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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2100433

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2100433

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2100433
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAINIER-SCHALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 27 janvier 2021 et le 8 juin 2021, M. F A C, représenté par Me Mainier-Schall, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020 par lequel le préfet du Tarn l'a assigné à résidence dans le département du Tarn pour une durée de six mois renouvelables ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de Justice administrative et de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de la justice administrative et de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui restituer l'intégralité de ses documents d'identité et de nationalité retenus ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- constitue une atteinte disproportionnée à sa liberté de travailler et à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2021, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le premier moyen invoqué par le requérant est irrecevable ;

- l'autre moyen soulevé par le requérant n'est sont pas fondé.

Par ordonnance du 3 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant malgache né le 18 mars 1974, est entré régulièrement sur le territoire national suite à son mariage le 18 août 2007 avec Mme G, ressortissante française. Il a résidé à Mayotte pendant plus de treize ans avec sa femme et leur fils né le 17 décembre 2007. Depuis son entrée sur le territoire métropolitain le 26 août 2020, il s'est inscrit à Pôle emploi local le 31 août de la même année et réside chez sa cousine. Le 1er septembre 2020, l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour à la préfecture du Tarn. Par une décision du 27 octobre 2020, la préfète du Tarn a refusé de faire droit à sa demande l'a obligé à quitter le territoire. La requête en contestation de cette décision a été rejetée par une ordonnance de Tribunal administratif de Toulouse du 19 mai 2022. Par une décision du 15 décembre 2020, notifiée le 23 décembre de la même année, la préfète du Tarn a assignée l'intéressé à résidence dans ce département pour une durée de six mois renouvelables. Par sa requête, M. A C conteste cette décision.

2. En premier lieu, M. A C ne peut utilement exciper de l'illégalité de la décision du 22 octobre 2020 par laquelle la préfète du Tarn a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire, laquelle décision a acquis un caractère définitif.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ".

4. En l'espèce, la décision litigieuse prévoit que M. A devra se présenter tous les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures au commissariat de police d'Albi afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence. M. A C n'apporte aucune pièce au dossier tendant à démontrer que l'arrêté contesté porterait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir, alors même qu'il a pour but de l'assigner à résidence dans l'attente d'une perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire dont le délai de départ volontaire a expiré. Par conséquent, le moyen tiré d'une atteinte disproportionnée à sa liberté de travailler et à sa liberté d'aller et venir doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A C, doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. F A C et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

L'assesseure la plus ancienne

V. JORDA

Le président-rapporteur,

D. BLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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