mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRIAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 23 juin 2022, Mme Anne Lebeau demande au tribunal d'annuler la délibération n° 3-1-B du conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) du 8 janvier 2021 portant autorisation de recrutement d'un directeur des affaires culturelles et du patrimoine, au grade d'attaché territorial, dans le cadre d'un emploi non permanent.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas disposé d'un temps suffisant pour consulter le dossier préalable à la séance du 8 janvier 2021 ;
- la délibération attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 3 et 3-3 de la loi du n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le salaire proposé n'est pas en adéquation avec les fonctions proposées ;
- le contrat à durée déterminée conclu en application de la délibération attaquée est entré en vigueur avant que celle-ci soit affichée le 14 janvier 2021 et qu'elle ait ainsi acquis un caractère exécutoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2021, la commune de Pamiers, représentée par Me Briand, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer ;
3°) à la mise à la charge de Mme A d'une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dans la mesure où la délibération a produit tous ses effets ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre l'autorisation de procéder au recrutement d'un agent contractuel ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 septembre 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 3-1 B du 8 janvier 2021, le conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) a décidé d'autoriser le recrutement d'un directeur des affaires culturelles et du patrimoine, sur le fondement du 1° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984. Mme Anne Lebeau, conseillère municipale d'opposition de la commune de Pamiers, demande au tribunal, par la présente requête, l'annulation de cette délibération.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Pamiers :
2. La commune de Pamiers soutient que dans la mesure où le contrat de recrutement signé aux termes de la délibération attaquée est arrivé à son terme le 11 mai 2021, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentée par Mme A. Toutefois, la circonstance qu'une décision ait produit tous ses effets avant la saisine du juge n'est pas, à elle seule, de nature à priver d'objet le recours pour excès de pouvoir dirigé contre cette décision dès lors qu'elle a reçu un commencement d'exécution et n'a fait l'objet d'aucune mesure de retrait ou d'abrogation. L'exception de non-lieu à statuer ne peut donc être accueillie.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de Mme A :
3. Les membres de l'organe délibérant d'une collectivité territoriale ou d'un groupement de collectivités territoriales justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour contester, devant le juge de l'excès de pouvoir, les contrats de recrutement d'agents non titulaires par la collectivité ou le groupement de collectivités concerné. Par suite, la requête de Mme A, qui possède bien un intérêt pour agir contre la délibération attaquée autorisant le recrutement d'un directeur des affaires culturelles et du patrimoine de la commune de Pamiers, en qualité de conseillère municipale, est recevable. La fin de non-recevoir opposée par la commune ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, alors applicable : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-3 de cette loi, alors applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / 3° Pour les emplois de secrétaire de mairie des communes de moins de 1 000 habitants et de secrétaire des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil ; / 4° Pour les emplois à temps non complet des communes de moins de 1 000 habitants et des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil, lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants et des groupements de communes de moins de 10 000 habitants dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité ou à l'établissement en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public. / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. "
5. Par la délibération attaquée, en date du 8 janvier 2021, le conseil municipal de la commune de Pamiers a décidé d'autoriser le recrutement d'un directeur des affaires culturelles et du patrimoine dans le cadre d'un emploi non permanent, sur le fondement du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984. La requérante soutient que les fonctions de directeur des affaires culturelles et du patrimoine correspondent en réalité à une mission permanente de l'administration communale. Or, eu égard à la dénomination du poste, qui porte sur des fonctions de direction, à l'absence d'éléments présentés par la commune permettant de caractériser un accroissement temporaire d'activité dans le domaine culturel et, enfin, à la nature du premier contrat par la commune pour les mêmes fonctions et pour un emploi permanent, Mme A est fondée à soutenir que l'emploi de directeur des affaires culturelles et du patrimoine correspond en réalité à un besoin permanent et qu'ainsi, la délibération attaquée ne pouvait se fonder sur les dispositions du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984. Par suite, la délibération 3-1 B du 8 janvier 2021 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Pamiers au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération n° 3-1 B du 8 janvier 2021 prise par le conseil municipal de la commune de Pamiers est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pamiers tendant à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme Anne Lebeau et à la commune de Pamiers (Ariège).
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
N. ZABKA
Le président,
J-C. TRUILHÉ La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026