mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ESCUDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 novembre 2020 et 21 juin 2021, M. B A, représenté par Me Escudier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 octobre 2020 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ;
2°) d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;
- il a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 314-8 et R. 314-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 avril et 22 juin 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 3 novembre 2021 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant cambodgien né le 7 juillet 1979 à Kompong Chhnang (Cambodge), est entré en France le 25 mars 2015 sous couvert d'un visa de long séjour délivré à titre exceptionnel en qualité de membre du clergé ou religieux. Il a bénéficié de cartes de séjour temporaires portant la mention " visiteur " du 11 mars 2016 au 3 septembre 2020 et, le 31 août 2020, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour d'une durée de dix ans sur le fondement des dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 octobre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande. Cette décision a été retirée et remplacée par une nouvelle décision en date du 2 février 2021 qui rejette également la demande de l'intéressé.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne a retiré la décision attaquée du 27 octobre 2020 et l'a remplacée par une nouvelle décision en date du 2 février 2021. Le retrait étant devenu définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 27 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision portant refus de délivrance d'une carte de séjour de dix ans mentionne les dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et indique que le requérant ne justifie pas de ressources stables, régulières et suffisantes. Par suite, alors que la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis un défaut d'examen sérieux et personnel de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de M. A doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " Une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " est délivrée de plein droit à l'étranger qui justifie : / 1° D'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre de l'une des cartes de séjour temporaires ou pluriannuelles () / 2° De ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. La condition prévue au présent 2° n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code () ".
7. Si M. A soutient qu'il dispose de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins, issues de dons et offrandes de la communauté bouddhiste, il ressort toutefois des pièces du dossier que le conseil d'administration de l'association des bouddhistes khmers a décidé de mettre fin à la prise en charge du requérant le 4 décembre 2016 et qu'il n'établit pas appartenir à une autre association bouddhiste, alors au demeurant qu'il ne justifie d'aucune activité professionnelle donnant lieu à rémunération au cours des mois précédant l'intervention de la décision attaquée. En outre, si M. A se prévaut d'attestations de tiers qui certifient lui verser des dons en espèce, ces seuls éléments, par leur nature, ne démontrent pas que les ressources financières de l'intéressé sont stables et régulières. Par ailleurs, M. A ne produit à l'appui de ces allégations aucun relevé de compte et l'avis d'impôt sur les revenus établi à son nom au titre de l'année 2019 indique qu'il n'a déclaré avoir perçu aucun revenu au titre de cette année. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il satisfaisait aux conditions pour se voir délivrer une carte de résident de dix ans sur le fondement des dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A se borne à soutenir que son statut de moine bouddhiste lui interdit de percevoir et de contrôler des sommes d'argent et que la décision attaquée viole de ce seul fait les stipulations précitées. Toutefois, d'une part, cette ingérence, si tant est qu'elle soit véritablement caractérisée, est prévue par la loi et, d'autre part, le requérant ne démontre pas qu'elle ne serait pas nécessaire et proportionnée aux buts en vue duquel elle a été instituée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 2 février 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme sollicitée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'annulation de la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 27 octobre 2020 portant refus de délivrance d'une carte de résident de dix ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur,
N. C
Le président,
J-C. TRUILHÉ
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026