mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant-dire droit du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné, avant de se prononcer sur les requêtes de M. D dirigées contre, d'une part, la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 8% et la décision du 7 avril 2022 par laquelle le secrétaire général de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté son recours gracieux contre la décision du 12 juillet 2021 et, d'autre part, la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 8%, ainsi que la décision rejetant implicitement la contestation de ce taux présentée le 13 août 2021, qu'il soit procédé, par un expert désigné par la présidente du tribunal, à une expertise visant à déterminer les séquelles dont souffre M. D résultant de son accident de service du 23 novembre 2016 et de fixer le taux d'incapacité permanente dont il demeure atteint suite à cet accident.
Par une ordonnance du 27 novembre 2023, la présidente du tribunal administratif de Toulouse a désigné le docteur F E comme médecin expert, lequel a déposé son rapport le 8 avril 2024.
Par une ordonnance du 22 avril 2024, la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais d'expertise à la somme de 1 200 euros toute taxe comprise.
Par un mémoire enregistré après expertise le 18 avril 2024, M. A D, représenté par Me Thalamas, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 8%, ensemble la décision du 7 avril 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le taux d'incapacité permanente partielle résultant de l'accident de service dont il a été victime doit être évalué à 12% et, ainsi, lui ouvrir droit au bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des pensions civiles et militaire de retraite ;
- le décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thalamas, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, brigadier-chef au sein de la police nationale, s'est blessé au cours d'un entraînement le 23 novembre 2016. Par un arrêté du 20 mars 2017, cet accident a été reconnu imputable au service. Par arrêté du 5 février 2020, ses arrêts de travail du 30 juin au 10 septembre 2017 ont été pris en charge au titre de son accident de service. Le 20 novembre 2020, il a présenté une demande d'allocation temporaire d'invalidité. Par une décision du 12 juillet 2021, qui s'est substituée à une précédente décision implicite de rejet, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a informé que le médecin agréé avait fixé son taux d'incapacité permanente partielle à 8% et que dès lors que ce taux était inférieur à 10%, son dossier était classé sans suite. Ce taux a été contesté par M. D le 4 août 2021. Par une décision du 7 avril 2022, qui s'est substituée à une précédente décision implicite de rejet, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté le recours gracieux en maintenant le taux d'incapacité permanente partielle à 8 % et en ne faisant pas droit, en conséquence, à la demande d'allocation temporaire d'invalidité. Par ses requêtes, M. D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions des 12 juillet 2021 et 7 avril 2022.
2. Par un jugement du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné, avant-dire droit, une expertise médicale par un médecin-expert, lequel a établi son rapport le 29 mars 2024, déposé au greffe du tribunal le 8 avril 2024.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière d'allocation temporaire d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
4. Aux termes, d'une part, de l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille fixée par décret, correspondant au pourcentage d'invalidité. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires : " L'allocation temporaire d'invalidité prévue à l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat est attribuée aux agents maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux rémunérable au moins égal à 10 % ; () ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " Le taux d'invalidité rémunérable est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. ".
5 Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 29 mars 2024, que M. D souffre de douleurs permanentes de l'épaule droite dominante avec limitation des mouvements, de phénomènes hyperesthésiques cicatriciel, d'une amyotrophie suite à l'atteinte du nerf circonflexe et de douleurs de la crête iliaque droite, siège de la prise de greffe. A cet égard, l'expert mandaté par le tribunal retient un taux d'incapacité permanente partielle de 12%, confirmant ainsi le taux retenu par le Dr B le 13 août 2021. Dans ces conditions, M. D est fondé à soutenir que la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 8% est entachée d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens des requêtes, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2021 et de la décision du 7 avril 2022 ayant rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard du motif d'annulation retenu, seul susceptible de l'être, l'exécution du présent jugement implique que le secrétaire général de la zone de défense et de sécurité sud prenne une décision attribuant à M. D une allocation temporaire d'invalidité en prenant en compte les résultats de l'expertise du docteur E tels que rappelés dans le présent jugement et ce, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les dépens :
8. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'Etat les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros toute taxe comprise par l'ordonnance du 22 avril 2024 de la présidente du tribunal administratif de Toulouse.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 8% et la décision du 7 avril 2022 ayant rejeté son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au secrétaire général de la zone de défense et de sécurité sud de prendre une décision attribuant une allocation temporaire d'invalidité dans les conditions précisées au point 6 du présent jugement.
Article 3 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros toute taxe comprise sont mis à la charge de l'Etat.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. D, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au ministère de l'intérieur et des Outre-Mer.
Copie en sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2-2107045
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026