à l'indemnisation de leur préjudice. Dans ces conditions, il y a lieu de leur allouer les intérêts au taux légal ayant couru sur la somme fixée au point 15 ci-dessus à compter de cette date et jusqu'au paiement par l'Office français de l'immigration et de l'intégration des sommes accordées.
Sur la capitalisation :
18. En application de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 29 mars 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 29 mars 2022, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que leur conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C et de Mme E présentées dans les requêtes nos 2005525 et 2107784.
Article 2 : La décision du 21 septembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Toulouse a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. C et Mme E est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de rétablir M. C et Mme E dans leurs conditions matérielles d'accueil dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration est condamné à verser la somme de 1 884 euros à M. C et Mme E, déduction faite des sommes déjà versées. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 29 mars 2022 seront capitalisés à cette date et à chaque échéance annuelle ultérieure pour produire eux-mêmes intérêts et jusqu'au paiement par l'office français de l'immigration et de l'intégration des sommes accordées.
Article 5 : L'office français de l'immigration et de l'intégration versera à M. C et Mme E la somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que leur conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme G E, au directeur de l'office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Sarasqueta.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
J-C. TRUILHÉLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2005525, 2101784
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026