mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005913 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ALEXOPOULOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 20 novembre 2020 et 17 mai 2021, M. D B, représenté par Me Alexopoulos, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Lot du 22 septembre 2020 portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Lot de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour, ou, à titre subsidiaire, de procéder sans délai au réexamen de sa demande et de lui délivrer, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sur le terrain de la légalité externe, l'arrêté est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière en raison de la méconnaissance de son droit d'être entendu préalablement au prononcé d'une décision défavorable ;
- sur le terrain de la légalité interne, l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 6 § 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 § 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du même code ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2021, le préfet du Lot conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 novembre 2021.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant algérien né le 3 décembre 1991, est entré en France, selon ses déclarations, de manière irrégulière le 17 janvier 2017. Il s'est marié le 12 octobre 2019 avec Mme A C, ressortissante française née le 25 juillet 1976. Le 24 juin 2020, il a sollicité auprès du préfet du Lot la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention vie privée et familiale en qualité de conjoint de Français. Par un arrêté en date du 22 septembre 2020, le préfet du Lot a rejeté sa demande de certificat de résidence aux motifs qu'il ne remplissait pas la condition d'une entrée régulière sur le territoire français exigé par l'article 6 § 2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et que, compte tenu des conditions de son entrée en France et de la durée de son séjour, il n'était pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. B demande l'annulation de cet arrêté de refus de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. De plus si, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour, il n'implique pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur les décisions accompagnant cette décision, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
3. Lorsqu'il sollicite la délivrance d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Par suite, M. B, qui a déposé une demande de délivrance de titre de séjour auprès des services de la préfecture du Lot, et ne soutient pas avoir été empêché de présenter au soutien de cette demande toute précision utile, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté par lesquelles le préfet du Lot a refusé de lui délivrer un titre de séjour est entaché d'un vice de procédure en raison de la méconnaissance de son droit d'être entendu.
4. En deuxième lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle et les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Ainsi, M. B ne saurait utilement faire valoir que l'arrêté de refus de séjour du 22 septembre 2020 méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 § 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou celles de l'article L. 313-14 du même code.
5. En troisième lieu, et à titre principal, M. B soutient que l'arrêté de refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 6 § 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux motifs qu'il a épousé le 12 octobre 2019 une ressortissante française en situation de handicap avec laquelle il allègue vivre en concubinage depuis juillet 2019 et qu'il porte assistance à la mère de son épouse et à la fille de celle-ci née d'une précédente union, Océane Habibi, née le 30 juillet 2004, également en situation de handicap. Toutefois, d'une part, alors que le requérant ne justifie pas, par la seule production d'une déclaration de vie commune, d'une relation de concubinage antérieure à son mariage, il est constant que ce mariage est antérieur de moins d'un an à l'arrêté de refus de séjour du 22 septembre 2020. D'autre part, M. B n'établit pas la nécessité de sa présence auprès de sa belle-mère et de sa belle-fille, ni au demeurant la réalité de l'assistance fournie à sa belle-fille. Enfin, en se bornant à faire valoir que sa formation de coiffeur pourrait lui permettre de trouver sans difficulté un emploi, le requérant ne justifie d'aucune insertion professionnelle ou recherche d'insertion professionnelle en France. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale doit être écarté comme manquant en fait.
6. En quatrième et dernier lieu, M. B ne saurait utilement faire valoir que l'arrêté de refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle au motif qu'à la date de son prononcé, son pays d'origine avait interrompu toutes les liaisons aériennes et maritimes à destination et en provenance de l'Algérie dès lors que ledit arrêté ne fixe pas, par lui-même, de pays de renvoi.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 septembre 2020 par lequel le préfet du Lot a refusé de lui délivrer un certificat de résidence.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au profit de son conseil au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Lot.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
J-C. E L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet du Lot, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026