vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAGRINI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 15 septembre 2021, M. B A et Mme F A, représentés par Me Magrini, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 août 2020 par lequel le maire d'Arbas a délivré au nom de l'Etat à M. D un permis de construire une maison d'habitation au lieu-dit Le village à Arbas, ensemble la décision du 25 novembre 2020 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 360 euros au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la notice architecturale du dossier de demande est insuffisante au regard des exigences de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dans la mesure où elle n'indique pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et qu'elle ne comprend aucune information quant aux accès ;
- le service gestionnaire de la voie desservant le projet n'a pas été consulté en méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ;
- la prescription relative au risque sismique est imprécise et modifie l'économie générale du projet ;
- le projet n'est pas situé en continuité de l'urbanisation existante ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme en l'absence de bornes à incendie à proximité du terrain d'assiette, de l'insuffisante largeur de la voie de desserte pour les véhicules de secours et de l'absence de stationnement dédié aux visiteurs ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 février et 8 décembre 2021, M. C D, représenté par Me Thalamas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'une propriété contemporaine de la date à laquelle s'apprécie leur intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 8 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 décembre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- et les observations de Me Pradal, substituant Me Magrini, représentant M. et Mme A, et celles de Me Tesseyre, substituant Me Thalamas, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a déposé le 13 août 2020 une demande de permis de construire une maison d'habitation sur un terrain sis 13 rue de la planque au lieu-dit Le Village à Arbas (Haute-Garonne). Par un arrêté du 28 août 2020, le maire d'Arbas a, au nom de l'État, délivré l'autorisation de construire sollicitée. Les époux A ont exercé un recours gracieux contre cette décision le 24 octobre 2020 qui a été rejeté le 25 novembre 2020. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
3. D'une part, contrairement à ce qui est soutenu, la notice architecturale comporte des développements suffisants sur l'environnement immédiat et les caractéristiques principales du projet de nature à assurer son insertion dans son environnement. D'autre part, cette même notice indique que l'accès du projet est situé sur la rue de Planque, en partie centrale du terrain, et qu'il comprend une largeur de quatre mètres. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la notice architecturale doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis du gestionnaire de la voirie n'a été recueilli que le 25 novembre 2020, soit après l'édiction de l'arrêté portant permis de construire contesté. Toutefois, et à supposer que le projet créé un accès ou modifie un accès existant, le vice de procédure invoqué n'est pas susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire en litige dès lors qu'il ressort de l'avis émis par le directeur des services techniques de la communauté de communes Cagire Garonne Salat que celui-ci n'aurait pas eu d'influence sur le sens de la décision prise, et alors que cette consultation ne constitue pas une garantie pour les requérants. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article 2 de l'arrêté en litige comporte une prescription mentionnant que le projet doit respecter les règles de construction parasismique. Cette prescription ne modifie pas l'économie générale du projet dès lors qu'elle ne fait que rappeler l'obligation de respecter des règles de construction, et n'est pas imprécise contrairement à ce que les époux A soutiennent dans leur requête. Par suite, et alors que le dossier de demande comporte une attestation du maître d'ouvrage et une attestation du maître d'œuvre du projet précisant que la construction projetée respecte les mesures prescrites par l'article III-2 du plan de prévention des risques sécheresse applicable sur le territoire de la commune d'Arbas, le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants () ".
7. Le projet en litige vise à créer une maison individuelle d'habitation sur des parcelles situées à environ deux cents mètres à l'ouest du cœur du village. Il s'implante sur la partie sud de la voie de desserte qui comprend, à l'est la maison d'habitation des requérants ainsi qu'une autre habitation sur une parcelle voisine, puis une parcelle n°328 non construite qui est contiguë au cœur de village. La partie nord de la voie de desserte est quant à elle densément construite. Par ailleurs, le terrain d'assiette de la construction envisagée est relié à une voie publique ainsi qu'aux réseaux d'électricité et d'eau potable. Dans ces conditions, alors que seule une parcelle n'est pas construite entre celle d'implantation du projet et le cœur du village, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la construction envisagée ne sera pas réalisée en continuité avec le village existant, en méconnaissance de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Aux termes de l'article R. 111-5 du même code : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ".
9. D'une part, les requérants versent au dossier un procès-verbal de constat dressé par un huissier et daté du 6 juillet 2021 révélant une distance de 320 mètres entre la borne incendie normalisée et la parcelle d'implantation du projet en litige. Toutefois, cette seule donnée ne saurait révéler en elle-même, au regard de la nature du projet, un risque pour la sécurité publique alors que le maire a indiqué que le projet était desservi par un moyen de défense contre les incendies et que le règlement départemental de la défense extérieure contre l'incendie requiert en l'espèce une distance maximale de 400 mètres entre l'habitation et le point d'eau le plus proche. D'autre part, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la voie de desserte ne permettrait pas le passage des véhicules de secours et d'incendie, alors que cette voie mesure 5,5 mètres au droit du projet et, en son point le plus étroit, vers le centre du village, 3,40 mètres, ce qui est suffisant, et que le règlement départemental précité impose une largeur minimale de trois mètres. Enfin, le projet comporte deux places de stationnement pour les véhicules. Aucun texte ne prescrit la réalisation de places de stationnement dédiées aux visiteurs et, en tout état de cause, le terrain comprend un espace de retournement pouvant ponctuellement faire office de stationnement pour ceux-ci. Enfin, les risques allégués pour la sécurité publique liés au stationnement sur la voie publique de véhicules de visiteurs ne sont pas établis. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté dans toutes ses branches.
10. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
11. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, le projet se situe dans le prolongement du village dans son extrémité sud-ouest. Contrairement à ce que les requérants soutiennent, le village ne comprend pas d'unité architecturale, en particulier dans la zone d'implantation du projet, ainsi que cela ressort notamment des documents photographiques versés par le préfet de la Haute-Garonne en défense. Comme la notice architecturale le relève, les constructions avoisinantes sont à destination d'habitation avec un volume, des formes et un coloris " relativement hétérogène " tout en comportant des éléments traditionnels tenant notamment aux toits en tuiles. Aucun site n'est classé dans la zone d'implantation du projet. Ce dernier vise à édifier une maison d'habitation qui, selon la notice architecturale, se situe " dans les critères de référence traditionnelles, mais avec des touches contemporaines apportées par les grandes baies vitrées et fenêtres panoramiques ". A cet égard, les éléments plus " contemporains " du projet sont situés sur la façade sud-ouest et non sur la façade donnant sur rue. Par suite, alors que le projet comprend, comme les constructions avoisinantes, une toiture en tuile et des enduits de façades en teinture claire, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le maire d'Arbas a délivré le permis de construire en litige.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par M. D, que les conclusions à fin d'annulation de la requête des époux A doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
13. L'établissement d'un procès-verbal de constat d'huissier ne relève pas des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions des époux A sur ce point doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ceux-ci la somme demandée par M. D sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des époux A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme F A, à M. C D et au préfet de la Haute-Garonne.
Copie en sera adressée, pour information, au maire d'Arbas.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
M. Leymarie, conseiller,
Mme Rousseau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
Le rapporteur,
A. E
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026