vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 avril 2021 et le 4 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Tercero, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et de lui remettre, sous quinze jours, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de justifier de l'effacement du fichier SIS de la mention de l'interdiction de retour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, à lui verser sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle au regard en particulier de sa contribution à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions combinées des articles L. 313-14 et L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant interdiction de retour est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ; elle apparaît en outre disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 4 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Tercero, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant congolais (RDC) né le 1er avril 1981, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 15 avril 2015 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par les instances compétentes le 14 avril 2016. Un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été prononcé à son encontre le 29 juin 2016. Le 4 février 2019, M. C a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour, tant au titre de la vie privée et familiale qu'en qualité de salarié, en application des dispositions combinées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 313-11, 7° et L. 313-10 du même code, alors applicables. Par un arrêté du 23 septembre 2020, dont M. C demande l'annulation, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger () dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir () ". Aux termes de l'article L. 313-11, 7° dudit code, alors applicable : " () la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C est le père de trois enfants dont deux mineurs, nés de son union avec une compatriote titulaire d'un titre de séjour et résidant régulièrement en France à la date de l'arrêté attaqué. S'il se prévaut de ses liens avec ses enfants et sa compagne, il ne justifie pas de l'actualité et de la stabilité de sa relation avec cette dernière, laquelle a eu, en 2016, un enfant avec un autre homme, et dont il n'est pas établi qu'ils vivaient ensemble à la date de la décision attaquée. Quant à ses enfants mineurs, il ne justifie pas, par la seule production de quelques photographies et de tickets de caisse, entretenir avec eux des liens réguliers et intenses, ni participer régulièrement à leur entretien et à leur éducation. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que ses enfants sont scolarisés en Ile-de-France et sont donc géographiquement éloignés de leur père qui réside à Toulouse. Enfin, M. C, dont la présence en France depuis 2015 tient à son maintien irrégulier sur le territoire, conserve des attaches dans son pays d'origine où résident sa mère, sa sœur ainsi que ses deux frères. Dans ces conditions, sa situation personnelle et familiale ne révèle pas de motifs exceptionnels ni de circonstances humanitaires au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le préfet de la Haute-Garonne, qui ne s'est pas abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant, n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées en refusant d'admettre exceptionnellement au séjour M. C. Pour les mêmes motifs, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-1, III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " () l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ".
5. D'une part, il résulte de ce qui précède que M. C ne peut exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
6. D'autre part, eu égard à la situation et aux attaches personnelles de M. C, telles qu'elles ont été décrites au point 3, et à la circonstance qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français pendant plusieurs années en dépit d'une mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2016, l'interdiction de retour sur le territoire prononcée par le préfet de la Haute-Garonne en application des dispositions citées au point 4 pour une durée de six mois n'apparaît pas disproportionnée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Luc, premier conseiller,
Mme Chalbos, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
C. B
Le président,
J.-C. TRUILHÉ
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026