jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaires enregistrés les 29 décembre 2020, 20 janvier et 13 décembre 2021, Mme A K, M. F D, Mme E G, M. J I, Mme H C demandent au tribunal d'annuler la délibération du 15 décembre 2020 n°29-141-2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Orens de Gameville approuve une convention de partenariat avec la société SODIREV - Centre E. Leclerc.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle a été adoptée sans avoir été préalablement inscrite à l'ordre du jour en tant que telle ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.2121-13 du code général des collectivités territoriales relatives au droit à l'information des conseillers municipaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2021, la commune de Saint-Orens de Gameville, représentée par Me Dunyach, conclut à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de celle-ci et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge solidaire de Mme A K, M. F D, Mme E G, M. J I, Mme H C, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'est en cause un contrat administratif qui ne peut être attaqué par les membres du conseil municipal que par la voie du plein contentieux et dès lors que la délibération attaquée ne fait pas grief et que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;
- l'absence d'inscription de la délibération attaquée à l'ordre du jour et l'absence d'information préalable des conseillers municipaux n'ont pas influencé le sens de la décision attaquée et n'ont pas privé ces derniers d'une garantie ;
- en toute hypothèse, les vices étant régularisables, de permettre au conseil municipal d'adopter une nouvelle délibération dépourvue des vices invoqués et ayant un effet rétroactif.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er juillet 2022 par une ordonnance du 13 mai précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Chalbos, rapporteure publique,
- et les observations de Mme K, ainsi que celles de Me Malbert, représentant la commune de Saint-Orens de Gameville.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 15 décembre 2020 n°29-141-2020, la commune de Saint-Orens de Gameville (Haute-Garonne) a approuvé la convention de partenariat avec la société SODIREV - Centre E. Leclerc. Par leur requête, Mme Lumeau-Preceptis, conseillère municipale, et d'autres conseillers municipaux demandent au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, si la commune soutient que la délibération attaquée porte sur la conclusion d'un contrat administratif et que le recours en excès de pouvoir contre une telle délibération est devenu irrecevable, il ressort du projet de convention que celle-ci n'a nullement pour objet ni pour effet de confier l'exécution du service public, à savoir l'aménagement du parc municipal, à la société SODIREV Centre E. Leclerc, mais qu'elle se borne à prévoir la participation financière de cette dernière audit projet par le versement d'une aide d'un montant de 20 000 euros. Elle ne comporte par ailleurs aucune clause exorbitante du droit commun. Dès lors, la convention dont il s'agit revêt un caractère de droit privé. Par suite, un recours en excès de pouvoir dirigé contre la délibération approuvant cette convention, laquelle constitue un acte détachable du contrat de droit privé dont s'agit, n'est pas irrecevable par principe.
3. En second lieu, contrairement à ce que soutient la commune, les conseillers municipaux tirent de cette seule qualité un intérêt à agir suffisant pour contester la délibération adoptée par le conseil municipal. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir des requérants doit être écartée.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L.2121-10 du code général des collectivités territoriales " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". Aux termes de l'article L.2121-13 du même code " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. "
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il est constant que la délibération attaquée n'a pas été inscrite à l'ordre du jour de la séance du 15 décembre 2020. S'il ressort des pièces du dossier que la délibération attaquée concerne le financement du projet de forêt urbaine de la commune, pour lequel deux autres délibérations étaient inscrites à l'ordre du jour de la même séance, l'absence d'inscription à l'ordre du jour de la délibération litigieuse n'a pas permis aux conseillers municipaux de disposer, en amont, d'une information suffisante notamment des modalités du financement envisagé par cet acte et les a ainsi privés d'une garantie. La circonstance que les projets de délibération et de convention ont été communiqués à Mme K, en tant que présidente du groupe d'opposition, n'est pas de nature à établir que tous les conseillers municipaux ont obtenu toutes les informations utiles par ailleurs et ce d'autant plus qu'aucune urgence n'est justifiée. Dans ces conditions, la délibération attaquée est entachée d'illégalité et Mme K et autres sont fondés à en demander l'annulation.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme K et autres, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de Saint-Orens de Gameville du 15 décembre 2020 n°29-141-2020 est annulée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Orens sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A K, M. F D, Mme E G, M. J I, Mme H C et à la commune de Saint-Orens de Gameville.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
V. B
Le président,
D. KATZ
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffièr
N°2006815
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026