vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 novembre 2020 et le 23 décembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) LBI et la société civile immobilière (SCI) Villa Farnèse, représentées par Me Courrech, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2020 du maire de Bessières en tant qu'il porte retrait de l'arrêté du 2 août 2019 accordant un permis de construire à la société LBI et refus de la demande d'autorisation de construire dont la délivrance a été sollicitée par la société LBI le 23 mai 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bessières la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la procédure contradictoire n'a pas été mise en œuvre à l'égard de la société LBI alors que par l'effet du retrait de la décision de transfert du permis, elle redevenait titulaire de cette autorisation de construire ;
- le département de la Haute-Garonne a donné son accord à la société LBI afin qu'elle dépose un permis de construire portant sur les parcelles B 995 et B 4415 lui appartenant ; le permis de construire du 2 août 2019 n'est donc pas entaché de fraude ;
- en l'absence de fraude, le permis de construire ne pouvait être retiré au-delà d'un délai de trois mois.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 septembre 2021 et le 10 janvier 2022, la commune de Bessières, représentée par Me Cayssials, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des sociétés requérantes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 11 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 26 janvier suivant.
Un mémoire des sociétés LBI et Villa Farnèse a été enregistré le 21 janvier 2022 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- les observations de Me Marty, représentant les sociétés LBI et Villa Farnèse, et celles de Me Oum, représentant la commune de Bessières.
Considérant ce qui suit :
1. La société LBI a sollicité la délivrance d'un permis de construire pour la construction d'un ensemble de 49 maisons mitoyennes le 23 mai 2019. Le maire de Bessières (Haute-Garonne) a délivré, le 2 août 2019, l'autorisation sollicitée. Par arrêté du 26 décembre 2019, ce permis de construire a été transféré à la société Villa Farnèse. Le 12 juin 2020, la société Villa Farnèse a déposé une demande de permis de construire modificatif afin de réduire le nombre de logements sociaux prévus par le projet. Par arrêté du 16 octobre 2020, le maire de Bessières a retiré le permis de construire du 2 août 2019, la décision de transfert de ce permis du 26 décembre 2019, le permis de construire modificatif tacite du 12 septembre 2020, et refusé le permis de construire sollicité le 23 mai 2019 par la société LBI. Par la présente requête, les sociétés requérantes demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ". Aux termes de l'article L. 241-2 de ce code : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré. ".
3. Les sociétés requérantes soutiennent que si une procédure contradictoire préalable a bien été respectée à l'égard de la société Villa Farnèse, ce qui ressort effectivement des pièces du dossier, tel n'a pas été le cas à l'égard de la société LBI qui serait redevenue titulaire du permis de construire du 2 août 2019 dans la mesure où l'arrêté en litige, par son article 2, retire la décision du 26 décembre 2019 de transfert de ce permis. Toutefois, l'article premier de la présente décision contesté a procédé au retrait du permis de construire du 2 août 2019 dont seule la société Villa Farnèse était titulaire, par l'effet du transfert, au 16 octobre 2020. Par suite, en raison de ce retrait de l'arrêté de permis de construire, la société LBI ne peut soutenir que le retrait de la décision de transfert du 26 décembre 2019 aurait eu pour effet de la rendre à nouveau titulaire de ce permis, celui-ci ayant été retiré de l'ordonnancement juridique.
4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ".
5. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs (). / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. ".
6. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Lorsque l'autorité saisie d'une demande de permis de construire vient à disposer, au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif. Si postérieurement à la délivrance du permis de construire, l'administration a connaissance de nouveaux éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de sa décision, elle peut légalement procéder à son retrait sans condition de délai. La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur sa qualité pour présenter la demande d'autorisation d'urbanisme.
7. Il ressort des pièces du dossier que le gérant de la société LBI a, lors du dépôt de sa demande de permis de construire, attesté avoir qualité pour demander cette autorisation. Le projet autorisé le 2 août 2019 portait sur la construction de 49 maisons mitoyennes avec une emprise notamment sur les parcelles B 4415 et B 995. Il est constant que ces parcelles appartiennent au département de la Haute-Garonne. Pour procéder au retrait contesté, le maire de Bessières a considéré qu'en attestant avoir qualité pour déposer une telle demande portant sur des parcelles ne lui appartenant pas et sans disposer de titre à cet effet, la société pétitionnaire avait réalisé des manœuvres frauduleuses. D'une part, la société pétitionnaire n'établit pas avoir été autorisée par le département de la Haute-Garonne à déposer la demande d'autorisation de construire sur les parcelles B 4415 et B 995. Elle se prévaut à cet égard uniquement de courriels faisant suite à des réunions qui ne comportent aucune autorisation en ce sens mais portent uniquement sur la réalisation des travaux à proximité concernant un projet routier dit de " déviation de Bessières ". Si les requérantes soutiennent que la commune avait nécessairement connaissance de ce que les parcelles B 4415 et B 995 appartenaient au département de la Haute-Garonne en raison de sa participation aux réunions publiques, la circonstance que l'administration n'aurait pas ignoré la manœuvre frauduleuse du pétitionnaire destinée à obtenir une décision est en tout état de cause sans incidence sur la caractérisation de la fraude. Est également sans influence la circonstance que les parcelles concernées avaient été vendues par la commune au département de la Haute-Garonne. D'autre part, la commune fait valoir qu'elle a eu connaissance de cette fraude en consultant l'annexe d'un acte de vente du 25 novembre 2019 indiquant que les parcelles B 4415 et B 995 appartenaient toujours au département de la Haute-Garonne. Ainsi, au regard de ces éléments, elle pouvait légalement, et sans condition de délai, procéder au retrait de l'autorisation d'urbanisme.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par les sociétés requérantes à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bessières, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les sociétés requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces dernières la somme demandée par la commune de Bessières au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés LBI et Villa Farnèse est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Bessières sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée LBI, à la société civile immobilière Villa Farnèse et à la commune de Bessières.
Copie, pour information, sera adressée au département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bentolila, président,
Mme Matteaccioli, conseillère,
M. Leymarie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
A. A
Le président,
P. BENTOLILALa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026