mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006009 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 novembre 2020 et le 20 mai 2021, Mme C D épouse A, représentée par Me Sadek, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont distraction au profit de son conseil.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen suffisant de sa situation ;
- la rupture de la communauté de vie est imputable aux violences de son époux ;
- le préfet était tenu de saisir la commission du titre de séjour puisqu'elle remplit les conditions posées à l'article 6 § 5 de l'accord franco-algérien ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- elles méconnaissent l'article R. 5221-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a fixé l'ensemble de ses intérêts privés et familiaux en France ;
- l'administration a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant en violation de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2021, et un mémoire, enregistré le 31 mai 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Par ordonnance du 19 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2021 à 12 heures 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. JOZEK.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante algérienne née le 26 février 1996 à Sidi Ali (Algérie), est entrée en France le 26 mars 2013 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Elle a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " valable du 1er septembre 2014 au 31 août 2015. Elle a sollicité le 25 janvier 2016 son admission au séjour en qualité de salariée. Par un arrêté du 23 mars 2016, le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Mme D a épousé le 5 mai 2017 un ressortissant de nationalité française. Elle a bénéficié en conséquence de ce mariage d'un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " valable du 6 février 2018 au 5 février 2019. Mme D a sollicité le renouvellement de son certificat le 18 avril 2019 sur le fondement des articles 6 2°) et dernier alinéa) et 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et son admission au séjour en qualité de salariée sur le fondement de l'article 7 b) de ce même accord. Par un arrêté du 11 septembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande, a obligé Mme D à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, Mme D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, Mme G E, directrice des migrations et de l'intégration, signataire de l'arrêté en litige, a reçu délégation, par arrêté du 2 avril 2020 du préfet de
la Haute-Garonne publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet de signer les décisions de refus de titre de séjour, les décisions prévues à l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les décisions fixant le pays de renvoi. Contrairement à ce que soutient la requérante, cette délégation n'est ni générale ni permanente. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Si l'intéressée soutient que les décisions sont insuffisamment motivées, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaque´ comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de renouvellement de titre de séjour, ainsi que celles qui constituent le fondement de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination adressée à la requérante. Ainsi, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, la motivation de l'arrêté litigieux ne révèle pas que la situation de la requérante n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier.
5. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet d'organiser une procédure contradictoire et de mettre le demandeur en mesure de présenter ses observations orales ou écrites sur le rapport établi à la suite des enquêtes de police destinées à vérifier l'existence d'une communauté de vie effective entre les époux préalablement à l'édiction d'un arrêté portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen invoqué par Mme D tiré du défaut de caractère contradictoire de l'enquête de police, relative à l'existence ou non d'une communauté de vie avec son époux, diligentée par le préfet, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit ( ) 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux () ". Aux termes de l'article 7 bis dudit accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article () ". Les stipulations de l'accord régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Si une ressortissante algérienne ne peut, en conséquence, utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au renouvellement du titre de séjour lorsque l'étranger a subi des violences conjugales et que la communauté de vie a été rompue, ni celles de l'article L. 313-14 du même code, s'agissant des étrangers dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'ils font valoir, il appartient toutefois au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressée, et notamment des violences conjugales alléguées, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Il appartient seulement au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation portée sur la situation personnelle de l'intéressée.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a épousé un ressortissant français le 5 mai 2017 à Toulouse et a bénéficié, à ce titre, d'un certificat de résidence valable du 6 février 2018 au 5 février 2019. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 18 avril 2019 sur le fondement du 2° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Si la requérante soutient qu'à la date de sa demande la communauté de vie n'avait pas cessé, il est constant qu'à la date du 11 septembre 2020 à laquelle doit s'apprécier la légalité de la décision attaquée, elle avait quitté le domicile conjugal. Par suite, elle ne remplissait pas la condition de communauté de vie requise par ces stipulations et ne pouvait se voir renouveler un titre de séjour que le préfet était fondé à refuser de lui délivrer. Si l'intéressé fait toutefois valoir que le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation et tenir compte en particulier de sa situation particulière en raison des violences que son conjoint lui a fait subir, la contraignant à mettre fin à la vie commune pour s'y soustraire, ni le certificat médical du 9 mai 2019, relevant des ecchymoses superficielles sur le bras droit d'allure semi-récente, ni l'attestation du 23 juin 2020 d'une association accueillant les femmes victimes de violences que la requérante a rencontrée à plusieurs reprises entre mai et juillet 2019 " pour parler des violences qu'elle subissait de la part de son conjoint " ne suffisent à établir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation à laquelle il s'est livré de la situation personnelle de Mme D.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. La requérante fait valoir qu'elle réside avec un compatriote, titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, que celui-ci dispose d'un logement autonome et travaille en qualité de plaquiste, qu'elle est tombée enceinte de son compagnon en février 2020, que celui-ci a reconnu l'enfant de manière anticipée le 22 septembre 2020 et enfin qu'elle est titulaire d'un contrat à durée indéterminée pour un poste d'assistante de vie à temps partiel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la communauté de vie entre Mme D, qui a été hébergée en centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) jusqu'au 16 août 2020, et son compagnon est récente. Si Mme D était enceinte de près de sept mois à la date de l'intervention de l'arrêté attaqué, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l'état de de la requérante rendait la présence de son compagnon à ses côtés indispensables ou aurait fait obstacle à l'exécution de son éloignement. Mme D n'est pas dépourvue d'attaches en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de dix-sept ans et où réside notamment son père. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions de séjour de Mme D en France, du caractère récent de la communauté de vie avec son compagnon et eu égard aux effets d'une mesure d'éloignement, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Il n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les stipulations de l'article 6 § 5 de l'accord franco-algérien susvisé.
10. En sixième lieu, Mme D ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3§ 1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'il est constant que son enfant n'était pas encore né à la date de la décision en litige.
11. En septième lieu, aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 312-2 du même code : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3 ". Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf dispositions contraires expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour. Au nombre de ces dispositions figurent notamment celles de l'article L. 312-2 précité qui prévoient que le préfet doit consulter la commission du titre de séjour lorsqu'il envisage de refuser ou de renouveler le titre de séjour temporaire d'un étranger.
12. Ainsi qu'il a été précisé au point 9, Mme D ne satisfait pas aux conditions posées par les stipulations de l'article 6, 5) de cet accord équivalentes aux dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'était pas tenu de saisir préalablement la commission du titre de séjour avant de refuser de renouveler le droit au séjour de Mme D. Le moyen tiré du vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.
13. En huitième lieu, d'une part, aux termes du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " ()Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention
" salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ". L'accord franco-algérien renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Au nombre de ces dispositions, figurent les articles R. 5221-17 et suivants du code du travail qui précisent les modalités selon lesquelles et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail.
14. D'autre part, aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : () 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article R. 5221-3 du code du travail applicable à la date de la décision attaqué : " L'autorisation de travail peut être constituée par l'un des documents suivants : 10° La carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", délivrée en application des articles L. 313-11, L. 316-1, L. 316-3, L. 313-17 et L. 313-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; ou le visa de long séjour valant titre de séjour mentionné aux 4° et 11° de l'article R. 311-3 du même code. Aux termes de l'article R. 5221-11 de ce code : " La demande d'autorisation de travail relevant des 4°, 8°, 9°, 13° et 14° de l'article R. 5221-3 est faite par l'employeur. " Aux termes de l'article R. 5221-15 du même code : " Lorsque l'étranger est déjà présent sur le territoire national, la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est adressée au préfet de son département de résidence. " Aux termes de l'article R. 5221-17 de ce code : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail () est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger. " Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " est subordonnée à la présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative et que la demande d'autorisation de travail d'un étranger déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur.
15. Mme D s'est prévalue à l'appui de sa demande de titre de séjour d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi d'aide à domicile, conclu le 28 novembre 2019. Toutefois, si la requérante soutient que " son employeur a garni une demande d'autorisation de travail pour salarié étranger ", elle n'établit pas que son employeur ait effectivement transmis au préfet, conformément aux dispositions de l'article R. 5221-11 du code du travail, une demande d'autorisation de travail. La circonstance qu'elle était précédemment en possession d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français qui l'autorisait à exercer un emploi en France ne dispensait pas son employeur de saisir le préfet de cette demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet, en lui refusant la délivrance du titre sollicité au motif qu'aucune demande d'autorisation de travail la concernant n'avait été déposée, aurait méconnu les dispositions précitées de l'article R. 5221-17 du code du travail doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 septembre 2020 du préfet de la Haute-Garonne. Les conclusions qu'elle présente à cette fin doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de Mme D tendant à l'annulation des décisions attaquées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
18. L'Etat n'ayant pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante les conclusions présentées par Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Ouadfel est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme Ouadfel et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Jazeron, premier conseiller,
M. Jozek, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. JOZEK
Le président,
J-C. TRUILHELa greffière
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026