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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2100958

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2100958

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2100958
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée, sous le n° 2100958, le 19 février 2021 et un mémoire enregistré le 7 juin 2022, Mme B C, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle le maire de la commune de Montbartier a refusé de la placer en congé de longue maladie ;

2°) d'enjoindre à la commune de Montbartier de la placer en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 et de régulariser sa situation en lui versant les traitements correspondants à compter de cette date ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montbartier la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- sa requête introduite dans un délai raisonnable est recevable ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- en s'estimant en situation de compétence liée par rapport à l'avis du comité médical, l'administration, qui s'est contentée de retranscrire la décision du comité médical, a commis une erreur de droit ;

- en indiquant contester l'avis du comité médical, le motif de rejet de sa demande de congé de longue maladie est entaché d'une erreur de droit, la contestation ne ressortant d'aucune pièce du dossier ;

- la décision contestée est infondée et entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur dans la qualification juridique des faits, dès lors que le trouble dont elle souffre relève d'une affection ouvrant droit au bénéfice d'un congé de longue maladie, la circonstance qu'elle n'adresse plus d'arrêts maladie à son employeur depuis le 31 mars 2019 étant sans incidence sur cette décision ;

- contrairement à ce qu'indique la commune dans sa décision, les avis rendus par le comité médical ne sont pas contradictoires.

Par des mémoires en défense enregistrés le 12 mai 2022 et le 25 juillet 2022, la commune de Montbartier, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante.

La commune fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour Mme C et enregistré le 28 août 2022 n'a pas été communiqué.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 11 mai 2021, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 29 août 2022.

II. Par une requête enregistrée, sous le n° 2105616, le 28 septembre 2021 et un mémoire enregistré le 8 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-70 du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier l'a placée à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Montbartier de la placer en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 et de régulariser sa situation en lui versant les traitements correspondants à compter de cette date ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montbartier la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure car elle n'a pas été invitée à présenter une demande de reclassement ;

- il est entaché d'une irrégularité en ce qu'il la place en disponibilité d'office pour raison de santé à titre provisoire ;

- il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits, en ce qu'aucune invitation à un reclassement n'a été évoquée durant un entretien du 28 février 2019 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que l'administration ne l'a pas invitée à présenter une demande de reclassement et ne lui a pas proposé un reclassement ;

- la commune n'établit pas l'impossibilité de reclassement ;

- l'arrêté est illégal en ce qu'il refuse son placement en congé de longue maladie, en ce qu'elle aurait sollicité ce congé pour une pathologie dont elle n'avait jamais fait état auparavant, en ce que les avis du comité médical se contredisent, en ce que le comité médical a rendu un avis sur son placement en congé de longue maladie à compter d'une date qu'elle n'a pas sollicité, en ce qu'elle n'a pas transmis avant le 3 mai 2019 un arrêt de travail relatif à la pathologie pour laquelle elle sollicite un congé de longue maladie, enfin en ce que la position de placement en disponibilité d'office pour raisons de santé ne permet pas de bénéficier d'un congé de longue maladie ;

- la commune ne respecte pas le secret médical, en se référant à ses pathologies pour justifier son refus d'un placement en congé de longue maladie ;

- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, en ce qu'un congé de longue maladie peut être accordé rétroactivement, en ce qu'aucune disposition impose à un agent de présenter un arrêt de travail pour chacune de ses pathologies, en ce que la commune n'est pas censée disposer de son dossier médical, ni d'apprécier en lieu et place des médecins et du comité médical si sa pathologie peut lui permettre de bénéficier d'un congé de longue maladie, enfin en ce que son état de santé lui ouvre droit à un congé de longue maladie.

Par des mémoires en défense enregistrés le 13 juin 2022 et le 25 juillet 2022, la commune de Montbartier, représentée par Me Alibert, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, la requérante n'ayant pas contesté l'arrêté du 1er avril 2019 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 28 août 2018, elle n'est pas recevable à contester l'arrêté attaqué de prolongation ;

- à titre subsidiaire, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions, le maire de la commune ayant par un arrêté du 7 décembre 2021 retiré l'arrêté contesté du 27 juillet 2021 ;

- à titre infiniment subsidiaire, les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour Mme C et enregistré le 28 août 2022 n'a pas été communiqué.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 23 mars 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 29 août 2022.

III. Par une requête enregistrée, sous le n° 2203155, le 7 juin 2022 et un mémoire enregistré le 26 avril 2023, Mme B C, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-100 du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier a retiré l'arrêté du 27 juillet 2021 la plaçant à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 et l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 au 29 août 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Montbartier de la placer en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 et de régulariser sa situation en lui versant les traitements correspondants à compter de cette date ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montbartier la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure car elle n'a pas été invitée à présenter une demande de reclassement ;

- il est entaché d'une irrégularité en ce qu'il la place en disponibilité d'office pour raisons de santé ;

- il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits, en ce qu'aucune invitation à un reclassement n'a été évoqué durant un entretien du 28 février 2019 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que l'administration ne l'a pas invitée à présenter une demande de reclassement et ne lui a pas proposé un reclassement ;

- la commune n'établit pas l'impossibilité de reclassement et ne démontre pas la réalité d'un poste vacant ;

- l'arrêté est illégal en ce qu'il refuse son placement en congé de longue maladie, en ce qu'elle aurait sollicité ce congé pour une pathologie dont elle n'avait jamais fait état auparavant, en ce que les avis du comité médical se contredisent, en ce que le comité médical a rendu un avis sur son placement en congé de longue maladie à compter d'une date qu'elle n'a pas sollicité, en ce qu'elle n'a pas transmis avant le 3 mai 2019 un arrêt de travail relatif à la pathologie pour laquelle elle sollicite un congé de longue maladie, en ce que la position de placement en disponibilité d'office pour raisons de santé ne permet pas de bénéficier d'un congé de longue maladie ;

- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, en ce qu'un congé de longue maladie peut être accordé rétroactivement, l'absence de demande de sa part ne pouvant justifier un refus de placement en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017, en ce qu'aucune disposition impose à un agent de présenter un arrêt de travail pour chacune de ses pathologies, en ce que la commune n'est pas censée disposer de son dossier médical, ni apprécier en lieu et place des médecins et du comité médical si sa pathologie peut lui permettre de bénéficier d'un congé de longue maladie, en ce que le refus de placement en congé de longue maladie au motif de son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé n'est pas fondé, sa pathologie ayant débuté avant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé, en ce que son état de santé lui ouvre droit à congé de longue maladie.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, la commune de Montbartier, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante.

La commune fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable car la requérante n'ayant pas contesté l'arrêté du 1er avril 2019 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 28 août 2018, elle n'est pas recevable à contester l'arrêté attaqué du 7 décembre 2021 la plaçant de manière définitive dans cette position à compter du 28 août 2018 ;

- les conclusions en injonction sont irrecevables, l'annulation de la décision contestée ne pouvant le cas échéant qu'emporter le réexamen de sa situation et non une injonction de placement en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour la commune et enregistré le 4 mai 2023 n'a pas été communiqué.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 7 juin 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 28 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 26 mai 2023.

IV. Par une requête enregistrée, sous le n° 2203156, le 7 juin 2022 et un mémoire enregistré le 26 avril 2023, Mme B C, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-101 du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier l'a placée à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Montbartier de la placer en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 et de régulariser sa situation en lui versant les traitements correspondants à compter de cette date ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montbartier la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure car elle n'a pas été invitée à présenter une demande de reclassement ;

- il est entaché d'une irrégularité en ce qu'il la place en disponibilité d'office pour raisons de santé ;

- il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits, en ce qu'aucune invitation à un reclassement n'a été évoquée durant l'entretien du 28 février 2019 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que l'administration ne l'a pas invitée à présenter une demande de reclassement et ne lui a pas proposé un reclassement ;

- la commune n'établit pas l'impossibilité de reclassement et n'établit pas l'absence de poste vacant ;

- l'arrêté est illégal en ce qu'il refuse son placement en congé de longue maladie, en ce qu'elle aurait sollicité ce congé pour une pathologie dont elle n'avait jamais fait état auparavant, en ce que les avis du comité médical se contredisent, en ce que le comité médical a rendu un avis sur son placement en congé de longue maladie à compter d'une date qu'elle n'a pas sollicité, en ce qu'elle n'a pas transmis avant le 3 mai 2019 un arrêt de travail relatif à la pathologie pour laquelle elle sollicite un congé de longue maladie, en ce que la position de placement en disponibilité d'office pour raisons de santé ne permet pas de bénéficier d'un congé de longue maladie ;

- la commune ne respecte pas le secret médical, en se référant à ses pathologies pour justifier son refus d'un placement en congé de longue maladie ;

- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, en ce qu'un congé de longue maladie peut être accordé rétroactivement, l'absence de demande de sa part ne pouvant justifier un refus de placement en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017, en ce qu'aucune disposition n'impose à un agent de présenter un arrêt de travail pour chacune de ses pathologies, en ce que la commune n'est pas censée disposer de son dossier médical, ni apprécier en lieu et place des médecins et du comité médical si sa pathologie peut lui permettre de bénéficier d'un congé de longue maladie, en ce que le refus de placement en congé de longue maladie au motif de son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé n'est pas fondé, sa pathologie ayant débuté avant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé, en ce que son état de santé peut lui permettre de bénéficier d'un congé de longue maladie.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, la commune de Montbartier, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante.

La commune fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable car, d'une part, la requérante ne démontre pas que sa demande d'aide juridictionnelle suspendant le délai de recours concerne la contestation de l'arrêté n° 2021-101 du 7 décembre 2021 et, d'autre part, n'ayant pas contesté l'arrêté du 1er avril 2019 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 28 août 2018, elle n'est pas recevable à contester l'arrêté attaqué du 7 décembre 2021 la maintenant de manière provisoire dans cette position ;

- les conclusions en injonction sont irrecevables, l'annulation de la décision contestée ne pouvant le cas échéant qu'emporter le réexamen de sa situation et non une injonction de placement en congé de longue maladie à compter du 25 août 2017 ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour la commune et enregistré le 4 mai 2023 n'a pas été communiqué.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 7 juin 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 28 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 26 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie, modifié par l'arrêté du 1er octobre 1997 ;

- l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie (régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

-les observations de Me Philippe, substituant Me Touboul, représentant Mme C,

- et les observations de Me Neige-Garrigues, substituant Me Kaczmarczyk, représentant la commune de Montbartier.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, adjointe administrative territoriale, est employée par la commune de Montbartier et remplit des missions d'accueil du public et de gestion de l'état civil et de l'urbanisme. L'intéressée a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 25 août 2017 jusqu'au 31 mars 2019. Par un arrêté du 1er avril 2019, le maire de la commune de Montbartier l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé pour une durée d'un an à compter du 28 août 2018. Par une décision du 30 juin 2020, le maire a refusé de la placer en congé de longue maladie. Par un arrêté n° 2021-70 édicté le 27 juillet 2021, le maire l'a placée à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019. Par un arrêté n° 2021-100 du 7 décembre 2021, le maire a retiré l'arrêté du 27 juillet 2021 la plaçant à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 et l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 29 août 2019 au 29 août 2020. Enfin, par un arrêté n° 2021-101 édicté le 7 décembre 2021, le maire l'a placée à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2020.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2100958, 2105616, 2203155 et 2203156 ont trait à la situation d'une même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 30 juin 2020 :

3. Si la commune de Montbartier soutient que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 juin 2020 dès lors que cette décision a été notifiée le 2 juillet 2020 à la requérante, il ressort des pièces du dossier que cette décision ne mentionnait pas les voies et délais de recours, de telle sorte qu'en application de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, dont les dispositions bénéficient aux agents publics comme à tout autre requérant, le délai de recours contentieux de deux mois institué par les dispositions de l'article R. 421-1 du même code n'avait pas commencé à courir à l'encontre de Mme C. Celle-ci ayant par ailleurs saisi le tribunal le 19 février 2021, soit dans le délai raisonnable dans lequel est enfermé tout recours juridictionnel en raison des implications du principe de sécurité juridique, la commune de Montbartier n'est pas fondée à soutenir que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 juin 2020 seraient tardives. La fin de non-recevoir soulevée sur ce point par la commune doit donc être écartée.

4. D'une part, aux termes des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable à la date de la décision contestée du 30 juin 2020 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an. () ". Aux termes de l'article 72 de cette loi, dans sa rédaction applicable au litige : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 411-5 de ce code : " La décision rejetant un recours administratif dirigé contre une décision soumise à obligation de motivation en application des articles L. 211-2 et L. 211-3 est motivée lorsque cette obligation n'a pas été satisfaite au stade de la décision initiale. () ". Il ressort de ces dispositions que le refus d'un congé de longue maladie est au nombre des décisions qui doivent être motivées.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le courrier contesté du maire de la commune de Montbartier en date du 30 juin 2020 lui refusant un congé de longue maladie reprend les principaux faits concernant la situation de la requérante et précise que la commune conteste le dernier avis du comité médical préconisant un placement en congé de longue maladie. En revanche, il ne comporte pas les considérations de droit sur lesquelles il se fonde. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision du 30 juin 2020 est insuffisamment motivée.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 30 juin 2020.

En ce qui concerne l'arrêté n° 2021-100 du 7 décembre 2021 retirant l'arrêté n° 2021-70 du 27 juillet 2021 :

8. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement. À ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.

9. En premier lieu, aux termes de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté contesté du 7 décembre 2021 : " Le fonctionnaire territorial reconnu, par suite d'altération de son état de santé, inapte à l'exercice de ses fonctions peut être reclassé dans un emploi d'un autre cadre d'emplois ou d'un autre corps ou dans un autre emploi, en priorité dans son administration d'origine ou à défaut dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. Par dérogation, la procédure de reclassement peut être engagée en l'absence de demande de l'intéressé. Ce dernier dispose, en ce cas, de voies de recours ". Aux termes de l'article 37 du décret du 30 juillet 1987, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 susvisé, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. () ". Enfin, aux termes de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. () ".

10. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées des articles 57, 72 et 81 de la loi du 26 janvier 1984, de l'article 37 du décret du 30 juillet 1987 et de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985, que lorsqu'un fonctionnaire a été, à l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie, reconnu inapte à la reprise des fonctions qu'il occupait antérieurement et alors que le comité médical ne s'est pas prononcé sur sa capacité à occuper, par voie de réaffectation, de détachement ou de reclassement, un autre emploi, éventuellement dans un autre corps ou un autre grade, l'autorité hiérarchique ne peut placer cet agent en disponibilité d'office sans l'avoir préalablement invité à présenter, s'il le souhaite, une demande de reclassement. La mise en disponibilité d'office peut ensuite être prononcée, soit en l'absence d'une telle demande, soit si cette dernière ne peut être immédiatement satisfaite.

11. En l'espèce, il ressort des termes de l'avis du comité médical rendu dans sa séance du 9 novembre 2021 que Mme C, en raison de son état de santé, est considérée inapte de manière temporaire à son poste et à tout autre poste. Si une décision de placement en disponibilité d'office doit être précédée d'une invitation de l'agent à présenter une demande de reclassement, c'est seulement dans l'hypothèse où le comité médical ne s'est pas prononcé sur la capacité à exercer un autre emploi que les fonctions précédemment exercées. Par suite, le comité médical ayant estimé que l'intéressée était inapte à tout poste, la commune de Montbartier n'était pas tenue, sur le fondement des dispositions précitées, de l'inviter à présenter une demande de reclassement avant d'édicter l'arrêté n° 2021-100 du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier a retiré l'arrêté n° 2021-70 du 27 juillet 2021 la plaçant à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 et l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 29 août 2019 au 29 août 2020. Dans ces conditions, la commune de Montbartier n'avait pas à établir l'impossibilité d'un reclassement ni à démontrer la réalité d'un poste vacant. Les moyens tirés du vice de procédure, de l'erreur de droit et de l'erreur de fait ne peuvent dès lors qu'être écartés.

12. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 12 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire est placé dans une des positions suivantes : / 1° Activité ; / 2° Détachement ; / 3° Disponibilité ; / 4° Congé parental. () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable au litige : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : / a) La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / b) L'octroi et le renouvellement des congés de longue maladie ou de longue durée ; / c) La réintégration à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / d) La réintégration après douze mois consécutifs de congé de maladie ; / e) L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après congé de maladie ou disponibilité d'office ; / f) La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; () ". Enfin, aux termes de l'article 18 du même décret : " Le fonctionnaire qui est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions par suite d'une maladie grave et invalidante nécessitant un traitement et des soins prolongés est mis en congé de longue maladie, selon la procédure définie à l'article 25 ci-dessous. () ".

13. D'autre part, aux termes de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie, modifié par l'arrêté du 1er octobre 1997 : " Un fonctionnaire est mis en congé de longue maladie lorsqu'il est dûment constaté qu'il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions au cours d'une des affections suivantes lorsqu'elle est devenue invalidante () ". Aux termes de son article 3 : " Un congé de longue maladie peut être attribué, à titre exceptionnel, pour une maladie non énumérée aux articles 1er et 2 du présent arrêté, après proposition du Comité médical compétent à l'égard de l'agent et avis du Comité médical supérieur. Dans ce cas, il doit être constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée ". La liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie a été étendue au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux par l'arrêté du 30 juillet 1987.

14. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui a levé le secret médical, verse au débat des avis d'arrêt de travail à compter du 25 août 2017 justifiés par une névralgie cervico-brachiale, à laquelle s'ajoute une polyarthropathie dans un avis d'arrêt de travail du 23 novembre 2017, désignée dans un avis d'arrêt de travail du 26 décembre 2017 de polyalgie. Les avis d'arrêt de travail sont ensuite justifiés par une fibromyalgie à compter du 27 février 2018. Il ressort également des pièces du dossier que la commune a saisi le comité médical en raison de l'expiration de ses droits à congé maladie ordinaire depuis le 25 août 2017. Ledit comité a émis un avis le 13 septembre 2018 suivant lequel l'état de santé de Mme C justifie une réintégration à l'issue d'un congé de maladie ordinaire de douze mois, à temps partiel pour raison thérapeutique. Mme C produit un certificat médical du 28 novembre 2018 établi par un médecin généraliste qui constate un syndrome anxiodépressif du fait de sa situation médicale résultant d'un " syndrome polyalgique sévère apparenté fibromyalgie ", qu'elle est " obligée de s'allonger toutes les deux heures environ " et qu'elle fait l'objet d'un suivi par un psychiatre, un psychologue et un rhumatologue, ainsi que par un centre anti-douleur. Consécutivement à un recours gracieux de Mme C, le comité médical a émis un nouvel avis le 15 janvier 2019, dans lequel il estime que l'état de santé de l'intéressée justifie un reclassement ou, à défaut, une mise en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 28 août 2018. Par un arrêté du 1er avril 2019, le maire a placé la requérante en position de disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 28 août 2018. Mme C a ensuite sollicité un placement en congé de longue maladie et produit à cet égard un certificat médical du 3 mai 2019 établi par un médecin psychiatre, un rapport d'expertise d'une visite médicale établie le 3 septembre 2019 par un médecin psychiatre agréé qui fait état d'un suivi psychologique avec un traitement à base de prozac et de lorazepam, conclut son rapport par la nécessité de soins prolongés et indique que " ses troubles semblent invalidants ". Par ailleurs, le comité médical, dans sa séance du 10 septembre 2019, a estimé que l'état de santé de l'intéressée justifiait l'octroi d'un congé de longue maladie du 25 août 2017 au 24 février 2020. Toutefois, les pathologies dont souffre Mme C ne sont pas au nombre des pathologies ouvrant droit à congé de longue maladie en application de l'arrêté du 14 mars 1986 et, ni le certificat médical du 28 novembre 2018, ni celui du 3 mai 2019, ni les autres pièces médicales du dossier, bien qu'elles justifient de la gravité de sa maladie, n'établissent que la gravité de sa pathologie présente un caractère invalidant propre à rendre impossible l'exercice de ses fonctions professionnelles. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation que le maire de la commune a refusé de lui octroyer un congé de longue maladie et a placé Mme C à titre rétroactif en disponibilité d'office pour raisons de santé du 29 août 2019 au 29 août 2020. Par ailleurs, la commune, qui n'est pas tenue de suivre l'avis du comité médical, pouvait, en toute connaissance de cause, prendre sa décision sur le fondement des pièces médicales transmises par son agente.

15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 2021-100 du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier a retiré l'arrêté n° 2021-70 du 27 juillet 2021 la plaçant à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 et l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 29 août 2019 au 29 août 2020.

16. Il résulte de ce qui vient d'être dit que l'arrêté n° 2021-70 du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier a placé la requérante à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2019 ayant été retiré par l'arrêté du 7 décembre 2021, il n'y a plus lieu, en application des règles rappelées au point 8 ci-dessus, de statuer sur sa légalité.

En ce qui concerne l'arrêté n° 2021-101 du 7 décembre 2021 :

17. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, en l'absence d'un nouvel avis du comité médical que celui du 9 novembre 2021, le maire de la commune de Montbartier n'était pas tenu d'inviter la requérante à présenter une demande de reclassement. Par suite, Mme C ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'une fonctionnaire de la commune atteste que Mme C a bien été invitée à présenter une demande de reclassement lors d'un entretien le 28 février 2019 avec le maire de la commune. Ce moyen doit donc être écarté.

18. En second lieu, pour les motifs exposés au point 14, Mme C, qui ne produit pas de nouvelles pièces médicales, ne justifie pas du caractère invalidant de sa pathologie l'empêchant de pouvoir exercer ses fonctions, nonobstant la gravité de sa maladie et les souffrances infligées par son état de santé. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation que le maire de la commune a refusé de lui octroyer un congé de longue maladie et a placé Mme C à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2020.

19. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 2021-101 du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montbartier l'a placée à titre provisoire en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 29 août 2020.

20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 30 juin 2020 par laquelle le maire de la commune de Montbartier a refusé de la placer en congé de longue maladie, qu'il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 juillet 2021 et que le surplus de ses conclusions à fin d'annulation doit être rejeté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Eu égard au motif d'annulation de la décision du 30 juin 2020 retenu par le présent jugement, cette annulation n'implique pas qu'il soit fait droit aux conclusions à fin d'injonction de placement en congé de longue maladie de la requérante, le surplus de ces conclusions à fin d'injonction devant être rejeté par voie de conséquence du rejet de ses conclusions à fin d'annulation des décisions qu'elle conteste.

Sur les frais liés au litige :

22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Montbartier les sommes que demande l'avocate de la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ni de mettre à la charge de Mme C les sommes demandées par la commune de Montbartier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 30 juin 2020 par laquelle le maire de la commune de Montbartier a refusé de placer en congé de longue maladie Mme C est annulée.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C dans la requête n° 2105616.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la commune de Montbartier et à Me Johanna Touboul.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2100958, 2105616, 2203155, 2203156

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