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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2006691

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2006691

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2006691
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 décembre 2020 et le 1er avril 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Brens a refusé de lui délivrer un permis de construire une piscine et un pool house sur un terrain sis 194 chemin Crous Del Mouly à Brens (Tarn).

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet, qui n'est pas situé dans une zone classée à risque par l'actuel plan de prévention des risques naturels effondrement des berges en aval du barrage des rivières, ne présente aucun risque d'atteinte à la sécurité ou à la salubrité publiques ;

- le refus de délivrance de permis de construire démontre l'impossibilité de construire une piscine ailleurs qu'en zone bleue, ce qui a pour effet de rendre illégale la précédente décision de refus de permis de construire qui lui avait été opposée.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 février 2021 et le 20 avril 2021, la commune de Brens, représentée par Me Izembard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par ordonnance du 22 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 22 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Evano, pour la commune de Brens.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité la délivrance d'un permis de construire une piscine et un pool house sur un terrain situé 194 chemin Crous Del Mouly dans la commune de Brens. Par un arrêté du 22 décembre 2020, le maire de Brens a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

3. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. L'autorité compétente pour délivrer un permis de construire peut prendre en compte, à titre d'éléments d'information, dans son appréciation des risques au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précitées, les études et les plans réalisés dans le cadre de l'élaboration ou de la révision d'un plan de prévention des risques alors même que celui-ci n'est pas encore entré en vigueur, ni n'a fait l'objet d'une application anticipée. Par ailleurs, en vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

4. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité par M. B, le maire de la commune de Brens s'est fondé sur les dispositions précitées en estimant que le projet présentait des risques pour la sécurité publique dès lors qu'il avait pour effet d'aggraver le risque d'effondrement des berges. Il est constant que le projet litigieux n'est pas situé dans une des zones à risque définies dans le plan de prévention des risques naturels effondrement des berges en aval du barrage de rivières, approuvé le 10 décembre 1999. Le maire de la commune de Brens fait valoir que la partie du terrain accueillant la piscine est classée en " zone de précaution " par le futur plan de prévention des risques naturels mouvements de terrains, et que toute construction entraînant un stockage liquide est un principal facteur aggravant de l'aléa effondrement. Toutefois, il se borne à produire, au soutien de ces affirmations, la carte des aléas du futur plan de prévention des risques naturels mouvements de terrain, datée de janvier 2019, sans en expliciter le contenu et notamment les conséquences attachées au classement d'une partie de la parcelle en " zone de précaution ". Le risque d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique invoqué par le maire n'apparaît pas, au vu de ces seuls éléments, suffisamment caractérisé en l'état du dossier. Ainsi, et alors qu'il n'est pas démontré qu'il serait impossible d'assortir une autorisation de construire le projet de prescriptions spéciales suffisantes de nature à limiter les risques liés aux phénomènes d'effondrement des berges, M. B est fondé à soutenir que le maire de Brens a commis une erreur d'appréciation en refusant de lui délivrer un permis de construire au motif d'une méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

5. Pour l'application de l'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est de nature à permettre d'annuler la décision attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Brens a refusé de délivrer un permis de construire à M. B doit être annulé.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Brens demande au titre des frais exposés par elle.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Brens a refusé de délivrer à M. B un permis de construire est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Brens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Brens.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

M. Leymarie, conseiller,

Mme Rousseau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

La rapporteure,

M. D

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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