mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 6 |
| Avocat requérant | NACIRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 avril 2021, et des mémoires enregistrés le 21 juin 2021 et le 19 janvier 2023, Mme A C, représentée par Me Naciri, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 16 février 2021 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Garonne a rejeté le recours amiable qu'elle a présenté en vue de l'accueil dans une structure d'hébergement dans les conditions prévues au III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) d'enjoindre à la commission de médiation de la Haute-Garonne de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'orientation vers une structure d'hébergement dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si elle n'était pas admise à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- La décision contestée est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il ne peut pas être déduit de la seule mention que la commission a délibéré en séance du 16 février 2021, que les règles prévues aux articles L. 441-2-3 et R. 441-13 du code de la construction et de l'habitation auraient été respectées, seule la production par le préfet du procès-verbal de la délibération de la commission permettant de s'assurer du respect des règles relatives à la composition de la commission de médiation, ou du respect du nombre de votants ;
- Elle n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;
- Elle est entachée d'une erreur de droit en ce que la commission de médiation ne pouvait se fonder sur le caractère irrégulier de sa situation administrative, laquelle ne s'opposait pas à un accueil dans une structure d'hébergement ;
- Elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que sa situation et celle de sa famille doivent être regardées comme prioritaires et comme justifiant l'attribution d'un hébergement en urgence.
Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Poupineau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Naciri, représentant Mme C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a saisi la commission de médiation de la Haute-Garonne, sur le fondement des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, d'un recours amiable en vue d'être accueillie avec son époux et ses deux enfants mineurs dans une structure d'hébergement. Par une décision du 16 février 2021, dont Mme C demande l'annulation, la commission de médiation a rejeté sa demande.
Sur la demande d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 15 octobre 2021,
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " I.-Dans chaque département, une ou plusieurs commissions de médiation sont créées auprès du représentant de l'Etat dans le département. Chaque commission est présidée par une personnalité qualifiée désignée par le représentant de l'Etat dans le département. Dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, les commissions sont composées à parts égales : 1° De représentants de l'Etat ; 2° De représentants du département, ou, en Corse, de la collectivité de Corse, des établissements publics de coopération intercommunale mentionné au vingt-troisième alinéa de l'article L. 441-1, de la commune de Paris, des établissements publics territoriaux de la métropole du Grand Paris et des communes ; 3° De représentants des organismes bailleurs et des organismes chargés de la gestion d'une structure d'hébergement, d'un établissement ou d'un logement de transition, d'un logement-foyer ou d'une résidence hôtelière à vocation sociale, oeuvrant dans le département ; 4° De représentants des associations de locataires et des associations et organisations dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées, oeuvrant dans le département ; 5° De représentants des associations de défense des personnes en situation d'exclusion œuvrant dans le département et de représentants désignés par les instances mentionnées à l'article L. 115-2-1 du code de l'action sociale et des familles. Un représentant de la personne morale gérant le service intégré d'accueil et d'orientation dans le département peut assister à la commission à titre consultatif. () III.-La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'Etat dans la région la liste des demandeurs pour lesquels doit être prévu un tel accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et précise, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires.. () ". Aux termes de l'article R. 441-13 du même code : " La commission de médiation prévue à l'article L. 441-2-3 est ainsi composée : -trois représentants de l'Etat, désignés par le préfet ; -un représentant du département désigné par le conseil général ; -un représentant des établissements publics de coopération intercommunale qui ont conclu l'accord collectif intercommunal mentionné à l'article L. 441-1-1, désigné sur proposition conjointe des présidents des établissements publics de coopération intercommunale concernés.A défaut de proposition commune, ce représentant est tiré au sort par le préfet parmi les personnes proposées ; -un représentant des communes désigné par l'association des maires du département ou, à défaut, dans les conditions fixées par l'article R. 371-5. Lorsqu'il n'existe aucun accord collectif intercommunal dans le département, le nombre de représentants des communes est de deux.A Paris, ces représentants sont désignés par le conseil de Paris. Le préfet désigne, en outre : -un représentant des organismes d'habitations à loyer modéré ou des sociétés d'économie mixte de construction et de gestion de logements sociaux et un représentant des autres propriétaires bailleurs ; -un représentant des organismes chargés de la gestion d'une structure d'hébergement, d'un établissement ou d'un logement de transition, d'un logement-foyer ou d'une résidence hôtelière à vocation sociale ; -un représentant d'une association de locataires affiliée à une organisation siégeant à la commission nationale de concertation mentionnée à l'article 41 de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ; -deux représentants des associations agréées dans le département dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées ; -une personnalité qualifiée qui assure la présidence et qui dispose d'une voix prépondérante en cas de partage égal des voix. Un suppléant est désigné, dans les mêmes conditions que le titulaire, pour chaque membre, à l'exception de la personnalité qualifiée. Le préfet nomme par arrêté, pour une durée de trois ans renouvelable une fois, les membres titulaires et suppléants de la commission. Les fonctions de président et de membre de la commission de médiation sont gratuites. Les frais de déplacement sont remboursés dans les conditions prévues par le décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils de l'Etat. La commission élit parmi ses membres un vice-président qui exerce les attributions du président en l'absence de ce dernier. La commission délibère à la majorité simple. Elle siège valablement, à première convocation, si la moitié de ses membres sont présents, et à seconde convocation, si un tiers des membres sont présents. Un règlement intérieur fixe les règles d'organisation et de fonctionnement de la commission. Le secrétariat de la commission est assuré par un service de l'Etat désigné par le préfet. " Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. () ".
4. En premier lieu, en se bornant à soutenir qu'il ne peut pas être déduit de la seule mention que la commission a délibéré en séance du 16 février 2021, que les règles prévues aux articles L. 441-2-3 et R. 441-13 du code de la construction et de l'habitation ont été respectées, seule la production par le préfet du procès-verbal de la délibération de la commission permettant de s'assurer du respect des règles relatives à la composition de la commission de médiation ou au respect du nombre de votants, Mme C n'invoque aucune irrégularité précise qui serait susceptible d'exercer une influence sur la décision attaquée ou de la priver d'une garantie. Par ailleurs, le préfet de la Haute-Garonne a produit le procès-verbal de la séance de la commission du 16 février 2021 qui fait apparaître que onze des seize membres composant la commission étaient présents et que le quorum était ainsi atteint. A la suite de la communication de ce procès-verbal, la requérante n'a pas développé davantage son moyen, qui ne peut, par suite, qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier ainsi que des termes de la décision en litige, qui relève que Mme C, son époux et leurs deux enfants mineurs ont bénéficié d'une prise en charge en programme d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile (PRADHA) à compter du 8 mars 2019, qu'ils ont disposé de cet hébergement durant la période nécessaire à leur départ à la suite du rejet de leur demande d'asile, et que Mme C ne justifie pas d'une situation de détresse ni de circonstances exceptionnelles au regard de sa santé et de celle de sa famille, ne souffrant d'aucune maladie d'extrême gravité, ni de fragilités particulières en l'absence d'enfants en bas âge, que, contrairement à ce que soutient la requérante, la commission de médiation a procédé à un examen individualisé de leur situation avant de statuer sur le recours dont elle était saisie.
6. En troisième lieu, si la commission de médiation de la Haute-Garonne a relevé, comme il a été dit au point précédent, que Mme C, son époux et leurs deux enfants ont bénéficié d'une prise en charge durant l'instruction de leur demande d'asile et que cet hébergement a continué après le rejet de leur demande par la Cour nationale du droit d'asile, il ressort clairement des termes de la décision en litige que le rejet du recours amiable de Mme C est uniquement fondé sur l'absence de justifications par l'intéressée de circonstances tenant à son état de santé et à celui des membres de sa famille, ou à l'existence d'une situation particulière de vulnérabilité. Par suite, et alors que la commission de médiation n'a pas considéré que le caractère irrégulier de la situation en France des époux C s'opposait à ce qu'il soit fait droit à la demande d'hébergement de Mme C, mais a apprécié le caractère urgent de la demande d'hébergement dont elle était saisie au regard de la situation personnelle et familiale des intéressés, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit, en tout état de cause, être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, Mme C fait valoir qu'elle réside en France avec son époux et leurs deux enfants mineurs, nés respectivement en 2012 et en 2016, et qui sont scolarisés, et qu'elle et son époux souffrent de troubles psychologiques et bénéficient, à ce titre, d'un traitement médical. Toutefois, la requérante ne fournit aucune précision sur ses conditions de logement à la date de la décision en litige. Par ailleurs, il ne ressort pas des deux certificats médicaux qu'elle a produits que son état psychologique ainsi que celui de son époux soient tels que les intéressés puissent être regardés comme justifiant d'une fragilité particulière. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard à la situation Mme C, à son état de santé et à celui de son époux et à la composition de leur foyer familial, la commission de médiation de la Haute-Garonne a commis une erreur d'appréciation en estimant que la demande d'hébergement de Mme C n'était pas prioritaire ni urgente.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation de la Haute-Garonne du 16 février 2021. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme C.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Naciri et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.
La magistrate désignée,
V. POUPINEAU
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026