mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AMALRIC-ZERMATI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2100766 le 11 février 2021 et un mémoire enregistré le 2 mai 2022, M. C D, représenté par Me Touboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2020 par lequel la présidente du conseil départemental de l'Ariège l'a placé en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 1er juillet 2020 jusqu'à son admission à la retraite pour invalidité avec maintien du demi-traitement à titre conservatoire ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Ariège la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice de procédure faute pour la commission de réforme de l'avoir informé de son droit à consulter son dossier et en raison du défaut de procédure contradictoire ;
- il est entaché d'un vice de procédure en ce qu'il a été édicté avant que la commission de réforme se soit à nouveau prononcée sur son état de santé, alors même que ses avis sont contradictoires ;
- il est entaché d'une erreur de droit, en ce qu'il n'a pas épuisé ses droits à congé maladie, l'administration ayant procédé à un reclassement fictif non conforme à son état de santé dès lors qu'il n'a jamais été déclaré inapte ;
- la décision de mise en disponibilité d'office pour raisons de santé caractérise une sanction déguisée ;
- ses arrêts de travail doivent être pris en charge au titre de la maladie professionnelle ;
- son état de santé est imputable au service ;
- le remboursement des traitements perçus à titre conservatoire depuis l'avis de la commission de réforme jusqu'à la date de mise à la retraite est illégal.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 février 2022 et le 3 juin 2022, le département de l'Ariège, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 1er juillet 2022.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2101538 le 18 mars 2021 et des mémoires enregistrés le 26 avril 2021 et le 2 mai 2022, M. C D, représenté par Me Touboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Ariège a confirmé son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé et le remboursement des demi-traitements versés à compter de la date de sa radiation des cadres ;
2°) de condamner le département de l'Ariège à lui verser la somme de 24 053,37 euros en réparation de ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Ariège la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un vice de procédure faute pour la commission de réforme de l'avoir informé de son droit à consulter son dossier, en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation, en ce qu'il n'a pas épuisé ses droits à congé de maladie, l'administration ayant procédé à un reclassement fictif non conforme à son état de santé dès lors qu'il n'a jamais été déclaré inapte ;
- la décision de maintien de mise en disponibilité d'office pour raisons de santé caractérise une sanction déguisée ;
- il a droit au maintien du demi-traitement jusqu'à la décision d'admission à la retraite ;
- le département a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui versant pas des prestations en espèces, dont il sera fait une juste réparation en le condamnant à lui verser les sommes de 22 053,37 euros au titre de son préjudice économique et de 2 000 euros au titre de son préjudice moral et de ses troubles dans les conditions d'existence.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2022, le département de l'Ariège, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant.
Le départemental fait valoir que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant sont partiellement irrecevables en tant qu'elles excèdent le montant réclamé dans sa demande indemnitaire préalable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 3 juin 2022.
Par un courrier du 31 mai 2024, les parties ont été informées sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal est susceptible de relever d'office d'une part, le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation de la décision du 22 février 2021 en raison du défaut d'intérêt à agir du requérant contre une décision ne faisant pas grief, d'autre part, le moyen suivant lequel les conclusions à fin d'annulation de la décision du 22 février 2021 en ce qu'elle statue sur les indemnités journalières et les conclusions présentées contre le conseil départemental de l'Ariège pour faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui versant pas des prestations en espèces ne relèvent pas de la juridiction administrative mais de la compétence des juridictions judiciaires dès lors qu'elle constitue un litige relatif à une prestation de sécurité sociale.
Des observations produites par M. D le 3 juin 2024 ont été communiquées.
III. Par une requête enregistrée sous le n° 2205656 le 26 septembre 2022 et un mémoire enregistré le 26 avril 2023, M. C D, représenté par Me Touboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel la présidente du conseil départemental de l'Ariège l'a radié des cadres pour admission à la retraite pour invalidité à compter du 10 novembre 2021 ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel la présidente du conseil départemental de l'Ariège l'a radié des cadres pour admission à la retraite pour invalidité à compter du 10 novembre 2021 en tant que la mise à la retraite pour invalidité n'est pas imputable au service ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, avant dire droit, d'ordonner une mesure d'expertise médicale à l'effet de procéder à l'évaluation de son état de santé, de se prononcer sur son inaptitude à exercer ses fonctions et toutes fonctions, sur l'imputabilité au service de son état de santé, de déterminer si son état de santé a entraîné une incapacité permanente partielle résultat de ses troubles physiologiques ou psychologiques et de préciser les dates de début et de fin et les taux correspondants, de fixer la date de consolidation, de se prononcer sur l'évolution de son état de santé, ses préjudices annexes, l'incidence personnelle et professionnelle, les dépenses de santé futures, le besoin d'assistance par tierce personne, la mesure de son handicap et de ses répercussions dans sa vie quotidienne, afin d'éclairer le tribunal sur son litige avec l'administration ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Ariège la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice tiré de l'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé en droit au regard de l'article R. 4 du code des pensions civiles et militaires de retraite en ce qu'il ne vise pas les dispositions légales justifiant cette décision ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme du 9 novembre 2021, en ce qu'elle ne comprenait pas deux praticiens de médecine générale et que le médecin spécialiste présent n'était pas compétent pour examiner sa pathologie, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car il se fonde à tort sur son inaptitude définitive et absolue à toutes fonctions, qui n'a pas été régulièrement constatée ;
- il est illégal car sa mise à la retraite pour invalidité a été jugée non imputable au service alors que cette imputabilité est établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, le département de l'Ariège, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant.
Le département fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour le département de l'Ariège a été enregistré le 26 mai 2023 et n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 28 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 26 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 60-58 du 11 janvier 1960 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- les observations de Me Touboul, représentant M. D,
- et celles de Me de Soto, substituant Me Bazin, représentant le département de l'Ariège.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, adjoint administratif territorial principal de deuxième classe, est employé par le département de l'Ariège et affecté au service du patrimoine. L'intéressé a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 7 février 2018. Par un arrêté en date du 17 août 2020, la présidente du conseil départemental de l'Ariège l'a placé en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 1er juillet 2020 jusqu'à son admission à la retraite pour invalidité avec maintien du demi-traitement à titre conservatoire. Par une décision du 22 février 2021, la présidente du conseil départemental a confirmé son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé et le remboursement des demi-traitements versés à compter de la date de radiation des cadres. Par un arrêté du 4 août 2022, la présidente du conseil départemental l'a radié des cadres pour admission à la retraite pour invalidité à compter du 10 novembre 2021.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2100766, 2101538 et 2205656 ont trait à la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2100766 :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. M. D ne peut donc utilement soutenir que l'arrêté du 17 août 2020 n'aurait pas été motivé. En tout état de cause, l'arrêté contesté contient les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde et que l'intéressé a pu utilement contester. Par suite, le moyen est écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté contesté du 17 août 2020 : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : / a) La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / b) L'octroi et le renouvellement des congés de longue maladie ou de longue durée ; / c) La réintégration à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / d) La réintégration après douze mois consécutifs de congé de maladie ; / e) L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après congé de maladie ou disponibilité d'office ; / f) La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; / g) Le reclassement dans un autre emploi à la suite d'une modification de l'état physique du fonctionnaire ; / h) Ainsi que dans tous les autres cas prévus par des textes réglementaires. () / Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / -des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. () ".
6. En l'espèce, si le requérant allègue dans sa requête introductive d'instance que la règle de la communication préalable du dossier n'a pas été respectée, il ressort toutefois des pièces du dossier et en particulier d'un courrier du 18 juin 2020 que le secrétariat du comité médical départemental a informé M. D de la possibilité de consulter son dossier et de procéder à la transmission d'observations écrites, en vue de la séance du 30 juin 2020. Bien que, dans ses écritures ultérieures, M. D soutienne qu'il n'a jamais reçu ledit courrier, il ressort cependant des pièces du dossier que le requérant a adressé le 25 juin 2020 au comité médical des observations pour la séance du 30 juin 2020. Par suite, M. D, qui a eu connaissance de la séance du comité médical concernant sa situation dès lors qu'il a formulé des observations en vue de cette séance, a donc été mis à même de pouvoir demander la consultation de son dossier, n'a pas été privé d'une garantie. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de son droit à consulter son dossier et de l'absence de mise en œuvre d'une procédure contradictoire. Ce moyen doit donc être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, dans sa rédaction applicable au litige : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. La commission de réforme compétente est celle du département où le fonctionnaire exerce ou a exercé, en dernier lieu, ses fonctions. () / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. / Les énonciations de cette décision ne peuvent préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession. () ". Aux termes de l'article 21 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / Elle doit également donner son avis sur le caractère provisoire ou définitif de l'inaptitude constatée et, le cas échéant, sur l'aptitude de l'intéressé à occuper un emploi adapté à son état physique qui peut lui être offert par l'autorité investie du pouvoir de nomination ou, le cas échéant, pour la fonction publique territoriale, par le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ".
8. Il résulte des dispositions précitées que, dès lors que M. D n'avait pas formulé de demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, le département de l'Ariège n'avait pas à saisir la commission de réforme en vue d'examiner cette question avant de placer le requérant dans la position de disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 1er juillet 2020 consécutivement à l'expiration de ses droits à congés de maladie ordinaire. La circonstance que les avis de ladite commission soient contradictoires sur ce point selon le requérant est par ailleurs sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
9. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté contesté : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () ". Aux termes de l'article 72 de cette même loi, dans sa rédaction applicable au litige : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. () ".
10. D'autre part, aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 précité, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque, à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir. / Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le département de l'Ariège a, par un arrêté en date du 6 février 2019, placé M. D en position administrative de disponibilité d'office pour raisons de santé à l'issue de ses droits à congé de maladie ordinaire à compter du 7 février 2019. Il est constant que l'intéressé n'a pas contesté ledit arrêté. Par suite, le requérant, qui ne justifie pas d'éléments probants à l'appui de son moyen, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire. Il ne ressort pas plus des pièces du dossier que M. D aurait bénéficié d'un congé de longue maladie ou d'un congé de longue durée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il ne pouvait être placé en position de disponibilité manquant en fait, il doit être écarté. Par ailleurs, M. D, qui a levé le secret médical, allègue que son administration aurait procédé à un " reclassement fictif " en l'affectant sur un poste de comptabilité non conforme à son handicap physique et à son trouble anxiodépressif réactionnel. Il se borne toutefois à évoquer cinq fiches de postes qui n'auraient pas tenu compte des restrictions liées à son handicap et des réprimandes de sa hiérarchie, sans établir ces faits. Or, il a été affecté sur un poste de comptabilité qu'il estime inadapté à son état de santé et à ses qualifications de 2016 à 2019 et il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait alors cherché à le contester. Enfin, si M. D soutient qu'il n'a jamais été déclaré inapte, il ressort au contraire des pièces du dossier et notamment d'un rapport d'expertise du 4 juin 2020 établi par un médecin psychiatre agréé et d'un avis du comité médical départemental du 30 juin 2020 que l'intéressé a été reconnu inapte de façon absolue et définitive à ses fonctions et à toutes fonctions. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté en toutes ses branches.
12. En deuxième lieu, un placement en disponibilité d'office pour raisons de santé constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.
13. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intention de l'autorité territoriale ait été d'infliger une sanction déguisée à M. D en portant atteinte à sa situation professionnelle consécutivement à un grief qui lui serait reproché. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé a été promu au grade d'adjoint administratif territorial principal de 2ème classe le 23 février 2017. Par suite de l'épuisement de ses droits à congé de maladie ordinaire, l'administration, par l'arrêté contesté, ne pouvait que le placer en position de disponibilité d'office pour raisons de santé. Par suite, l'arrêté du 17 août 2020 ne constitue pas une sanction disciplinaire destinée à réprimer par une procédure détournée des fautes commises par l'intéressé. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.
14. En troisième lieu, le requérant soutient que ses arrêts de travail doivent être pris en charge au titre de la maladie professionnelle, en se prévalant d'un certificat médical établi par un psychiatre le 10 janvier 2019 qui conclut à un lien direct et certain, mais non exclusif, entre sa maladie, un trouble anxiodépressif réactionnel lié à une souffrance au travail, et le service. Toutefois, la décision en litige du 17 août 2020, qui intervient en exécution de l'avis du comité médical du 30 juin 2020 se prononçant sur son inaptitude, n'a pas été précédée d'une appréciation de l'imputabilité au service de sa pathologie. La remise en cause de l'absence de lien reconnu entre sa pathologie et le service est par suite inopérante à l'encontre de la décision dont le requérant demande l'annulation. En tout état de cause, M. D ne justifie pas que son placement en congé de maladie ordinaire de 2018 à 2019 résulte d'un trouble anxiodépressif réactionnel en lien direct avec les fonctions qu'il occupait antérieurement à son congé de maladie. Par suite, sa maladie n'étant pas imputable au service, ses arrêts de travail doivent être pris en charge au titre de la maladie professionnelle. Par ailleurs, si M. D se prévaut d'un avis médical favorable à cette reconnaissance en date du 11 décembre 2018, qui est en contradiction avec un autre avis médical du 6 octobre 2018, et de l'avis favorable de la commission de réforme du 14 mai 2019, que l'autorité territoriale n'a pas suivi, il ne justifie pas, par les pièces produites, que la dégradation de son état de santé soit imputable au service.
15. En dernier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté du 17 août 2020 que M. D doive rembourser les traitements perçus à titre conservatoire depuis l'avis de la commission de réforme jusqu'à la date de sa mise à la retraite. Ce moyen, inopérant, doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 août 2020 par lequel la présidente du conseil départemental de l'Ariège l'a placé en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 1er juillet 2020 jusqu'à son admission à la retraite pour invalidité avec maintien du demi-traitement à titre conservatoire. Sa requête n° 2100766 doit donc être rejetée.
Sur la requête n° 2101538 :
En ce qui concerne les prestations de sécurité sociale en espèces réclamées par le requérant :
17. D'une part, aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 précité, dans sa rédaction applicable à la date de la décision contestée du 22 février 2021 : " () Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial : " I - En cas de maladie, l'agent qui a épuisé ses droits à une rémunération statutaire, mais qui remplit les conditions fixées par le Code de la sécurité sociale pour avoir droit à l'indemnité journalière visée à l'article L. 321-1 dudit code, a droit à une indemnité égale à la somme des éléments suivants : / 1° La moitié (ou les deux tiers si l'agent a trois enfants ou plus à charge) du traitement et des indemnités accessoires, à l'exclusion de celles qui sont attachées à l'exercice des fonctions ou qui ont le caractère de remboursement de frais ; / 2° La moitié (ou les deux tiers si l'agent a trois enfants ou plus à charge) soit de l'indemnité de résidence perçue au moment de l'arrêt de travail s'il est établi que l'intéressé, son conjoint ou les enfants à sa charge continuent à résider dans la localité où ledit intéressé exerce ses fonctions, soit, dans le cas contraire, de la plus avantageuse des indemnités de résidence afférentes aux localités où l'agent, son conjoint ou les enfants à sa charge résident depuis l'arrêt de travail, sans que cette somme puisse être supérieure à celle calculée dans le premier cas ; / 3° La totalité des avantages familiaux. / Toutefois les maxima prévus à l'article L. 323-4 du code de la sécurité sociale sont applicables dans les cas visés au présent paragraphe. / II - Lorsque l'agent continue à bénéficier, en cas de maladie, d'avantages statutaires, mais que ceux-ci sont inférieurs au montant des prestations en espèces de l'assurance maladie, telles qu'elles sont définies au paragraphe 1er du présent article, l'intéressé reçoit, s'il remplit les conditions visées audit paragraphe, une indemnité égale à la différence entre ces prestations en espèces et les avantages statutaires ". Enfin, aux termes de son article 11 : " Les prestations en espèces visées aux articles 4 à 7 ci-dessus sont liquidées et payées par les collectivités ou établissements dont relèvent les agents intéressés ".
18. D'autre part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". En vertu de l'article L. 142-8 de ce code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". En vertu des dispositions de l'article L.323-4 de ce code, dans sa rédaction applicable à la date de la décision contestée du 22 février 2021 : " L'indemnité journalière est égale à une fraction des revenus d'activité antérieurs soumis à cotisations à la date de l'interruption du travail, retenus dans la limite d'un plafond et ramenés à une valeur journalière. / Le revenu d'activité journalier antérieur est déterminé d'après la ou les dernières payes antérieures à la date de l'interruption du travail. / La fraction, le plafond ainsi que les modalités de détermination des revenus d'activité antérieurs retenus et de leur valeur journalière mentionnés au premier alinéa sont fixés par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 323-4 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le gain journalier servant de base au calcul de l'indemnité journalière prévue à l'article L. 323-4 est déterminé comme suit : / 1° 1/91,25 du montant des trois dernières paies des mois civils antérieurs à la date de l'interruption de travail lorsque le salaire ou le gain est réglé mensuellement ou dans les cas autres que ceux mentionnés aux 3° et 5° ; () Pour l'application des dispositions qui précèdent, il est tenu compte du salaire servant de base, lors de chaque paie, au calcul de la cotisation due pour les risques maladie, maternité, invalidité et décès dans la limite d'un plafond égal à 1,8 fois le salaire minimum de croissance en vigueur le dernier jour du mois civil précédant celui de l'interruption de travail et calculé, pour chaque paie prise en compte, pour un mois sur la base de la durée légale du travail. Toutefois, lorsque l'assiette des cotisations fait l'objet d'un abattement par application des dispositions des articles R. 242-7 à R. 242-11, il est tenu compte du salaire brut perçu par l'assuré, sans abattement, dans la limite du plafond ainsi défini ".
19. M. D conteste devant le tribunal administratif la décision du 22 février 2021 par laquelle le conseil départemental de l'Ariège a refusé de lui verser les indemnités journalières de maladie instituées par les dispositions précitées. Ces indemnités constituent toutefois des prestations du régime spécial de sécurité sociale applicable aux agents publics et il n'appartient dès lors qu'aux juridictions judiciaires de statuer sur les recours dirigés contre les décisions se prononçant sur les droits ouverts aux ressortissants de ce régime ou tendant à obtenir le versement de sommes dues en application de ce régime. Par suite, la requête n° 2101538 de M. D a été introduite devant une juridiction incompétente pour en connaître et ne peut qu'être rejetée.
En ce qui concerne le reversement des traitements indûment versés :
20. Si M. D entend contester le courrier de la présidente du conseil départemental de l'Ariège du 22 février 2021 en ce qu'il lui imposerait le remboursement des demi-traitements versés à compter de la date de sa radiation des cadres, il résulte des termes mêmes de ce courrier que le département se borne à informer le requérant de ce qu'il exigerait à l'avenir le remboursement de trop-perçus éventuels de traitements. Dès lors, le courrier ne constitue sur ce point qu'une simple information dépourvue de caractère décisoire et il n'est par suite pas susceptible de recours pour excès de pouvoir.
Sur la requête n° 2205656 :
21. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties ". Il incombe, en principe, au juge administratif de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui appartient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
22. Il ressort des pièces du dossier que l'inaptitude absolue et définitive à ses fonctions et à toutes fonctions de M. D résulte d'un avis médical du 4 juin 2020 établi par un médecin psychiatre, le docteur A, qui a examiné le plan somatique, notamment des lésions osseuses provoquées par un accident domestique en 2014, et le plan psychiatrique de l'intéressé. Le comité médical départemental s'est approprié ce constat dans sa séance du 30 juin 2020, ainsi que la commission de réforme le 9 novembre 2021, qui a émis un avis favorable à la retraite pour invalidité compte tenu de l'inaptitude totale et définitive à ses fonctions et à toutes fonctions et de l'impossibilité de reclasser l'agent, confirmé par la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales le 27 juillet 2022. Toutefois, M. D produit un avis du comité médical du 18 mars 2019 le déclarant apte sous réserve d'un reclassement. Il ressort également des pièces du dossier que si le rapport du docteur A, transmis à la commission de réforme, indique que l'intéressé est inapte de manière absolue et définitive à toute fonction, le constat du caractère absolu et définitif de cette inaptitude ne résulte pas clairement des constatations médicales relatives à l'état pathologique de M. D auxquelles a procédé le Dr A. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que son inaptitude totale et définitive à toute fonction à la date du 10 novembre 2021, date d'effet de sa mise en retraite, demeure incertaine et, le tribunal demeurant insuffisamment informé sur ce point, il y a lieu de faire droit, avant dire droit, à la demande d'expertise médicale présentée par M. D en ce qui concerne son aptitude au service. En revanche, aucune des pièces produites par le requérant n'étant de nature à établir que l'éventuelle inaptitude du requérant au service résulterait d'une maladie professionnelle, il n'y a pas lieu de recourir à l'expertise sur ce point. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions présentées dans le cadre de l'instance n° 2205656, et notamment sur la légalité de l'arrêté du 4 août 2022 par lequel la présidente du conseil départemental de l'Ariège a radié des cadres M. D pour admission à la retraite pour invalidité à compter du 10 novembre 2021.
Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instances nos 2100766 et 2101538 :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
24. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Ariège, qui n'est pas, dans les instances nos 2100766 et 2101538, la partie perdante, les sommes que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions précitées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D les sommes demandées dans les instances nos 2100766 et 2101538 par le conseil départemental de l'Ariège au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2100766 et 2101538 de M. D sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de l'Ariège dans les requêtes nos 2100766 et 2101538 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Il sera, avant de statuer sur le surplus des conclusions de la requête n° 2205656 de M. D, procédé à une expertise par un médecin spécialiste afin de :
1°) prendre connaissance du dossier administratif et médical complet de M. D, se faire communiquer tout document utile auprès de tout tiers détenteur et entendre tout sachant ;
2°) procéder à un examen clinique de M. D, décrire son état de santé actuel et ses antécédents médicaux ; si besoin, faire réaliser tout examen qu'il estimerait opportun ;
3°) décrire précisément les pathologies dont est affecté M. D ;
4°) donner son avis sur son aptitude à exercer les fonctions qu'il occupait à la date du 10 novembre 2021 ainsi que sur son aptitude à exercer toute autre fonction susceptible de lui être confiée par le département de l'Ariège à cette date ;
5°) dans l'hypothèse où l'intéressé aurait été inapte à cette date, donner son avis sur le caractère absolu ou définitif de cette inaptitude et, dans l'hypothèse d'une inaptitude temporaire, de donner son avis sur la date à laquelle elle aurait pris fin ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 4 : L'expert déposera son rapport définitif dans un délai de quatre mois à compter de sa désignation.
Article 5 : Tous les autres droits et moyens des parties de la requête n° 2205656 sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au département de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lequeux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2100766, 2101538, 2205656
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026