LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2100402

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2100402

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2100402
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 janvier 2021 et le 12 mars 2021, M. D, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant six mois et a fixé le pays de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au la préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. C soutient que :

Concernant la décision de refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle méconnait les dispositions des articles L. 211-2, L.121-1 et L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article 24 de la loi de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-11, L.313-14 et L.313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte à son droit au respect à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été décidée car sa vie privée se trouve en France et non au Sri Lanka ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet a estimé à tort qu'il n'établissait pas l'ancienneté ni la continuité de sa présence en France, et quant aux conséquences du refus de titre sur sa situation personnelle et familiale ;

Concernant la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article 24 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte à son droit au respect à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été décidée car sa vie privée se trouve en France et non au Sri Lanka ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'obligation de quitter le territoire sur sa situation personnelle et familiale ;

- elle est dépourvue de base légale en ce qu'elle est fondée sur la décision illégale du même jour de refus de titre de séjour ;

Concernant la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article 24 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle en ce que le préfet s'est placé à tort être dans un cas de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que sa situation justifie qu'il bénéficie d'un délai de départ volontaire supérieur ;

Concernant la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 211-2, L.121-1 et L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'aucun élément de son dossier ne justifie une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français et en ce qu'elle comporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

Concernant la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements personnels réels et actuels contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrés le 9 février 2021 et le 16 février 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête,

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant sri-lankais né le 18 janvier 1990, est entré en France le 10 juin 2012 muni d'un passeport revêtu d'un visa court séjour délivré par les autorités italiennes valable du 20 février 2012 au 21 août 2012. Il a demandé son admission au titre de l'asile le 26 juillet 2012, ce que l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et la cour nationale du droit d'asile lui ont refusé par les décisions du 28 février 2013 et 27 novembre 2013. Suite à son interpellation par les services de police le 1er avril 2018, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de deux ans, prise par la préfète des Hautes-Pyrénées. Le 11 juin 2019, M. C a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en France au titre de la vie privée et familiale en qualité de salarié. Par arrêté du 22 décembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui interdit de retourner sur le territoire français pendant six mois et a fixé le pays de destination,

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaque´ comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

3 En deuxième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué que l'autorité administrative s'est livrée à un examen particulier, réel et sérieux de la demande de titre de séjour formée par le requérant.

4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " et L.122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".

5. M. C qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu ne démontre pas qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision contestée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette décision. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu n'a pas été respecté et ce moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ",

7. D'une part, en présence d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative doit vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour pour la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

8. D'autre part, ni l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni aucune autre disposition de ce code ne prévoit que la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " dans le cadre de ce régime d'admission exceptionnelle au séjour autorise, en elle-même, l'exercice d'une activité professionnelle sans qu'ait été obtenue au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 du code du travail. Le dispositif de régularisation ainsi institué à l'article L. 313-14 ne peut donc être regardé comme dispensant d'obtenir cette autorisation avant que ne soit exercée l'activité professionnelle considérée. Pour autant, la demande présentée par un étranger sur le fondement de l'article L. 313-14 n'a pas à être instruite dans les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du code du travail de sorte qu'il n'est pas nécessaire que l'autorisation de travail soit délivrée préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance de la carte de séjour temporaire. La demande d'autorisation de travail pourra être présentée auprès de l'administration compétente lorsque l'étranger disposera d'un récépissé de demande de titre de séjour ou même de la carte sollicitée.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C, ne détient pas de visa de long séjour ni de contrat de travail visé par l'administration chargée de l'emploi pour bénéficier, de plein droit, d'une carte de séjour mention salarié. En outre, si le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis huit ans, aucun des éléments qu'il invoque ne peuvent être regardés comme des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est sans erreur de droit ni erreur d'appréciation que le préfet a refusé de délivrer au requérant un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. C est célibataire, sans charge de famille. S'il fait valoir qu'il résiderait depuis plus de huit ans en France, il n'établit ni l'ancienneté ni la continuité de ce séjour sur le territoire national. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour attaquée n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

12. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, la décision portant obligation de quitter le territoire ne se trouve aucunement privée de base légale.

13. En deuxième lieu, l'arrêté attaque´ comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constitue le fondement de la mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

14. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision, attaquée ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen particulier et sérieux de l'ensemble de la situation de M. C.

15. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la mesure d'éloignement attaquée, les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 reprises dans le code des relations entre le public et l'administration. Au surplus, le droit d'être entendu n'implique pas pour l'administration l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur une mesure d'éloignement consécutive à un refus de titre de séjour, dès lors qu'il a été entendu dans le cadre du dépôt de sa demande de titre de séjour.

16. En cinquième lieu, pour les mêmes raisons que celles énoncées au point 11, la mesure d'éloignement attaquée n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

17. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire étant légale, la décision fixant le délai de départ volontaire l'est aussi, et le moyen selon lequel elle serait dépourvue de base légale doit être écarté.

18. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision serait entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. C dès lors qu'il n'a pas fait état, lors du dépôt de sa demande, de circonstances particulières de nature à justifier qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le requérant ne faisant état d'aucune circonstance particulière de nature à justifier qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné : /1º A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

20. Le requérant qui allègue être l'objet de violences politiques, soutient qu'il encourt des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Sri-Lanka. Toutefois, par ces seules allégations non suffisamment étayées, M. C dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la cour nationale du droit d'asile n'établit pas la réalité de risques personnellement encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Il ne démontre pas non plus que les autorités sri-lankaises ne seraient pas en mesure d'assurer sa protection. Dans ces conditions, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivé et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

21. En premier lieu, aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes du huitième alinéa de cet article : " () le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ". Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet.

22. L'arrêté litigieux vise les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il est fait application. Il fait état des éléments de la situation de M. C au vu desquels le préfet de la Haute-Garonne a arrêté, dans son principe et dans sa durée, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, eu égard à la durée de sa présence sur le territoire français et à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France ainsi qu'à la circonstance que M. C avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement non exécutée. Cette motivation atteste ainsi de la prise en compte par l'autorité préfectorale, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée, tant en fait qu'en droit.

23. En deuxième lieu, comme cela vient d'être exposé, pour interdire à M. C de revenir sur le territoire français en fixant la durée de cette interdiction à six mois, le préfet de la Haute-Garonne, après avoir relevé que le comportement de l'intéressé ne troublait pas l'ordre public, s'est fondé sur la circonstance selon laquelle il s'est maintenu en France en dépit d'une mesure d'éloignement à laquelle il s'est soustrait et ne démontre pas la continuité de sa résidence, ni avoir créé sur le territoire national des liens personnels et familiaux intenses et stable. Compte tenu de ces éléments, le préfet de la Haute-Garonne a pu, sans entacher sa décision d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation prendre à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français pendant six mois.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 30 juin, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Benéteau, première conseillère,

M. Leymarie, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 202L'assesseure la plus ancienne

A. BENETEAU

Le président-rapporteur

D. A

La greffière,

C. CASTRILLO

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°210040

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026