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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2100709

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2100709

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2100709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2021, et des mémoires enregistrés le 2 août 2022 et le 29 octobre 2022, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Toulouse a reconnu que les arrêts de travail du 22 janvier 2018 au 31 mars 2019 sont imputables à l'accident de service du 20 janvier 2018 en tant qu'elle a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans séquelles, au 8 octobre 2019 et a refusé la prise en charge des périodes de congé de maladie ultérieures au titre de cet accident de service ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse les entiers dépens de l'instance et la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B doit être regardé comme soutenant que :

- l'arrêté du 10 décembre 2020 a été pris à la suite d'une procédure irrégulière, car il n'a pas été régulièrement convoqué à la séance de la commission de réforme du 13 novembre 2020 ;

- son droit à être entendu lors de la séance de la commission de réforme a été méconnu ;

- l'arrêté contesté du 10 décembre 2020 en tant qu'il décide que son état de santé est consolidé sans séquelles à compter de la date du 8 octobre 2019 et que les arrêts de travail postérieurs à cette date devaient être pris en considération au titre de la maladie est entaché d'une erreur d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés le 2 février 2022 et le 26 septembre 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Toulouse soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 10 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 27 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, animateur territorial de la commune de Toulouse, a été victime d'un accident le 20 janvier 2018, reconnu imputable au service par un arrêté du 14 février 2018. À la suite de l'avis rendu le 13 novembre 2020 par la commission de réforme, le maire de la commune de Toulouse, par arrêté du 10 décembre 2020, a reconnu que les arrêts de travail de M. B du 22 janvier 2018 au 31 mars 2019 sont imputables à l'accident de service du 20 janvier 2018, a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans séquelles, au 8 octobre 2019, et a refusé la prise en charge des périodes de congé de maladie postérieures au titre de l'accident de service.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté du 10 décembre 2020 :

2. Selon les dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable à l'arrêté contesté : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance () / La commission de réforme, si elle le juge utile, peut faire comparaître le fonctionnaire intéressé. Celui-ci peut se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par la commission de réforme. () ". Aux termes de l'article 14 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat de la commission de réforme convoque les membres titulaires et l'agent concerné au moins quinze jours avant la date de la réunion. () ". L'article 16 de cet arrêté dispose que : " () Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller ". Enfin, aux termes de son article 17 : " La commission ne peut délibérer valablement que si au moins quatre de ses membres ayant voix délibérative assistent à la séance ".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été destinataire d'un courrier signé par la présidente de la commission de réforme de la Haute-Garonne, saisie par la commune de Toulouse, en date du 15 octobre 2020, dans lequel il a été informé de la réunion de la commission départementale de réforme concernant sa situation en vue d'une séance le 13 novembre 2020. Si ce courrier fait état de la possibilité pour l'intéressé d'adresser au secrétariat de la commission de réforme toutes observations écrites et pièces médicales complémentaires utiles, de recevoir la communication de son dossier médical et de son droit à être représenté et entendu par la commission de réforme, le pli, adressé en recommandé avec accusé de réception, a été retourné à l'administration avec la mention " avisé et non réclamé ". Le relevé des services postaux produit au dossier ne permet pas d'attester que ledit courrier a bien été adressé à l'intéressé, dès lors que l'encart de la preuve d'envoi en accusé-réception devant contenir l'adresse du destinataire est masqué par l'étiquette des services postaux portant la mention " non réclamé ". Par suite, la notification du pli à M. B n'est pas établie. Dans ces conditions, celui-ci doit être regardé comme n'ayant pas été informé de la réunion de la commission de réforme et de la possibilité de consulter son dossier et de son droit d'être entendu en présentant des observations. Il a dès lors, en l'espèce, été privé d'une garantie. Il est dès lors fondé à soutenir que l'arrêté litigieux est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 décembre 2020 du maire de la commune de Toulouse en tant qu'il a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans séquelles, au 8 octobre 2019 et décidé que les arrêts de travail de M. B postérieurs à cette date ne sont pas imputables à l'accident de service du 20 janvier 2018.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la commune de Toulouse une somme quelconque au titre des frais exposés par celle-ci et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de M. B, qui ne justifie pas de frais d'avocat, en mettant à la charge de la commune de Toulouse la somme réclamée par le requérant au titre de ces dispositions.

7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 10 décembre 2020 du maire de la commune de Toulouse est annulé en tant qu'il a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans séquelles, au 8 octobre 2019 et que les arrêts de travail de M. B postérieurs à cette date ne sont pas imputables à l'accident de service du 20 janvier 2018.

Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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