mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2020, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Toulouse a mis en demeure le syndic des copropriétaires de l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard à Toulouse de condamner l'accès de la porte d'entrée de l'immeuble afin d'éviter toute occupation.
Elle soutient que :
- la mise en demeure du 11 décembre 2020 de fermer l'accès à l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard à Toulouse est illégale car elle dépasse le champ de l'arrêté de péril du 18 février 2019 qu'elle entend faire appliquer, qui n'interdit pas l'accès à l'immeuble, et ne constitue pas une simple mesure d'exécution de ces arrêtés ;
- il appartenait à la commune de prendre elle-même les mesures prévues à l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation permettant l'application de l'interdiction d'habiter ordonnée par arrêté de péril du 18 février 2019 ou de prononcer des sanctions prévues à l'article L. 511-6 du même code en cas de non-respect des arrêtés de péril et non d'ordonner au syndic de condamner l'accès à l'immeuble ;
- cette mise en demeure adressée au syndic des copropriétaires lui fait grief dans la mesure où elle fait obstacle à l'accès à ses biens meubles restés dans son appartement ;
- la décision en litige n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit dès lors qu'il appartenait au maire, s'il estimait utile de prescrire une interdiction d'accès à l'immeuble, d'user de ses pouvoirs de police spéciale et de prendre un nouvel arrêté de péril.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 mai 2021 et 22 juin 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la mise en demeure d'interdire l'accès à l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard est une mesure d'exécution de l'arrêté du 18 février 2019 prononçant une interdiction d'habiter cet immeuble jusqu'à réalisation des travaux ; après vaine injonction adressée par la commune à certains occupants de se conformer à l'interdiction d'habiter, les mesures prises en dernier ressort pour empêcher l'accès à l'immeuble sont le seul moyen de faire appliquer l'arrêté de péril ;
- cette mise en mesure est limitée dans le temps et est justifiée car le danger représenté par le risque réel d'un soudain effondrement du mur mitoyen persiste tant que des travaux n'auront pas été réalisés ;
- en application du nouvel article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation, la commune peut prescrire ou faire exécuter d'office toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage du lieu ;
- la décision est motivée en droit et en fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Coutier, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, présente et de Me Petit dit C, représentant la commune de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est propriétaire du lot n° 9 de l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard à Toulouse, mitoyen avec l'immeuble situé au n° 16 de la même place. Par un arrêté de péril ordinaire n° 19005299 du 18 février 2019, le maire de Toulouse a prescrit la réalisation de travaux consistant en la reprise complète ou partielle du mur mitoyen entre les immeubles nos 15 et 16 afin de pouvoir retirer l'étaiement en place et d'en assurer la stabilité. Il a assorti cette mesure d'une interdiction provisoire d'habiter l'immeuble jusqu'à réalisation des travaux. Il est constant que cette interdiction d'habiter n'a pas été respectée par tous les occupants de l'immeuble. Le maire de Toulouse a alors mis en demeure le syndic des copropriétaires, par une lettre du 11 décembre 2020, de condamner l'accès de la porte d'entrée de l'immeuble dans un délai de huit jours sous peine d'exécution d'office de l'arrêté de péril par tous moyens. Mme B, propriétaire d'un des appartements de l'immeuble, demande l'annulation de cette mesure d'interdiction d'accès.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la mise en demeure adressée à Foncia en sa qualité de syndic des copropriétaires de l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard mentionne les considérations de droit sur lesquelles elle se fonde à savoir l'arrêté de péril ordinaire du 18 février 2019 qu'elle a pour objet de faire appliquer. Elle indique également les éléments de fait ayant conduit à la nécessité de cette mise en demeure dès lors qu'elle précise que l'interdiction d'habiter prononcée le 18 février 2019 n'est pas respectée. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de la mesure en litige doit être écartée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction applicable au litige : " Le maire peut prescrire la réparation ou la démolition des murs, bâtiments ou édifices quelconques lorsqu'ils menacent ruine et qu'ils pourraient, par leur effondrement, compromettre la sécurité ou lorsque, d'une façon générale, ils n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité publique, dans les conditions prévues à l'article L. 511-2. Toutefois, si leur état fait courir un péril imminent, le maire ordonne préalablement les mesures provisoires indispensables pour écarter ce péril, dans les conditions prévues à l'article L. 511-3. () ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " I. ' Le maire, par un arrêté de péril pris à l'issue d'une procédure contradictoire dont les modalités sont définies par décret en Conseil d'Etat, met le propriétaire de l'immeuble menaçant ruine, et le cas échéant les personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 511-1-1, en demeure de faire dans un délai déterminé, selon le cas, les réparations nécessaires pour mettre fin durablement au péril ou les travaux de démolition, ainsi que, s'il y a lieu, de prendre les mesures indispensables pour préserver les bâtiments contigus. () Si l'état du bâtiment, ou d'une de ses parties, ne permet pas de garantir la sécurité des occupants, le maire peut assortir l'arrêté de péril d'une interdiction d'habiter et d'utiliser les lieux qui peut être temporaire ou définitive. () Cet arrêté précise la date d'effet de l'interdiction, qui ne peut être fixée au-delà d'un an si l'interdiction est définitive, ainsi que la date à laquelle le propriétaire ou l'exploitant des locaux d'hébergement doit avoir informé le maire de l'offre d'hébergement ou de relogement qu'il a faite aux occupants en application de l'article L. 5213-1. () IV. ' A l'expiration du délai fixé dans l'arrêté de péril prévu au I, si les réparations, mesures et travaux prescrits n'ont pas été réalisés, le propriétaire défaillant est redevable d'une astreinte d'un montant maximal de 500 € par jour de retard. Lorsque le bâtiment menaçant ruine est à usage d'habitation, le montant maximal de l'astreinte est porté à 1 000 € par jour de retard. L'astreinte est prononcée par arrêté du maire. () V. ' Lorsque l'arrêté de péril n'a pas été exécuté dans le délai fixé, le maire met en demeure le propriétaire de procéder à cette exécution dans un délai qu'il fixe et qui ne peut être inférieur à un mois. A défaut de réalisation des travaux dans le délai imparti par la mise en demeure, le maire, par décision motivée, fait procéder d'office à leur exécution. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 511-6 du même code : " I. - Est puni d'un d'emprisonnement d'un an et d'une amende de 50 000 euros : / - le refus délibéré et sans motif légitime, constaté après mise en demeure, d'exécuter les travaux prescrits en application des articles L. 511-2 et L. 511-3. / II. - Est puni d'un emprisonnement de trois ans et d'une amende de 100 000 euros : () - le fait, de mauvaise foi, de ne pas respecter une interdiction d'habiter et d'utiliser des locaux prise en application de l'article L. 511-2 et l'interdiction de les louer ou mettre à disposition prévue par l'article L. 511-5. () ".
4. Il est constant que l'interdiction d'habiter prononcée par arrêté du 18 février 2019 n'a pas été respectée par tous les occupants de l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard. Il appartient au maire de Toulouse de prendre toutes mesures utiles permettant la pleine application de la mesure de police spéciale édictée le 18 février 2019 en application des dispositions précitées de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation. La circonstance que ces dispositions et celle de l'article L. 511-6 du même code permettent le prononcé d'astreinte, la réalisation d'office des travaux prescrits par le maire ou encore l'infliction d'amende et peine d'emprisonnement par le juge judiciaire à l'encontre des contrevenants n'exclut pas l'édiction, par le maire dans l'exercice de son pouvoir de police, de toute autre mesure permettant de sauvegarder la sécurité publique et de faire respecter l'interdiction d'habiter prononcée le 18 février 2019. En se bornant à soutenir que l'immeuble doit rester accessible car elle a conservé dans son appartement des biens meubles dont elle doit avoir la libre disposition, Mme B ne justifie pas que la mesure en litige, demandée par le maire au syndic de copropriétaires le 11 décembre 2020, soit près de vingt-deux mois après le prononcé, à effet immédiat, de la mesure d'interdiction d'habiter, serait disproportionné par rapport à l'objectif recherché de protection de la sécurité des habitants dans le cadre des pouvoirs de police incombant à l'autorité municipale au titre de la lutte contre l'habitat dangereux. Dès lors, le maire a pu, à bon droit, mettre le syndic des copropriétaires en demeure de condamner provisoirement l'accès à l'immeuble dans le cadre de l'exécution de son arrêté de péril ordinaire n° 19005299 du 18 février 2019.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Toulouse.
Copie en sera adressée à Foncia en sa qualité de syndic de l'immeuble sis 15 place Arnaud Bernard à Toulouse.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
M. Leymarie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
S. D
Le président,
T. SORINLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026