jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | POUGAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en réplique et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 16 avril 2021, le 1er juillet 2021 et le 28 octobre 2022, Mme E F, représentée par Me Pougault, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jours de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 mai et le 12 juillet 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 novembre 2022.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante malgache, née le 26 mars 1996, est entrée régulièrement en France le 4 septembre 2017 munie d'un passeport revêtu d'un visa long séjour portant la mention " étudiant " valable du 9 septembre 2017 au 9 septembre 2018. Le 10 septembre 2018, elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", régulièrement renouvelée jusqu'au 9 septembre 2020. Le 2 octobre 2020, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Par arrêté du 2 février 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme F demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission au titre de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Mme F ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse du 8 juin 2021, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet, et, il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, par un arrêté du 15 décembre 2020, publié le même jour au recueil n° 31-2020-290 des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme D B, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les décisions de refus de séjour ainsi que les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, l'arrêté en litige vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8, ainsi que les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels il est fondé. En outre, il comporte des éléments propres à la situation personnelle de Mme F notamment les conditions de son entrée sur le territoire français et son parcours estudiantin. L'arrêté en litige précise également que Mme F n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, l'arrêté en litige comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui le fonde et le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " " I.- La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention "étudiant". () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études sur le territoire français et d'apprécier la réalité et le sérieux des études poursuivies. Pour apprécier le caractère réel et sérieux des études, le préfet peut notamment prendre en compte la progression dans les études et la cohérence du cursus universitaire de l'intéressé.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme F, suite à son entrée sur le territoire français le 4 septembre 2017, s'est inscrite en première année de licence en droit au titre de l'année 2017-2018 et n'a pas validé cette formation. Elle s'est réorientée, au titre des années 2018-2019 et 2019-2020 en première année de licence de " langues étrangères appliquées ". Elle n'a toutefois pas obtenu de diplôme au terme de ces deux années d'études et les relevés de ses notes font apparaitre une très faible moyenne générale pour l'ensemble des sessions. Si Mme F fait valoir qu'elle a tenté en vain pendant deux années d'intégrer une formation artistique par le biais de la plateforme " Parcoursup ", elle ne l'établit pas par la seule production d'un compte rendu daté du 29 mars 2018 de la phase des vœux au titre de l'année 2018-2019. En outre, si Mme F produit à l'appui de sa requête deux flyers portant sur deux évènements auxquels elle aurait participé, l'un le 12 octobre 2019 et l'autre le 9 novembre 2019, ainsi qu'une attestation de son professeur en théorie de l'art, au demeurant postérieure à la décision en litige, ces seuls éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'absence de sérieux caractérisant ses trois dernières années d'études à la date de ladite décision. Par ailleurs, la circonstance, postérieurement à la décision attaquée, que l'intéressée ait validée son année de licence " arts plastiques " et se soit inscrite en Master 1 " création artistique, recherche et pratique du monde de l'art ", ne sont pas de nature à remettre en cause l'absence de sérieux caractérisant ses trois dernières années d'études à la date de ladite décision. Si Mme F se prévaut de la circulaire du 7 octobre 2008 relative aux étudiants étrangers, cette circulaire est dépourvue de portée réglementaire et elle ne peut donc utilement s'en prévaloir. Enfin, il ne ressort enfin pas des pièces du dossier que la requérante ne pourra pas poursuivre son cursus dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme F ne pouvait être regardée comme justifiant, à la date de l'arrêté attaqué, de la cohérence de son cursus universitaire et de sa progression dans celui-ci. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressée ni d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressée.
En ce qui concerne les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
8. En second lieu, d'une part, Mme F ne peut utilement faire valoir qu'elle ne pourra pas poursuivre son cursus dans son pays d'origine dès lors que la décision n'a pas pour effet par elle-même de la renvoyer dans son pays d'origine. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant fixation du pays de renvoi :
9. Les décisions portant refus de renouvellement du droit au séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégales, la décision fixant le pays de renvoi n'est pas dépourvue de base légale.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir, que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 2 février 2021. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission de Mme F à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F, à Me Pougault et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme C, magistrate honoraire,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
C. A
Le président,
D. KATZ Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
la greffière en chef,
ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026