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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2101873

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2101873

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2101873
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBACHELET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 avril 2021, M. F E, représenté par Me Bachelet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au retrait de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ou dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire, de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée méconnait les stipulations des articles 6 (5°), 7(b) et 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant de New-York ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée de six mois et signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Le préfet de la Haute-Garonne soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G,

- et les observations de Me Ducos-Mortreuil, substituant Me Bachelet, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien né le 7 août 1984, est entré en France selon ses déclarations une première fois le 22 mars 2014 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de 30 jours, puis une seconde fois au début de l'année 2016. Le 1er juin 2016, il s'est vu remettre un dossier d'admission au bénéfice de l'asile qu'il n'a toutefois pas transmis à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. M. E a fait l'objet le 17 juin 2019 d'un arrêté par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé son admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Il a sollicité le 10 décembre 2019 son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article 6 (5°) de l'accord franco-algérien et au titre du travail sur le fondement de l'article 7 (b) du même accord. M. E demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 29 juin 2021, M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, par arrêté réglementaire du 15 décembre 2020, publié le même jour au recueil des actes administratifs et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme H D, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions relatives à la police des étrangers et notamment celles concernant les refus de séjour et les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./ A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. L'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. E, l'obliger à quitter le territoire français en fixant le pays de destination et prononcer à son encontre une interdiction de retour. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne, qui n'était pas tenu de faire état de tous les éléments de la situation du requérant, a suffisamment motivé sa décision.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. E. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

7. En deuxième lieu, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Cette disposition, dès lors qu'elle est relative aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit, et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

8. Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () " et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. M. E se prévaut d'une durée de présence continue en France de près de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué, en compagnie de son épouse et de leurs quatre enfants I B né en 2007 en Algérie, Naziha née en 2011 en Algérie, Boshra née en 2015 en Espagne et Rawda née en 2016 à Toulouse, scolarisés respectivement à Toulouse depuis 2016, 2017 et 2018, de son engagement bénévole auprès d'associations et d'une promesse d'embauche en qualité de manœuvre dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Il se prévaut également de la présence de son frère, de son beau-frère et de sa belle-sœur sur le territoire français. Toutefois, M. E est entré en France selon ses déclarations au début de l'année 2016 à l'âge de 32 ans. S'il déclare vivre avec son épouse, il ressort des pièces du dossier que cette dernière est également en situation irrégulière et fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français du 1er mars 2021 prononcée par le préfet de la Haute-Garonne. M. E a fait l'objet le 17 juin 2019 d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 10 décembre 2019. Par ailleurs, le requérant n'établit pas l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale en Algérie, où il a vécu la majeure partie de sa vie, pays dont ses enfants possèdent également la nationalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. E au respect de la vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant.

10. En troisième lieu, aux termes du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française. ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent. "

11. Pour refuser de délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " à M. E, le préfet de la Haute-Garonne a retenu que celui-ci ne détenait pas de visa de long séjour ni de contrat de travail visé par les autorités compétentes pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article 7- b) de l'accord franco-algérien et que sa situation ne justifiait pas qu'un tel titre lui soit accordé à titre dérogatoire. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les stipulations du b) de l'article 7 et de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et n'a pas non plus commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, un titre de séjour en qualité de salarié à M. E.

12. En quatrième et dernier lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Dès lors que la décision attaquée n'a pas pour effet de séparer M. E de ses enfants et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la scolarité de ces derniers ne pourrait pas être poursuivie en Algérie, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision doit être écarté.

16. En second lieu, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout autre élément invoqué par le requérant, être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13 du présent jugement. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de M. E doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté. En outre, le refus de titre de séjour ne constituant pas la base légale de la décision fixant le pays de destination, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de cette décision doit être écarté.

20. En deuxième lieu, pour les motifs énoncés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

21. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

22. Ainsi qu'il a été exposé au point 9 du présent jugement, M. E ne justifie pas d'une vie privée et familiale stable et intense en France. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. E n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 17 juin 2019. Par suite, alors même que le comportement du requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il réside en France depuis cinq ans à la date de prise de la décision, le préfet n'a pas, en décidant de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, commis d'erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 511-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Les conclusions à fin d'annulation de M. E étant rejetées, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. E, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. E tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Me Bachelet et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.

La rapporteure,

B. G

La présidente,

F. HÉRY La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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