mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100782 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ARNAUD |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 6 août 2021, sous le n°2100782, M. et Mme C D, représentés par Me Arnaud, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée suivant acte du 22 octobre 2020 auprès de l'association internationale pour la formation en vue du recouvrement de la somme de 853 944 euros au titre des rappels d'impôts sur le revenu et de contributions sociales de l'année 2015 ;
2°) de leur accorder la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie à tiers détenteur et de prononcer, en conséquence, la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale en vertu de la saisie administrative à tiers détenteur ;
3°) de mettre à la charge l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la demande de sursis de paiement présentée le 16 novembre 2020, sur le fondement de l'article L. 277 du livre de procédures fiscales, a un effet immédiat ; la circonstance qu'elle ait été présentée après la notification de la saisie à tiers détenteur ne s'oppose pas à ce que les sommes appréhendées doivent leur être restituées dès lors que leur demande était assortie de garanties suffisantes ; en application du jugement du tribunal administratif de Marseille du 22 juin 2010, l'administration fiscale est tenue de procéder à la restitution des sommes versées même en l'absence de garanties suffisantes ;
- l'administration fiscale est garantie à hauteur des rappels de cotisations dès lors, d'une part, que la constitution de garanties n'est pas requise s'agissant des majorations et, d'autre part, que l'administration fiscale a déjà procédé à des inscriptions légales du Trésor sur certain biens leur appartenant ; ces hypothèques couvrent largement le montant des rappels d'imposition dus en droits ; la valeur de leur résidence principale constitue une garantie suffisante pour le rappel des contributions dues en droits ; l'inscription de l'hypothèque sur la résidence principale des parents de M. D dont il détient 50% de la nue-propriété contribue une garantie supplémentaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 juin et 13 octobre 2021, la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet après que le comptable public a prononcé la mainlevée de la saisie à tiers détenteur le 20 septembre 2021 ;
- la saisie à tiers détenteur a produit tous ses effets avant le dépôt de la réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement ; elle n'est pas caduque ;
- les époux D n'ont pas présenté de garanties suffisantes à l'appui de leur demande d'opposition à poursuites du 17 novembre 2020 : ils n'ont pas précisé quels biens immobiliers étaient apportés en garantie, ils n'ont pas fourni d'état hypothécaire ou d'évaluation de leur valeur vénale ; la seule circonstance que le comptable du pôle de recouvrement ait inscrit des hypothèques légales du Trésor sur les biens immobiliers de M. et Mme D ne peut être regardée comme une condition suffisante pour déterminer si les droits contestés étaient intégralement garantis ;
- les époux D n'ont pas répondu à la demande de constitution de garanties qui leur a été notifiée le 17 décembre 2020 ;
- conformément aux dispositions de l'article R. 277-3-1 du livre des procédures fiscales, la restitution des sommes appréhendées s'opère seulement lorsque le contribuable qui a demandé le sursis de paiement a présenté des garanties suffisantes ;
- eu égard aux pièces versées par les requérants dans le cadre de la présente instance, les droits contestés à hauteur de 521 670 euros sont garantis par les inscriptions d'hypothèques sur la résidence principale de M. et Mme D et les parts de M. D détenues sur la résidence de ses parents ;
- les garanties hypothécaires ne dépassent pas les droits dus par M. et Mme D dès lors que leur résidence principale est déjà grevée à hauteur de 281 945,08 euros au titre de créances privées et publiques ; la seconde hypothèque est donc pleinement justifiée ; l'hypothèque légale du Trésor inscrite sur la résidence des parents de M. D porte seulement sur la moitié indivise de la nue-propriété ;
- le comptable du pôle de recouvrement a effectué la mainlevée des poursuites contestées mais la saisie à tiers détenteur n'ayant pas été productive aucune somme n'a été obtenue et ne peut dès lors être restituée.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 6 août 2021, sous le n°2100795, M. et Mme C D, représentés par Me Arnaud, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée suivant acte du 22 octobre 2020 auprès de la société Secret de pains en vue du recouvrement de la somme de 853 944 euros au titre des rappels d'impôts sur le revenu et de contributions sociales de l'année 2015 ;
2°) de leur accorder la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie à tiers détenteur et de prononcer, en conséquence, la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale en vertu de la saisie administrative à tiers détenteur ;
3°) de mettre à la charge l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la demande de sursis de paiement présentée le 16 novembre 2020, sur le fondement de l'article L. 277 du livre de procédures fiscales, a un effet immédiat ; la circonstance qu'elle ait été présentée après la notification de la saisie à tiers détenteur ne s'oppose pas à ce que les sommes appréhendées doivent leur être restituées dès lors que leur demande était assortie de garanties suffisantes ; en application du jugement du tribunal administratif de Marseille du 22 juin 2010, l'administration fiscale est tenue de procéder à la restitution des sommes versées même en l'absence de garanties suffisantes ;
- l'administration fiscale est garantie à hauteur des rappels de cotisations dès lors, d'une part, que la constitution de garanties n'est pas requise s'agissant des majorations et, d'autre part, que l'administration fiscale a déjà procédé à des inscriptions légales du Trésor sur certain biens leur appartenant ; ces hypothèques couvrent largement le montant des rappels d'imposition dus en droits ; la valeur de leur résidence principale constitue une garantie suffisante pour le rappel des contributions dues en droits ; l'inscription de l'hypothèque sur la résidence principale des parents de M. D dont il détient 50% de la nue-propriété contribue une garantie supplémentaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 juin et 13 octobre 2021, la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet après que le comptable public a prononcé la mainlevée de la saisie à tiers détenteur le 20 septembre 2021 ;
- la saisie à tiers détenteur a produit tous ses effets avant le dépôt de la réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement ; elle n'est pas caduque ;
- les époux D n'ont pas présenté de garanties suffisantes à l'appui de leur demande d'opposition à poursuites du 17 novembre 2020 : ils n'ont pas précisé quels biens immobiliers étaient apportés en garantie, ils n'ont pas fourni d'état hypothécaire ou d'évaluation de leur valeur vénale ; la seule circonstance que le comptable du pôle de recouvrement ait inscrit des hypothèques légales du Trésor sur les biens immobiliers de M. et Mme D ne peut être regardée comme une condition suffisante pour déterminer si les droits contestés étaient intégralement garantis ;
- les époux D n'ont pas répondu à la demande de constitution de garanties qui leur a été notifiée le 17 décembre 2020 ;
- conformément aux dispositions de l'article R.277-3-1 du Livre des procédures fiscales, la restitution des sommes appréhendées s'opère seulement lorsque le contribuable qui a demandé le sursis de paiement a présenté des garanties suffisantes ;
- eu égard aux pièces versés par les requérants dans le cadre de la présente instance, les droits contestés à hauteur de 521 670 euros sont garantis par les inscriptions d'hypothèques prises sur la résidence principale de M. et Mme D et les parts de M. D détenues sur la résidence de ses parents ;
- les garanties hypothécaires ne dépassent pas les droits dus par M. et Mme D dès lors que leur résidence principale est déjà grevée à hauteur de 281 945,08 euros au titre de créances privées et publiques ; la seconde hypothèque est donc pleinement justifiée ; l'hypothèque légale du Trésor inscrite sur la résidence des parents de M. D porte seulement sur la moitié indivise de la nue-propriété ;
- le comptable du pôle de recouvrement a effectué la mainlevée des poursuites contestées mais la saisie à tiers détenteur n'ayant pas été productive aucune somme n'a été obtenue et ne peut dès lors être restituée.
III. Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 6 août 2021, sous le n°2100797, M. et Mme C D, représentés par Me Arnaud, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée suivant acte du 22 octobre 2020 auprès de M. B D en vue du recouvrement de la somme de 853 944 euros au titre des rappels d'impôts sur le revenu et de contributions sociales de l'année 2015 ;
2°) de leur accorder la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie à tiers détenteur et de prononcer, en conséquence, la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale en vertu de la saisie administrative à tiers détenteur ;
3°) de mettre à la charge l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la demande de sursis de paiement présentée le 16 novembre 2020, sur le fondement de l'article L. 277 du livre de procédures fiscales, a un effet immédiat ; la circonstance qu'elle ait été présentée après la notification de la saisie à tiers détenteur ne s'oppose pas à ce que les sommes appréhendées doivent leur être restituées dès lors que leur demande était assortie de garanties suffisantes ; en application du jugement du tribunal administratif de Marseille du 22 juin 2010, l'administration fiscale est tenue de procéder à la restitution des sommes versées même en l'absence de garanties suffisantes ;
- l'administration fiscale est garantie à hauteur des rappels de cotisations dès lors, d'une part que la constitution de garanties n'est pas requise s'agissant des majorations et, d'autre part, que l'administration fiscale a déjà procédé à des inscriptions légales du Trésor sur certain biens leur appartenant ; ces hypothèques couvrent largement le montant des rappels d'imposition dues en droits ; la valeur de leur résidence principale constitue une garantie suffisante pour le rappel des contributions dues en droits ; l'inscription de l'hypothèque sur la résidence principale des parents de M. D dont il détient 50% de la nue-propriété contribue une garantie supplémentaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 juin et 13 octobre 2021, la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet après que le comptable public a prononcé la mainlevée de la saisie à tiers détenteur le 20 septembre 2021 ;
- la saisie à tiers détenteur a produit tous ses effets avant le dépôt de la réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement ; elle n'est pas caduque ;
- les époux D n'ont pas présenté de garanties suffisantes à l'appui de leur demande d'opposition à poursuites du 17 novembre 2020 : ils n'ont pas précisé quels biens immobiliers étaient apportés en garantie, ils n'ont pas fourni d'état hypothécaire ou d'évaluation de leur valeur vénale ; la seule circonstance que le comptable du pôle de recouvrement ait inscrit des hypothèques légales du Trésor sur les biens immobiliers de M. et Mme D ne peut être regardée comme une condition suffisante pour déterminer si les droits contestés étaient intégralement garantis ;
- les époux D n'ont pas répondu à la demande de constitution de garanties qui leur a été notifiée le 17 décembre 2020 ;
- conformément aux dispositions de l'article R.277-3-1 du Livre des procédures fiscales, la restitution des sommes appréhendées s'opère seulement lorsque le contribuable qui a demandé le sursis de paiement a présenté des garanties suffisantes ;
- eu égard aux pièces versés par les requérants dans le cadre de la présente instance, les droits contestés à hauteur de 521 670 euros sont garantis par les inscriptions d'hypothèques prises sur la résidence principale de M. et Mme D et les parts de M. D détenues sur la résidence de ses parents ;
- les garanties hypothécaires ne dépassent pas les droits dus par M. et Mme D dès lors que leur résidence principale est déjà grevée à hauteur de 281 945,08 euros au titre de créances privées et publiques ; la seconde hypothèque est donc pleinement justifiée ; l'hypothèque légale du Trésor inscrite sur la résidence des parents de M. D porte seulement sur la moitié indivise de la nue-propriété ;
- le comptable du pôle de recouvrement a effectué la mainlevée des poursuites contestées mais la saisie à tiers détenteur n'ayant pas été productive aucune somme n'a été obtenue et ne peut dès lors être restituée.
IV. Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 6 août 2021, sous le n°2100798, M. et Mme C D, représentés par Me Arnaud, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de leur accorder la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie à tiers détenteur pratiquée suivant acte du 22 octobre 2020 auprès de la société Orange Bank en vue du recouvrement de la somme de 853 944 euros au titre des rappels d'impôts sur le revenu et de contributions sociales de l'année 2015 et de prononcer, en conséquence, la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale en vertu de la saisie administrative à tiers détenteur;
2°) de mettre à la charge l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la demande de sursis de paiement présentée le 16 novembre 2020, sur le fondement de l'article L. 277 du livre de procédures fiscales, a un effet immédiat ; la circonstance qu'elle ait été présentée après la notification de la saisie à tiers détenteur ne s'oppose pas à ce que les sommes appréhendées doivent leur être restituées dès lors que leur demande était assortie de garanties suffisantes ; en application du jugement du tribunal administratif de Marseille du 22 juin 2010, l'administration fiscale est tenue de procéder à la restitution des sommes versées même en l'absence de garanties suffisantes ;
- l'administration fiscale est garantie à hauteur des rappels de cotisations dès lors, d'une part que la constitution de garanties n'est pas requise s'agissant des majorations et, d'autre part, que l'administration fiscale a déjà procédé à des inscriptions légales du Trésor sur certain biens leur appartenant ; ces hypothèques couvrent largement le montant des rappels d'imposition dues en droits ; la valeur de leur résidence principale constitue une garantie suffisante pour le rappel des contributions dues en droits ; l'inscription de l'hypothèque sur la résidence principale des parents de M. D dont il détient 50% de la nue-propriété contribue une garantie supplémentaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 juin et 13 octobre 2021, la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet après que le comptable public a prononcé la mainlevée de la saisie à tiers détenteur le 20 septembre 2021 ;
- la saisie à tiers détenteur a produit tous ses effets avant le dépôt de la réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement ; elle n'est pas caduque ;
- les époux D n'ont pas présenté de garanties suffisantes à l'appui de leur demande d'opposition à poursuites du 17 novembre 2020 : ils n'ont pas précisé quels biens immobiliers étaient apportés en garantie, ils n'ont pas fourni d'état hypothécaire ou d'évaluation de leur valeur vénale ; la seule circonstance que le comptable du pôle de recouvrement ait inscrit des hypothèques légales du Trésor sur les biens immobiliers de M. et Mme D ne peut être regardée comme une condition suffisante pour déterminer si les droits contestés étaient intégralement garantis ;
- les époux D n'ont pas répondu à la demande de constitution de garanties qui leur a été notifiée le 17 décembre 2020 ;
- conformément aux dispositions de l'article R.277-3-1 du Livre des procédures fiscales, la restitution des sommes appréhendées s'opère seulement lorsque le contribuable qui a demandé le sursis de paiement a présenté des garanties suffisantes ;
- eu égard aux pièces versés par les requérants dans le cadre de la présente instance, les droits contestés à hauteur de 521 670 euros sont garantis par les inscriptions d'hypothèques prises sur la résidence principale de M. et Mme D et les parts de M. D détenues sur la résidence de ses parents ;
- les garanties hypothécaires ne dépassent pas les droits dus par M. et Mme D dès lors que leur résidence principale est déjà grevée à hauteur de 281 945,08 euros au titre de créances privées et publiques ; la seconde hypothèque est donc pleinement justifiée ; l'hypothèque légale du Trésor inscrite sur la résidence des parents de M. D porte seulement sur la moitié indivise de la nue-propriété ;
- le comptable du pôle de recouvrement a effectué la mainlevée des poursuites contestées et la somme appréhendée a été restituée.
Par des courriers du 28 novembre 2023, les parties ont été informées dans chacune des affaires, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de l'incompétence du juge administratif pour connaître des conclusions tendant à une mainlevée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 octobre 2020, le pôle de recouvrement spécialisé de la Haute-Garonne a notifié à M. et Mme D quatre saisies administratives à tiers détenteur auprès de l'association internationale pour la formation, de la société Secret de Pains, de M. B D et de la société Orange Bank en vue de recouvrer la somme de 853 944 euros, correspondant à une créance d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2015. Le 16 novembre 2020, M. et Mme D ont présenté une réclamation d'assiette assortie d'une demande de sursis de paiement et ont formé une opposition à poursuites, qui a été rejetée par l'administration le 18 décembre 2020. Par leurs requêtes n° s 2100782, 2100795 et 2100797, M. et Mme D demandent au tribunal d'ordonner la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur, de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de ladite saisie et d'ordonner en conséquence la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale. Par leur requête n° 2100798, M. et Mme D demandent au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur auprès de la société Orange Bank et d'ordonner en conséquence la restitution des sommes obtenues par l'administration fiscale.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2100782, 2100795, 2100797 et 2100798, présentées par les mêmes requérants, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.
Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :
3. Lorsque, postérieurement à l'introduction de la requête, l'acte de poursuite litigieux fait l'objet d'une mesure d'abandon sans avoir produit aucun effet, il appartient au juge de l'impôt de constater que la contestation dont il est saisi a perdu son objet et de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer résultant de cet acte. Il appartient alors au juge administratif de vérifier, d'une part, que l'avis à tiers détenteur n'a pas eu, antérieurement à sa mainlevée, d'effet sur le recouvrement des impositions en cause, d'autre part, qu'il ne résulte pas de l'instruction que la notification de cet acte de poursuite aurait occasionné des frais dont le contribuable serait, le cas échéant, fondé à demander le remboursement.
4. Il résulte tout d'abord de l'instruction que, postérieurement à l'introduction des requêtes de M. et Mme D, l'administration fiscale a considéré que ceux-ci, en précisant l'identité des biens apportés en garanties et en soumettant à l'appréciation du comptable un prix au m² des biens immobiliers situés sur la commune de Balma, lui permettaient de considérer que les droits contestés à hauteur de 521 670 euros étaient garantis par les inscriptions d'hypothèques prises sur leur résidence principale et les parts et portions de M. D détenues sur la résidence de ses parents. Dès lors, l'administration fiscale a effectué la mainlevée des actes de poursuites en litige, par quatre décisions en date du 20 septembre 2021. Il résulte ensuite de l'instruction que ces actes de poursuite n'ont pas été productifs dès lors qu'aucune somme n'a été obtenue auprès de l'association internationale pour la formation, Secret de pains, et M. B D. Si la saisie administrative à tiers détenteur notifiée à la société Orange Bank a permis l'appréhension de la somme de 1 230,35 euros, celle-ci a été restituée par un virement SEPA sur le compte de M. D le 21 septembre 2021. Enfin, il n'est pas établi que la notification de ces actes a occasionné des frais dont les contribuables seraient, le cas échéant, fondés à demander le remboursement. A cet égard, la seule production de l'attestation des frais relatifs à l'instance de leur conseil qui " ne sera pas inférieur à 500 euros " ne permet pas de s'assurer que ces frais sont afférents aux actes de poursuite litigieux diligentés auprès des tiers détenteurs. Dans ces conditions, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer résultant des saisies administratives à tiers détenteurs du 22 octobre 2020. Par voie de conséquence, il en va de même pour les conclusions à fin de restitution des sommes concernées.
Sur les conclusions à fin de mainlevée présentées dans les requêtes n° s 2100782, 2100795 et 2100797 :
5. Il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une demande de mainlevée de saisies administratives à tiers détenteur. Par suite, de telles conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Au surplus, en tout état de cause, le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de la Haute-Garonne a procédé le 20 septembre 2021 à la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur auprès des tiers détenteurs.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes n° s 2100782, 2100795, 2100797 et 2100798 de M. et Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes que M. et Mme D demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: Les conclusions présentées aux fins de mainlevée des saisies administratives à tiers détenteur dans les requêtes n°s 2100782, 2100795, 2100797 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer résultant des quatre saisies administratives à tiers détenteur du 22 octobre 2020 ainsi que sur les conclusions à fin de restitution des sommes saisies.
Article 3 : Les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à Mme E D et à la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2- 2100795-2100797-2100798
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026