lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 3 |
| Avocat requérant | DALBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 mars 2021 et le 27 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Dalbin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de Beaumont-de-Lomagne lui a infligé un avertissement ;
2°) de mettre à la charge de la commune de de Beaumont-de-Lomagne une somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de forme car il ne mentionne pas l'identité de son auteur ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé car il ne précise pas la date des faits ;
- l'administration ne justifiant avoir respecté la procédure disciplinaire prévue par le décret du 18 mai 1989 et, notamment, ne lui ayant pas accordé un temps suffisant pour prendre connaissance de son dossier et organiser sa défense, l'arrêté est entaché d'un vice de procédure ;
- dès lors qu'il n'avait pas pu prendre connaissance de la note de service qui lui imposait de prendre son service le 22 janvier 2021 à l'école élémentaire, la sanction repose sur des faits inexacts et qui ne sont pas de nature à justifier l'édiction d'une sanction disciplinaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, la commune de Beaumont-de-Lomagne conclut au rejet de la requête de M. B et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lasfargues, représentant la commune de Beaumont-de-Lomagne
Considérant ce qui suit :
1. M. B, animateur principal de deuxième classe de la fonction publique territoriale employé par la commune de Beaumont-de-Lomagne, a été informé le vendredi 22 janvier 2021, de la nécessité de prendre son service au sein de l'école de la commune le 26 janvier 2021 à 8 h 30 en raison de l'instauration d'un service minimal à la suite d'un mouvement de grève des enseignants. M. B s'est présenté au sein de l'école communale à 11 heures le 26 janvier 2021. Le 28 janvier 2021, le maire de Beaumont-de-Lomagne a informé M. B de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre. Par un arrêté du 15 février 2021, le maire a infligé à M. B un avertissement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'absence de présentation au service le 26 janvier 2021 à 8 h 30 :
2. Il ressort des pièces du dossier que le service de M. B a pris fin le jeudi 21 janvier à 14 heures, l'intéressé étant en congé annuel toute la journée du vendredi 22 janvier 2021 et du lundi 25 janvier et devant, aux termes de son calendrier de travail, reprendre son service le mardi 26 janvier 2021 à 10 heures.
3. Avertis d'un mouvement de grève des enseignants de l'école communale pour la journée du mardi 26 janvier 2021, les services communaux ont décidé de mettre en place un service minimum en recourant à leurs agents pour cette journée et la commune soutient à ce titre avoir contacté M. B par la voie de sa messagerie électronique professionnelle, de son téléphone de service et de son téléphone personnel au cours de la journée du 22 janvier 2021. Toutefois, d'une part, M. B soutient sans être utilement contredit qu'il n'a pas reçu d'appel sur son téléphone personnel, fait que la seule attestation produite par la commune n'est pas de nature à établir. D'autre part, étant en congé annuel au cours des journées des 22 janvier 2021 et 25 janvier 2021, il n'était pas tenu, en l'absence de tout système d'astreinte, de consulter sa messagerie professionnelle ou son téléphone de service avant son retour planifié dans le service le 26 janvier 2021 à 10 heures. Par suite, si les fonctionnaires sont tenus à un devoir d'obéissance hiérarchique, ce qui implique notamment qu'ils se conforment aux horaires de service qui leur sont assignés, il ne ressort pas en l'espèce des pièces du dossier que l'ordre de prise de service le 26 janvier 2021 à 8 heures 30 ait été transmis à M. B en temps utile et par un moyen de communication que l'agent aurait dû consulter pendant ses congés. Il s'ensuit que M. B est fondé à soutenir que le fait qui lui est ainsi reproché n'est pas constitutif d'une faute disciplinaire.
En ce qui concerne le retard à rejoindre à l'école communale le 26 janvier 2021 :
4. La commune de Beaumont-de-Lomagne soutient que la sanction infligée à M. B est également susceptible de se fonder sur son retard à rejoindre l'école communale après qu'il ait pris connaissance, le 26 janvier 2021 à 10 heures, du message lui enjoignant de se présenter dans l'établissement ce même jour à 8 heures 30 et de la désinvolture que révèlerait ce comportement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B, dont il n'est pas contesté qu'il a pris connaissance de ce message électronique aux environs de 10 heures le lundi 26 janvier 2021, s'est, comme cela lui était demandé par ce message, rendu dans les locaux du centre de loisirs communal pour y recueillir des jeux de société destinés à occuper les enfants accueillis à l'école au titre du service minimum et s'est présenté aux environs de 11 heures au sein de l'école après avoir, sans qu'il soit contredit sur ce point, cherché à avertir les services communaux de son arrivée sans pouvoir les joindre et avant de rendre compte des motifs de son retard, en fin de journée, à la directrice générale des services. Dans ces conditions, eu égard au retard limité de l'agent et, en tout état de cause à l'absence de repères temporels précis permettant de le déterminer avec précision, mais également au fait que M. B a rendu compte de son comportement et que son retard n'apparaît pas avoir eu la moindre conséquence sur le service, le requérant est fondé à soutenir, dans les circonstances de l'espèce, que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs d'une faute disciplinaire dont la commune serait fondée à demander la substitution à celle initialement retenue par l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de Beaumont-de-Lomagne lui a infligé un avertissement.
Sur les frais relatifs au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par la commune de Beaumont-de-Lomagne sur leur fondement soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Beaumont-de-Lomagne, à verser à M. B sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Beaumont-de-Lomagne du 15 février 2021 est annulé.
Article 2 : La commune de Beaumont-de-Lomagne versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Beaumont-de-Lomagne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
P. GRIMAUDLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026