vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MONTAZEAU & CARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 janvier 2021, le 6 janvier 2022 et le 15 juin 2022, Mme C A, représentée par Me Cara, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 22 septembre 2020 par laquelle le maire de Toulouse a refusé de reconnaître l'imputabilité de son accident au service, ensemble la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le président de Toulouse métropole a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le président de Toulouse métropole a refusé de reconnaître l'imputabilité de son accident au service ;
3°) d'enjoindre à son employeur de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et de reconstituer sa carrière ;
4°) à titre subsidiaire, d'ordonner une médiation ;
5°) de mettre à la charge de Toulouse métropole et de la commune de Toulouse la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elle aurait dû être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire en application des dispositions de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 ;
- la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle a informé sa supérieure hiérarchique de son accident par SMS le jour-même, ce qui s'apparente à une déclaration d'accident de service ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ; le délai de quinze jours prévu à l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987 ne lui est pas opposable dès lors qu'elle n'a pas reçu une information complète de sa hiérarchie sur la déclaration d'accident de service ; ce délai n'a commencé à courir qu'à compter du constat de ses lésions par le certificat médical établi le 18 août 2020, soit dans le délai de deux ans prévu au I de l'article 37-3 du décret précité ; elle justifie d'un motif légitime, au sens de l'article 37-3 du décret précité, dès lors que les lésions résultant de l'accident ne pouvaient pas être connues compte tenu de son état de grossesse qui l'empêchait de réaliser un scanner.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, Toulouse Métropole conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la commune de Toulouse, qui n'a pas produit d'observations.
Une mise en demeure a été adressée à la commune de Toulouse le 26 octobre 2021.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Garonne, qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 7 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
Par un courrier du 30 mars 2023, les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du maire de Toulouse pour prendre la décision du 22 septembre 2020, Mme A étant agente de Toulouse métropole.
Par un mémoire, enregistré le 3 avril 2023, Mme A, représentée par Me Cara, a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office communiqué par le tribunal.
Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2023, Toulouse métropole a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office communiqué par le tribunal.
Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2023, la commune de Toulouse a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office communiqué par le tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Montamat, représentant Mme A,
- et les observations de Mme B, représentant la commune de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agente titulaire chargée d'information au sein de la Direction des déchets et des moyens techniques de Toulouse métropole, a été victime le 3 juillet 2020 d'une chute alors qu'elle se rendait depuis son domicile à un rendez-vous professionnel. Le 2 septembre 2020, elle a transmis à son employeur une déclaration d'accident de service. Par une décision du 22 septembre 2020, le maire de Toulouse a rejeté sa demande comme tardive. Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du président de Toulouse métropole datée du 23 novembre 2020. Le 10 décembre 2020, elle a transmis à son employeur une nouvelle déclaration d'accident de service. Par une décision du 17 décembre 2020, le président de Toulouse métropole a rejeté sa demande comme tardive. Mme A demande l'annulation des décisions du 22 septembre 2020 et du 17 décembre 2020 rejetant ses demandes de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident et de la décision du 23 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 22 septembre 2020 :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est agente de Toulouse métropole. Dès lors, la décision par laquelle le maire de Toulouse a rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident de Mme A est entachée d'incompétence.
3. Il résulte de ce qui précède que la décision du maire de Toulouse du 22 septembre 2020 est entachée d'illégalité et doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués à son encontre.
En ce qui concerne les décisions du 23 novembre 2020 et du 17 décembre 2020 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ".
5. Les décisions attaquées mentionnent les dispositions de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987, et indiquent que les déclarations d'accident de service déposées par Mme A, qui ont été adressées à son responsable plus de 15 jours après la survenance de l'accident qui s'est déroulé le 3 juillet 2020, sont tardives et qu'en conséquence, son accident ne peut être reconnu comme imputable au service. Elles comportent ainsi les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont suffisamment motivées.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 susvisé : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité territoriale dispose d'un délai : / 1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 ; / () Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'autorité territoriale n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée d'incapacité de travail indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 ou au dernier alinéa de l'article 37-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 37-9 ".
7. Si Mme A fait valoir que son employeur ne l'a pas placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire, cette circonstance est sans incidence sur la légalité des décisions par lesquelles le président de Toulouse métropole s'est définitivement prononcé sur la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté comme inopérant.
8. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article () / III. - Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l'enquête permet à l'autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service () ". Aux termes de l'article 37-1 du décret du 30 juillet 1987 susvisé : " Le congé prévu au premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée est accordé au fonctionnaire, sur sa demande, dans les conditions prévues par le présent titre. " Aux termes de l'article 37-2 du même décret : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". L'article 37-3 de ce même décret prévoit : " I. La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / () Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le B de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que le président de Toulouse métropole a refusé de reconnaître comme imputable au service l'évènement survenu le 3 juillet 2020, au motif que la déclaration d'accident prévue par les dispositions précitées de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 n'a été présentée par Mme A que le 2 septembre 2020, soit au-delà du délai de quinze jours courant à compter de la date de constatation des lésions par un médecin lors de son passage aux urgences le 3 juillet 2020. Si Mme A soutient qu'elle a informé sa supérieure hiérarchique de son accident le jour-même, un simple SMS ne saurait tenir lieu de la déclaration d'accident prévue par les dispositions précitées. Par ailleurs, si elle fait valoir que son employeur ne lui a pas adressé le formulaire visé au 1° de l'article 37-2, il résulte de ces dispositions qu'un tel formulaire est adressé à l'agent qui en fait la demande. Or, Mme A n'établit pas avoir effectué une telle demande. De plus, la circonstance que les lésions résultant de l'accident ne pouvaient pas être entièrement connues compte tenu de son état de grossesse qui l'empêchait de réaliser un scanner est sans incidence sur l'appréciation de la date à laquelle a commencé à courir le délai règlementaire de quinze jours, alors qu'il ressort du certificat médical et de la fiche de liaison établis le 3 juillet 2020 que l'intéressée faisait déjà état, à la suite de sa chute, de douleurs à la hanche. En outre, la circonstance que le diagnostic de fracture du bassin n'a pu être réalisé qu'en décembre 2020, après l'accouchement de l'intéressée, ne constitue pas, dans les circonstances de l'espèce, un motif légitime au sens de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987 permettant de la relever de l'obligation de déclaration dans le délai réglementaire. Ainsi, alors que Mme A ne justifie d'aucun cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes et n'entre pas dans le B de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale, Toulouse métropole n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de Mme A.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 23 novembre 2020 et du 17 décembre 2020 rejetant sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. D'une part, l'annulation de la décision du maire de Toulouse du 22 septembre 2020, eu égard au motif d'incompétence retenu, n'implique aucune mesure d'exécution. D'autre part, le jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions du 23 novembre 2020 et du 17 décembre 2020 n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées par Mme A à fin d'injonction doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Toulouse et de Toulouse métropole la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Toulouse du 22 septembre 2020 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune de Toulouse et à Toulouse Métropole.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La rapporteure,
M. E
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026