jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CAZANAVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Cazanave demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et dans l'hypothèse où le requérant ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à lui verser cette même somme au seul visa de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle dès lors que les observations faites en réponse au courrier du 18 septembre 2020 n'ont pas été prises en compte ni sa situation de vulnérabilité particulière ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a manqué que deux pointages et qu'il a repris les pointages de sa propre initiative.
Une mise en demeure a été adressée le 6 mai 2021, sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a toutefois produit aucun mémoire dans le délai d'un mois prescrit.
Par un mémoire enregistré le 8 décembre 2022, qui n'a pas été communiqué, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2021 par une ordonnance du 18 août 2021.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mars 2021.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2013/32 UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 12 octobre 1996 à Jilib (Somalie), est entré en France le 10 juillet 2020 pour y solliciter le bénéfice de l'asile. Le 13 août 2020, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite Dublin et il s'est vu accorder, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Par une décision du 12 novembre 2020, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la cessation de ces conditions matérielles d'accueil de demandeur d'asile au motif que M. A n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités et de respecter son obligation de pointage auprès du commissariat de Toulouse. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 mars 2021. Par suite, ses conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L.744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : ()2 ° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, () le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'Office français de l'immigration et de l'intégration est tenu, après examen de la situation particulière et après avoir mis l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de retirer, par une décision motivée, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsque le demandeur n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens et de se présenter aux autorités.
5. En premier lieu, M. A fait valoir que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, dès lors que sa vulnérabilité particulière et que les observations produites en réponse au courrier du 18 septembre 2020 expliquant son absence aux pointages n'ont pas été prises en compte. Toutefois, en l'absence d'élément permettant d'en apprécier le contraire, il ressort de la décision attaquée que M. A n'a fait valoir aucun facteur particulier de vulnérabilité, l'absence de proposition d'un hébergement alléguée mais non établie n'étant pas suffisante. En outre, il ressort des pièces du dossier et notamment de la requête que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a laissé au requérant un délai supérieur à 15 jours pour faire valoir ses observations. Enfin, si le requérant soutient avoir transmis des observations écrites à l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour indiquer qu'il ne s'était pas présenté, dans le contexte épidémique, au commissariat de Toulouse parce qu'il était souffrant, toutefois il n'apporte pas la preuve d'une telle transmission. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa situation personnelle n'a pas été prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.
6. En second lieu, si le requérant fait valoir qu'il a manqué deux pointages parce qu'il était souffrant dans le contexte épidémique, il n'apporte aucun élément à l'appui de ces allégations permettant de retenir qu'il disposait d'un motif valable l'empêchant de remplir ses obligations. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, la circonstance qu'il ait repris les pointages par la suite étant sans effet. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par suite, le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 12 novembre 2020 n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cazanave et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
La rapporteure,
V. CLe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026