mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ESCUDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire, enregistrés le 30 novembre 2020, les 21 et 26 janvier 2021, le 26 juillet 2021 et le 25 août 2021, Mme C A, représentée par Me Escudier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 et l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de ses conséquences sur sa situation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont privées de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante gabonaise, née le 6 septembre 1997 à Libreville (Gabon), est entrée en France le 7 octobre 2018 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant " valant titre de séjour du 2 octobre 2018 au 2 octobre 2019. Elle a bénéficié par la suite d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 3 octobre 2019 au 2 octobre 2020. Le 28 septembre 2020, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a refusé ce renouvellement, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fondent les décisions litigieuses. Il expose notamment les motifs retenus par l'autorité préfectorale pour considérer que Mme A ne pouvait pas être regardée comme poursuivant effectivement des études. Il indique aussi qu'elle n'établit pas être exposée à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par suite, il est suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes mêmes de l'arrêté contesté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de la requérante avant d'édicter les décisions en litige.
4. En troisième lieu, selon l'article 9 de la convention franco-gabonaise susvisée : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. ". En vertu de l'article 12 de la même convention : " Les dispositions de la présente convention ne font pas obstacle à l'application des législations respectives des deux Parties contractantes sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la convention. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'arrêté litigieux : " La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". () ". Il résulte des stipulations précitées de la convention franco-gabonaise, dont l'objet et la portée sont équivalentes à celles des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne peuvent dès lors être utilement invoquées, qu'il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études sur le territoire français et d'apprécier notamment la réalité et le sérieux des études poursuivies.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A est venue en France pour suivre une formation en esthétique et qu'elle a obtenu en juin 2020 un certificat d'aptitude professionnelle en esthétique délivré par l'école privée Marge Verlair à Toulouse. Pour solliciter le renouvellement de son titre de séjour au titre de l'année scolaire 2020/2021, la requérante s'est prévalue d'une inscription à une formation de praticien en " massage bien-être " dispensée par l'organisme Shen-Ti à L'Union (Haute-Garonne). Il ressort toutefois du bulletin d'inscription produit par l'intéressée que la formation en cause ne représente qu'un volume horaire annuel de 126 heures réparties sur 18 journées entre octobre 2020 et juin 2021. En outre, il est constant que le suivi de cet enseignement donne lieu à la remise d'une simple attestation de formation et n'est sanctionné par aucun diplôme. Dans ces conditions et à supposer même que le stage proposé présente une cohérence avec le cursus antérieur de Mme A, l'autorité préfectorale a pu légalement considérer qu'il ne correspondait pas à une formation de niveau supérieur et qu'il revêtait un caractère purement accessoire ne permettant pas de regarder l'intéressée comme poursuivant effectivement des études sur le territoire national. La requérante soutient avoir rencontré des difficultés personnelles à la suite du décès de sa grand-mère et n'avoir pas réussi à trouver en temps opportun une entreprise susceptible de lui proposer un contrat en alternance pour suivre une formation plus consistante. De telles circonstances ne sont cependant pas de nature à faire regarder la décision litigieuse comme entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 9 de la convention franco-gabonaise citées ci-dessus.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Mme A, à la date de l'arrêté attaqué, n'était présente que depuis deux ans en France où elle n'avait été autorisée à séjourner qu'en raison de ses études. La seule présence de sa tante qui l'a hébergée durant quelques mois, sur le territoire national, n'est pas suffisante pour retenir que le centre de ses intérêts personnels se situerait désormais en France. Par ailleurs, la requérante n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident notamment ses parents qui ont financé ses études. Enfin, l'intéressée n'établit nullement qu'elle ne pourrait pas poursuivre une formation en esthétique au Gabon. Dès lors et en tout état de cause, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée de Mme A et n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En cinquième et dernier lieu, il résulte de tout ce qui vient d'être développé que la requérante n'établit pas l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour. Par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision portant fixation du pays de destination ne sont pas privées de leur base légale.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation, les conclusions de la requérante relative à l'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée par l'intéressée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Escudier et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Jozek, premier conseiller,
M. Jazeron, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
J.C. TRUILHE La greffière,
M.E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026