LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2006362

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2006362

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2006362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantAMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Amari de Beaufort, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision en date du 17 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire albanais contre un permis de conduire français ;

2) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de procéder à l'échange de son permis de conduire albanais contre un permis de conduire français sous astreinte de 100 euros par jour de retard un mois après la notification du jugement à intervenir ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- ayant obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du 5 novembre 2018 de la cour nationale du droit d'asile, il a, à chaque renouvellement de son récépissé de reconnaissance de la protection subsidiaire, manifesté son souhait de déposer une demande d'échange de permis de conduire en application de l'article R. 222-3 du code de la route et de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 et ce, notamment le 15 janvier 2019, comme en atteste M. D, étant précisé qu'alors que son dossier était complet, la préfecture de l'Ariège a systématiquement refusé sa demande d'échange de permis, motif pris qu'il n'aurait pas encore reçu son titre de séjour, lequel lui a été remis le 1er avril 2019 ;

- toutefois, si la préfecture de l'Ariège a, le 12 août 2019, accepté d'enregistrer sa demande d'échange de permis, elle s'est prévalue, par une décision du 17 septembre 2019, implicitement confirmée le 22 janvier 2020 à la suite de son recours gracieux du 20 novembre 2019, du nouvel arrêté entré en vigueur le 9 avril 2019 relatif à l'exigence d'accord de réciprocité avec l'Albanie, pour refuser l'échange de son permis de conduire albanais avec un permis de conduire français ;

- ainsi, en refusant d'enregistrer sa demande d'échange le 15 janvier 2019 alors qu'il bénéficiait d'un récépissé de reconnaissance de la protection subsidiaire et que son dossier était parfaitement complet, la préfecture de l'Ariège a commis un détournement de pouvoir ou à tout le moins un abus de pouvoir en faisant valoir l'absence de titre de séjour reconnaissant la protection subsidiaire ;

- la circulaire portant mise en œuvre de l'arrêté du 12 janvier 2012 prévoit d'ailleurs que pour les usagers bénéficiaires de la protection subsidiaire, le point de départ du délai réglementaire court à compter de la date de début de validité du premier titre de séjour provisoire, lequel vise le récépissé délivré à l'étranger qui s'est notamment vu octroyer le bénéfice de la protection subsidiaire dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour en application du deuxième alinéa de l'article R. 742-6 du Ceseda.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2021, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique, présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a sollicité, le 12 août 2019, l'échange de son permis de conduire albanais contre un titre français. Sa demande a été rejetée par une décision du préfet de la Loire-Atlantique du 17 septembre 2019 en raison de l'absence d'accord de réciprocité entre la France et l'Albanie. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur la légalité externe :

2. La décision en litige a été signée par Mme C E, directrice du centre d'expertise et de ressources titres de la Loire-Atlantique, qui disposait d'une délégation de signature par arrêté préfectoral du 27 juin 2019, régulièrement publié au recueil des actes de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été signée par une autorité incompétente manque en fait.

Sur la légalité interne :

3. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 5 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen dispose que : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : / A. - Avoir été délivré au nom de l'Etat dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale, sous réserve qu'il existe un accord de réciprocité entre la France et cet Etat conformément à l'article R. 222-1 du code de la route. Seul le dernier titre délivré peut être présenté à l'échange () ".

4. Dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 19 avril 2019, le I de l'article 11 du même arrêté du 12 janvier 2012 disposait que : " I. Les dispositions du A du I de l'article 5 ne sont pas applicables au titulaire d'un permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen possédant un titre visé au I de l'article 4 comportant la mention " réfugié " ". Ces dispositions ont toutefois été abrogées par l'article 1er de l'arrêté du 9 avril 2019 modifiant l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen, qui a été publié au Journal officiel de la République française le 18 avril 2019 et est entré en vigueur le lendemain de sa publication.

5. D'une part, sauf dispositions expresses contraires, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date de sa décision. Il en va notamment ainsi, en l'absence de texte y dérogeant, des décisions que l'administration est amenée à prendre, implicitement ou expressément, sur les demandes d'échange de permis de conduire qui lui sont présentées en application des dispositions citées au point précédent.

6. D'autre part, si l'article L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sauf s'il en est disposé autrement par la loi, une nouvelle réglementation ne s'applique pas aux situations juridiques définitivement constituées avant son entrée en vigueur ou aux contrats formés avant cette date ", le dépôt d'une demande d'échange de permis de conduire ne saurait être regardé comme instituant, au profit du demandeur, une situation juridique définitivement constituée à la date de ce dépôt.

7. Ainsi, lorsque l'administration statue, à compter du 19 avril 2019, c'est-à-dire après l'entrée en vigueur des dispositions ayant rendu applicable aux bénéficiaires du statut de réfugié, aux apatrides ou aux étrangers ayant obtenu la protection subsidiaire, la condition d'existence d'un accord de réciprocité pour tout échange d'un permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen, il lui appartient de vérifier le respect de cette condition, y compris pour les demandes qui ont été déposées avant le 19 avril 2019.

8. Il ressort des pièces du dossier que le permis, dont l'intéressé a demandé l'échange le 12 août 2019 à la préfecture de l'Ariège, lui a été délivré le 7 juillet 2015 par les autorités albanaises. Si le requérant soutient qu'il bénéficie d'un statut de réfugié et que la préfecture de l'Ariège aurait refusé d'enregistrer sa demande d'échange notamment le 15 janvier 2019 sans d'ailleurs en apporter la preuve formelle, motif pris qu'il n'aurait pas encore reçu son titre de séjour, il n'en demeure pas moins que les dispositions de l'article 11 de l'arrêté précité ont été abrogées par un arrêté du 9 avril 2019 publié le 18 avril 2019. Or, la décision attaquée étant intervenue le 17 septembre 2019, soit postérieurement à la modification de l'article 11 de l'arrêté, M. A doit justifier de l'existence d'un accord de réciprocité entre la France et l'Albanie afin d'obtenir l'échange de son titre de conduite. C'est donc sans erreur de droit, ni détournement de pouvoir ou abus de pouvoir que le préfet, sur le fondement de l'article 5-I-A de l'arrêté du 12 janvier 2012, a refusé de procéder à l'échange sollicité par M. A qui ne peut dès lors utilement, pour demander l'annulation de la décision contestée, se prévaloir du refus d'enregistrement par les services préfectoraux de l'Ariège de sa demande d'échange de permis le 15 janvier 2019, cette circonstance étant, à la supposer établie, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

La présidente,

Isabelle Carthé MazèresLa greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

Le Greffier en chef

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions