vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2021 sous le n° 2100299, M. B C, représenté par Me Brouquières, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 21 novembre 2020 par laquelle le maire de Toulouse a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction à raison de travaux irréguliers entrepris en méconnaissance du permis de construire délivré à Mme A le 16 novembre 2016 sur le terrain sis 6 rue Emile Duployé à Toulouse ;
2°) d'enjoindre au maire de Toulouse de dresser un procès-verbal constatant les infractions commises en méconnaissance du permis de construire délivré à Mme A le 16 novembre 2016, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de le transmettre sans délai au procureur de la République ;
3°) de mettre solidairement à la charge de l'Etat et de la commune de Toulouse la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le maire était tenu, en application des dispositions de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, de dresser un procès-verbal d'infraction dès lors que le projet comporte une extension non prévue par le permis de construire, que le traitement des façades Nord-Ouest et Sud-Est du projet et de l'escalier extérieur n'est pas conforme au permis de construire et qu'un arbre de haute tige a été abattu alors que le permis de construire prévoit de le conserver.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2021, Mme F A, représentée par Me Laclau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'injonction dès lors qu'un permis de construire modificatif lui a été délivré le 19 octobre 2020 et qu'il régularise les travaux entrepris.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, la commune de Toulouse, représentée par Me Bouyssou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire n'était pas tenu de dresser un procès-verbal d'infraction dès lors que les travaux entrepris ont été régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif ;
- les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées dès lors que les travaux sont conformes au permis de construire modificatif délivré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le maire n'était pas tenu de dresser un procès-verbal d'infraction dès lors que les travaux entrepris ont été régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif ;
- le permis de construire modificatif délivré, qui régularise les travaux réalisés, s'oppose à ce qu'il soit fait droit à la demande d'injonction.
Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 25 octobre 2021.
II. Par une requête, enregistrée le 1er février 2021 sous le n° 2100514, M. B C, représenté par Me Brouquières, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2020 par laquelle le maire de Toulouse a implicitement rejeté sa demande de retrait du permis de construire délivré le 16 novembre 2016 à Mme A portant sur la surélévation d'un garage en vue de la création de deux logements au 6 rue Emile Duployé à Toulouse ;
2°) d'enjoindre au maire de Toulouse de retirer l'arrêté du 16 novembre 2016, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le plan cadastral joint au dossier de permis de construire a été falsifié pour faire apparaître le garage appartenant au pétitionnaire ; les dimensions réelles de ce garage sont inférieures à celles affichées sur le plan de masse représentant l'existant et les photographies ne font pas état de la présence d'un arbre de haute tige ;
- ces erreurs consistant à modifier les dimensions du garage existant sont intentionnelles et ont pour but de tromper l'administration sur la nature du projet qui constitue en réalité une extension du garage et non simplement une surélévation ;
- elles ont permis au pétitionnaire d'échapper à l'application des dispositions de l'article 9 applicable en zone UF du règlement du plan local d'urbanisme de Toulouse, qui prévoient que l'emprise au sol ne peut excéder 50% de la superficie totale de l'unité foncière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2021, Mme F A, représentée par Me Laclau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les erreurs contenues dans le dossier de permis de construire initial ont été régularisées par la délivrance d'un permis de construire modificatif ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, la commune de Toulouse, représentée par Me Bouyssou, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les erreurs contenues dans le dossier de permis de construire initial ont été régularisées par la délivrance d'un permis de construire modificatif ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 23 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2021.
Par un courrier du 13 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée, le requérant ne justifiant pas d'un intérêt pour agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 20 avril 2023, M. C a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office communiqué par le tribunal.
Il soutient que :
- la date d'affichage de la demande de permis de construire ne ressort pas des pièces du dossier ;
- les dispositions de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables aux recours dirigés contre les décisions de refus de retrait d'un permis de construire ;
- il justifie de circonstances particulières au regard de l'ampleur de la fraude.
Par un mémoire, enregistré le 20 avril 2023, Mme A a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office communiqué par le tribunal.
Elle reprend à son compte le moyen relevé d'office communiqué par le tribunal, tiré du défaut d'intérêt à agir du requérant au regard des dispositions de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme.
III. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 avril 2021, le 5 août 2021 et le 12 octobre 2021 sous le n° 2102212, M. B C, représenté par Me Brouquières, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 19 février 2021 par laquelle le maire de Toulouse a délivré un permis de construire modificatif tacite à Mme A ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de permis de construire modificatif est incomplet au regard des exigences de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'architecte des bâtiments de France aurait dû être saisi en application de l'article L. 425-1 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté de permis de construire modificatif est illégal dès lors qu'il se fonde sur le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H) de Toulouse métropole, qui a été annulé par le tribunal administratif de Toulouse par jugements des 30 mars et 20 mai 2021, et qu'il méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme de Toulouse, remis en vigueur du fait de cette annulation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UF 7 du plan local d'urbanisme de Toulouse relatives à l'implantation du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UF 9 du plan local d'urbanisme de Toulouse relatives à l'emprise au sol du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UF 13 du plan local d'urbanisme de Toulouse relatives aux espaces de pleine terre ;
- il méconnaît les dispositions du PLUi-H de Toulouse métropole applicables en zone UM 3 relatives aux espaces de pleine terre ;
- il méconnaît les dispositions du PLUi-H relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnaît les dispositions du PLUi-H relatives à l'implantation des constructions sur une même unité foncière ;
- il méconnaît les dispositions du PLUi-H relatives au stationnement des véhicules motorisés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 juin 2021 et le 28 septembre 2021, la commune de Toulouse, représentée par Me Bouyssou, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. C ne justifie pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2021, Mme F A, représentée par Me Laclau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 29 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 octobre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Brouquières, représentant M. C,
- les observations de Me Evano, représentant la commune de Toulouse,
- et les observations de Me Tesseyre, représentant Mme A.
Une note en délibéré, présentée pour la commune de Toulouse dans l'instance n° 2100514, a été enregistrée le 25 avril 2023. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 novembre 2016, le maire de Toulouse a délivré à Mme A un permis de construire portant sur la surélévation d'un garage en vue de la création de deux logements sur un terrain sis 6 rue Emile Duployé à Toulouse. Par un courrier du 21 septembre 2020, M. C a saisi le maire de Toulouse d'une demande tendant à ce qu'il dresse un procès-verbal d'infraction à l'encontre de Mme A en raison de la non-conformité des travaux entrepris au permis de construire délivré le 16 novembre 2016. Du silence gardé par le maire pendant deux mois sur cette demande est née une décision implicite de rejet. Par ailleurs, par un courrier du 5 octobre 2020, reçu en mairie le 6 octobre 2020, M. C a sollicité le retrait du permis de construire du 16 novembre 2016. Cette demande a également fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Enfin, Mme A a sollicité le 19 octobre 2020 la délivrance d'un permis de construire modificatif, qui lui a été implicitement accordé le 19 février 2021. Par les présentes requêtes, M. C demande au tribunal d'annuler la décision implicite du 21 novembre 2020 par laquelle le maire de Toulouse a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction, la décision implicite du 6 décembre 2020 par laquelle il a refusé de retirer le permis de construire du 16 novembre 2016 et la décision implicite du 19 février 2021 par laquelle il a accordé à Mme A un permis de construire modificatif. Ces trois requêtes présentant à juger des questions connexes, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de dresser un procès-verbal d'infraction :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal ". Aux termes de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. En cas de récidive, outre la peine d'amende ainsi définie un emprisonnement de six mois pourra être prononcé () ". Il résulte de ces dispositions que le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées.
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies du procès-verbal du constat d'huissier dressé le 9 mars 2020 à la demande de M. C, qu'une extension du garage avec création d'emprise au sol supplémentaire a été réalisée, alors que le permis de construire délivré à Mme A le 16 novembre 2016 n'autorise que la surélévation du garage. De plus, le traitement des façades Nord-Ouest et Sud-Est du projet et de l'escalier extérieur n'est pas conforme à ce permis de construire. Enfin, il ressort des mêmes photographies qu'un arbre de haute tige présent sur le terrain a été abattu alors qu'il devait être conservé. Ainsi, à la date du refus implicite opposé par le maire de Toulouse, les travaux entrepris par Mme A n'étaient pas conformes à l'autorisation accordée le 16 novembre 2016. Dès lors, le maire de Toulouse, qui ne peut utilement se prévaloir du permis de construire modificatif délivré postérieurement à la décision en litige afin de régulariser la réalisation de certains de ces travaux, était tenu, en application des dispositions précitées de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, de dresser le procès-verbal d'infraction prévu par ces dispositions. Par suite, M. C est fondé à soutenir que la décision attaquée, par laquelle le maire de Toulouse a refusé de dresser un tel procès-verbal est entachée d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du maire de Toulouse du 21 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de retrait du permis de construire délivré à Mme A le 16 novembre 2016 :
5. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
6. Un tiers justifiant d'un intérêt à agir est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter, soit du maintien de l'acte litigieux, soit de son abrogation ou de son retrait.
7. Un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
8. Aux termes de l'article 9 applicable en zone UF du règlement du plan local d'urbanisme de Toulouse : " () 9.1. - Secteurs UF1, UF2, UF3 : / 9.2.2 - L'emprise au sol, (exprimée par le coefficient d'emprise au sol), des constructions existantes et futures situées sur une même unité foncière ne peut excéder 50 % de la superficie totale de cette unité foncière ".
9. D'une part, les bâtiments existant sur la parcelle présentant une emprise au sol totale de 135 m2, soit plus de 50 % de la superficie de la parcelle, qui est de 229 m2, le projet ne peut comporter, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article 9 applicable en zone UF du règlement du plan local d'urbanisme de Toulouse, une extension du garage avec création d'emprise au sol supplémentaire.
10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le plan de masse de l'existant joint à cette demande comporte une représentation erronée du garage implanté sur la parcelle, le faisant apparaître comme présentant une longueur identique à celle du projet, d'environ 9 mètres, alors qu'il n'est pas contesté en défense que ce garage mesure, en réalité, environ 7 mètres. Par ailleurs, le document Cerfa joint au dossier de permis de construire indique que le projet litigieux consiste uniquement en une surélévation du garage, sans extension par création d'emprise au sol supplémentaire. Or, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, il ressort du constat d'huissier établi le 9 mars 2020 que les travaux réalisés par la pétitionnaire comportaient en réalité une extension du garage avec création d'emprise au sol. Ainsi, la représentation erronée de la longueur du garage existant avait pour objet de tromper le service instructeur sur la nature réelle du projet, qui ne consistait pas en une simple surélévation du garage mais comportait également une extension avec création d'emprise au sol. Il ressort ainsi de l'ensemble de ces éléments que la pétitionnaire doit être regardée comme ayant procédé à une manœuvre frauduleuse afin d'échapper à l'application des dispositions du plan local d'urbanisme alors en vigueur, relatives à l'emprise au sol des constructions.
11. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, Mme A avait déposé auprès de la mairie de Toulouse un dossier de demande de permis de construire modificatif en vue de régulariser l'extension en litige et comportant des plans faisant apparaître la longueur réelle du garage existant. Par ailleurs, le plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat de Toulouse métropole, alors en vigueur, autorisait, pour les parcelles d'une superficie inférieure à 300 m2, une emprise au sol supérieure à 50 % de la superficie de cette parcelle. Ainsi, et compte tenu également de l'état d'avancement des travaux réalisés par la pétitionnaire, le maire de Toulouse n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de retirer le permis de construire délivré à Mme A le 16 novembre 2016.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par Mme A, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 6 décembre 2020 par laquelle le maire de Toulouse a implicitement rejeté sa demande de retrait du permis de construire délivré le 16 novembre 2016 à Mme A.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite portant délivrance d'un permis de construire modificatif :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune :
13. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. C est propriétaire d'une maison sise 4 B rue Emile Duployé à Toulouse. Il justifie donc être voisin immédiat du projet et, dès lors qu'il fait valoir diverses nuisances résultant de l'extension de la construction autorisée par le permis de construire modificatif en litige, et notamment une perte de luminosité et une perte d'intimité, il justifie d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la légalité de la décision attaquée :
15. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
16. Le dossier de demande de permis de construire initial comporte des photographies de l'environnement proche et lointain du projet, ainsi qu'une vue aérienne du terrain d'assiette. Si le requérant fait valoir que le dossier de permis de construire modificatif est insuffisant dès lors qu'il ne comporte pas de photographies de l'environnement lointain, ces éléments n'ont pas été modifiés dans le cadre du permis modificatif et l'absence de nouvelles photographies de l'environnement lointain du projet n'était pas de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur sa conformité à la réglementation applicable. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ".
18. Il ressort des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France, qui a été saisi dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire modificatif, a émis un avis sur le projet le 12 novembre 2020. Le moyen tiré du défaut de consultation de l'architecte des bâtiments de France doit, dès lors, être écarté.
19. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet. () ".
20. Il résulte de ces dispositions que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen tiré de ce que l'autorisation d'urbanisme contestée a été délivrée sur le fondement d'un document local d'urbanisme qui a été annulé et que cette autorisation d'urbanisme méconnaît des dispositions du document immédiatement antérieur remises ainsi en vigueur, d'apprécier si les motifs de cette annulation sont étrangers ou non aux règles applicables au projet en cause. Un vice de légalité externe est en principe étranger aux règles applicables aux autorisations d'urbanisme, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. Un vice de légalité interne, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, est en principe non étranger aux règles applicables aux autorisations d'urbanisme. Eu égard aux effets de la règle posée à l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme, lorsque le document local d'urbanisme sous l'empire duquel a été délivrée l'autorisation contestée est annulé ou déclaré illégal pour un ou plusieurs motifs non étrangers aux règles applicables au projet en cause qui affectent la légalité de la totalité du document d'urbanisme, la légalité de l'autorisation contestée doit être appréciée au regard de l'ensemble du document immédiatement antérieur ainsi remis en vigueur.
21. Par jugements des 30 mars et 20 mai 2021, confirmés par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 15 février 2022, le tribunal a annulé totalement, sans différer la date d'effet de cette annulation, la délibération du 11 avril 2019 par laquelle l'assemblée délibérante de Toulouse Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H). Les motifs de cette annulation reposent, d'une part, sur un moyen de légalité externe tiré de ce que le rapport de présentation de ce plan était entaché d'insuffisances substantielles en ce que l'analyse de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers présentée pour la période de dix ans précédant l'approbation du PLUi-H reposait sur des données significativement surévaluées par rapport à la réalité observée, et, d'autre part, sur un moyen de légalité interne tiré de ce que la justification des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durable n'était pas de nature à induire une modération effective de cette consommation. Ces vices sont principalement afférents pour ce qui est de la légalité externe à la prise en compte par les auteurs de ce document local d'urbanisme de données erronées dans l'analyse de la consommation passée d'espaces naturels, agricoles et forestiers et pour ce qui est de la légalité interne à la consommation excessive d'espace y compris en milieu urbain. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le vice de légalité externe retenu par le tribunal aurait exercé une influence directe sur les règles d'urbanisme applicables au projet en litige, et pas davantage que l'illégalité interne retenue par le tribunal, qui n'a trait qu'au parti d'urbanisme global retenu par la métropole Toulouse Métropole, serait en rapport direct avec les règles applicables au permis de construire modificatif en litige. En conséquence, et conformément à l'intention du législateur, les motifs d'annulation du PLUi-H étant étrangers aux règles d'urbanisme applicables au projet contesté, la légalité de ce dernier doit être appréciée au regard du règlement du PLUi-H qui lui demeure applicable et les moyens tirés de la méconnaissance du plan local d'urbanisme de Toulouse Métropole doivent être écartés comme inopérants.
22. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de la section 1 du chapitre 2 du titre 3 de la sous partie 1 de la partie 3 du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole, " () 2- Continuité et/ou discontinuité du bâti étant possibles, les constructions pourront s'implanter : / soit sur les limites séparatives latérales et en continuité d'une limite séparative latérale a l'autre. / soit sur une des limites séparatives latérales / L'implantation en limite pourra être admise sur toute la hauteur autorisée dans la zone. / soit en retrait d'une ou des limites séparatives. Dans ce cas, tout point d'une construction, en dehors des éléments admis dans les marges de recul définis au titre 2 des dispositions communes, chapitre 2, section 1, paragraphe 1, point 3, doit être implanté à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de la hauteur de ce point et toujours supérieure ou égale à 3 m () ". Aux termes du paragraphe 4 de la section 1 du chapitre 2 du titre 2 des dispositions communes du règlement du PLUi-H : " () 1.2 - Les constructions existantes " non conformes " aux règles de la zone / Lorsqu'une construction existante ou une occupation du sol régulièrement édifiée n'est pas conforme aux règles applicables à la zone, le permis de construire ne peut être accordé que pour les travaux qui n'ont pas pour effet d'aggraver la non conformité de ces constructions à l'égard des dites règles () ".
23. Il ressort des pièces du dossier que le garage implanté sur la parcelle est situé à une distance de 1,28 mètre de la limite séparative sud-ouest, soit une distance inférieure à la distance minimale d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives prévue par les dispositions précitées du PLUi-H. Or, le plan de masse du permis de construire modificatif prévoit une implantation du projet à une distance de seulement 1,21 mètre de cette même limite séparative. Ainsi, le permis de construire modificatif a aggravé la méconnaissance, par la construction existante, des dispositions précitées. Dès lors, M. C est fondé à soutenir que le maire de Toulouse ne pouvait, sans méconnaître le règlement du PLUi-H, délivrer le permis de construire modificatif contesté.
24. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de la section 1 du chapitre 2 du titre 3 de la sous partie 1 de la partie 3 du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole : " 3- Implantation des constructions non contiguës sur une même unité foncière / - Ces règles s'appliquent si l'une au moins des façades en vis-à-vis comprend des baies. / La distance (L) comptée horizontalement et perpendiculairement séparant deux / constructions exception faite des saillies traditionnelles, éléments architecturaux et balcons doit être supérieure ou égale à 4 mètres (L )ou = à 4 mètres) () ".
25. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif attaqué autorise l'extension du garage situé à une distance de seulement 2,19 mètres de la maison implantée sur le même terrain. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que les deux constructions sont reliées par un escalier desservant les deux étages du projet. Dès lors, la construction litigieuse doit être regardée comme étant contiguë à la maison existante située sur le même terrain. Les dispositions précitées, qui règlementent les constructions non contigües, ne sont donc pas applicables au projet, et ne peuvent, par suite, être utilement invoquées.
26. En sixième lieu, le paragraphe 2 de la section 4 du chapitre 3 du titre 2 de la partie 2 du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole : " 1.1 - Les obligations en matière de réalisation de places de stationnement, lorsqu'elles sont fixées, sont applicables : () / A toute modification d'une construction déjà existante, pour le surplus du stationnement requis à l'exception de celle dont la surface de plancher créée est inférieure ou égale à 50 m² de surface de plancher, sans création de logement supplémentaire ". Ces mêmes dispositions prévoient la réalisation d'une place par logement pour les logements d'une surface de plancher inférieure à 100 m2.
27. En l'espèce, le permis de construire modificatif, qui ne modifie pas le nombre de places de stationnement du projet, ne prévoit pas la création de logement supplémentaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut donc être utilement invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre le permis de construire modificatif.
28. En septième et dernier lieu, il résulte de l'étiquette graphique attachée à la zone UM 3 où doit être implanté le projet que celui-ci est soumis à un coefficient d'espaces de pleine terre de 15 %. Par ailleurs, le paragraphe 4 de la section 1 du chapitre 2 du titre 2 des dispositions communes du règlement du PLUi-H prévoit : " () 3.2 - Règles spécifiques pour les pourcentages d'espace de pleine terre / Pour les unités foncières inférieures à 300 m², le coefficient d'espace de pleine terre pourra être minoré de 15 points () ".
29. Les dispositions précitées imposent, pour les parcelles d'une superficie inférieure à 300 m², un coefficient d'espace de pleine terre de 15 %. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle supportant la construction existante ne comporte pas d'espace de pleine terre. Le dossier de permis de construire modificatif, qui prévoit la réalisation d'un espace de pleine terre, n'a pas pour effet d'aggraver la méconnaissance, par la construction existante, de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PLUi-H relatives aux espaces de pleine terre doit être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est uniquement fondé à soutenir que le permis de construire attaqué méconnaît les dispositions du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
En ce qui concerne l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
31. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
32. Il ressort des pièces du dossier que les illégalités résultant de la méconnaissance des dispositions du règlement PLUi-H de Toulouse Métropole relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives affectent une partie identifiable du projet autorisé. Leur régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis au sens de ce texte et de fixer à six mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel la pétitionnaire pourra demander la régularisation de ce permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
En ce qui concerne l'instance n° 2100299 :
33. Eu égard au motif d'annulation retenu et à la circonstance qu'un permis de construire modificatif a été délivré le 19 février 2021 à Mme A, il y a lieu d'enjoindre au maire de Toulouse de dresser un procès-verbal d'infraction, portant sur les travaux exécutés en méconnaissance du permis de construire délivré le 16 novembre 2016 et non régularisés par la délivrance du permis de construire modificatif du 19 février 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne l'instance n° 2100514 :
34. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. C doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'instance n° 2100299 :
35. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Toulouse et par Mme A au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
36. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Toulouse, alors que la décision attaquée a été prise par le maire de Toulouse agissant au nom de l'Etat, la somme demandée par M. C sur le fondement de ces dispositions.
37. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. C sur le fondement de ces dispositions.
En ce qui concerne l'instance n° 2100514 :
38. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulouse, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
39. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C, la somme demandée par la commune de Toulouse et par Mme A au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
En ce qui concerne l'instance n° 2102212 :
40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Toulouse et par Mme A au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
41. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 1 500 euros sur le fondement de ces dispositions au titre des frais exposés par M. C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2100514 est rejetée.
Article 2 : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de Toulouse sur la demande adressée par M. C le 21 septembre 2020 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au maire de Toulouse de dresser un procès-verbal d'infraction, portant sur les travaux irréguliers non régularisés par la délivrance du permis de construire modificatif du 19 février 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le permis de construire modificatif du 19 février 2021 est annulé, au sens de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en tant qu'il méconnaît les dispositions du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
Article 5 : Il appartiendra à Mme A de solliciter de l'autorité administrative compétente, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, une régularisation rendant le projet en litige conforme aux dispositions précitées du PLUi-H de Toulouse Métropole.
Article 6 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : La commune de Toulouse versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des requêtes n° 2100299 et n° 2102212 est rejeté.
Article 9 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 10 : Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme F A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Toulouse.
Copie en sera transmise au préfet de la Haute-Garonne et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
M. E
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef :
N°s 2100299, 2100514, 210221
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026